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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

25 Feb

"Maçonnerie féminine" : la GLFF répond à Marc Henry.

Publié par Sous la Voûte étoilée

"Maçonnerie féminine" : la GLFF répond à Marc Henry.

Le 23 février dernier, Marc Henry donne un interview à "La Dépêche du midi" dans lequel il déclare ne pas avoir de problème avec la mixité et notamment :

 

« Notre Grande Loge est uniquement ouverte aux hommes, mais nous sommes fiers d’avoir mis au monde la franc-maçonnerie féminine »

 

La Grande-Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, Catherine Jeannin-Naltet, a souhaité apporter le 25 février une réponse en forme de "droit de réponse" dans un communiqué de presse dont voici le texte :

 

                                          Droit de réponse

 

"Nous sommes convaincues que le Grand Maître de la Grande Loge de France, Marc Henry, n'a pas pu prononcer ces mots emprunts de paternalisme et très réducteurs sur l'histoire de la franc-maçonnerie feminine.

 

Les initiations féminines existent bien sûr depuis la nuit des temps.

 

Les historiens de la franc-maçonnerie ont établi que les loges d'adoption existent depuis le 18° siècle. II y en avait plus d'une soixantaine au moment de la création du Grand Orient de France. Ces loges féminines qui existaient en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe ont joué un rôle probablement sous-estimé. Même si certains ont pu y voir, avec condescendance , un passe-temps pour femmes oisives, d'autres y ont vu la naissance des idées féministes.

 

Les femmes, dès cette époque, avaient compris qu'elles devaient s'organiser pour développer une parole libre de toute entrave.

 

Le 19° siècle a permis le développement de la franc-maçonnerie mixte.

 

Effectivement, le début du 20° siècle a vu la renaissance des loges d'adoption à la Grande Loge de France.

 

Toutefois l'histoire balbutie. Rappelons-nous que, déjà, une aspiration à une régularité fantasmée et à un besoin de reconnaissance fit que certains souhaitèrent se débarrasser des franc-maçonnes.

 

Ces femmes ont résisté, se sont fortifiées et, en même temps que le droit de vote leur était enfin donné, les soeurs françaises ont pu bâtir l'obédience féminine à laquelle elles aspiraient pour se développer sans contrainte, oser penser par elles-mêmes et se construire hors de toute imitation."

 

 

GC

_______________________________________________________

Le communiqué de presse de la GLFF du 25 février 2014

Commenter cet article

jmrr 27/02/2014 07:45

Bien sur il y a des sujets bien plus important.
Par exemple : si la ségrégation, sexiste avec les mono-genre, religieuse avec les obligation de croyance, est une valeur maçonnique, alors nos "grandes" obédiences sont composées de maçons. En cas contraire, on transforme les mots en leur donnant des sens contraires.
Par exemple : On refuse de porter au dedans ce qui se fait à l'extérieur. Et du coup on dispute à la papauté la place de dernier bastion dans la ségrégation, la fermeture et l'obscurantisme.
Et on peut se retrouver grand maître de grands n'importe quoi !
Pour bien se persuader du bien fondé de ce qui constitue les OVF (objet, valeurs, finalité, fonctionnement) d'une organisation, il suffit de redonner un sens aux mots en s'appuyant sur ce qui se fait. Et pas le contraire !
Quant à être "reconnu" par les anglais en maçonnerie !!! autant se traiter soi-même d'idiot !! ça gagner du temps !

Christophe 02/03/2014 14:14

Deux rituels furent utilisés à cette époque dans cette Loge particulière: Architecte et Grand architecte. Des rituels particuliers, mais pas nécessairement féminisés.
Cela viendra par la suite.

Pour aller plus loin, certainement le livre de Janet Burke et Margaret Jacob: Les premières francs-maçonnes au siècle des Lumières. Presses Universitaires de Bordeau, 2010.
Une partie du livre est disponible sur Google livre: http://books.google.be/books?id=D9uhfWiAu6cC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Pour ceux qui entendent le néérlandais, un article de la revue Thoth (2007) mis en ligne: https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/handle/1887/13082/Thoth+2007+1+art.pdf?sequence=4

Christophe 26/02/2014 13:36

L'histoire ... en raccourcit.

Rappeler le XVIIIème est bien, avec la première loge mixte qui utilisait des rituels masculins (ce n'est donc pas une loge d'adoption: on l'appelait la "Juste") s'est réalisé en 1751 à La Haye aux Pays-Bas!

Pour notre période, la femme rentre en maçonnerie grâce à des frères de la GLSE qui initie Maria Deraisme. Après une récupération des effectifs et des frères de la GLSE fort bien réussie par la GLdF durant les années 1896-1899 (cela a pris un peu de temps), une GLSE bis mixte a vu le jour.

Et c'est pour récupérer les loges de cette GLSE mixte que la GLdF a créé des loges d'adoption: la loge s'affiliait à la GLdF pour les membres masculins et on créait dans la foulée une loge d'adoption pour les membres féminins.

Evidemment la réalité n'était pas celle-là, ces quelques loges travaillaient comme avant ... ce qui a rapidement créé des tensions entre ces loges et l'obédience.

