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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

04 Feb

Jacques Julliard : "Tenir bon sur nos valeurs"

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

Sous la Voûte étoilée poursuit la publication de réflexions sur le thème Islam/islamisme. Dans l'édito du dernier numéro (927) de Marianne, Jacques Julliard propose sa lecture des évènements de janvier. 

 

 

 

Jacques Julliard : "Tenir bon sur nos valeurs"

 

                                                             Défendre nos valeurs, c'est défendre la laïcité. Il ne s’agit ni de casser du catho, ni de casser du musulman. Il s’agit de constater que les valeurs de la République sont les seules qui permettent la coexistence de tous parce qu’elles sont fondées sur des valeurs communes à tous les hommes : la raison et le besoin de liberté.

 

Pour vaincre le terrorisme islamiste :
     - il faut arrêter de nier les évidences.
     - il faut arrêter de se raconter des histoires.
     - il faut arrêter de dire que tout est intégralement notre faute.

 

L’évidence qui s’est imposée progressivement depuis le 11 janvier, c’est que cette immense manifestation patriotique, qui fera date, ne faisait pas l’unanimité. Le Front national en était absent, les jeunes musulmans des banlieues également. Ce que l’on a découvert au contraire, c’est une véritable béance dans la cohésion nationale, qu’a révélée, dans beaucoup d’écoles où se trouvaient de jeunes musulmans, la minute de silence à la mémoire des victimes. Pour la France, pour ses valeurs universalistes, pour son école, c’est un immense défi, que l’on a trop attendu pour relever.

 

Francois Mori/AP/SIPA

Francois Mori/AP/SIPA

Ne plus se raconter d’histoires, c’est arrêter de répéter que tout cela n’a rien à voir avec l’islam. Le djihadisme a malheureusement beaucoup à voir avec l’islam. Et la reconstitution d’un califat, au Moyen-Orient, en Afrique, dans la mouvance de Boko Haram, encore davantage. La France n’est qu’un cas particulier ; et l’ensemble de l’Europe également. Dans ces conditions, attribuer les attentats actuels à quelques paumés devenus des barbares, sans racines et sans objet, c’est se moquer du monde, ou se plonger la tête dans les sables bitumineux.

 

Ecoutons ce que nous dit le philosophe Abdennour Bidar, dans sa « Lettre ouverte au monde musulman », qui fait un tabac sur le site de Marianne. Ecoutons l’écrivain algérien Boualem Sansal, cet infatigable combattant de la liberté. 

 

Ecoutons la déclaration publiée dans le Monde daté du 11-12 janvier par plusieurs centaines d’intellectuels, d’artistes, d’enseignants, de chercheurs d’origine maghrébine et musulmane, dont Salman Rushdie. Et encore cet appel lancé par des laïcs d’origine islamique, publié dans l’Obs. du 14 janvier. 

 

Ecoutons Kamel Daoud, brillant et intrépide romancier algérien : le conflit actuel n’est pas extérieur à l’islam ; il passe au contraire à l’intérieur de l’islam, entre des courants obscurantistes mortifères et ceux qui représentent l’esprit de progrès et de raison. 

 

Notre devoir est d’être aux côtés de ces musulmans de progrès ; pour les soutenir et, au besoin pour les protéger.

 

Enfin, on ne gagnera pas cette guerre, guerre larvée, guerre asymétrique, mais guerre tout de même, a dit justement Manuel Valls, en allant répétant sans trêve que c’est la faute de la France. J’appartiens à une génération qui a fait de la lutte contre le colonialisme le cœur de son engagement politique. Aussi loin que remontent mes souvenirs, c’est pour des musulmans que je me suis battu : pendant la guerre d’Algérie, pendant celle de Bosnie, au Darfour… Pour autant, instruire aujourd’hui le procès systématique de la France en reprenant mécaniquement l’argumentaire des islamistes, c’est ne pas tenir compte de l’effort qui a été fait depuis des années dans les banlieues, comme le rappelait quelques instants avant de mourir Bernard Maris.

 

C’est surtout ne pas comprendre que le fondement du conflit n’est pas principalement économique, mais idéologique. Quand, en réponse à une caricature, du reste bienveillante, du prophète Mahomet, 45 églises sont brûlées à Niamey (Niger), force est de constater que ce sont des masses musulmanes, excitées par les prédicateurs, qui pratiquent le plus détestable des amalgames.

