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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

28 Nov

L'Eglise catholique et la "Saine" Laïcité !

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

Eddy Khaldi

Eddy Khaldi

STRASBOURG : « la saine laïcité » de l’Eglise

 

Aucune voix des organisations laïques traditionnelles ne s’est élevée contre cette visite divine à Strasbourg. Où est l’Observatoire français de la laïcité ? Pourquoi reste-t-il atone ? Refuse-il de voir l’immixtion du religieux dans le champ politique ?

 

Seul l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, groupant des associations en majorité catholiques, en France, a désapprouvé fermement la décision d'inviter le pape à s'exprimer officiellement devant le Parlement européen : « l'Observatoire Chrétien de la Laïcité demande la séparation claire et nette des Institutions religieuses et de l'Etat au sein des institutions européennes. C'est une des conditions essentielles pour permettre aux européens de toutes convictions religieuses ou non de vivre ensemble. »

 

Dans les mêmes circonstances en 1988, Jean Paul II prêchait pour une nouvelle évangélisation : « Le combat que mène Jean-Paul II n'est pas politique, mais éthique et culturel. » disait LE MONDE. Cette visite avait soulevé bien des réactions de plusieurs organisations laïques.

 

En 2014, les intentions politiques et philosophiques, ainsi que les intentions stratégiques sont encore plus évidentes. Excepté quelques voix isolées, plus personne dans nos organisations laïques ne réagit à cette entorse de plus en plus cléricale. L’Eglise a-t-elle toutes les compétences, qualités et expérience pour donner des leçons de démocratie ?

 

La « nouvelle laïcité » de l’Eglise reprend racine en Europe.

Une séparation asymétrique prend corps. Le pape intervient dans le champ politique mais le politique, lui, ne peut intervenir sur le terrain de l’Eglise. Ainsi, dans sa dernière exhortation « Ecclesia in Medio Oriente » le pape Benoît XVI précisait ce qu’il entend par laïcité, ce respect de la distinction de la sphère religieuse et de la sphère politique appelées à se connaître, à collaborer entre elles sans se mélanger : « La saine laïcité, … signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance… »

 

Eddy KHALDI

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Dans sa dernière exhortation Ecclesia in Medio Oriente le pape Benoît XVI précise ce qu’il entend par laïcité, ce respect de la distinction de la sphère religieuse et de la sphère politique appelées à se connaître, à collaborer entre elles sans se mélanger : « La saine laïcité, … signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux.

 

Aucune société ne peut se développer sainement sans affirmer le respect réciproque entre politique et religion en évitant la tentation constante du mélange ou de l’opposition…. La prise de conscience de ce rapport approprié permet de comprendre qu’il existe une sorte d’unité-distinction qui doit caractériser le rapport entre le spirituel (religieux) et le temporel (politique), puisque tous deux sont appelés, même dans la nécessaire distinction, à coopérer harmonieusement pour le bien commun.

 

Une telle laïcité saine garantit à la politique d’opérer sans instrumentaliser la religion, et à la religion de vivre librement sans s’alourdir du politique dicté par l’intérêt, et quelquefois peu conforme, voire même contraire, à la croyance. C’est pourquoi la saine laïcité (unité-distinction) est nécessaire, et même indispensable aux deux » (n° 29).

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L'Eglise catholique et la "Saine" Laïcité !
L'Eglise catholique et la "Saine" Laïcité !
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ma contribution 14/12/2014 18:33

