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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

17 Jul

24 juin 1717 : le seuil...

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Obédiences

24 juin 1717 : le seuil...

Lorsque les frères de 4 loges se réunissent à l'auberge Goose and Gridiron ("L'Oie et le Grill") le 24 juin 1717, songent-ils qu'ils sont en train de donner forme à la 1ere structure qui va pérenniser la franc-maçonnerie ?

 

En jetant les bases d'une obédience qui va institutionnaliser pour la première fois le principe de fédération de loges et se donner les moyens de les rassembler, ils construisent les conditions pour que cette institution résiste aux attaques du temps comme à celles des hommes, une institution qui va s'imposer comme l'Esprit des Temps...

 

La Grande Loge de Londres et de Westminster, c'est son nom, constitue la première structure qui va fédérer des loges maçonniques. 

 

Cette première obédience, anglaise fortement imprégnée des principes venant d'Ecosse, donnera, après une querelle de 63 ans, la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA ou UGLE) en 1813. Cette querelle se terminera par un acte d'union scellant la victoire des "Ancients" (les plus récents) sur les "Moderns" (les plus anciens) et avec elle la quasi disparition de la pratique du rituel des "Moderns".

 

Cette obédience s'offusquera de la décision du convent du GODF de 1877 qui supprime "l'obligation de croire en dieu et en l'immortalité de l'ame" au point de rompre toute relation avec lui, d'interdire à ses membres de visiter ses loges et de contester la qualité même de franc-maçon à ses membres ! Cette interdiction dure toujours... 

 

Le GODF et la maçonnerie libérale adogmatique sont-ils concernés par 1717 ?

On peut en effet se le demander dès lors que cet évènement sera célébré par la GLUA et par les obédiences  qui en France revendiquent ouvertement des racines communes.

 

Examinons les deux réponses possibles.

 

Répondre non conduit à considérer que la période 1717 - 1813, (un quasi siècle !) aurait été de la même nature que ce que la GLUA réussira à consolider ensuite dans le monde, c'est-à-dire l'exercice d'un leadership sur la franc-maçonnerie mondiale grace à un sauf-conduit " dont elle seule détient les rennes par la "Reconnaissance de Régularité"...

 

Il n'est pas tout-à-fait anecdotique de noter que cete régularité est synonyme de légitimité. C'est alors que prend tout son sens, dans une certaine façon de penser la maçonnerie, l'obtention de ce "brevet".

 

D'ailleurs, depuis 1951, la conférence des grands-maîtres d'Amérique et du Canada, dont le rapport prépare le plus souvent les décisions de la GLUA (cf. "Board of general purposes"), a créé une "Commission on information for Recognition".

Voir cet article dans lequel on peut lire cet extrait :

La conférence des grands-maîtres d'Amérique et du Canada a créé en 1951 la « Commission on Information for Recognition » qui évalue la régularité des obédiences du monde entier en fonction de 3 critères :

1/Légitimité des origines.

2/Exclusivité de la juridiction territoriale, ou sinon par consensus ou entente mutuelle.

3/Adhésion aux anciens devoirs, surtout en ce qui concerne la croyance en Dieu, la présence du Volume de la Loi sacrée en loge et l'interdiction formelle de toute discussion religieuse ou politique en loge.

Cette commission échange des informations avec toutes les obédiences régulières du monde.

 

Ce serait nier la naissance de la maçonnerie française et considérer que la maçonnerie qui s'implante en France serait, grace à une belle anticipation intellectuelle, de la même nature que la FM "régulière" avant la lettre !

 

Répondre oui, en revanche, c'est revendiquer un héritage maçonnique qui est celui de la naissance de la franc-maçonnerie, telle qu'elle est venue s'implanter sur le continent à partir de 1723. D'ailleurs, beaucoup d'exemples cités par Roger Dachez attestent qu'il y eu ensuite beaucoup d'allers et retours entre Londres et Paris, beaucoup d'habitudes de travailler ici et là au profit d'une maçonnerie quasi identique...

 

C'est encore affirmer que la manière de "maçonner", ce que l'on nommera ultérieurement le rite, est identique ici et là. Cette manière de maçonner, de vivre la maçonnerie en loge, le rite, dont Roger Dachez rappelle souvent qu'il est le "craft", le métier prendra le qualificatif du pays dans lequel il se pratique ... la France donc... français.

 

Ceci pour le différencier de celui qui se codifie en 1782, le Rite Ecossais Rectifié ou plus exactement le Régime Ecossais Rectifié, le RER, au convent général de Wilhelmsbad. Les travaux de ce convent se tiennent en français et en allemand. Et Jean-Baptiste Willermoz, secrétaire pour la France, en sera le dépositaire.