 

Alors, que faire ? Défendre, sans esprit de recul, nos valeurs, que l’arrière-fond religieux du conflit invite à ranger sous le vocable de « laïcité ». Non pas la laïcité du passé. Je suis, je dois le dire, resté sans voix quand j’ai lu, sous la plume d’un chroniqueur de Mediapart, qu’il fallait revoir de toute urgence le statut religieux de l’Alsace et imposer un service public unique de l’Education nationale, c’est-à-dire, en clair, relancer la guerre scolaire en France, abasourdi devant tant de candeur – ou tant de perversité, je ne sais.

 

La laïcité que nous défendons ici, c’est le primat de l’individu sur les collectivités, quelles qu’elles soient ; c’est par conséquent le refus de la responsabilité collective, mère de tous les fanatismes et de toutes les barbaries. Il ne s’agit ni de casser du catho, comme nous y invitent certains, ni de casser du musulman, comme nous y invitent d’autres. Il s’agit de constater que les valeurs de la République sont les seules, oui, les seules, qui permettent la coexistence de tous parce qu’elles sont fondées sur des valeurs communes à tous les hommes : la raison et le besoin de liberté.

 

C’est pourquoi, lorsque de bonnes âmes, qui vont de Terra Nova (toujours là où il ne faut pas) jusqu’à Jean-Louis Bianco, le regrettable président de l’Observatoire de la laïcité, en passant par le philosophe Alain Renaut, nous invitent au communautarisme, c’est-à-dire à la libanisation intellectuelle, religieuse et, à terme, inévitablement politique de la France, nous répondons par un non ferme et définitif. Notamment dans notre école. On connaît les positions de Marianne, constantes sur le problème, depuis sa création. Transformer l’école en clinique de calinothérapie et en forum de discussion, pire qu’Internet, c’est trahir sa mission. C’est trahir la France des Lumières. Que ce soit Najat Vallaud-Belkacem qui en appelle aujourd’hui à plus d’autorité en dit long sur l’état de désarroi des responsables de l’éducation dans ce pays. Ce que nous voulons, là comme ailleurs, c’est le primat de la raison, le respect de la science, la pédagogie de la liberté. Ce n’est plus désormais une querelle entre pédagogues et tenants du savoir, c’est une question de survie pour la République.

Mardi 27 Janvier 2015

Jacques Julliard

 

 

 

 

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Jacques Julliard : "Tenir bon sur nos valeurs"

 

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Commenter cet article

Désabusé 18/02/2015 20:08

http://tribune.com.pk/story/840104/caricatures-issue-apc-wants-blasphemy-declared-crime-by-un/

Une action conjointe des pays musulmans est initiée auprès de l'ONU pour que le blasphème soit reconnu mondialement comme un crime
C'est la réponse à je suis Charlie

http://tribune.com.pk/story/840104/caricatures-issue-apc-wants-blasphemy-declared-crime-by-un/

Les gaulois comme toujours au cours de leur histoire son divisés ... et vont se retrouver au banc des accusés ...........

réboussié 07/02/2015 09:34

salut ami Joaben ? on bosse ensemble ?
Islam ? la lettre à ... Elise ?
Ayant eu à connaitre les facs de Lyon , je citerai pour un avis éventuel René Kaës :
-dérèglement des fonctions d'encadrement , de croyances partagées , et de représentations communes
-dans lesquels résident tout l'implicite d'une civilisation , ..........atteinte des fondements de l'ordre symbolique
-trouble dans les étayages de la pulsion et dans le pacte des renoncements pulsionnels partiels nécessaires à la vie en commun ..... clivage du moi ....troubles dans les identifications et dans les systèmes des liens ......défaillance des repères identificatoires ......renforcement des effets tribaux .....
On est loin du chômage ? du racisme ? bref de la bouillie médiatique et plus .....habituelle ? un peu comme à l'école . Ma question ? école ? cause ou conséquence ? A quand un placebo à l'aspirine ? ou le retour des guignols sur la première chaine ?
On parle du fond ici ? ce n'est pas le lieu , je pense , donc le fond évoqué doit donner une forme pour nos travaux perso et ailleurs ? zapper ? ou mettre en commun , y compris mes délires ? et ceux des autres , quels autres ? je crains plus le silence des pantoufles que les bruits de bottes .

