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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

25 Aug

"Liberté de conscience"... ? Oui, bien sûr, mais laquelle ?

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

Brainstorm.

Brainstorm.

Voici une contribution sur la Liberté de Conscience adressée par Michel Thys, d'Ittre en Belgique. Michel Thys a produit une approche neuroscientifique du phénomène religieux qu'il qualifie lui-même "d'inhabituelle".

 

« Liberté de conscience » ... ? Oui, bien sûr, mais laquelle ?

 

Car, à mes yeux, il y en a deux : celle - symbolique - qui est « décrétée » par les Constitutions démocratiques, et celle, hélas encore utopique, qui devrait être effective.

 

Avant d'en venir aux "Conventions internationales relatives aux droits de l'enfant" - car tout dépendra évidemment de l'éducation ! -, demandons-noussi « la liberté », du point de vue actuel de la psychologie et de la neurophysiologie, ça existe vraiment et/ou dans quelle mesure.

 

C'est que, du fait de nos nombreux déterminismes généralement inconscients (héréditaires, hormonaux, éducatifs, culturels, religieux, idéologiques, sociaux, politiques, etc...), notre orgueil dût-il en souffrir, il semble bien que nous soyons moins libres que nous ne le pensons ...

Le neurobiologiste Henri LABORIT, l’avait bien compris dans « Eloge de la Fuite », page 59 :
« Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais ».

Il ajoutait même, répondant à Jacques LANGUIRAND, à Radio Canada :

« Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».

 

Ou encore :

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change » (dernière phrase du film, « Mon oncle d'Amérique » (1980), écrit par Alain RESNAIS.

 

Par exemple, la foi : un choix vraiment libre ?
Vassilis SAROGLOU, professeur à l'Université catholique de Louvain, successeur du chanoine Antoine VERGOTE, reconnaît que « le fait d'avoir la foi (...)n'est pas tellement, d'un point de vue statistique, une question de choix. C'est plutôt une question de continuité ou d'assimilation de tout le bagage mental ou affectif que l'on a reçu par le biais de la socialisation, qu'il s'agisse de croyance, de pratique, d'émotion ou de valeurs ».

 

Et pour cause : si j'estime que, dans nos pays démocratiques, «la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» est plus théorique et symbolique qu’effective, c'est parce que l’émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire me paraît compromise.

 

Elle l'est d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce (le tout jeune enfant est déjà naturellement animiste), éducation forcément affective puisque fondée sur l’exemple et sur la confiance envers les parents (influence certes légitime mais unilatérale, identitaire et communautariste).

 

Elle l'est ensuite parce qu'elle est le plus souvent confortée par un milieu éducatif croyant unilatéral, occultant volontairement (du moins autant que possible à notre époque médiatique) toute alternative humaniste, non confessionnelle, rationnelle, philosophiquement laïque et donc non aliénante.

 

A contrario, l’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %.
Quoi qu'en disent les théologiens islamiques qui citent le coran (verset 2:256 : «Il n'y a pas de contrainte en religion » pour soutenir que l'islam accorde la liberté religieuse), je constate que la soumission à tous points de vue au coran, à Mahomet, aux hadiths, à la charia, ..., y est totale. L'apostasie y est même punie de mort.

 

Les musulmans ne bénéficient donc pas de l'article 18 de la DUDH de 1948 : «Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...) ».

L'origine psychologique, éducative et culturelle de la foi.
En 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait déjà constaté, dans « Psychologie religieuse », sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas (les enfants de parents incroyants en témoignent), et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, « agrandi, substitutif » et anthropomorphique.

 

Ainsi, page 294 :

« La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’avoir été précocement éduquée. Toutes les observations l’ont confirmé : l’influence des parents est le facteur le plus décisif dans la formation des attitudes religieuses.(…) Les gestes et le langage religieux des parents, la célébration des fêtes religieuses marquent de façon indélébile les souvenirs d’enfance de nombreux adultes, et déterminent leurs sentiments d’appartenance religieuse. (…). L’extraordinaire permanence des attitudes religieuses, que de nombreuses enquêtes ont mis en lumière, s’explique certainement par l’influence prépondérante de l’éducation familiale.»(…).

 

Vassilis SAROGLOU, le confirme : « Le fait d'avoir eu des parents religieux et d'avoir reçu une éducation religieuse est le facteur le plus important pour déterminer les probabilités d'être, de rester ou de redevenir soi-même croyant, que ce soit à l'adolescence ou ultérieurement à l'âge adulte ».

 

Interprétation « neurophysiologique ».

Comment expliquer la fréquente persistance de la sensibilité religieuse et même déiste ?

 

Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer son imprégnation neuronale précoce : des neurophysiologistes ont en effet constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans (nous n'avons en effet aucun souvenir à cet âge), mais que, par contre, les amygdales (du cerveau émotionnel !), elles, sont déjà capables de stocker inconsciemment le souvenir d'événements à forte charge affective ou émotionnelle, par exemple l'atmosphère « envoûtante » d'une église, les prières et autres comportements religieux des parents, voire leurs inquiétudes métaphysiques, sans doute reproduits via les « neurones-miroirs » du cortex pariétal inférieur et du cortex moteur. Ces « traces » neuronales, appelées « engrammes », sont indélébiles, et se renforcent par plasticité neuronale, au fur et à mesure des expériences religieuses.

 

Les observations par IRM fonctionnelle et par tomographie à émission de positons suggèrent que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal notamment, et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs, s’en trouvent inconsciemment « éteints », et donc « anesthésiés », à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect ultérieurs, du moins en matière de foi.

 

Que disent les conventions internationales ?
Concernant l'enfant, la déclaration de 25 novembre 1981 de l'ONU stipulait article 5 alinéa 1 :
« Les parents ou, le cas échéant, les tuteurs légaux de l'enfant ont le droit d'organiser la vie au sein de la famille conformément à leur religion ou leur conviction et en tenant compte de l'éducation morale conformément à laquelle ils estiment que l'enfant doit être élevé. »

et alinéa 5 :

« Les pratiques d'une religion ou d'une conviction dans lesquelles un enfant est élevé ne doivent porter préjudice ni à sa santé physique ou mentale ni à son développement complet, (...)compte tenu du paragraphe 3 de l'article premier de la présente Déclaration. »

 

Mais désormais la Convention internationale sur les droits de l'enfant, dite aussi « Convention de New York », adoptée par l'Organisation des Nations Unies le 20 novembre 1989, est le texte fondateur des droits de l'enfant à l'échelle mondiale ; l'article 14 précise ces droits vis-à-vis de la liberté de religion :

« 1 Les États parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

2. Les États parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l’enfant, de guider celui-ci dans l’exercice du droit susmentionné d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités. (...).

L'article 18 précise également dans l'alinéa 1 :

« Les États parties s'emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d'élever l'enfant et d'assurer son développement. La responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux. Ceux-ci doivent être guidés avant tout par l'intérêt supérieur de l'enfant. ».

On va enfin, bien que très lentement, dans le bon sens !