Histoire et sécularisation


Croire et soutenir que l’Europe, assemblage unique de peuples, d’histoires et de cultures différentes, pourrait valablement être et ignorer la plus grande part de son histoire, de la pensée qui l’a fondé dans ses aspirations et ses réalisations même les plus profanes, est d'un grand danger. Oublier d’avoir, ou même d'avoir eu, des racines chrétiennes, c'est n’avoir en fait ni âme ni fantômes ou démons qui nous hantent et ainsi sans doute plus de mauvaise conscience voire de conscience tout court. Cette situation fragilise énormément la cohérence de nos sociétés démocratiques et «Civitas» l'a bien compris. Son existence même s'enracine dans le rejet de la pensée chrétienne qui reconnait et respecte la légitime autonomie des réalités terrestres, et ce dans la droite ligne de la distinction évangélique entre ce qui est du à César et ce qui est du à Dieu. Distinction traversant la théologie scolastique médiévale d’un St Thomas d’Aquin et le droit naturel avant de se voir réaffirmer avec force lors du concile Vatican II dans la Constitution pastorales «Gaudium et Spes ». Il est vrai qu’influencés par la théologie politique Lefebvriste les membres ce cette organisation n’adhèrent pas c’est le moins qu’on puisse dire à la réforme conciliaire des années 60.

On ne peut donc les confondre avec les catholiques.

L’analyse historique qui doit être menée ne doit pas se réduire et s’en tenir à tel ou tel évènement dont il s’agit de relater la dramaturgie, aussi déterminante soit elle, mais plutôt s’inscrire dans une vision plus longue, articulant la problématique que l’on s’est proposé d’étudier à une échelle du temps social qui lui soit proportionnelle et soit capable de nous aider à appréhender dans sa pluridisciplinarité un processus historique très complexe. En l’occurrence historiens, philosophes, juristes et théologiens s’accordent à appeler «sécularisation» ce déplacement, rupture ou évolution, qui s'est opéré à la fois dans les consciences, dans la pensée et dans les institutions et qui retrace et définit le grand mouvement d’émancipation qui a conduit celles-ci d'un l'état de dépendance aux tutelles confessionnelles et dogmatiques à la capacité/possibilité d’un « penser par soi-même », comprenant la sortie de schémas religieux d’explications du monde et du sens de la vie, l’affirmation de l’autonomie du sujet, de l’espace publique, de la liberté de conscience, de la démocratie ... bref, la sortie pour l’homme de sa minorité et son entrée dans l’âge adulte (pas seulement dans son rapport au religieux mais aussi dans son rapport au politique, ce qui est bien moins souvent mis en avant).

Pour comprendre la complexité et les ressort profond de ce processus on ne peut honnêtement intellectuellement passer sous silence, au nom de la dramaturgie évènementielle qui souvent illustre et favorise les valeurs que nous voulons promouvoir, la contribution, essentielle décisive du christianisme dans son ensemble et de l’Eglise catholique en particulier, à l’essor de la démocratie et d’une manière générale au processus de la « sécularisation ». Pour le dire brièvement en reprenant la formule du sociologue Marcel Gauchet, le christianisme serait ainsi « la religion de la sortie de la religion » … et que c'est en Europe et pas ailleurs que ce processus fut possible, intelligible et qu’il se concrétisa.

Ceci sous-entend que pour saisir la provenance de la laïcité et de la démocratie, jauger comment elles ont évolué, juger de ce qu'elles sont devenues et agir pour renforcer leurs cohérences face à ceux qui les remettent en question aujourd'hui, il nous faudra peut-être bien un jour reconnaitre et assumer un lien «consubstantiel" (je mets des "" car le terme est évocateur sans être adéquat) entre christianisme et laïcité. Malgré les oppositions elles-mêmes consécutives et constitutives de cet «affranchissement» fondateur et quelle que soit au sein du processus, à différents moments ou en différents lieux, la modalité de la relation, opposition ou continuation, révolution ou émanation, libération ou génération ... la question de la légitimité de la laïcité telle que nous la connaissons aujourd’hui en Europe (nous c’est-à-dire républicains et chrétiens démocrates) se pose, se posera toujours et restera toujours chargée d’un rapport au christianisme.