joaben 07/02/2015 18:58

encore une fois, reboussié, désolé mais je ne comprend rien je ne peux ni être pour ni contre. Un petit effort pour émettre une idée par commentaire, une ligne directrice, une proposition ?
Ceci dit, avec les problémes de caracteres typographiques, mon post n'est plus trop comprehensible non plus ...

joaben 06/02/2015 10:14

Au moins nous discutons, y compris de l'approche julliard.
Il est bien évident qu'il n'y a pas UNE réponse mais une ligne de force et d'adhésion resultat de compromis et de synthèse des differentes approches : tel fut le cas de la loi de 1905.
Pour autant, cette loi était adaptée au rapport de force de 1905, EN FRANCE. qui n'est applicable en tout lieu et toute époque.
Notons par exemple :
- En Angleterre, pas de laïcité. L'ecole primaire est The School of the Church of England".
Pour autant, le résultat est-il si différent, dans la pratique à la France. Les jeunes Anglais ont-ils moins d'attachement, à la liberté de conscience, à la democracie, au valeurs civiques ?
- Mais, si on appliquait le système anglais dans la France d'aujourd'hui qu'en serait-il ? probablement une catastrophe.
Il faut donc construire, en tenant compte des erreurs et qualités ici et ailleurs, sans vouloir singer ou reproduire, sans non plus sacraliser la laïcité version 1905.
Finalement ouvrir les yeux, sans excitation à une vision de l'islam et y resister est fort utile, car il faut renverser le constexte, déplacer le curseur des références dans le mode touché par l'islam. Ainsi des discours inimaginables écoutés depuis notre point de vue d'occidentaux democrates venat de pesonnalités du spectacle sympathiques pour tous et plutôt bien "intégrées" : je pense à
Samir Nasri ou Djamel Debouz qui se sont publiquement prononcées sans grande reaction du camp "democrate".
Pour eux, Charlie-Hebdo a eu tort de refaire une caricature de Mahomet. pire, voila CH accusé des futurs morts de vengeance des djiadistes !
Au delà de la bétise qu'on pourrait liée à l'emotion de tels propos, on peut s'inquiéter de la faible réaction pire même de la soumission d'un media comme Sky News appliquant finalement la charia(interdiction de la une de CH à l'antenne pour C. Fourest).
Donc, oui, ces medias ou l’intelligentsia complice sont RESPONSABLES, par leur soumission ou indifférence de la détermination accrue des terroristes. Sachons, sans excitation inutile ou haine mesurer notre responsabilité à chaque fois que nous tolérons les propagandes d'intolérants revendiqués .
Ainsi :
- Quelle est la "justification" de l'excitation contre les caricatures ? Ce serait "offense aux croyants musulmans" et devrait être interdit et condamné par l'état laïque francais.
- Ainsi donc ces musulmans, pourtant d'une frange très occidentalisée, estiment qu'ils ont le droit d'imposer un interdit des croyants musulmans à des "mécréants" aucunement engagés dans la foi musulmanne.
- Pour demontrer par l'absurde, les musulmans mangent de la "vache", animal sacré pour les hindous ! Respectent-il l'hindouisme, n'offensent-ils pas les croyants hindous ? Non ! et ils ont raison ! De quel droit les mécréants de l'islam devraient respecter leur "vache sacrée" musulmanne à eux ?

Il me seble, au risque de se faire taxer d'intolérance qu'il faut impérativement "déplacer le curseur" vers l'acceptable "republiquement". Le support populaire du 11 janvier est là. IL ne faut plus hésiter.

joaben 15/02/2015 21:24

Fort interessants nos echanges, on en perd l'habitude avec les échauffourées militantes.
Maçonniquement, nous apprenons justement à éviter cette notion artificielle et relative du mal ...(sans apostrophes puisqu'elle ne fonctionnent plus).
Nous avons justement la capacité de dépasser la dualité artificielle.
Le christianisme originel aussi mais c'est un autre sujet.
Restons concrets et comprenons la nuance :
- Il est absolument impératif que la république, et ses organes d'expression, ne se laissent jamais en rien IMPOSER quelque restriction au droit de blasphème religieux et surtout pas par la terreur, d'où mon effarement du comportement de Sky-News mettant du coup en danger d'autres journlaistes.
- Par contre au titre de convenances, empathies, mieux fraternité, on peut aussi se dispenser plus tard de s'en prendre à ce qui est cher, même si on estime que c'est à tort.