 

Education, enseignement et école. (ndlr)

Mais cela implique, du moins à mes yeux, que les libertés d'éducation et d'enseignement, par définition hélas unilatérales et communautaristes, devraient pouvoir être légalement compensées par l'école.

 

On en est loin, surtout en France, car il ne faut pas confondre, comme le fait notamment François HOLLANDE, la laïcité « politique » ( principe de séparation de l'institution républicaine et des institutions religieuses), certes nécessaire, et la laïcité « philosophique », celle qui est chère aux laïques belges et qui devrait lui être complémentaire, mais qui est pratiquement inconnue en France ...

Face à la chute vertigineuse de la religiosité, du moins dans la plupart des pays intellectualisés, les religions, sauf la musulmane, réagissent par des tentatives de re-confessionnalisation des consciences, de réinvestissement médiatique de l’espace public (surtout depuis Jean-Paul II) et de re-cléricalisation de la politique notamment européenne (via par exemple l’ « Opus Dei »), tandis que les sectes spéculent sur la quête de sens qui subsiste (cf. les évangélistes américains, les mormons, les scientologues, les créationnistes, etc.).

Oserais-je quelques conclusions pédagogiques et politiques ?
Préventivement, tout dépendra bien sûr des objectifs éducatifs.
N'est-il donc pas grand temps de freiner, dès « l'école pour tous », le communautarisme croissant, source d'intolérance, d'incompréhension de l'autre et de non acceptation de sa différence enrichissante (tant qu'elle n'est pas terroriste !), et de viser concrètement un meilleur vivre ensemble ?

 

En Belgique, le remplacement des cours de religion et de morale laïque par un cours commun de philosophie, rassemblant enfin tous les enfants et adolescents, irait sans doute dans ce sens, mais tant que la liberté constitutionnelle permettra inconditionnellement la liberté d'enseignement (même islamique et donc dogmatique !) sans proposer d'alternatives et sans imposer des limites, l'école confessionnelle, notamment catholique, élitiste et donc inégalitaire, persistera dans son « projet pédagogique » évangélisateur, fût-il lénifié de nos jours ...

Pourtant, par simple honnêteté intellectuelle, j'estime que chacun devrait pouvoir choisir, en connaissance de cause, selon sa sensibilité, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques (OU religieuses, parce qu'à mon sens, le droit de croire restera toujours légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée).

 

Mais pour que les libertés de conscience et de religion, en particulier celle de croire ou de ne pas croire, deviennent plus effectives que symboliques, il faudrait à mon sens s'orienter, enfin et dès que possible, politiquement et économiquement, vers la fusion des réseaux officiel et privé.

Cela impliquerait un système éducatif de type pluraliste qui proposerait notamment, à tous et partout, une information minimale, progressive, aussi objective que possible et non prosélyte, à la fois sur les différentes options religieuses (ce qui ferait apparaître leur point commun, à des degrés divers : la soumission à un dieu, à un prophète et à un texte « sacré »), ET sur les options laïques évidemment occultées (l’humanisme laïque, la spiritualité laïque, la morale laïque, etc., qui incitent au libre-examen, à l'esprit critique à tous égards, à l'autonomie de la conscience, à la responsabilité individuelle, au respect et à l'acceptation de l'autre.).

 

Cela compenserait les influences religieuses familiales, certes légitimes mais unilatérales et communautaristes, ainsi que les inégalités socioculturelles résultant notamment de l'immigration.

 

Enfin, cela permettrait de rechercher des valeurs communes, « universalisables », parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de le femme et de l’enfant, la liberté de pensée, de conscience et de religion, etc...

 

La religion est en effet une affaire privée qui n’a plus sa place à l’école, sauf lors d’un cours d’histoire ou de philosophie, parce qu’un minimum de culture religieuse, notamment artistique, fait partie de la culture générale.

Dans cette optique, l’enseignement confessionnel, à quelque niveau que ce soit, m’apparaît comme élitiste, inégalitaire, prosélyte, exclusif, intolérant, obsolète et donc inadapté à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions.

 

L’avènement d’une citoyenneté responsable, respectueuse de tous, me paraît à ce prix.

 

Mais il faudra d'abord repenser les notions de «neutralité» de l’Etat et de soi-disant «libre choix» des parents, conforté par les enseignants croyants.
Quoi qu'ils en pensent, c'est « l’intérêt supérieur de l’enfant » qui est prioritaire !

Dans une ou deux générations, peut-être, lorsqu'on aura enfin compris, confirmé, diffusé et admis que la foi a une origine exclusivement éducative psychologique et culturelle, que les religions imprègnent malhonnêtement le cerveau émotionnel pour maintenir (autant qu'il leur sera possible) leur mainmise sur les consciences et la croyance en des dieux qui n'ont manifestement qu'une existence subjective, imaginaire et donc illusoire.

 

Mais ce n'est là que mon modeste point de vue, dont je ne prétends pas qu'il soit plus pertinent qu'un autre.

 

Merci donc pour vos commentaires.

"Liberté de conscience"... ? Oui, bien sûr, mais laquelle ?

Alors, à vos claviers

 

Gérard Contremoulin

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réboussié 27/08/2014 22:05

la philo , ça amuse les présents , les participants , volontaires , avant ou après le repas .....en principe des potes , des frères .......
la laïcité politique , ça donne des lois , des contraintes , ne serait ce que l'acceptabilité du peuple , si ce n'est pas un gros mot , la différence entre valeurs et principes ....la voiture ? liberté ? à droite SVP ...pour le sens ...de circulation
sur le fond des sujets ci dessous évoqués ? je manquais d'idée , je sens que je vais me faire une planche symbolique ..et historique : sur base religieuse , ....la controverse Pelage/ Augustin et la liberté à ses origines ..ou fondement ? les grecs , en fait , avaient une vision plus ....symbolique de leurs divinités ? on est peut être un peu 1er degré ? c'est quand , l'augmentation ....
homme libre , toujours tu chériras la mer mais combien de capitaines qui sont partis ....
même la mer , c'est ni tout blanc ni ...

Eepa 04/09/2014 12:08

Je suis tout à fait d'accord. La liberté passe par d'autres principes et d'autres valeurs. Isoler la liberté seule n'a au final que peu de sens, car elle n'a du coup pas de référent.

Christophe 25/08/2014 22:09

A titre personnel, je reste très Sartrien: nous sommes condamné à la liberté, elle s’appuie sur notre condition humaine.
Et donc je retournerais comme un gant l'excellent propos de notre ami Michel Thys, que j'endosse par ailleurs sans problème.

Quant aux questions de méthodologie soulevée par notre ami Mong, j'y suis sensible.Mais il ne fais pas la démonstration de ce qu'il estime une erreur de méthodologie. Néanmoins cela mérite réflexion. A titre personnel, je ne crois pas que la science soit neutre. En tout cas, rétrospectivement, elle ne le fut à aucun moment.

