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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

19 Jul

Le sexisme "ordinaire"...

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Droits de l'Homme

Le sexisme "ordinaire"...

Existe-t-il un sexisme "ordinaire" ? Il y aurait danger à le penser vu le peu de réactions que suscitent ces remarques aussi sottes que nauséabondes !

 

Non, il n'y a pas, impunément, de sexisme "ordinaire". Ce serait laisser penser qu'on pourrait être "un peu" sexiste. Or, il n'y a pas de penser ordinaire en matière d'inégalité.

 

Surtout lorsqu'une phrase finalement assez stupide, est prononcée par un élu dans l'exercice de ses fonctions au Sénat. Le sénateur "Les républicains" (ex-UMP) Jean-François Mayet, s'est laissé aller ainsi que le révèle la presse (par exemple, le Huffington Post, RTL).

 

 

Jean-François Mayet, Sénateur "Les Républicains" (ex UMP).

Jean-François Mayet, Sénateur "Les Républicains" (ex UMP).

Estimer que les femmes "sont quand même là pour faire des enfants" dans le contexte d'une discussion sur la féminisation d'une profession et qui plus est, qui se raréfie, n'est pas seulement stupide. C'est aussi la profession de foi de ceux qui veulent assigner à résidence les femmes dans la seule fonction qu'ils leur reconnaissent : la maternité ! Franchement, c'est à vomir...

 

La réplique de la sénatrice Chantal Jouanno, UDI : Elles ne sont pas là "pour" faire des enfants ; elles font des enfants, c'est différent !, est restée bien isolée... Pourtant, elle ne manque ni d'a-propos ni de pertinence. Comme si, finalement, tout le monde avait estimé que cette remarque était naturelle. Le bon-sens est le ressort dont il faut toujours se méfier, tant il est exemplaire de l'idéologie dominante... C'est la phrase qui échappe par la force de l'habitude... C'est surtout la marque que cette manière de considérer la femme n'émeut que ... quelques femmes !  

 

Oui, quelques ! Car les femmes elles-mêmes peuvent se livrer elles-mêmes à ce genre de déclarations. Et lorsque ce sont des élues, cela devient tout simplement consternant.

Ainsi Valérie Pécresse, qui pense probablement faire de l'humour, dans cette vidéo :

Valérie Pécresse, députée "Les Républicains (ex UMP)

Mais l'Assemblée Nationale n'est pas en reste. Ce genre "d'humour" est aussi pratiqué par le député Philippe Le Ray (UMP) qui en 2013 croit spirituel de caquetter pour couvrir la voix de Véronique Massonneau, députée EELV et chercher à la déconcentrer.

 

 

 

Véronique Massonneau, députée EELV

C'est aussi les broncas que les députés de droite organisent lorsque Christiane Taubira prend la parole à l'Assemblée. Celle-ci est l'une des plus virulentes et le président devra suspendre la séance pour calmer les esprits ! 

Pour  faire bonne mesure, j'ajoute qu'on se souvient, à gauche du "Liliane, fais les valises" de Georges Marchais, du "l'élection présidentielle n'est pas un concours de beauté" de Jean-Luc Mélenchon quand Ségolène Royal se porte candidate à la primaire socialiste ou du "Qui est-ce qui va garder les enfants ?" de Laurent Fabius alors que Ségolène Royal annonce sa candidature à la présidentielle...

 

Toutes ces phrases et quelques autres ici.

 

En mai 2015, 40 femmes journalistes publient dans Libération un texte dans lequel elles dénoncent le sexisme des hommes politiques, de la remarque déplacée au harcèlement sexuel !

Le sexisme "ordinaire"...

Que ces propos émanent d'hommes politiques, de droite comme de gauche, plutôt enclin à ménager l'électorat, notamment féminin, et donc à ne pas le choquer, est affligeant !

 

Le contexte jihadiste.

Aujourd'hui, des millions de femmes sont directement concernées par l'application de la Charia. Que leurs droits les plus élémentaires sont bafoués, l'éducation, le travail, la libre circulation, la majorité légale...

 

Résolution. 

Dans un tel contexte, il faut certainement se méfier du discours à double entrée que constitue l'humour. Bien sûr, le principe de la liberté de penser ne doit pas être remis en cause. Le droit qu'il génère, la liberté d'expression, est imprescriptible. Mais il n'exempte pas de la réflexion sur les conséquences d'une mauvaise compréhension. La loi de 1881 sur la liberté de la presse nous montre, par ses multiples évolutions, non seulement que la volonté populaire est d'encadrer ce droit mais que c'est encore une tâche bien délicate et ô combien complexe...