Il est donc essentiel qu'actuellement les journaux, les politiques soient absolument intransigeants a défendre un "droit de blasphème".
Pour ne plus l'exercer ensuite, une fois compris que c'etait un droit absolu.
IL faut donc comprendre, se montrer affable, fraternel mais ne rien céder des valeurs laïques. Nous sommes veritablement à une charniere de l'histoire.

mong 14/02/2015 11:06

Aucun problème sur le fond, mon cher Joaben.

Sur le concept d'incitation, il est tellement difficile à établir qu'on a besoin d'un juge, d'avocats et de débats pour le qualifier. Comment demander à un particulier, seul, de savoir à l'avance ce qui est légal dans ce cas ?

Certes la loi est censée être prévisible (heureusement !), mais la nécessité des juges montre bien les limites de ce qui peut être demandé à un citoyen.

Le cœur du problème, pour moi, c'est la définition de ce qui est MAL. Pour moi, définir un "mal" c'est verser dans la morale. Or la République n'a pas besoin de morale, juste de dire ce qui conforte ou ce qui contrevient à ses valeurs fondamentales.

Défendre des valeurs auprès d'un enfant qui en exprime des insoutenables pour nous, pourquoi pas. Mais toutes nos valeurs se justifient par rapport à d'autres, qui reviennent à la définition d'un Individu, au respect qu'on lui doit dans notre système de valeur, etc. Si le fondement de ces valeurs n'est pas accepté, RIEN ne pourra passer et tout ce qui se dira pourra passer, à juste titre, comme du bourrage de crâne.

La nécessité de vivre ensemble nait de l'expérience, et l'école est le lieu fondamental où les valeurs doivent s'acquérir. L'école n'est pas un lieu neutre : on y enseigne les valeurs de la République, indépendamment des valeurs des parents.

J'en profite pour rebondir sur le terme de communauté : il n'y a pas de communautés en France. Si des personnes s'imposent des règles entre elles de leur plein gré, grand bien leur fasse, mais ça ne créé pas une commmunauté. Et si des personnes veulent répandre des valeurs et des comportements, il s'agit de politique, pas de religion, de morale ou de communautarisme !

joaben 11/02/2015 17:51

merci de ce débat, cher mong.
Je ne reviens pas sur nos accords.
Tu dissocies à juste titre ce qui est de l'ordre délictuel de ce qui est de l'ordre d'une opinion à laquelle on peut adhérer ou pas.

- Il est donc légal que CH fasse des caricatures de Mahomet, que des musulmans même modérés manifestent leur désaccord.
- Il est illégal par contre de menacer de mort, et bien entendu tuer les journalistes comme les musulmans en colère.

Il est cependant que le délit se caracterise par un acte, mais pas seulement ! Rappellons la notion d' INCITATION plus délicate à d'autres actions délictueuses.
Faire porter la responsabilité d'un assassinat futur éventuel des journalistes de CH actuel aux journalistes qui n'auraient pas respecté des consignes d'une organisation à laquelle ils n'appartiennent pas (islam) est proche de l'incitation au meutre. Il ne me revient pas de qualifier juridiquement, mais c'est me semble-t-il, limite.

Et c'est donc sur un autre plan, celui des valeurs républicaines et humanistes que je me place.
Il me semble que que nous devons réagir fermement, sans complaisance, sans porter plainte contre ceux qui voudraient imposer leurs règles au delà de leur communauté.

Un enfant qui ne respecte pas la minute de silence pour CH merite qu'on s'y attarde. C'est un signe inquiétant qui doit, par la compréhension de la motivation, nous guider dans une rectification de notre approche educative, civique. C'est une alerte qui doit, je l'espere, interpeller.

mong 11/02/2015 05:04

Mon cher Joaben,

je prend note de tes précisions et suis content de voir que tu places le débat là où nous aurions dû peut être le commencer. En effet, pour moi, il n'est pas envisageable d'associer l'exercice d'un droit, surtout fondamental, à une « responsabilité ».

Ce n'est pas aux particuliers de savoir, à l'avance, quelle sera la position de la société vis-à-vis de la confrontation de deux valeurs. Je m'explique !