Il sera donc un jour indispensable, pour se prémunir du fanatisme religieux comme du totalitarisme politique, de retourner, pour les chrétiens, de nouveau pour certains à bonne école, et d’envisager, pour les laïques eux-mêmes, une lecture moins décrispée, plus bienveillante ou positive de l'anthropologie chrétienne telle qu'elle s'est développée dans les courants conciliaires humanistes du catholicisme et dans la réforme, reconnaissant et intégrant pleinement les Lumières comme étape décisive et bénéfique pour l'humanité.

ma contribution 14/12/2014 18:24

Civitas et la crèche diabolique

Triste démonstration d’un "parti", civitas, qui, faisant son nid de querelles vielles de plus d’un siècle et sur lesquelles en France on reste focalisé, saisit les occasions qu’il peut pour exprimer et manifester dans l’espace publique une vision théologico-politique sur le ton agressif d’une reconquête qu’il entend mener, bien qu’il prospère en réalité sur le méchant destin d’amnésie et d’inculture qui semble nous frapper tous autant que nous sommes. D’autres partis non religieux occupent eux aussi l’espace publique, il faut le dire ici, sures et certains de leur légitimité mais tout aussi sélectifs dans l’analyse qu’ils expriment de l’histoire et de la pensée démocratique et laïque dont ils se font pourtant les champions. C’est comme si toute l’histoire des relations entre Eglise(s) et Etat se focalisait sur les dernières années du 19ème siècle et les premières du 20ème, ou comme si toute l’histoire de l’émancipation politique et citoyenne européenne et la philosophie des Lumières se résumaient à l’année 1789.

Les actions de ce genre des partisans sont les reflets d’un état obscène qui a gagné, par trop d’insignifiance, l’espace public. Ils sont la conséquence du lessivage qu’ont subi nos mémoires et consciences. Pourquoi n’entendons-nous jamais de la plupart des militants de la foi ou de la laïcité rappeler qu’un espace composite comme le nôtre ne peut avoir d’existence, d’avenir ou de chance salut que dans la « coexistence pacifique de valeurs de civilisation différentes ». Oui notre Europe fut un formidable et terrifiant laboratoire d’affrontement mais aussi de dialogue, d’Athènes à Jérusalem, de Rome à Moscou.

ma contribution 14/12/2014 18:22

Bonjour, je dirai non pas une saine laïcité, pourquoi pas sainte tant qu'on y est, mais une saine, ou mieux, une juste approche et analyse de celle ci, avec aussi des questions telles que "d’où tire telle ses origines?", "comment évolue telle depuis?", "comment et de quoi devons nous la préserver?" ...

Cet article à propos de Strasbourg ne faisant plus faire partie des "premières exclusivités" de ce blog mais j'y laisse ma trop longue mais pas trop tardive contribution car "laïcité" revient de manière récurrente dans les sujets. Je ne souhaite pas provoquer de polémique à ce sujet mais mon texte répondait initialement à la nouvelle croisade des crèches entre autres de civitas. J'avais donc déjà mis une partie de celui-ci sous un autre article plus récent.

A relire vos commentaires, que je trouve intéressants, il sera peut-être au fond ici mieux à sa place, si Gérard le veux bien, avec vos contributions déjà écrites et peut-être demain ou plus tard avec de nouvelles réactions de votre part quant à cette autre manière d'aborder la question.

Je découperai en quatre parties le texte
-civitas et la crèche diabolique -pour faire un mauvais bon mot...-
-histoire et sécularisation
-anthropologie chrétienne et droit naturel
-philosophie des lumières

mais en guise de mise en bouche quelques mots que j'ai laissés divaguer et aller venir entre espaces, public et secret

L’EXISTER

Espace publique : prêt à porter, signes, caricatures, vitesse, uniformes, affiches, peur, technologie, happening musical … Il Y A

Parole ?

Masques du conformisme, Il tient en deux axiomes : justifier et culpabiliser, Qui ?