 

S'agissant du sexisme, est-il convenable de jouer sur un hypothétique 2° degré de compréhension :

- alors que l'égalité homme-femme est encore sur la planète le véritable enjeu des droits de l'Homme ? 

- alors que le principe même de cette égalité est contestée par la Charia et donne lieu à une véritable bataille idéologique qui se prolonge sur le terrain politique par le terrorisme ?

- alors que sur le fond, c'est l'existence même d'un 2° degré qui est contestable... En quoi le fait de déprécier la place de la femme dans la société en lui confiant les tâches subalternes au travail, voire à considérer qu'elle n'a pas à travailler puisque son rôle premier sinon essentiel serait de "faire des enfants"... serait-il un trait d'humour ?

 

Le moment est venu d'envisager qu'en cette matière l'humour n'a pas sa place.

Qu'en fait ce n'est pas de l'humour !

C'est oublier que l'humour, c'est faire rire de soi-même, pas des autres !

C'est là tout juste une manière de dissimuler une pensée, et en fait une opinion condamnable sur les rapports humains. 

 

 

Le sexisme "ordinaire"...

Gérard Contremoulin

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Commenter cet article

Duplay 25/07/2015 10:53

Sans ouvrir entrer dans une discussion stérile, il me parait difficile de défendre d'un côté la liberté d'expression et le blasphème et de l'autre interdire de se moquer des autres....

mong 28/07/2015 18:26

MTCF notre République ne garantit pas la liberté d'expression ! Ou pour être plus précis : elle la garantit sous certaines réserves, notamment le concept (fumeux, certes) d'ordre public.

Rappelons nous que c'est ce même ordre public qui est invoqué dans la loi de 1905 pour définir les limites de l'expression religieuse dans l'espace public!

Quant à définir des valeurs, je serais bien en peine de dire comment elles doivent se traduire sur le terrain. En revanche, je peux dire que les fondements de notre République sont :
- la reconnaissance de l'Individu, et son cortège de droits qui le définissent (DUDHC),
- la reconnaissance de l'existence de la «chose publique», i.e. que nous partageons un espace, des relations et des ressources communs.

Ces principes sont au dessus des lois (en amont plutôt), car leur violation serait une violation de l'identité de la République. L'atteinte à ces principes peut être légitimement (du point de vue de la République) interdit. Le sexisme est une violation du concept d'Individu, car en stigmatisant une partie de la population il viole l'universalité de l'être humain, ou intègre dans sa définition des caractéristiques arbitraires (après le sexe, pourquoi pas la taille, la quantité d'hormone, la présence de gènes, etc...).

Quant à ce que tu cites concernant les US, tu vas dans mon sens ! La différence entre eux et nous, c'est que nous n'avons pas besoin de morale (laquelle, d'ailleurs ?) pour réguler notre espace public : nous avons la loi. C'est aussi cela, la laïcité.

Enfin, concerant la « critique des opinons majoritaires » : bien sûr qu'elle peut se faire, à condition qu'elle soit une opinion ! Le racisme, par exemple, n'est pas une opinion : c'est un délit. Cette affirmation peut sembler brutale, mais elle illustre bien la différence entre ce qu'on peut penser et notre présence, nos actes dans l'espace public. Il est bien évidemment hors de question de critiquer ce que qui que ce soit pense. Mais appeler à discriminer, ou faire l'apologie de la discrimination est un délit, car c'est un acte, pas une opinion.

Duplay 27/07/2015 14:15

Tout cela est bel et bien bon et relève de la casuistique. Dans un République qui garantit la liberté d'expression, je conviens qu'on peut en discuter les contours, il est néanmoins nécessaire de permettre la critique des opinions majoritaires, quand bien même elles constitueraient le socle des "valeurs"; mais qui définit les valeurs?. Je vois que vous êtes déjà candidats. Toute opinion doit avoir droit de cité, il est même permis de critiquer les institutions, de s'en moquer et de les tourner en dérision?
Par ailleurs, cette mode du politiquement correct, chère aux féministes et sectaires de tous poils, ne résout aucun problème. Aux Etats-Unis, il est pratiquement interdit sous peine de passer pour un membre du Ku Klux Klan de prononcer le mot "nigger", il est en revanche permis de tuer les "afro-americans' sans que la justice n'y trouve grand chose à redire...
Alors que des députés, de la majorité ou de l'opposition, disent tout haut ce que leurs électeurs pensent tout bas, cela me laisse indifférent. Je préférerais et de loin que l'égalité des salaires et des chances soit une réalité.

mong 26/07/2015 06:08

La liberté d'expression est une chimère : elle n'existe nulle part de manière absolue (même dans les pays où elle est revendiquée !). Il y a toujours des règles, implicites ou explicites, qui limitent l'expression dans l'espace public.