Alors laïcité philosophique, morale, politique, ... ? L'adhésion sociale à ce type de concepts?
Il me semble qu'il y a un problème en France. Lorsqu'un débatteur me demande en quoi le terme solidarité fait partie du concept laïcité, je m'interroge.
Même si, d'un pont de vue français, il pourrait avoir raison, et pourquoi pas, un concept de laïcité politique serait complètement vide de sens, si, à sa racine, ne se trouvait pas la nécessité d'une réelle solidarité inter-humaine et que son objectif final se trouve là aussi.

En d'autre terme, une laïcité sans solidarité est une laïcité sans gouvernail, et il me semble que c'est ce que l'on observe en France.

Au contraire, lorsque la solidarité entre les humains est à l'articulation du ou des concepts laïque(s), il emporte une large adhésion et permet des avancées sociales. Il me semble que c'est ce que nous connaissons en Belgique, mais jusque quand?

Labrousse 02/09/2014 19:23

La liberté n'est rien sans Égalité et peu sans Fraternité.

Michel THYS 26/08/2014 11:37

@ Christophe :
Oui, en Belgique, certaines sections locales du « Centre d'Action Laïque », confrontées à des problèmes sociaux résultant de la crise économique, s'occupent plus de solidarité que de promouvoir les valeurs de la la laïcité philosophique.

Christian Labrousse 25/08/2014 18:55

Je suis tout à fait d'accord avec cette contribution de Michel Thys. La liberté, mais la liberté de QUOI FAIRE? Et COMMENT préserver cette liberté en toute conscience c'est à dire en toute RESPONSABILITE. ( La laicité n'est pas une opinion c'est la liberté d'avoir une opinion!)

Michel THYS 26/08/2014 11:35

@ Christian Labrousse :
« La Liberté de quoi faire ? » Nous sommes libres de promouvoir ou non la liberté de conscience , de pensée, d'expression, et même de religion (mais en connaissance de cause).

Wanderer 25/08/2014 18:30

La Foi n'est pas une question a aborder en Maconnerie: on ne parle ni de religion, ni de politique en Loge.
Pourquoi le faire sur les blogs?

Frat***

Bruno

joaben 26/08/2014 17:40

"certains FF. y voient une adhésion implicite à la religion, et que cela suscite chez eux des réminiscences parfois pénibles qu'ils préfèrent oublier." nous disais-tu, Michel... je m'apercois que je t'ai répondu à côté, pensant que tu faisais allusion aux "anti-clericaux".
En fait, oui, ce danger existe pour les croyants qui se trouvent confrontés à la double utilisation des memes textes :
- utilisation symbolique de FM
- utilisation pour alimenter leur foi.
Et la "sacralisation" de ces textes supporte mal la distance maçonnique que nous devons avoir.
ET on se retrouve dans la FM "religieuse" à des confusins graves où certains recherchent dans la FM un renfort leur croyance, une approche mystique ou une vulgarisation ...
C'est en se sens que l'approche symbolique doit être si insistante dès l'entrée en FM... en particulier dans les GL où le GADLU est bien présent, mentionné. Par exemple des textes comme "GADLU, qui est Dieu" sont inadmissibles ! appauvrissement complet de la FM. Le GADLU est ... ce qu'en raconte la FM ... si certains y voient des rapprochements avec un dieu ... c'est leur affaire.

joaben 26/08/2014 16:51

je sais, Michel. c'est bien pour celà que j'insiste à dire qu'il n'y a pas de crainte à avoir. Et que d'ailleurs cette crainte laisserait entendre qu'il y a "quelque-chose" à craindre. Justement, la vraie victoire sur la superstition, à mon avis, est justement d'aborder ces textes sans craintes.
Pourquoi certains récits de nos rituels (cf 3e) ne sont pas craints ?

Lebeau Etienne 26/08/2014 16:42

Encore faut-il s'entendre sur le mot religion ,prête à confusion de par ses deux sens. Cette religion que des frères ressentent en eux n'est pas contestable au sens ou c'est probablement un ressenti qui vient du plus profond d'eux: elle ne doit jamais être attaquée car c'est infliger une blessure inutile et porteuse de haines potentielles inextinguibles. Ce n'est que l'aspect "collectif" des religions, donc les églises, qui est critiquable lorsqu'il essaie d'imposer une croyance à qui ne demande rien. Et là, à mon sens c'est un problème de pouvoir voulu par certains plus qu'un problème de religion. Peut-être nous manque-t-il un mot pour distinguer ces deux "religions".

Michel THYS 26/08/2014 11:30

@ Joaben :
Certes, « manier et construire des rituels sur des récits et des personnages bibliques ne fait pas des judéo-chrétiens ». Mais il faut comprendre que certains FF. y voient une adhésion implicite à la religion, et que cela suscite chez eux des réminiscences parfois pénibles qu'ils préfèrent oublier.

Michel THYS 26/08/2014 11:26

@ Gérard Contremoulin :
Merci pour ces précisions. C'est évidemment aussi le cas au G.O.B.

Michel THYS 26/08/2014 11:24

@ Wanderer :
Certains craignent encore, peu ou prou, que des discussions sur la religion ou la politique, sujets jadis tabous, puissent dégénérer et donc nuire à notre Frat. …
Mais je pense que ce temps-là est révolu,d’abord parce que, de nos jours, les Maç. ne cherchent plus à se convaincre mutuellement (enfin en principe !), mais bien à s’éclairer fraternellement ; ensuite parce que la conception maç. de la tolérance consiste, me semble-t-il, à respecter les personnes, à les accepter dans leurs  différences, toujours enrichissantes, mais pas à accepter nécessairement leurs idées, toujours critiquables.

joaben 25/08/2014 21:35

@wanderer ... on peut aussi aborder "la foi " sous un angle gnostique, voire même johannique qui s'approche beaucoup de la demarche maçonnique. Et s'éloigner ainsi totalement des phenomenes cléricaux ... ou anti-cléricaux.

joaben 25/08/2014 21:32

Mais, cher Gérard on peut voir dans cette interdiction de parler de religion, depuis le 18e siècle en FM un début de ce que nous avons appellé laïcité plus tard.
Ne pas parler de religion en FM c'est se garantir des phénomènes passionnels que déclenchent ces questions.
La problématique était beaucoup plus aigue à l'époque d'anderson avec une angleterre en pleine guerre civile(parlementaristes contre monarchistes) et religieuse(protestants/catholiques). La formulation de l'époque était partulièrement habile ... et même aujourd'hui.
Beaucoup n'ont pas compris que ce soit du côté fM religieuse commme anti-religieuse que manier et construire des rituels sur des récits et des personnages bibliques ne fait pas des judeo-chrétiens.
Il n'y a aucune necessité de croire en quelle manifestation surnaturelle ni en une véracité de recits bibliques ou rituelliques pour progresser en FM ... ni aucun risque de "tomber en religion" en faisant de la FM dessus.
Mais ce n'etait pas vraiment le sujet soumis... pardon de cette diversion.