 

Ce n'est que vingt ans plus tard que De Grasse-Tilly importera en France une autre Rite, institué en mai 1801 à Charleston en Caroline du Sud, le Rite Ecossais Ancien Accepté, le REAA. Il sera intégré au GODF par un Traité d'Union en décembre 1804.

 

Sur ces bases, les Soeurs et les Frères du GODF sont parfaitement fondés à vouloir prendre toute leur place dans la célébration de ce tricentenaire... Tant pour des raisons historiques que pour des raisons de consubstantialité.

 

24 juin 1717, le départ.

La naissance de cette première obédience doit être considérée comme un fait majeur dans la mesure où elle inscrit l'existence de la franc-maçonnerie dans le temps et dans l'espace. Cette sécularisation donnera ensuite à la maçonnerie la capacité d'agir non seulement sur ses membres (la construction du Temple intérieur) mais aussi leur donne la capacité d'agir dans la société (la construction du Temple extérieur).

 

Cette double dimension de l'engagement maçonnique ouvre la voie à un engagement sociétal, essentiellement Politique, et permet au franc-maçon, Soeur ou Frère, de "travailler à l'amélioration materielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'Humanité". C'est ce que leur prescrit l'article Premier de la Constitution du Grand Orient de France. Cette prescription est reprise par la Grande Loge Mixte de France et les Loges de Rite Français de la Grande Loge Féminine de France.

 

C'est une problématique que contestent certains qui appuient leurs démarches sur la négation des structures obédientielles, souhaitant au contraire ne se recommander que de la liberté et de l'autonomie. Tout aussi respectable qu'elles puissent être dans l'esprit de leurs protagonistes, force est de constater que ces démarches ne peuvent s'inscrire que dans l'éphémère, là où pour être fécond, il faudrait être pérenne...

 

Et c'est bien ce qui se passe le 24 juin 1717.

 

24 juin 1717, la naissance d'une tradition humaniste.

Les frères des quatres loges choisissent d'assurer la pérennité de leur démarche. Avec probablement beaucoup d'incertitudes quant aux méthodes, ils initient néanmoins une voie où le devenir de l'Homme, sa vocation à s'épanouir dans un monde nouveau à construire, constitue le coeur de la démarche.

 

Au pays de l'Habeas Corpus, et après plus de 150 ans de religion imposée, de rivalités en guerres de succession ou en coups de forces entre Stuart et hanovriens, la perspective de pouvoir choisir son dieu, de pouvoir penser par soi-même apparaît comme la liberté donnée à l'esprit humain de son propre choix, de sa propre émancipation.

 

Les Lumières britanniques (Enlightenment)  John Locke, Mary Woollstonecraft, David Hume, Adam Smith, Georges Berkeley,... donnent, par le caractère contradictoire des débats des penseurs et philosophes, "force et vigueur" au principe de la "dispute", de la "controverse" qui fait honneur à la liberté de penser.

 

Cette capacité, cette licence de parler de tout et donc de construire une pensée à l'écart des dogmes, qu'ils soient religieux ou politiques, va s'affirmer comme la franc-maçonnerie du Siècle des Lumières.

 

Cette pensée libre, libérée, constitue le substrat à partir duquel la franc-maçonnerie va se déployer dans tous les foyers intellectuels de l'Europe du XVIII° siècle. 

 

Affirmer l'identité de la maçonnerie libérale : une bataille culturelle.

Alliant progression initiatique (intime) et engagement citoyen (sociétal), le cheminement que popose depuis ses débuts cette maçonnerie "française" comme importation quasi directe de l'esprit et de la pratique (the craft) de 1717, est un engagement du maçon dans la société. 

 

Cette conception est l'objet d'une bataille culturelle interne à la franc-maçonnerie car, manifestant clairement sa non universalité, elle est et continuera d'être l'objet d'une contestation majeure sur son authenticité ! 

 

La problématique est simple. Le respect des Landmarks et plus particulièrement les "Principes de reconnaissance commune" des trois Grandes Loges Régulières d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande), tels qu'ils apparaissent aujourd'hui dans la réaffirmation de 2009 de la version de 1938, font apparaître des différences majeures entre ces deux branches de la franc-maçonnerie. L'enjeu de cette nouvelle bataille tient justement dans l'existence de ces deux branches qui se sont créées successivement au fil de l'histoire, c'est-à-dire l'une puis l'autre... 

