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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

20 Feb

4 nouveaux "Grands Hommes", 2 femmes et 2 hommes !

Publié par Sous la Voûte étoilée

4 nouveaux "Grands Hommes", 2 femmes et 2 hommes !

Genevièce Anthonioz - De Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay entreront au Panthéon. Telle est la décision du Président. Et c'est bien ainsi.

 

Bien sûr, en choisissant cette méthode pour préparer ce choix, il était évident qu'il y aurait plus de candidats que d'élus. Et pourtant, dans le choix des honneurs de la Nation, il n'est pas de "bonne solution". Il n'est que des décisions.

 

Et celles-ci rendent comptent de la volonté de la France aujourd'hui d'honorer la Résistance face à la barbarie nazie et à la honte de la collaboration !

 

Genevièce Anthonioz - De Gaulle, s'engage dès juin 1940 au sein du réseau de résistance "Défense de la France" et réalise de nombreuses actions de renseignement. Elle sera déportée au camp d'extermination de Ravensbruck le 2 février 1944.

 

Sa rencontre avec le père Joseph Wrezinski, fondateur "d'Aide à toute détresse", misère et détresse qu'elle a connu en déportation, la conduit à accepter la présidence d'"ATD Quart-Monde".

 

Elle est Grand-Croix de la Légion d'Honneur.

 

Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération, a choisi de profiter d'un moment d'inattention de ses bourreaux pour se défenestrer plutôt que de risquer de céder sous la torture et révéler les identités de ses camarades de résistance.

 

Il repose au funérarium du cimetière du Père-Lachaise. Mais il n'est pas possible de savoir exactement dans quelle urne funéraire ! Case 3913 ou 3920... Deux urnes pour deux résistants, Pierre Brossolette et François Delimal, deux cases anonymes...

 

On peut difficilement faire mieux pour organiser l'impossibilité de célébrer sa mémoire ! Son entrée au Panthéon l'efface... 

 

Germaine Tillion, entre dans la résistance dès juin 1940 et devient responsable de la filière d'évasion des prisonniers politiques (1941-1942). On lui reconnaîtra le grade de commandant en 1945. Son action est homologuée sous le nom de Groupe du Musée de l'Homme. Elle est en contact avec d'autres réseaux comme Combat zone Nord et le réseau Gloria.

 

Elle est déportée le 21 P0ctobre 1943 à Ravensbruck.

 

A la Libération, elle entreprend de rassembler les archives sur l'histoire du camp de Ravensbruck puis s'intéresse à la situation des "clochardisés" en Algérie. Elle entreprend de mettre en place des "centres sociaux" comme réponse. La guerre et la généralisation de la torture viendra interrompre son action. Elle s'engagera dans le combat de dénonciation de la torture. Et jusqu'en 2004 où elle la dénoncera en Irak.

 

Elle meurt le 19 avril 2008 à l'age de 101 ans ! 

 

Elle est Grand-Croix de la Légion d'Honneur et de l'Ordre National du Mérite.

 

Jean Zay, ministre du Front Populaire, grand amateur d'émancipation humaine et de Culture, doué d'un sens inné de la pédagogie, il jette les bases de multiples projets dont certains sont toujours d'actualité comme le "Festival de Cannes", conçu certes dans une autre optique !

 

Il est lâchement assassiné par la milice française de Darnand le 20 juin 1944 d'une rafale de mitraillette dans le dos ! Puis jeté dans un puit que ses assassins dynamiteront pour effacer toute trace... En vain !

 

Il convient ici de rendre hommage à la volonté et à l'action déterminée de Jean-Michel Quillardet et d'Avelino Vallé qui, en liaison avec les deux filles de l'impétrant, Mmes Hélène Mouchard-Zay et  Catherine Martin-Zay, voient aujourd'hui la réussite de leur volonté.

 

Et l'Education Populaire dont il fut un indéniable défenseur avec Léo Lagrange lui doit la reconnaissance de l'allié indéfectible.

 

Et il est pour le moins singulier que certaines associations de corps militaires, d'anciens combattants pensent pouvoir donner des mots d'ordres de boycott de l'honneur que la Nation va lui rendre.

 

Si l'on peut ne pas être surpris de cette campagne lancée par l'extrême droite, il est parfaitement regrettable de voir certains officiers supérieurs y mêler leurs voix. Ils auraient été bien inspirés de prendre connaissance des travaux de l'historien Olivier Loubès sur la vie de Jean Zay.

 

C'est une 2° mise à mort ! La 1° était l'oeuvre de miliciens pour qui Jean Zay était le bouc-émissaire idéal : juif, franc-maçon, socialiste... Quelles sont leurs motivations aujourd'hui ? (ajout du 25 mai 2015).

 

 

Quatre mémoires aujourd'hui élevées au plus haut rang de la République, quatre vies où le service du pays prime sur les choix personnels, quatre existences qui nous indiquent aujourd'hui le risque de penser que l'on peut s'affranchir impunément des valeurs de la République et de sa devise.

 

La Liberté, celle de penser, de choisir son mode de vie, de croire ou de ne oas croire. Celle des peuples à s'autodéterminer.

 

L'Egalité, celle de l'homme et de la femme, celle de l'accès de tous aux services publics, celle des citoyens, quelles que soient leurs origines.

 

La Fraternité, celle qui réunit dans une même communauté, la communauté nationale, toutes celles et tous ceux qui acceptent la même loi, qui fondent leur mode de vie sur le "Vivre Ensemble", loin des communautarismes.

 

Gérard Contremoulin

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Le cavalier 04/03/2014 20:05

Poème de Jean Zay – Le Drapeau (1924) :

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est-ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,

Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

Le cavalier 04/03/2014 17:11

Jean Zay...? Il n'aimait pas le drapeau bleu blanc rouge de la nation dans sa jeunesse...!

Gérard Contremoulin 04/03/2014 19:38

Peut-être pourriez vous un peu développer ce que vous souhaitez dire à ce propos ? Les phrases sibyllines sont peu significatives quand on n'a pas les "codes"...

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