Soi

Et la parole fut confisquée

Se poser

Des groupuscules occupent soudainement le terrain, ils re-stimulent le show media

Lessivage des esprits

Jalons Renversement Culture Sens Interdit Confusion Tristesse Mutisme Renversement

Disparition à des années-lumière Années-média à plein

Malignité prise pour intelligence/Torpeur médiatique et contagieuse prise pour rien et oublier
Indifférence prise pour liberté de conscience/Paresse prise pour autonomie


L’EVASION

Monde/Nourriture

Autrui/Temps

Mort/Fécondité

Visage
Dieu

Désabusé 29/11/2014 20:25

Les commentaires de Josse sont à relire.
Pour ma part j'ajouterai que :
l'UE est essentiellement un marché commun adhérant à l'Organisation Mondiale du Commerce ayant pour dogme "la concurrence libre et non faussée".
La laïcité ne la concerne pas sauf si elle gênait les affaires commerciales sans doute (ceci dit pour sourire).....
La Reine d’Angleterre est aussi au sommet de l’Église Anglicane. Le Pape est également un chef
En 1992 la Reine d'Angleterre a fait un discours comme le Pape devant le Parlement Européen.
Y a-t-il eu des protestations des obédiences maçonniques ?

Désabusé 01/12/2014 23:23

Bof il ne fait que répéter la Bible de Jean à propos des marchands du Temple.
Bible bien connue de la majorité des frangins à l'échelle Monde ...
Pour certains rites et certaines loges du GO elle est posée sur le "guéridon"

Duplay 01/12/2014 16:50

Sauf visiblement le pape....

Désabusé 30/11/2014 20:03

Comme le Pape la Reine est à la fois chef d’État et chef religieux.
Le Pape n'est pas venu comme chef religieux mais comme chef d’État et pour cette raison symboliquement il n'a pas participé à un office religieux ce qui lui est reproché à Strasbourg ! Je pensais idiotement que les francs-maçons comprenaient le langage symbolique !

Je voulais souligner aussi que les pays membres de l'UE ne sont pas concernés par la loi 1905.
Arrêtons le nombrilisme franco-français !
L'UE est un marché commun, n'est-il pas ! et dans marché commun il y a le mot "marché".
Le Pape est venu dire in fine ... à ces marchands ... et à leur clients (nous) qu'ils étaient matérialistes, utilitaires et égoïstes.
Bon on apprécie ou on apprécie pas ce remontage de bretelles.
Personnellement je n'apprécie aucun donneur de leçons quel qu’il soit

Duplay 30/11/2014 16:23

L'entorse à la règle ne justifie pas la loi.
De plus, c'est du jésuitisme de penser que la reine d'Angleterre a été reçue comme chef de l'Eglise Anglicane et non pas comme représentante de la Couronne d'Angleterre.....

Désabusé 28/11/2014 23:40

Je lis "Notre république, humaniste et démocratique, a fait son choix de
valeurs il y a bien longtemps."
Plusieurs guerres ont été nécessaires pour que notre "irréprochable" république renonce aux pratiques racialistes (avec les intérêts économiques bien sûr !) qui ont été le fondement de la colonisation chère à notre F Jules Ferry.
De méchantes langues ont pu dire que le colonialisme fonctionnait avec les "4 M" ... Militaires, Marchands, Missionnaires, Maçons
J'ai été le contemporain lointain de celle d'Indochine et proche de celle d'Algérie.
La violence est inhérente à l'être humain.
Elle s'abat actuellement sur les minorités religieuses en Syrie et Irak (dont les chrétiens), sur des musulmans en Birmanie etc. très longue liste à faire certainement.
Dans ce contexte critiquer un pape pour un discours à Strasbourg est dérisoire. Il est vrai que le sort des "gueux" est peu intéressant pour une élite intellectuelle de plus en plus nombriliste.
En fait ce procès de mauvaise laïcité fait à ce Pape permet d'éviter de parler des reproches qu'il a fait à cette Europe et aux européens.