 

Pour éviter une nouvelle querelle des "Ancients" et des "Moderns", il faudrait que soit établi un consensus sur les origines des deux familles. Nous en sommes loin, et d'ailleurs, est-ce souhaitable ?

 

La seule manière de l'établir serait une reconnaissance mutuelle, ce qui est précisément en contradiction avec au moins 3 des points de la règle de la GLUA qui en compte 12 : la croyance en dieu, l'interdiction des débats religieux et politique et la mixité dans les travaux maçonniques...

 

A suivre...

 

Gérard Contremoulin

____________________________________________________ 

 

 

 

Commenter cet article

Michel König 20/07/2016 20:07

A Joaben.

Pour le "coup de force" de 1813, je renvoie à mon livre "Le GADL'U" qui l'analyse. Le blason de la GLUA de 1813 est le même que celui de la Grande Loge des "Antients" de Dermott avec le Tabernacle posé sur les 4 évangélistes. Mais surtout elle a repris la définition du GADL'U Dieu révélé des saintes écritures, ce qui ne figure pas dans les Constitutions des Modernes. Alors à partir du moment où la GLUA a la "croix et la bannière" des "Antients", difficile de dire qu'il s'agit d'un compromis.
Cela a d'ailleurs été dit à l'époque: L’imprimeur de la lettre de Dermott de 1778 fait une remarque hautement significative dans l’insertion de ce document dans la dernière édition de la Constitution des Francs-maçons Anciens de Dermott en 1813 : « On a vu que toutes ces discussions entre les maçons anciens et modernes avaient été terminées par une réunion opérée en 1813. Nous avons appris depuis l’impression que l’une des conditions de la fusion avait été que le Rite Ancien serait le seul reconnu et pratiqué dans toutes l’Angleterre. Ainsi, la grande Loge du Rite Moderne d’Angleterre qu’on pouvait comparer au Grand Orient de France par sa doctrine, sa prépondérance et le nombre de ses loges a été détruite par la seule force de l’opinion qui s’est prononcée pour la minorité. » « L’opinion » étant, bien sûr, celle du roi Georges IV.

Joaben 18/07/2016 14:32

Bizarre défaitisme à prétendre que les "Moderns" auraient perdu en 1813 !
Alors qu'il s'agit d'une "réconciliation" entre les 2 tendances et le résultat (la GLUA) un compromis.
Le fait de fêter 1717 est d'ailleurs la preuve de l'attachement de GLUA aux Moderns.
Les principes des Moderns ont-ils disparu des rituels en 1813 ? C'est bien mal connaître le rituel Emulation qui en est issu. En effet il laisse passer des prières mais rappelle des "lumieres" sans rapport avec celle des Antients -> celle des Moderns.
La liberté et dans une certaine mesure la laïcité y sont présents.
Il faut être prudents vis à vis de certains simplismes répandus dans la FM francaise.
Et surtout n'amenons pas de l'eau au moulin de la division.
Il faut lire les BP jusqu'au bout du titre : Basic Principles FOR GRAND LODGE RECOGNITON.
Il ne s'agit donc que de manoeuvres au sommet, qui ne concernent pas les FM, ni de GLUA ni du GODF.
Y donner crédit en clamant une "difference" c'est encourager la division. Un FM de la GLUA n'a pas de difference avec un FM du GO. Ils sont un MEME PEUPLE REPANDUS SUR LA SURFACE DE LA TERRE( çà, ce sont les rituels maçonniques utilisés à la GLUA ou au GODF) ... Apres, reste à se soumettre, ou pas, aux regles de division des FM instaurées par ces groupes !
La soumission est-elle une valeur maçonnique ?

Joaben 20/07/2016 11:20

"Les anciens ont gagné au niveau du rituel" dis-tu Philippe ?
Pas autant qu'on le dit ! Le rituel Emulation est aussi fort empreint des Moderns : voir la couleur, les lumières, la limitation des prieres à tout moment, la sobriété, les textes historiques, bien plus "moderns" qu'"antients".

Philippe MARTIN 18/07/2016 16:16

Les anciens ont gagné au niveau du rituel
Au niveau de la mise en place, ce sont les Moderns qui ont gagnés, bien que les Grands Stewards qui avaient une place très importante aient perdu beaucoup de pouvoir.

Philippe MARTIN 18/07/2016 11:03

Comment peut-on écrire autant de bêtises en 2016, sauf a vouloir instrumentaliser l'histoire pour ses propres intérêts - c'est toujours ce que l'on fait pour ça, et c'est bien ainsi qu'il faut lire ce texte -, voire pour une manipulation politique.

Comment peut-on parler de première obédience alors que cela n'a strictement rien a voir ! 1717 est un non événement !