L'espace public républicain a au moins le mérite de poser de manière claire les limites de l'expression, en s'appuyant sur des concepts assumés, comme l'universalisme de la condition humaine.

Quant au concept de blasphème, il ne concerne pas la République, qui n'en n'a pas de définition; ce terme ressorti au religieux et n'a de sens que dans ce cadre.

Il est donc tout à fait normal que la République, qui, sans avoir de position métaphysique, assume des valeurs fondamentales et interdit la profération dans son espace public de propos allant contre ses bases.

Dit autrement, la neutralité métaphysique n'implique pas l'absence de valeurs au sein de la République !

Sous la Voûte étoilée 26/07/2015 01:38

C'est bien évident. Voilà pourquoi il s'agit d'une démarche individuelle.

réboussié 23/07/2015 10:19

on doit encore trouver en kiosque une revue sur "la femme dans les religions " , on peut et on doit en causer , mais pour changer la "chose" , et pour être un peu efficace , à part une longue psychothérapie ....
Mais si vous pouvez m'éclairer un peu ? , comment refuser l'entrée des soeurs dans sa loge ....et aller faire le coq dans les loges mixtes ou féminines du coin ? et comment ces loges avec soeurs peuvent elles admettre sur leurs colonnes des charlots qui les traitent en sous produit .....on peut trouver des tas d'arguments tous plus ou moins dégoulinants de bons sentiments , mais comment lutter contre la violence sans lutter contre les violents ...pour les manichéens , notez qu'on n'est pas obligé d'utiliser des méthodes définitives , simplement efficaces suffit , et le loi non appliquée , ça ne rassure que les moralistes de salon ou fonctionnaires ...
Pour les tenants masculins du "genre" ? à la piscine ? ils se déclarent "femmes ? pour aller se changer dans le vestiaire des femmes ?

mong 22/07/2015 15:38

Il faut prendre garde à bien différencier certaines choses pour pouvoir bien réassembler ce qui est épars.

Ce qu'il faut différencier, c'est l'humour qui se moque du sexisme de l'humour qui se moque des femmes en tant que sous groupe de l'humanité.

Ce qu'il faut bien mettre ensemble, c'est qu'il n'y a pas de différence dans la discrimination entre êtres humains, surtout quand le critère est un critère arbitraire, ne relevant pas d'un *choix*.

Les sexistes doivent être poursuivis pour leurs propos dans l'espace public au même titre que ceux qui relaient des propos anti-sémite, raciste, ou anti-bleus, anti-noirs, anti-gros, anti-roux,...

Il n'y a pas de sexisme ordinaire car il n'y a pas de petite discrimination. Toute négation d'une partie de l'humanité d'un individu est condamnable et devrait être condamnée.

J'ai vu le débat repartir récemment par une ex-féministe criant à l'islamophobie des féministes condamnant le voile. Ce débat est hallucinant : les vêtements étant une forme d'expression dans l'espace public, un vêtement peut inciter à la discrimination et donc être condamnable.

Au final, chercher des éléments caractéristiques de sa personnalité dans des qualités qui ne viennent pas de sa volonté, de ses choix, comme s'attribuer une certaine capacité à faire le ménage quand on est une femme, c'est quand même révéler une sacré faiblesse intellectuelle et morale, une incapacité à se définir indépendamment des autres.