Gérard Contremoulin 25/08/2014 19:50

Précisément parce que ce principe n'est pas universel ! Parler ou pas de politique et de religion varie selon les obédiences et l'importance qu'elles accorde au respect des "basic principles".
Par exemple, les obédiences "libérales" (au sens de la philosophie des Lumières) comme le GODF, le DH, la GLMU, la GLMF, la GLFF s'autorisent à parler de TOUT !
En revanche ce n'est pas le cas de la GLNF, de la GL-AMF, de la GLDF, de la GLTSO (quoique ce soit pour elle plus nuancé !).
Alors pourquoi faire comme si une règle particulière était une règle universelle ?

Lebeau Etienne 25/08/2014 18:00

Je ne sais pas si on peut valablement parler de "foi" si on ne tombe en accord sur une définition du verbe "croire", qui est la base de cette discussion. Pour moi ce verbe signifie" tenir pour vrai ce qui n'est pas démontrable". Partant, même la mathématique peut faire l'objet de foi puisque certains théorèmes n'ont toujours pas été démontrés. Cependant ma définition étant on ne peut plus courte, elle ne tient pas compte de l'élément humain et mes chers frères, maçons ou pas-moi aussi d'ailleurs- ont tendance à utiliser le mot "croire" lorsqu'ils pensent que tel ou tel "principe" est porteur d'espoir d'avenir meilleur, donc à "tirer des plans sur la comète" selon l'expression de feue ma mère. AInsi , avoir la foi peut être aussi croire en un avenir devant être amélioré par telle ou telle "croyance". Et il y a la foi maçonnique ( du moins cette expression est-elle utilisée par des frères, comme il y a d'autres fois.
L'enfant, sous l'influence de ses parents, est amené ou non à des "pratiques religieuses". Or, celles-ci ne crèent pas obligatoirement la foi. Mon épouse, par ailleurs "maman catéchiste", m'en parle par-ci par là: elle constate que, malgré la volonté des parents, des enfants inscrits dans la catéchèse font de l'opposition et manifeste un rationalisme qui refuse l'idée de Dieu. D'autre part, il y a des conversions tardives( dans toute religion) comme des renoncements tardifs. ce qui montre, à mon avis, qu'inciter à des pratiques religieuses peut "éventuellement" inciter à la foi mais ne la déterminent pas et ne la crèent pas, loin de là... Et donc, malgrè l'éducation et quel que soit son sens, l'enfant garde un libre arbitre...
L'école doit rester NEUTRE: pas de religion et pas d'antireligion non plus, faute de quoi elle influera dans un sens ou dans un autre, soit vers, soit "a contrario". c'est dire que la laïcité à l'école se doit d'être une pratique et il faut donc bannir tout discours sur la laïcité comme sur la religion: c'est la seule façon à mon avis de respecter les principes de la laïcité puisque nous ne devons ni inciter vers les églises ni inciter contre les églises. Et je pense que ce temps de "neutralité" absolue doit durer jusqu'à ce que l'élève soit suffisamment formé intellectuellement pour affirmer ses propres choix. Il doit donc durer, à mon avis' jusqu'à ce que l'élève soit capable de comprendre des discours de philosophie, soit en terminale.

mong 28/08/2014 15:29

@ Michel THYS

C'est donc principalement un problème de définition :-)

Ce que vous décrivez par la séparation des religions et de l'Etat c'est bien la laïcité traduite dans la loi de 1905, pas la libre pensée. Cette dernière promeut l'abolition des chaines qui contraignent la pensée, le libre exercice de la raison. L'athéisme militant est une branche de la libre pensée, mais au même titre par exemple que l'examen critique de la «main invisible du marché», dont les ressemblances avec la religion sont nombreuses.

Les religions profitent bien évidemment de la laïcité car celle ci protège ses croyants tout autant qu'elle protège ceux qui militent pour autre chose. Les aberrations dues au prosélytisme et au nombre des cultes sont limitées par les quelques mots suivant, présents dès le premier article de la loi de 1905 : « dans le respect de l'ordre public», qui permet de justifier à peu près n'importe quelle mesure de restrictions sur les manifestations publiques.

D'ailleurs, plus il y a de religions, plus il y a de farfelus, et plus les demandes de manifestation sur la voie publique sont délirantes. Et comme il n'est pas possible de favoriser une religion plus qu'une autre, toute interdiction à une religion doit être étendue aux autres religions. La pluralité comme étouffeur naturel :-)

Quant à la morale laïque, j'ai déjà défendu dans ces mêmes colonnes (jeu de mot...) le vrai sens qu'elle porte. Non seulement elle existe, mais effectivement elle doit être enseignée. Car la laïcité est un principe (non une loi) qui oblige à se référer à l'Autre pour obtenir un jugement moral. Ainsi, par définition, la laïcité est un principe social, donc public, donc politique. La laïcité «philosophique» est quelque chose que j'ai du mal à concevoir, si ce n'est dans l'appréhension de l'altérité.

Ceci dit, je ne connaissais pas la situation belge, et je dois dire qu'elle m'effare autant qu'elle m'attriste !

Si jamais vous passez en France un de ces 4, peut être pourrions nous demander à notre TCF Gérard de faire une de ces petites réunions qu'il affectionne et qui permet de faire se rencontrer les gens. Je suis sûr que vous pourriez m'éclairer plus efficacement sur la laïcité philosophique, ce qui me réjouis d'avance !

Michel THYS 27/08/2014 13:21

@ Mong :
Etant « du même bord », il serait étonnant que nous ne soyons pas fondamentalement d'accord, à une nuance près peut-être : pour vous, qui êtes Français, la laïcité uniquement « politique » « relève de la gestion de l'espace public »).
L'éducation n'en relève donc pas, et ne concerne que « la Libre Pensée ».
C'est logique, mais la Libre Pensée française ne s'attache, me semble-t-il, qu'à la défense et au respect de la séparation des religions et de l'Etat, dans l'esprit de la loi de 1905, sans voir apparemment que cela profite en fait et paradoxalement à toutes les religions et à leur prosélytisme !

En Belgique, l'enseignement « officiel », celui qui est non « privé » comme vous dites en France, procède d'une conception inspirée par la laïcité « philosophique », non confessionnelle.
Votre ancien ministre Peillon avait bien compris que la morale ne se limite pas à la « civilité », mais il semble avoir été désavoué. Nous verrons avec la nouvelle ministre.

En Belgique, nous sommes « coincés » par le « Pacte scolaire de 1958 », qui a instauré des cours de religions (reconnues) et un cours de « morale laïque », ce qui sépare hélas les élèves, empêche tout dialogue entre-eux et ne favorise pas l'acceptation de la différence de l'autre !
Ce pacte est hélas impossible à repenser et à réactualiser sans une modification de certains articles de la Constitution belge, ce à quoi l'Eglise, via les politiciens qu'elle a aliénés, s'oppose farouchement, de même bien évidemment qu'à tout projet de fusion des réseaux d'enseignements officiel et confessionnel (a fortiori en temps de crise économique et de problèmes linguistiques ...) !
Heureusement, des constitutionnalistes laïques ont repéré des failles exploitables dans la Constitution (L'Etat a l'obligation d'organiser ces cours, mais ils ne sont pas obligatoires !).
On avance, mais très - trop -lentement ...

mong 26/08/2014 18:15

@ Michel THYS

(tout le premier paragraphe) : pas de problème, au contraire ! Je dis également que la parole scientifique est liée à son contexte, et n'a pas de valeur de «vérité». Vous allez donc dans mon sens. La reproduction d'une expérience est un élément de création de consensus, pas de signification.