Duplay 29/11/2014 11:07

Il me semble cependant que le problème est simple. Il ne s'agit pas de savoir si le discours du pape ou de tel ou tel chef religieux contient des propos qui nous conviennent ou nous déplaisent. Il s'agit plus prosaïquement du statut que l'on accorde aux invités des institutions politiques et du symbole que représente leur invitation officielle à s'exprimer devant le Parlement. La laïcité, c'est d'ailleurs son sa seule réelle affirmation, postule la séparation des Eglises et de l'Etat. Ce qui n'empêche pas le dialogue et l'écoute mais oblige à ne pas confondre les genres. Inviter le pape implique de faire défiler tous les chefs religieux au même titre devant le Parlement. Outre la perte de temps, c'est clairement mettre le doigt dans un engrenage incontrôlable. Le bons sens laïc et républicain commande de ne pas se livrer à tel exercice, ce qui reconstitue ni une condamnation, ni a fortiori une approbation des injonctions religieuses.
Le silence des obédiences françaises, du moins celles qui se veulent libérales n'est guère étonnant. La proximité du Grand Maître du GO avec le PS est éclatante sur bien des sujets...

Désabusé 29/11/2014 09:29

Dans le discours du Pape tout n'est pas à prendre bien évidemment mais tout n'est pas non plus à jeter.
Un peu plus de relativité et un peu moins de stigmatisation permettraient à la parole maçonnique d'être un peu plus crédible.
En fait derrière le label maçonnique affiché par certains se cachent beaucoup de paroles se rattachant à des structures militantes politiciennes qui feraient mieux de balayer chez elles ...
Les qualificatifs de "sans dents" de "casse toi pov con" sont prolophobes, l'hostilité à l'avortement est misogyne, il s'agit de violences verbales contre des groupes humains.

mong 29/11/2014 06:58

Premièrement, personne n'a dit que notre société n'était irréprochable.

Ensuite, je serais curieux de connaitre le modèle de société basé sur « la violence est inhérente à l'être humain». Nul doute que ce principe de base devrait permettre d'arriver à une société apaisée, libre et épanouie.

Mais ne pensez vous pas que sous-entendre que son interlocuteur fait partie d'une « élite intellectuelle de plus en plus nombriliste » (je n'ai pas de doute sur l'ironie des deux premiers termes) est en soi une manifestation de violence forte ?

Une de ces violences qui font perdre la raison et affirmer deux choses contradictoires, comme par exemple pleurer les milliers de morts à l'Est de nos contrées, morts de par la volonté de religieux de régir le politique, et venir dire qu'un discours politique de pape n'est pas grave ?

Gérard Contremoulin 29/11/2014 01:08

Souvenons-nous de Simone Veil et des 40 ans de sa loi au moment où le pape devant le Parlement européen réaffirme l'hostilité de l'Eglise au droit à l'avortement volontaire.

Christian Labrousse 28/11/2014 19:56

On n'en sortira pas avec ces oiseaux là. S'il y a une "saine" laicité où est la "malsaine"? Franchement, que ce soit une église, ou une autre,qui vous définisse ce qu'est la laicité, c'est un gag.

mong 28/11/2014 17:13

La liberté de conscience est régulièrement appelée pour revendiquer un
droit (expression, culte, etc...).

Il s'agit là d'une méprise terrible. L'humanisme dont sont issus les
principes républicains français, fortement lié aux droits de l'Homme,
stipule bien la liberté absolue de conscience. Mais ce n'est pas une
de ces libertés qui donnent des droits ! Rien à voir avec la liberté
de circuler ou d'expression.

La liberté de conscience fait partie de la « définition » de l'être
humain, c'est un constat, pas un droit révocable, au même titre que
l'inaliénabilité du corps.

Il est possible que ce ne soit pas «vrai»; mais ce n'est pas grave. Ce
qui est important, c'est comment et pourquoi nous définissons
l'humanité. Il y a du dogme dans cette approche, mais comme dans
toutes les approches globalisantes. La différence ici, c'est que c'est
un dogme assumé, basé sur de «belles» considérations, choisies.

Ainsi ce que pense quelqu'un est-il lié à sa Nature, à son être et
ne peut être condamné ou donner lieu à discrimination, au même titre
qu'une particularité physique.