Dès la fin de l'entre-deux guerre, le torchon brûle, la GLdF veut se défaire des loges d'adoption, c'est chose faite au sortir de la guerre à la faveur de la volonté de la GLdF d'entrer dans le processus de Luxembourg (être reconnue comme régulière à l'anglaise: déjà!). Froidement, ce fut l'abandon, il est vrai, avec quelques formes, et les soeurs livrées à elles-même.
Elles créent l'Union maçonnique féminine de France. (j'ai un livret de rituels d'adoption de la fin des années 40, forts beaux par ailleurs).
Puis, avec l'aide de tous les "bienveillants", dont Corneloup par exemple, elles vont récupérer/recréer les rituels de REAA que leurs prédécessrices pratiquaient à la GLSE.
La GLdF refusait en effet à cette époque qu'elles puissent l'utiliser.
Ce n'est que bien plus tard qu'elles vont pouvoir se procurer patente et rituels contre monnaie sonnante et trébuchante à la GLdF: la patente n'arrivera qu'en ... 2006.

Quand aux hauts-grades REAA, c'est simple, tant pour le DH, que pour les maçonneries féminines anglaises, que pour les GLF (et en premier la GLFF), ils proviennent tous d'une seule source, de Decembre-Allonier (membre actif du Collège des rites du GOdF) qui les a transmis en 1899 au DH. Cela s'est fait avec beaucoup de discrétion et sans accord explicite du Collège des rites (mais aucun désaccord exprimé non plus: et ils ont dû le savoir à un moment donné).

L'histoire est toujours complexe, mais ce qui est sûr, c'est que ce sont les femmes qui se sont battues et qui ont arraché leurs droits, à toutes les époques.

laure caille 28/02/2014 00:42

Mon TCF,
Pour une fois que l'on s'intéresse à la vraie histoire de la FM féminine et non à ses légendes, je me permets d'intervenir et d'apporter 2 précisions:
- La loge de la Haye ne s'appelait pas "la juste" mais la "loge de Juste", vraisemblablement du nom du Grand Maître des Pays-Bas, Juste Gerard, baron van Wassenaer ,qui fonda une loge ouverte aux hommes comme aux femmes et apposa sa signature à son Livre de Constitution .
Cette loge, francophone avait son propre rituel

- Il semble désormais établi qu'une" loge de femmes" a existé à Bordeaux , dans les années 1735-40, au vu d'un document dans lequel un F:. de la loge L'anglaise se plaignait aux autorités de la tenue de loge de "Soeurs de l'Adoption".

Fabrice 26/02/2014 07:32

C'est curieux, mais quand on parle d'initiation masculine au GODF, on se fait traiter par certains de machiste, d'homosexuel refoulé, de rétrograde, de rejeter la moitié de l'humanité, j'en passe et des meilleures. C'est avec ce genre d'arguments que la mixité a été instaurée, de manière larvée, au GODF par une manipulation de l'ordre du jour du Convent 2010. Mais quand la GLFF parle d'initiation féminine, alors là ça passe. C'est même de l'émancipation. C'est curieux quand même que pas un Frère n'ait songé à solliciter son admission à la GLFF.

reconnue comme telle 26/02/2014 10:28

désolée, le post est parti trop vite.
Il faut lire:
: "osant dire que la GLDF aurait donné naissance à la FM alors que cette dernière existait plus d'un siècle avant.....que le Suprême conseil autorise la création de la GLDF"

Le CP de la GM de la GLFF est plus que justifié

reconnue comme telle 26/02/2014 10:23

Quelles étranges mœurs maçonniques que de détourner tout sujet et de caricaturer tout propos pour refaire, ad nauseam, le débat dont on n'a pas digéré l'issue.
En l'occurrence, il ne s'agit ni du GODF ni du bien fondé de la mixité mais de l'aplomb sans retenue d'un GM , dont l'obédience refuse toute visite de soeurs , au seul motif de leur sexe ( les FF du DH ou du GODF sont, quant à eux accueillis) , alors qu'il va volontiers chez elles.
Il s'agit, une fois de plus, de la propension de dignitaires à réécrire l'histoire , osant dire que l'elle aurait donné naissance à la FM féminine alors que cette dernière existait plusde la GLDF d'un siècle avant que le Suprême Conseil autorise la création de GLDF.

Philippe Villetard 25/02/2014 15:18

Mes amis et amies, ne pensez vous pas que nous avons d'autres tâches plus importante, que de se "chipouiller" ainsi..."Rapporter à l'extérieur l'Oeuvre commencée dans le Temple" me parait un devoir incontournable aujourd'hui, afin que la sagesse puisse faire régner la paix partout, c'est toute notre énergie que nous devons orienter vers cet idéal...sans perdre d'énergie en querelle stérile...

Philippe Villetard 25/02/2014 15:13

Mes SS, mes FF, ne pensez vous pas que l'on a d'autres sujets beaucoup plus important que de se "chipouiller" ainsi..."Rapporter à l'extérieur l'Oeuvre commencée dans le Temple" me parait un devoir pour tous et toutes, les lieux de vie ou la sagesse peine à faire régner la paix sont trop nombreux pour se perdre en querelle stérile...

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