La définition d'humanisme que j'emploie est celle de la doctrine stipulant, grosso modo, que « l'Homme, c'est pas pareil ». En gros, que l'Homme n'est pas qu'un animal, et qu'à ce titre il a accès à des choses plus... éloignées de la Nature, comme les droits (*déclarés*, pas constatés) universels.

L'Homme construit des choses qui le distingue des animaux. Ce n'est probablement pas «vrai» au sens scientifique, car, après tout, nous sommes des animaux. Mais nous ne pouvons pas construire une société acceptable (à mes yeux) sans mettre un peu de coté cet aspect «naturel». D'où le retour à mes premières remarques, qui stipulaient de ne pas mélanger la science (qui par exemple va étudier l'animal humain) avec la politique, qui va organiser la société humaine, en se basant sur des principes *non issus* de la science (ou de la Nature).

Enfin, quand la science prédit en sciences humaines, elle le fait *statistiquement*. En aucun cas ses prédictions ne sont applicables à l'individu regardé comme tel. D'où la réitération de ma remarque sur la non-prédictibilité de la volonté de l'individu (qui évidemment s'écroule lorsqu'il s'agit de groupes, ce qui va bien sûr dans votre sens). Mais vous le notez vous-même en parlant de corrélations statistiques.

Quant à la transmission, à l'éducation, sujet qui vous semble cher et auquel je n'ai pas encore fait d'allusion : je suis assez d'accord avec vous, à la nuance près que ceci ne relève pas de la laïcité (qui relève de la gestion de l'espace public) mais de la libre pensée. Nous avons en France deux sujets bien distincts, souvent confondus : la laïcité et l'athéisme militant.

Pour ma part, j'utilise l'argument de la laïcité pour essayer de prévenir ma fille de contacts à mes yeux dégrandant pour l'esprit humain. Car je pense, * à titre personnel *, que la religion est un avilissement de la raison. Ceci dit, c'est une opinion qui ne vaut pas mieux que celle des religieux, et j'en suis conscient. Je demande à la laïcité, qui elle ne se discute pas, de faire en sorte que l'espace public respecte un maximum mes convictions, comme je suis sûr que les religions font des efforts pour supporter les personnes comme moi :-)

Michel THYS 26/08/2014 16:29

@ Mong :
Selon moi, « la reproductivité » d'un phénomène, qu'il soit physique ou même sociologique, n'implique pas nécessairement que sa compréhension soit correcte. L'histoire des sciences ne montre-t-elle pas que des découvertes ultérieures au consensus de savants ont prouvé qu'ils s'étaient trompés ? Je pense par exemple à Louis Pasteur démontrant que la « génération spontanée », unanimement admise et apparemment reproductible, n'existait pourtant pas.

Il est vrai que de nos jours, les découvertes révèlent plutôt la complexité imprévue des phénomènes, tant physiques que biologiques, d'autant que les lois de la physique ne sont que peu comparables à celles qui régissent les êtres vivants, a fortiori humains, et aussi que les découvertes actuelles complètent, plus souvent les précédentes qu'elles ne les anéantissent.

« Ce qui fait l'humanisme », ce n'est pas seulement «la compétence donnée aux hommes de décider par eux même, d'être capable de s'extraire des influences environnementales ou culturelles (en théorie) ». C'est aussi, et surtout, me semble-t-il, le modèle éducatif que se donne une société pour faire apparaître le respect des valeurs humanistes, notamment celles de la DUDH, et pour les promouvoir en son sein.

Oui, « la science est capable de prédire, en fonction du milieu culturel, du passé de la personne (...) ce que va penser un individu ». Par exemple, il n'est même pas nécessaire de reproduire les conditions éducatives d'un milieu culturel religieux pour prouver la corrélation statistique entre elles et la persistance fréquente de la foi, du moins au niveau mondial (compte tenu des différences individuelles) : c'est un fait d'observation. Par endoctrinement idéologique ou religieux, cela pourrait en effet compromettre l'idéal de l'humanisme laïque.

mong 26/08/2014 14:39

@ Michel THYS

« Ce qui fait « la vérité », temporaire certes, en sciences », ce n'est pas le « consensus des savants » »

Bah... heu... si. Le seul point acceptable supplémentaire dans les disciplines expérimentales est la reproductivité. Sinon, il s'agit bien d'un consensus !

« deux «vérités» contradictoires ne peuvent pas être vraies en même temps. Elles s'excluent mutuellement »

Bah ... heu... non :-) La physique regorge d'exemples où deux états mutuellement exclusifs (par exemple la position) peuvent exister *en même temps* (et ce n'est pas un simple manque d'information).

Enfin, quelque soit l'angle d'approche de la neuro-psychologie, ce qui fait l'humanisme c'est la compétence donnée aux hommes de décider par eux même, d'être capable de s'extraire des influences environnementales ou culturelles (en théorie). Si une science est capable de prédire, en fonction du mileu culturel, du passé de la personne, ou que sais-je encore, ce que va penser un individu, alors il n'y a plus d'humanisme. L'indécidabilité de la volonté est à la base de notre société.

Et que ce soit vrai ou non m'importe peu : ce n'est pas une société très intéressante qui en ressortirait.

Michel THYS 26/08/2014 14:28

@ Mong :
Je suis d'un autre avis : il n'y a, selon moi, aucune « certitude », ni scientifique, ni « issue de la foi ». Ce qui fait « la vérité », temporaire certes, en sciences », ce n'est pas le « consensus des savants », car elle serait alors subjective. Elle dépend à mon sens de l'état des connaissances, dans l'attente des futures découvertes. « Dieu », malgré son existence subjective n'a manifestement aucune existe objective et concrète. Il ne peut pas en même temps être et ne pas être : deux «vérités» contradictoires ne peuvent pas être vraies en même temps. Elles s'excluent mutuellement.
La « réfutation par la falsification d'un point scientifique » ne dépend pas des « experts » mais des faits découverts et à découvrir. ». L'angle d'approche neurologique » ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, ni à tirer des conclusions sociales, mais seulement à comprendre les mécanismes biochimiques et hormonaux qui « produisent » la pensée et les croyances, compte tenu de l'environnement culturel. On en est encore loin, mais les découvertes neurophysiologiques progressent à une vitesse exponentielle, malgré la complexité inimaginable des processus évolutifs qui ont eu lieu en des centaines de milliers d'années.. Il faudra des décennies, voire des siècles, pour n'en comprendre qu'une infime partie ...

mong 26/08/2014 11:36

@ Michel THYS

j'anticipe sur ma réponse à votre (fort courtois) commentaire (eu égard à mon goût de la provocation :-) ) en parlant de la certitude «pseudo-rationnelle» : il n'y a pas de différence entre une «certitude» du monde scientifique et une «certitude» issue de la foi, du moment qu'elle est partagée. Car ce qui fait la «vérité» (temporaire, certes) en science est un consensus. Du coup, s'il existe un consensus entre plusieurs personnes sur la réalité de foi, nous sommes dans la même situation.