Corollairement, imposer une pensée ou toute forme de dogme, c'est nier
une partie de l'humanité des personnes concernées, faire un distingo
dans l'Humanité, créer (au moins) deux niveaux d'êtres humains.

Par extension, affirmer l'existence d'une vérité dont on ne peut faire
l'expérience c'est diviser l'humanité (ceux qui «croient» et les
autres), et c'est donc une attitude anti-humaniste.

La laïcité est la transcription de ce fait dans la gestion de l'espace
public d'une république démocratique humaniste. Elle découle
naturellement de la nécessité de respecter, protéger l'humanité de
chacun par des règles collectives, mais permet également de s'assurer
que ces règles collectives ne dénaturent pas la société.

Bien sûr, ce n'est pas parce qu'une religion affirmerait que le soleil
se lève à l'Est que ce serait faux et anti-humaniste. Les règles de
notre société, à la différence des affirmations dogmatiques, peuvent
se prévaloir d'une légitimité vérifiable :
- le respect des fondamentaux (droits de l'Homme par exemple),
- consensus ou, le cas échéant, démocratie.

Si une règle, issue d'une religion ou de toute autre
usine à vérité, vient à être appliquée sans pouvoir se prévaloir d'une
légitimité comme décrite plus haut, alors elle est automatiquement
anti-humaniste, quelque soit sa générosité ou sa bienveillance
intrinsèque.

Le parallèle est frappant entre la liberté de conscience et la libre
disposition de son corps. En cet anniversaire de la loi Veil, qui
consacra ce principe, il est intéressant de montrer comment les
principes fondateurs de notre république, intangibles, inamovibles,
s'articulent autour des lois, par définition mouvantes et changeantes.

La mort récente d'Emile Poulat, grand penseur de la laïcité, vient
comme un symbole supplémentaire cette semaine nous mettre en
perspective ces deux principes que sont la liberté de conscience et la
libre disposition de son corps.

La présence du pape au parlement européen complète la symbolique de
cette étrange période. Faut il s'en offusquer ? Le pape ne peut, pour
les raisons évoquées ci-dessus, promouvoir une politique. Il ne peut
que chercher à promouvoir des valeurs. Or les valeurs défendues par
les religions sont à géométrie variables. Si le pape demande de
soulager les pauvres, peut il appeler à libéraliser l'avortement au
nom du droit des femmes à disposer de leur corps ? Peut il appeler
à l'ordination des femmes au titre de la lutte contre les
discriminations de genre ?

Notre république, humaniste et démocratique, a fait son choix de
valeurs il y a bien longtemps. Et ces valeurs, elles, ne présentent
pas deux visages, un doux et généreux, un autre assez violent pour
contester l'existence d'un statut d'être humain universel.

Janus horribilis, comme dirait la reine :-)

Josse 28/11/2014 17:05

Rajoutons enfin que rien qu'à travers son drapeau l'Europe revendique sa tradition catholique : ainsi le nombre 12 (tel les 12 étoiles du drapeau) est un nombre récurrent dans la Bible : 12 apôtre, 12 tribus d’Israël, et surtout les 12 étoiles au-dessus de la tête de Marie : "« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête. » (Apocalypse 12,1). De plus le bleu est la couleur de Marie : voici un lien intéressant sur le sujet et la symbolique du bleu : http://www.lexpress.fr/styles/1-le-bleu-la-couleur-qui-ne-fait-pas-de-vagues_489095.html.
Arsène Heitz, ancien agent du Conseil de l'Europe, et père du drapeau européen, a reconnu avoir trouvé l'inspiration en lisant l'introït, un 15 août, jour de la fête de l'Assomption dédié à Marie. Et pour coïncider, le drapeau a été adopté un 8 décembre, jour de la Fête de l'Immaculée Conception.
Il convient de rappeler que plusieurs voix se sont déjà émus au sujet de l'inspiration chrétienne de l'Europe, tel Michel Onfray au moment du référendum de 2005.
Rappelons d'ailleurs que les Pères fondateurs de l'Europe étaient pour beaucoup très catholiques, ainsi l’Église catholique a intenté un procès en béatification à l'encontre de Robert Schuman.
Il convient de préciser que si, les manuel d'éducation civique en France ne font aucunes allusions à l'inspiration chrétienne de l'Europe, les partisans de l'adhésion à l'Union en Pologne s'en sont servit pour convaincre se pays très catholique d'adhérer.
Encore une fois, l'Europe n'est pas la France, et la France n'est pas l'Europe. Il convient donc de se poser la question de la place que doit occupé les valeurs de la France au sein de l'Europe. De façon à ce que la France puisse se sentir chez elle, comme les autres, dans cette Europe, sans avoir l'impression que son appartenance à l'Europe s'est faite au sacrifice d'un reniement de ses valeurs.