Heureusement que la maçonnerie est là pour nous aider :)

réboussié 22/07/2015 15:09

le mieux ce serait de faire une loi qui énoncerait les blagues qu'on peut raconter : dans les parvis ou à table ? 31 ? on se marre .. 27 ? moi elle ne me fait pas rire .....41 ? stop , pas de politique en loge ....
Poursuivre en justice ? Un radar en burqua dans un sac poubelle ? pris sur le fait ? on risque beaucoup plus que de tuer sa femme ....sur les portiques , les bretons ont trouvé une procédure plus rapide , pour les cochons , ça va venir ??
non , je ne critique pas le texte ci dessus , le problème ,c'est la courbe en cloche des QI des français , la distribution ........bon , tout le monde n'a pas eu sa part à l'évidence ...le crétin qui caquetait ? tous pourris ? certes non , mais quelques vrais cons ? à quand une médaille pour ce débile ? comment ou pourquoi ce sinistre imbécile n'a t il pas été immédiatement sorti par la sécurité ? pour atteinte à l'honneur de la dignité du lieu , de la fonction , et du respect que l'on doit aux collègues élus , et à une dame en particulier ? Non , je ne suis pas réac , pas trop , les rites de politesses , envers les femmes , les gens âgés........c'est ça le vivre ensemble , le rôle du rituel , comme le cycliste qui pousse péniblement son vélo , à 2 heures du matin en rase campagne ? on ralentit et on demande ? un besoin d'aide ?
Paradoxalement parlant , nous fumes sommés d'initier ?????les loges féminines ? normal , mais on peut visiter ? assister à tout ?
Donc pour la culpabilisation , merci , servi ...
Au fait , un autre sujet ? l'accès des handicapés ? A quand l'aménagement du GR 20 en corse conformément à la loi ......
Aux déclaration du Le Pen sur les détails ? une loi ? du juridique ? ou le lendemain à la télé et dans les classes de l'école française les films tournés à la fin de la guerre ? on en a vu quelques uns, et j'ai bossé dans l'édition dans une autre vie , les bouquins interdits de pub ou à la vente ? le porno ? on a fait mieux depuis ....mais sur les camps , les expériences médicales ......ah , oui , j'oubliai , déjà pour la minute de silence , alors des films ? le juridisme ? la profusion des normes ? le cancer de la bureaucratie ? Plus facile de régler les problèmes du monde que la sécurité en banlieue ? après le cintrage de bananes et des concombres , codifier les différents degrés de l'humour ?
Et pour le TAFTA ? qu'en pensent les cochons bretons ?
Non , je ne noie pas le sexisme sous autre chose , mais si je vois un de mes petits enfants taper sur une petite choupette ? il se ramasse une branlée comme on dit chez nous , et après je lui explique qu'il ne faut pas faire à autrui .... mais ce n'est jamais arrivé , l'éducation , c'est un long combat , et le respect , ça se construit , ça s'impose , mais on taxe plus aisément qu'on impose aujourd'hui .. hélas ..

Désabusé 22/07/2015 13:59

Il reste en effet des espaces "infranchissables, hermétiques, confinés..." "à côté" du GODF, qui se prétendent "hauts" !
A l'ordre du jour de l'un d'eux je vais avoir "la visite des soeurs" ...
Avant de m'y rendre je vais avaler un tranquillisant et mettre des boules Quies ..................

Désabusé 22/07/2015 11:49

On a vécu ces réflexions stupides en loge et sur les parvis, ces dernières années, au GODF dans le cadre de l'initiation de femmes dans les loges du GODF qui en font le choix.
Les auteurs n'ont pas été poursuivis pour sexisme en justice maçonnique.
Ce débat est heureusement derrière nous ... depuis peu !

Condorcet 22/07/2015 13:57

J'ai même entendu des FF chevronnés, comme on dit, avancer qu'ils préféraient être dans une loge, ou dans une obédience unisexe, au motif que la présence d'une femme pouvait nuire à leur sérénité ou bien encore qu'ils pouvaient s'en trouver troublés..?
Il me semblait pourtant que pour être maçon il fallait être libre à la fois de tout préjugé tout en dominant ses passions.
N'est pas maçon qui veut même chez ceux qui se prétendent éclairés surtout lorsqu'on n'arrive pas à dominer tant ses préjugés que ses passions. C'est face à toute sorte d'épreuve que l'on sait qui est maçon et qui ne l'est pas. Prendre la fuite face à la moitié de l'humanité n'est pas très digne d'individus qui se prétendent éclairés. Il est grand temps de construire la maçonnerie du XXIème siècle.

Sous la Voûte étoilée 22/07/2015 13:32

Oui, fort heureusement... Et ça parait déjà tellement lointain.
Néanmoins, il reste encore des espaces infranchissables, hermétiques, confinés...
Les règles de vie du GODF les permettent.
Il faut du temps pour que cette réforme fondamentale puisse produire tout ses effets.

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