Sur la réfutation de ce point par la falsificabilité d'un point scientifique par rapport à un point métaphysique, il n'y a en pratique guère de différence : la réfutation ne peut être faite que par des experts et donc le quidam se doit également de faire confiance aux sachants.

Mon point est donc de dire que l'angle d'approche neurologique est biaisé, comme toute approche scientifique (pour l'instant) tirant des conclusions sociales.

Cependant, comme il semble que les sociétés auxquelles nous aspirons soient proches, je vous proposais l'angle du choix, qui, indépendamment de la réalité du religieux ou de la légitimité même de la question de son existence, pose un acte de choix, un écart (sur le coté) par rapport à la Nature, démontrant par là encore une fois la validité de l'Humanisme.

Ceci dit, merci de ne pas avoir répondu avec le même degré de provocation que moi :-)

Michel THYS 26/08/2014 11:21

@ Mong :
Je pense que la foi se transmet émotionnellement, tandis que la culture religieuse se transmet intellectuellement. Les croyants avec qui je discute sur des blogs religieux témoignent du fait que quelqu'un qui a la foi « sait », en ce sens qu'il a une certitude de l'existence effective de « Dieu ».
Mais, dans mon optique particulière, il s'agit d'une certitude « pseudo-rationnelle », émanant du cerveau émotionnel.. L'idée que sa foi ne serait qu'imaginaire et donc illusoire n'effleure même pas la plupart des croyants, du moins tant qu'elle ne leur fait pas plus de tort que de bien. J'observe qu'au-delà de l'âge de 25 ans environ, il devient assez rare, voire impossible à un croyant de perdre la foi, sous peine de se déstabiliser et de se décrédibiliser.
Bien sûr que "la science ne parle jamais de réalité de la vérité" : la « vérité » scientifique n'est jamais que partielle et provisoire, tout comme la « vérité » individuelle, au contact de celles des autres.

mong 25/08/2014 18:54

Si la foi était une «croyance», elle pourrait s'inculquer, ou du moins se transmettre par la culture. Or, ce n'est pas (complètement) le cas, et la Foi décrite par certains croyants n'est pas du ressort de la raison ou de la "croyance" (comme les termes sont pauvres...) mais du «savoir». Quelqu'un qui a la foi «sait», ne «croit» pas.

Partant de là, on peut toujours ergoter sur ce qui génère cet état d'esprit; toujours est il qu'une fois cette certitude ancrée, elle n'est pas falsifiable, contrairement à la croyance.

Pour ce qui est des mathématiques, ou des sciences à la Poper, on a toujours la possibilité d'une vérification du chemin. Mais il faut faire extrêmement attention quand on utilise les références scientifiques : la science ne se préoccupe pas de ce qui est «vrai», mais de ce qui peut se partager et se reproduire. En gros, il s'agit essentiellement de consensus entre scientifiques, qui jamais ne parleront de réalité ou de vérité (à la manière de certains qui se savent parce que d'autres les reconnaissent comme tels).

Chaque connaissance étant datée, tenir pour «vrai » quelque chose ne relève pas de la démarche rationnelle et scientifique mais de l'acte de foi, justement.

joaben 25/08/2014 15:35

Magnifique article qui peut inspirer des planches
Remarque amusante et annexe : une première mention de la liberté de conscience est justement dans la Bible : le jardin d'Eden. Cette histoire, débarassée de langue religieuse culpabilisante(talmud, st augustin & co) nous raconte que l'homme irresponsable découvre la liberté de conscience et son corrolaire : la responsabilité.

Michel THYS 26/08/2014 11:04

@ Joaben : Merci pour ton appréciation.

Terrasse Serge 25/08/2014 14:44

Je suis en accord total avec tes propos. Selon moi, un FM qui inculque une religion à ses enfants ne respecte pas leur liberté de conscience, ce qui est contraire à nos principes fondamentaux. Ils doivent être en mesure de croire, de ne pas croire, de choisir une religion ou de n'en choisir aucune grâce à la liberté totale de leur conscience. J'ai dit.

Michel THYS 26/08/2014 11:09

@ Etienne Lebeau :
Dans une L. a-dogmatique, rien n'interdit en effet à un F. d'être croyant. Il est cependant souhaitable qu'il ait remis en question ses éventuelles certitudes religieuses à la lumière de sa réflexion et du libre examen, et qu'il s'abstienne de tout prosélytisme.
Il est vrai que nous employons abusivement le verbe « croire » au lieu de « penser ». Même André Comte-Sponville, dans « L'esprit de l'athéisme » page 81, il précise, : « Je suis un athée non dogmatique : je ne prétends pas savoir que Dieu n’existe pas ; je crois qu’il n’existe pas ». « Savoir » impliquerait en effet qu'on puisse démontrer que « Dieu » n'existe pas, alors qu'aucune inexistence n'est démontrable, sauf en mathématiques.
J'y vois la conception d'un philosophe refusant, comme apparemment tous ses confrères, de tenir compte des observations, bien que partielles et provisoires, que des psychologues et des neuroscientifiques accumulent à propos du phénomène religieux, comme s'il redoutait de devoir remettre en question ou nuancer ses interprétations.
Pour ma part, je ne « crois » pas que Dieu n'existe pas : je « pense », je conclus avec mon cerveau rationnel qu'il n'existe pas, ou alors qu'il n'a qu'une existence subjective, imaginaire et illusoire, à la suite d'une éducation religieuse précoce, confortée par un milieu croyant occultant les options non confessionnelles.

Certes, nous avons « foi en l'Homme », mais il s'agit plutôt d'une « confiance » en ses virtualités de perfectionnement, du moins s'il bénéficie d'un milieu éducatif et culturel favorable.
De nos jours, grâce notamment aux médias, un enfant à qui des pratiques religieuses sont imposées, réagit tout autrement qu'il y a quelques décennies (il n'y a d'ailleurs quasi plus d'enfants de coeur). Il est même au courant qu'il y a des prêtres pédophiles. Dans les pays non théocratiques, la chute de la religiosité est flagrante, mais à cause de l'opposition des religions, elle n'est hélas pas remplacée par la proposition d'un humanisme laïque.

Oui, l'école doit rester « neutre », et donc exclure tout prosélytisme , religieux ou laïque. Mais je pense qu'une saine conception de la neutralité et de la tolérance devrait proposer à tous les adolescents une information minimale, aussi objective que possible, aussi bien sur les principales options religieuse que sur les options non confessionnelles.

Michel THYS 26/08/2014 11:00

@ Serge Terrasse :
« Inculquer une religion à ses enfants », et/ou les inscrire dans une école confessionnelle, a fortiori lorsqu'ils sont encore dépourvus d'esprit critique, c'est les exposer à une évangélisation, fût-elle devenue plus hypocrite que jadis, ce qui risque de laisser des traces indélébiles dans leur cerveau émotionnel et nuire à leur future liberté de conscience et de pensée. Je pense aussi que les Cand. à l'Init. dans une L. a-dogmatique devraient en être plus conscients qu'ils ne le sont généralement.