Josse 28/11/2014 16:40

En tant que laïque, on peut bien entendu et tout naturellement se chiffonner de cette visite qui contredit nos convictions sur la place de la religion dans la société. A savoir que les croyances religieuses relèvent de l'intime et de la vie privé et n'a pas à envahir la sphère public.
Cependant faut-il s'étonner de cette visite ? Il s'agit ici de l'Europe, pas de la
France.
Il est vrai qu'en France, nous avons une histoire particulière avec la religion et en premier lieu avec le catholicisme. Cette histoire nous a conduit à la loi de 1905 et à la laïcité "à la française". Mais cette histoire n'est guère partagé par nos voisins. Que ce soit la Belgique, le Luxembourg, la Pologne et d'autres pays qui demeurent ancré dans une tradition nationale de catholicisme. Difficile aussi d'avoir en Europe que des nations laïques, lorsque nombre pays ont a leur tête des monarchies qui revendiquent leurs foi en Dieu et organisent des cérémonies publiques et médiatiques à l’Église (tel la fête nationale au Luxembourg, des mariages princiers et des couronnements, etc...), quand dans certains pays de l'Union Européenne, la foi en Dieu est revendiqué dans les hymnes nationaux (tel "Dieu bénisse la Reine" au Royaume-Unis). Notre histoire avec la laïcité n'est pas celle des autres pays voisins, qui n'ont jamais entérinés une rupture tel que nous l'avons fait entre l’Église et l’État. Dans de nombreux pays, même, les premiers-ministres, chefs de gouvernement, doivent à cause de leurs monarques faire acte de présence dans des cérémonies religieuses. La Royaume-Unis a d'ailleurs toujours une religion d’État avec la religion anglicane. Je rappelle que les souverains de ce Royaume, sont aussi Chef Suprême de l’Église d'Angleterre. Un souverain (ou plutôt une souveraine actuellement) qui cumule sa fonction de Chef de l’État avec celle de Chef d'une foi, d'une religion. Rappelons aussi la Grèce, pays orthodoxe, dont une de ses îles (le Mont Athos) est occupé par l'Etat Monastique Autonome de la Sainte Montagne. Celle partie du nord de la Grèce est réservé à des monastères et si les hommes peuvent s'y rendre pour des promenades et des visites, les femmes ont interdictions d'y pénétrer.
Alors pourquoi s'étonner que les institutions européennes, qui représente 28 pays, dont la grande majorité ne partage la vision française de la laïcité reçoivent la Pape pour l'écouter.
Plutôt que de s'étonner, ne convient-il pas de s'interroger sur la place des idées de la République au sein de l'Europe et sur la meilleur façon de les promouvoir.

Laurent 28/11/2014 12:53

Les médias focalisent tellement sur l'islamisme intégriste qu'on oublierait presque que le christianisme en abrite toujours en son sein. Celui qui parle se "saine" laïcité oublie qu'en son temps son église parlait de sainte inquisition. On aime bien ce mot dans ce milieu, ou on n'hésite pas à affirmer que la Politique doit s'enrichir de la croyance. Les papes changent mais l'église reste et l'obscurantisme s'opposera toujours à la Connaissance car ses gens là n'accepteront jamais que croire est du domaine du particulier et savoir du domaine public.

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