Si l'exercice d'un droit fondamental empiète sur l'exercice d'un autre droit fondamental, mais de quelqu'un d'autre, alors c'est à la société, via la loi, de définir les priorités. Par exemple, le droit d'aller où on veut est subordonné à la propriété privée. Cette hiérarchie de valeurs est à la base de notre société d'aujourd'hui, humaniste et libérale.

C'est démocratiquement que les bornes de l'exercice des droits doivent être posées, pas à l'aune de l'appréciation individuelle de chacun. Je refuse d'être jugé pour quelque chose que commettrait un autre, fusse suite à une de mes actions, si elle est légale.

Dit encore autrement, la « morale » c'est le jugement de ce qui est légal. Juger les actes légaux d'une personne est dangereux à mes yeux, car contrevenant in fine aux principes de la République, notamment à la laïcité. Je me refuse donc le droit de juger les paroles et les actes de ceux qui ont refusé de faire la minute de silence, ou de ceux qui « ne sont pas Charlie ». Il fut un temps où la simple force de la pression sociale m'aurait incité, moi aussi, à faire le contraire de ce qu'on attendait de moi, indépendamment du fond de la question.

Etre choqué par les convictions de quelqu'un ou par l'expression d'une conviction, c'est comme être choqué par un dessin. Ca reste une idée, et toute idée est attaquable (nb : toute idée n'est pas défendable :-) ).
Ca ne veut pas dire qu'on est d'accord et qu'il faille se taire, bien au contraire.

Quant à mon genre, cher Joaben, sache que si sous les draps la victoire accoure régulièrement à mes mâles accents, je n'en suis pas moins homme, contrairement à ce que pourrait laisser entendre la chanson :-)

joaben 09/02/2015 10:36

Cher(e?) mong.
Bien entendu nasri ou debouze ont le droit d'exprimer leur hostilité à publier les caricatures. La question que j'évoquais n'est pas là !
Mon propos était de m'etonner que des personnalités aussi influentes, bien intégrées à la société francaise puissent tenir de tels propos sans se rendre compte des conséquences.
Mais aussi, la faible réaction des "républicains" face à de telles positions.
A mon avis il est essentiel que Nasri exprime publiquement son opinion et que le débat s'engage. La liberté d'expression a cet intérêt : que les attendus soient clairement exprimés et débattus ce qui peut éclaircir les avis de tous.
Faute d'expression de Nasri, pas de réaction d'Audrey Pulvar(la seule) et le discours intégriste musulman propère sans réaction et porté(le comble !) par une personnalité aimée du Show business!
LOrsque Sky-News censure C. Fourest non seulement la rédaction de SKy-Fox-News légitime les positions des djiadistes assassins(interdire les caricatures à l'antenne) mais met en danger C. Fourest et les autres démocrates.

mong 08/02/2015 12:05

On ne peut pas d'un coté défendre une liberté absolue de conscience et de l'autre fustiger l'expression d'une idée. Si M. Debbouze pense que la une de CH va générer des problèmes, c'est son droit. S'il l'exprime, c'est son droit aussi.

Qu'il ait raison ou tort, ça ne change rien. Lui reprocher c'est faire de la morale, et c'est aller contre la laïcité, dont un objectif est de rendre justifiables les règles dans l'espace public, sans recourir à la "morale".

Pour finir sur ce point, aucun pays ne tolère une totale liberté d'expression, même les USA (voire par exemple l'album de IceT dans les années 90 "Cop Killer"). Il y a donc toujours un curseur qui sépare ce qui relève de la liberté individuelle dans l'espace public et l'atteinte à l'ordre public. Et un des enjeux de notre combat c'est de déterminer QUI positionne le curseur, d'une part, et COMMENT. La démocratie est une réponse, la Vérité Révélée également.

Pour ce qui est des pays anglo-saxons, et je rajoute l'Allemagne dans le lot, souvenons nous de ce mot (de Cameron ? A. Merkel ?) : « le multi-culturalisme est un échec». Je suis totalement d'accord : la société anglaise est profondément divisée, incapable de se sortir de sa politique d'adaptation à toutes les pratiques, us et coutumes qui réclament sur son sol des adaptations du droit. Dans ces cas, le premier problème n'est pas tant la laïcité qu'un de ses pré-requis, à savoir la République. Quand ces pays seront prêts à concevoir l'existence d'un Bien Commun et des implications qui en découlent, alors, peut être...