Lebeau Etienne 25/08/2014 18:17

Rien n'interdit à un frère d'être croyant et notre laïcité est là justement pour que nous puissions accueillir les croyants chez nous, à l'expresse condition qu'ils ne tentent d'influer personne vers leur choix. Inculquer une religion? cela ne me dérange pas, et je suis athée. Cependant, celui qui inculque doit pouvoir éclairer son "élève" et lui montrer que les principes de base sont seuls universels, la forme pouvant varier d'une église à l'autre et ceci jusque chez les athées.

réboussié 25/08/2014 13:45

un commentaire ? j'en redemande ( voir la revue sciences humaines éventuellement sur ces approches )
le commentaire ? j'en redemande aussi , un peu long , peut être ? alors , un autre pour préciser ...deux ? ..ça ne suffira pas ....je ne sais pas si ce blog doit remplacer nos tenues , mais pourquoi bouder notre plaisir ? ça peut donner une image du GO plus "intelligente" que nos débats sur nos problèmes de nombre de sucre à mettre dans le thé ...désolé , mais je ne trouve rien de désagréable à ajouter , et pourtant , en matière de mauvaise foi , j'ai des références ..et de l'expérience merci encore ..

Michel THYS 26/08/2014 10:58

@Réboussié :
En l'absence notamment de Rituel, un blog ne remplacera évidemment jamais une Tenue. Mais il est permet à chacun de prolonger sa réflexion à propos du sujet d'une Pl., et de la partager, autrement qu'en en L., où il ne peut d'ailleurs pas reprendre la parole sur un même sujet.
Un blog permet aussi d'aborder une infinité de sujets, dans un « esprit maçonnique ».

mong 25/08/2014 11:05

Je n'ai pas de chance : je suis assez d'accord avec beaucoup de choses dans ce billet, mais en profond désaccord sur la méthode, les arguments et les objets de discussion !

Tout d'abord sur la méthode : on ne doit pas mélanger science, politique et considérations personnelles des individus. C'est un principe fondamental auquel tout écart expose aux pires dérives, fussent les intentions initiales aussi louables que celles de l'auteur. Très rapidement, ceci est dangereux parce que :
- la science ne peut gouverner la politique, auquel cas ceci signifierait que la politique se démontre et que les avis des citoyens, non experts, ne sont pas pertinents (ceci inclut le concept de «fait»),
- la science ne peut parler de l'identité des Individus, auquel cas elle pourrait déterminer les caractéristiques de chacun selon des critères extérieurs (typiquement ici : la foi),
- enfin, la disparition du *choix* dans ce genre de discussion est une approche résolument anti-humaniste.

Nous retrouvons ces méthodes de raisonnement aussi bien chez certains marxistes, qui, comme Marx, intègrent les données (factuelles) du Capital avec des considérations spinozistes pour en conclure que « la classe ouvrière ne sait pas ce qui est le mieux pour elle » (de Marx à Nordon vous trouverez les références), que chez beaucoup de personnes d'extrême droite, pour qui l'humanité est sub-divisée en catégories justifiant des droits différents.

Donc, dans la suite, je ne répondrais pas directement aux considérations issus des connaissances balbutiantes des neuro-sciences, qui, même si elles apportaient des réponses à certaines considérations névrotiques (type : la foi) ne sauraient justifier par exemple une mise sous tutelle des croyants.

D'ailleurs, nous n'en avons pas besoin pour discuter de la non existence effective du concept de Liberté. Il suffit juste de constater que la liberté ne s'exerce (et donc n'existe) que par rapport à un cadre : je suis libre si je peux faire plus que je ne veux, si mes contraintes sont plus lâches que mes besoins, ou si je peux faire ce que j'estime juste (dans mon droit).

La liberté de conscience n'est en soi pas une liberté : elle est relative à l'existence même de l'individu. Si nous reconnaissons à un individu son existence, sa raison, ses sentiments, etc..., nous ne pouvons pas décider pour lui de ce qui constitue son identité. Même les psychanalistes du début du XXè avaient compris la différence entre le Moi socialement construit et le Moi identitaire.

Du coup, dire que ce que certains affirment comme une part de leur identité (une connexion effective avec Dieu par exemple) est une maladie ne fera pas avancer le débat : cela crééera un blocage définitif (et justifié !). Je rappelle que la foi ne se choisit pas !

L'auteur demande de faire le distingo entre la laïcité politique et la philosophique. Pourtant, il ne fait pas le distingo lui même entre le domaine politique et le domaine «rationnel». En effet, s'il est clair que nous sommes tous en partie déterminés par notre environnement, nos rencontres, etc..., s'il est clair que nous ne sommes pas égaux dans les faits (même en droit : ai-je le droit de passer six mois par an aux Bahamas ? Oui, mais...), peut-on construire un système politique qui prenne ceci en compte ?

Le seul système politique basé sur l'Humanisme, l'Individualisme et la République est un système qui postule (qui affirme, indépendamment de faits potentiels) la nécessaire égalité des droits, la liberté de conscience et la nécessité du consensus dans l'organisation sociale.

A aucun moment il n'est question de la réalité de l'existence de ces concepts ! C'est un choix, qui doit être assumé.

La laïcité, aussi bien philosophique que politique (je reconnais ne pas distinguer les deux), est la concrétisation de ces aspects : le consensus social n'a de valeur que parce qu'il est choisi par les individus en leur «âme et conscience», non parce qu'il est dicté par une entité supérieure.

Parmi ces éléments de consensus social se trouve le concept de «dignité humaine» : à partir de quand est on blessé, atteint, dans ce qu'on considère notre intégrité, notre individualité ? Pour certain(e)s, porter une marque extérieure de soumission absolue ou se faire lancer sur un matelas ne sont pas des pratiques dégradantes. Pour la majorité d'entre nous, si. Le consensus a abouti à la formulation d'une loi. Il y a autant de laïcité dans l'interdiction du lancer de nain que dans l'interdiction du port du voile totale dans l'espace publique.

Ceci dit, j'avais théorisé à une certaine époque l'existence d'une « sphère publique individuelle », qui constituerait en fait l'interface entre le dedans (la sphère privée) et le dehors, l'espace public. Ce faisant, ce concept permettait de faire varier ce qui apparait sur la SPI en fonction du contexte (par exemple les règles qui régissent l'espace public en loge ne sont pas les mêmes que sur le parvis, et dans les deux cas nous ne montrons pas les mêmes facettes de notre personne). Ainsi, l'espace public devenait le lieu d'intéraction des SPI (ce qui d'une part permet de définir l'espace public, et qui d'autre part permet différents sens du concept d'espace public selon les personnes en interaction) et la laïcité la promesse que la loi ne pouvait réduire la taille de SPI à la seule intégrité physique. Mais ceci est encore en gestation...