Pour ce qui est de la sensibilité des religieux, une règle doit prévaloir : le droit à l'enfer. Je réclame ce droit, je réclame vouloir être jugé par leur dieu s'il existe, et pas par eux : car ils ne sont qu'Hommes et mes égaux, sans légitimité pour juger mon mode de vie, ma morale, du moment que je les laisse tranquilles. Et encore une fois cela n'a rien à voir les musulmans : si ce n'avait pas été l'Islam, cela aurait été autre chose. On trouve de quoi jouer aux barbares dans les Védas, dans les bibles, dans les bouquins de scientologie, etc...

Ne trouver que ce que l'on cherche dans un écrit, n'est ce pas la définition de la «mauvaise foi » ? :-)

joaben 07/02/2015 18:55

bizarre ...ca fait des mois que je publie sur ton blog avec le a même machine et le même navigateur.

Désabusé 07/02/2015 16:24

et aussi de Linux (ubuntu) au PC

Sous la Voûte étoilée 07/02/2015 14:58

typique des caractères accentués lorsqu'on passe du Mac au PC (gestion des ASCI)

joaben 07/02/2015 13:27

Pb overblog ?
La forme de publication de mon message est bizarre avec des " ?

reboussié 05/02/2015 13:04

combien de journalistes assassinés pour délit de crayons et de stylos dans notrte monde crcum_méditerranéen dans les dix dernières années ? de pendus et de lapidées ?statistique par pays , sans commentaires pour éviter d'énoncer des evidences partisanes ?
Les journalistes algériens assassinés ? à l'évidence ? pas des musulmans ? des mauvais pas triotes, ils l'avaient bien cherché ? une forme de suicide volontaire en quelque sorte ?
Je' ne sais pas si c'est le lieu , on se donnne rendez vous à la Komment dans Tours ? on y sera plus libre ?La laïcité ? un contenant ou un contenu ? (JPB)
Nous ? la vérité ? on la cherche . Quand on l'aura trouvée ? d'ici là ? de longs et ......,pénibles débats ..
Car la bouche a toujours la forme du baillon et Paris des blancs manteaux , Paris du Bourg la Reine , , Paris qui n'est Paris qu'arrachant ses pavés ??? de mémoire .....la parole circule ..laissez passer .....?

Désabusé 05/02/2015 12:35

vu sous un autre angle ........
Selon un journal algérien : 7 millions de double nationalité qu'il faut bien qualifier de communauté.
Beaucoup de jeunes dans cette communauté, jeunes dans une France ne permettant plus l'intégration par un travail ….. chômage massif structurel.
http://www.lexpressiondz.com/actualite/210070-7-millions-de-franco-algeriens.html

La situation économique risque de se dégrader en France encore dans la mesure où l'Allemagne bloque le système et ne veut absolument pas renvoyer l'ascenseur des remises de dette dont elle a cependant bénéficier après 1945 et qui lui a permis d'être ce qu'elle est actuellement. Austérité etc.

Bref je vais changer de pseudo … désespéré au lieu de désabusé peut être ? Un peu comme Houellbecq ! Avec beaucoup moins de talent !

mong 05/02/2015 06:19

Quel étrange discours !

Ne pas nier les évidences, c'est déjà admettre qu'il existe des évidences, c'est déjà nier à ses interlocuteurs une autre vision des choses que la sienne, qui, forcément, serait «idéologique» et non «objective». Voila pour commencer : ça part mal...

Découvrir par exemple qu'un courant de pensée ne fait pas l'unanimité chez 60 millions de personnes, est ce bien une évidence ? Ou une sorte de tautologie sociale ? Profiter de la manifestation qui, du plus profond de la mémoire collective, a réuni le plus de monde, a fédéré le plus de personnes différentes, autour de valeurs aux contours certes flous mais bien réelles, pour dire qu'elle révèle une fracture, il fallait oser...

Mais cette rhétorique fallacieuse ne s'arrête pas là, pour la plus grande joie des dénicheurs de contre-sens comme moi !

3ème para. : « arrêter de répéter que tout cela n’a rien à voir avec l’islam », puis, plus loin : « c’est le primat de l’individu sur les collectivités, quelles qu’elles soient ».

Voila voila... D'un coté un groupe de personnes désignées comme responsables, collectivement (« ce sont des masses musulmanes, excitées par les prédicateurs, qui pratiquent le plus détestable des amalgames »), de l'autre l'affirmation du primat de l'Individu : magnifique.

Sans compter que l'Islam en tant que religion n'a rien (mais RIEN) à voir avec les violences commises : cherchez sur internet les boudhistes qui s'en prennent aux musulmans et qui les lynchent en public. Ce n'est pas la forme de la religion qui est en cause, mais l'abrutissement de ceux qui la servent. Le problème est bien individuel, et c'est bien au niveau de l'individu qu'il faut intervenir, pour donner la force à chacun de combattre la pression d'asservissement et la pulsion de destruction : c'est cela, notre humanisme, celui des Lumières. Ce n'est pas la désignation d'un groupe de personnes, accusées collectivement sur la base de leur croyance.

Quant à la laïcité, moi aussi je suis sans voix ! Je passe rapidement sur « la barbarie c'est mal, la responsabilité collective c'est pas beau, les fanatiques sont méchants, le communautarisme c'est pas bien».
En revanche, comment, à un paragraphe d'écart, stipuler que seules les valeurs de la République (sans les citer : encore une évidence ?) permettent le vivre ensemble et fustiger l'appel à un service unique de l'Education nationale ? Soit nous n'avons pas la même définition de la République (sociale, laïque, une et indivisible, etc...), soit nous n'avons pas la même définition du vivre ensemble.

Il semble évident (moi aussi je peux dire des évidences) que la première chose qu'il faille inculquer à un enfant est la réalité humaine de l'autre. Quand on est capable, de sang froid, de prendre une fillette de 8 ans et de lui tirer une balle dans la tête, c'est qu'on ne voit pas l'être humain derrière. Mélanger tous les enfants de toutes origines sociales ou culturelles, dans une même école, jusqu'à un certain âge au moins pourrait être la solution à la déshumanisation et la gethoisation des esprits. Mais bon, vous êtes abasourdi. De la perversité surement.

ps : je suis prêt à tout débat sur la laïcité, ses fondements, ses valeurs, ses relations avec la République. Je ne développe pas ici, ce n'est probablement pas le lieux, mais je suis à disposition.

guibulum 14/02/2015 09:46

Vous oubliez la force de l'Esprit.
Vous ne pouvez nier que votre pensée est conditionnée par l'environnement économique, politique et spirituel dans lequel vous êtes nés et qui vous a structuré intérieurement;
Donc vous n'êtes pas libre tant que vous ne vous êtes pas libéré des murs qui ont été, tout au long de votre vie, bâtis soit par votre entourage soit que vous avez bâtis vous même.
Ainsi j'ai été élevé dans une culture Judéo-chrétienne, j'y ai trouvé des satisfactions intellectuelle et spirituelle, certes en considérant que cette culture doit toujours être remise en question , toujours réinterprétée, toujours à libérer des dogmes conservateurs toujours à l'affut du fanatisme et de l'intégrisme.
Je considère qu'aujourd'hui l'islam, excepté quelques penseurs minoritaires, frivoles et apeurés, n'est pas dans cet Esprit et que ce sont les forces de conquête qui dominent.
Je ne stigmatise pas une population. Je réfléchi sur une spiritualité dont le livre sacré est le Coran et dont bien entendu les adeptes ont une possibilité d'interprétation très faible et dangereuses aujourd'hui (peut être un jour le mouvement libéral deviendra dominant dans l'Islam mais ce n'est pas le cas aujourd'hui, et le coran porte en lui une rigueur littérale dangereuse).
Voilà l'évidence que voulait certainement exprimer J. Julliard. On peut en déduire que la laïcité qui est un mode de vivre ensemble née dans la pensée Judéo-chrétienne est (et sera) difficilement comprise par les adeptes de l'Islam
Je vous laisse le soin d'en tirer des conclusions personnelles

joaben 10/02/2015 10:35

tu dis, monq : "Sans compter que l'Islam en tant que religion n'a rien (mais RIEN) à voir avec les violences commises"

OK ! n'étant pas compétent en théologie musulmanne, je n'ai pas d'avis là dessus.
Par contre, à contre-coeur, je suis obligé de constater des faits :
- des mulsumans modérés ou fort distants de l'islam radical, manifestent une forme de solidarité, à intensité différente, pour des interdits d'expression de non-musulmans.
S'ils ont condamné l'attentat (pour les franges modérées) on lit pourtant une virulence contre la nouvelle couverture de CH. Pire, certains annoncent que CH sera responsable des futurs assassinats(Samir Nasri) !
Alors, pas l'islam ? peut être ! en effet, il ne faut pas stigmatiser.
Pour autant, éluder ce phénomene grave qui banalise des positions inacceptables serait tout aussi grave !