Désolé pour la taille de la réponse ! Pourtant, je me suis restreint...

Michel THYS 26/08/2014 10:55

@ Mong :
Ma réponse d'hier soir ne mentionnait pas mes coordonnées. La revoici.
Il me semble légitime, et même utile, de tenir compte de « la science et de la politique » dans mes considérations personnelles, sans les « mélanger », .
Depuis que le temps que le positivisme et le scientisme sont révolus, il n'est évidemment plus question que « la science puisse gouverner la politique », et encore moins de « minimiser les avis des citoyens ».
Je pense que, parallèlement aux sciences « exactes » qui étudient les phénomènes concrets, les sciences « humaines », dont la psychosociologie, utilisent les mêmes méthodes rigoureuses de travail, inspirées de Claude Bernard et de Karl Popper (observation, expérimentation, etc..) pour observer des phénomènes tels que les comportements, les croyances, les idéologies, les opinions politiques, etc. Elles constatent notamment la corrélation flagrante entre une éducation religieuse et la fréquente persistance de la foi (surtout dans les pays théocratiques!). Pas question de vouloir « déterminer les caractères de chacun selon des interventions extérieures », et encore moins de vouloir « la disparition du choix » entre croyance et incroyance. Au contraire !

Mon « raisonnement » n'a évidemment rien de commun avec celui de Marx, ni avec celui de l'extrême droite. Hors de question enfin de vouloir « mettre sous tutelle des croyants », victimes qu'ils sont des religions qui, toutes, occultent la découverte des options non confessionnelles.
« Les connaissances balbutiantes des neurosciences » ne sont en effet pas indispensables « pour discuter de la non existence effective du concept de Liberté », mais je pense qu'elles y aident, pour en fixer les limites.

« La liberté de conscience » ne me paraît pas « relative à l'existence même de l'individu » puisqu'en fait, les cultures, les religions et les pouvoirs politiques qu'elles ont inféodés le privent de toute réflexion inspirée par le libre examen.
Le but d'une éducation laïque et donc humaniste, émancipatrice et épanouissante, est que chacun puisse déterminer son « identité » en donnant à son existence le sens qu'il a librement décidé.
Je n'ai jamais dit, écrit ou laissé sous-entendre que « la connexion effective avec Dieu par exemple» serait une « maladie ». Les croyants, à mon sens, sont les victimes souvent inconscientes des influences parentales, certes légitimes et de « bonne foi », puis éducatives et culturelles, unilatérales et communautaristes. Nous sommes donc d'accord : « la foi ne se choisit pas » ! Elle est toujours imposée, le plus souvent précocement, en l'absence d'esprit critique.

En France, séparant l'Etat et les religions au nom de la tolérance et de la neutralité, on ne connaît apparemment que la laïcité « politique ». Mais elle devient de plus en plus laxiste, électoraliste et donc favorable à toutes les religions, qui évidemment en profitent, ce qui favorise le communautarisme.
Il existe pourtant aussi, du moins en Belgique, une laïcité « philosophique » qui se passe de toute référence transcendante et surnaturelle, mais qui n'est pas pour autant antireligieuse, puisqu'elle prône le libre choix, actuellement plus symbolique qu'effectif, entre croyance et incroyance, après avoir eu connaissance, intellectuellement s'entend, des différentes options, tant religieuses que laïques (dans le sens de «non-confessionnelles »). Par simple honnêteté intellectuelle et une saine conception de la neutralité. Je vous propose la définition qu'en a donnée feu notre F. Philippe GROLLET, ancien président du Centre d’Action Laïque (belge : le C.A.L.), lors d’une conférence au Forel de Charleroi en 2005.

Extrait  :
(…) « La laïcité « philosophique », c’est la conscience que, vous comme moi, sommes responsables de notre vie et de ce que nous en faisons.
C’est la conscience que la réponse à toutes nos questions ne viendra ni des dieux, fruits de l’imagination des hommes, ni de la magie, mais de la recherche honnête que nous pouvons mener avec tous les autres humains, nos frères, croyants et incroyants, religieux, agnostiques et athées.
C’est récolter et retenir de toutes les religions et traditions les éléments épars de la sagesse humaine, la recherche du sens et le dépassement de soi, en laissant de côté les superstitions et les prétendues révélations.
C’est la conscience que la vérité est toujours très difficile à cerner et qu’il faut sans cesse renoncer aux certitudes.
C’est rejeter les «vérités » toutes faites et être capable de se remettre en question.
C’est accepter que d’autres pensent et vivent autrement et c’est reconnaître qu’un monde de paix n’est possible que par l’acceptation de ces différences.
C’est chercher la manière de vivre ensemble dans le respect réciproque.
C’est favoriser l’émancipation de chacun dans la solidarité.
C’est prendre ses responsabilités dans le groupe et dans la société.
C’est être capable de se révolter face à l’injustice.
C’est jouir de la vie. C’est aimer et sourire.
C’est une histoire sans magie, mais c’est une belle histoire quand même…
La laïcité philosophique est en effet athée (ou plus exactement agnostique au plan méthodologique, et athée au plan opérationnel puisqu’entre deux hypothèses également invérifiables, le laïque choisira la moins invraisemblable pour fonctionner).

Comme j’ai été un peu long pour parler de la laïcité philosophique je serai beaucoup plus court pour définir la laïcité politique qui se traduit en termes d’impartialité ou de neutralité de l’Etat, des pouvoirs publics et de l’espace public.
La laïcité « politique », c’est la construction d’un espace public de liberté, ni religieux, ni antireligieux, respectueux de toutes les convictions et de toutes les conceptions de vie, pour autant qu’elles acceptent de même la diversité.
La laïcité politique n’est d’ailleurs pas l’apanage des laïques philosophiques, agnostiques par méthode, et athées par pragmatisme, ce n’est pas la chasse gardée des mécréants.
La laïcité politique est au contraire le « programme commun » de tous les démocrates, confessionnels et non confessionnels, chrétiens, musulmans, israélites, athées, agnostiques, croyants ou incroyants, préoccupés de la question du vivre ensemble dans le respect des identités des uns et des autres, unis sur un socle commun, celui des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».(…) ». Philippe Grollet.

« Postuler, affirmer », (...) la nécessaire égalité des droits, la liberté de conscience et la nécessité de consensus dans l'organisation sociale », est certes indispensable, mais hélas insuffisant selon moi : il faudrait parvenir à inculquer dès l'école un consensus de valeurs humanistes « universalisables ». La notion de « dignité humaine » ne se définit pas par rapport à ce que ressentent les victimes d'un dogmatisme religieux. Elle s'apprécie par rapport au respect de ces valeurs non négociables, qui devraient être universellement acceptées car bénéfiques à tous et partout.
J'estime par exemple que les musulmanes voilées, quoi qu'en disent certaines, parfois même universitaires, n'ont pas librement choisi de porter ce symbole machiste. Il fallait donc légiférer ...

Mais il est Minuit !
À demain Midi donc, pour mes réponses -moins longues !- aux autres nombreux commentaires.
A.F.
Michel THYS

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