Désabusé 05/02/2015 23:54

L'échec de Savary que Mitterrand a laissé tombé a mis fin aux espoirs qu'existe un jour une école commune et laïque à tous les jeunes français.
Le communautarisme s'est introduit en France avec le regroupement familial demandé par certains patrons de l'industrie ... qui ont depuis délocalisé en nous laissant à gérer la suite ...
L'immigration massive en période de chômage structurel a fini de transformer la France en un pays multiculturel et multi communautaire
Le vivre ensemble est une blague
Le vivre à côté sans s’agresser serait déjà bien

mong 05/02/2015 15:00

Ah ! Je viens de voir que cet article était publié dans Marianne et ne constituait pas une tribune sur ce site...

J'ai répondu dans le vide, mais tout travail ne pouvant être complètement vain, je suis sûr de trouver au fond de moi un paiement adapté :-)

Aixcalibur 05/02/2015 12:58

Mon TC Mong,

En plein accord avec ce que tu écris.
Quelle autre solution "démocratique" existe-t-il en dehors de la laïcité, c'est à dire la mise en privé des choix spirituels de chacun pour que nous puissions vivre en public sereinement.
La loi de 1905, qui est un compromis, a été arraché de haute lutte aux milieux cléricaux et religieux qui ont tout tenté pour l'empêcher. Il faut relire les textes et les journaux de l'époque pour prendre conscience d la violence des propos d'alors. Nul ne peut se prévaloir de ses choix privés pour obtenir des modifications à l'application de la Loi Commune.
Oui, l'école doit être et rester le creuset du "vivre ensemble" hors de la main mise des idéologies religieuses et/ou sectaires.
Et cela doit s'appliquer à TOUTES les options de croyance et de non croyance, quelle que soit leur ancienneté de présence dans notre pays, y compris la religion juive qui jouit encore de prérogatives plus anciennes que celles que réclament certains groupes musulmans.
Là, je vais me faire incendier, mais tant pis ......

Aixcalibur 04/02/2015 16:07

Je ne vois pas où sont la candeur ou la perversité dans la proposition de revoir le concordat en Alsace Lorraine ou réfléchir à un service unifié de l'Education Nationale. On peut ne pas être d'accord mais il faut argumenter et non rejeter par une pirouette. Surtout quand on parle de ne pas se raconter d'histoire ........ Que croyez qu'il se passe dans les écoles confessionnelles ?

réboussié 04/02/2015 14:24

encore bravo , mais mes excuses , j'avais oublié quelque chose , la mémoire , à mon âge ? ....page 28 " Bruxelles , tu nous étouffes "
j'ai dit ,............mais en 1992 , c'était déjà écrit .....

réboussié 04/02/2015 14:19

excellent , au risque de me répéter ?
Puis je sans vouloir abuser , et pub non rémunérée , revenir à ce monsieur Julliard ?
Revue " NOUVEL OBS " numéro 1422, du 6 février 1992, page 18, "Démocratie : la liberté va -t -elle s'autodétruire ? ", pour étudier en même temps que ce "Marianne " , ce qui ajouterait à la qualité de nos travaux une dimension diachronique , bien dans l'image que nous nous faisons de la chaîne humaine ? pour ceux qui font une différence bien sur entre médecine/ prévention et médecine légale ..

tant pis pour l'amalgame ?? page 32 , la montée des misérables ......Si c'est encore trop ? tu me dis ?

Désabusé 04/02/2015 14:04

On va découvrir bientôt benoîtement que des analyses ont été faites par des auteurs qui furent souvent décriés.
On jette facilement une analyse à la poubelle au motif qu'il y a de ci de là une erreur ou une exagération. On ne fait jamais le tri on condamne c'est si simple !
On voit Christophe Guilluy Eric Zemmour, Laurent Obertone jetés aux orties sans analyses hors quelques éructations !
Qui a lu Boualem Sansal, Yasmina Kadra ?
etc.
bref le scénario de Houellbecq n'est pas irréaliste et le communautarisme est déjà installé pour longtemps

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