On peut éventuellement parler de concept de Grande Loge, mais quand on ressort d'un tel instant avec rien, aucune structure, aucune nomination, aucune administration, aucune finance... on ne peu raisonablement pas parler de tout ça comme ça.

C'est induire les FF et les SS en erreur, ou pire, manipuler la connaissance.

Pour finir... il n'y a jamais eu 12 points dans les règles de reconnaissances de la GLUA ! C'est confondre avec la règle en 12 points de la GLNF qui est une règle politique et non une règle maçonnique.

Toutes ces erreurs disqualifient son auteur de toute connaissance sur le sujet !

Sous la Voûte étoilée 18/07/2016 16:29

Et Philippe Martin :

Philippe Martin
Bien sur mon cher Michel que l'on peut s'étonner de certaines choses, mais si je peux me permettre, 1717 n'est pas 1722 et ces 5 ans de différence sont capitaux. En 22, on est même déjà 7 ans après la "15 Rebellion" ... on est passé à autre choses dans Londres.
Wharton passe de principal animateur du Hell Fire à cet autre Club qu'est la freemasonery et qui s'installe déjà comme un club Whig.
Et c'est dans ce contexte social des clubs qu'il faut chercher la véritable nature de ce développement et non les tensions hanovriens / jacobite puisque la franc-maçonnerie se développe dans un contexte de sociabilité qui est gage de respectabilité.
L'Art de l'époque retranscrit très bien ceci au travers d'un genre nouveau et assez typique de l'Art britannique que sont les "conversations pieces".

Aussi il n'est pas étonnant que Wharton, après l'interdiction du Hell Fire en avril 1921, ai voulu supplanter Montagu afin de mettre la main sur la Maçonnerie en cours d'organisation et qui commençait à réunir les dignes représentants de la société Hannovrienne.
Tout ça interagi et va modeler la Maçonnerie ... même française.

Sous la Voûte étoilée 18/07/2016 16:27

Et Michel König de répondre :

Michel König
Mon cher Philippe.
L'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence.
On peut contester le texte des Constitutions de 1736 et il exact qu'Anderson n'a pas bonne réputation et sera accusé de plagiat pour son livre sur les généalogies.
Je me suis d'ailleurs étonné dans le GADL'U qu'on continue à parler des Constitutions d'Anderson, alors que son nom n'y figure pas et qu'elles ont été écrites (et cela est avéré) par G. Payne à la demande du duc de Montagu et promulgué par le duc de Wharton, GM, et Desaguliers députy GM.
S'il ne s'était rien passé en 1717, on peut s'étonner de voir d'aussi hauts personnages prendre la GM et même se la disputer. Montagü est un ferme soutien du régime de la monarchie parlementaire des Hanovres et un haut personnage du soutien et il vien après Desaguliers, scientifique de renom de l'époque, qui a eu 3 fois la médaille Copley, équivalent au 18ème siècle du prix Nobel.
Wharton.
Cela s'explique très bien si on dépasse la cadre étroit de la Maçonnerie de métier et qu'on considère les enjeux politiques de l'époque où les partisans de la monarchie parlementaire sont en guerre contre les Stuarts catholiques et absolutiste qui, avec le soutien de la France et de l'Espagne, veulent reconquérir leur trône. Il y aura entre 1692 et 1746 7 tentatives de restauration des Stuarts. La Franc-Maçonnerie nouvelle est bien le vecteur de la diffusion des idées libérales et tolérantes et c'est ce qui explique son grand succès à l'époque.

Philippe MARTIN 18/07/2016 16:16

Je ne pense absolument pas que tout ceci était autant organisé que l'on veuille bien le prétendre.

on peut supposer beaucoup de choses mais ceci ne corrobore pas beaucoup avec le contexte dans lequel ceci évolue et qui pour beaucoup sont issu de ce qu'à écrit Preston et/ou les AQC.
Or, on sait, et c'est aussi ce que je pense que ce qu'on écrit les AQC sur le sujet ne sont que de la glose pour expliquer tout ça.

Quand à l’exploitation du récit que fait Anderson dans ses Constitutions de 1738 par les maçons me surprendra toujours.

Sur le plan documentaire, exploiter à titre authentique le récit fait dans une publication déjà controversée à l'époque - Anderson passe quand même pour un falsificateur, et c'est ce qui le mène à apparaître pris la tête dans une échelle - symbolique assez forte - dans cette fameuse gravure des Gorgomons - je veux dire les Constitutions de 1738, où Anderson fixe pour la postérité le récit de cette réunion 20 ans après les faits et sans y avoir jamais assisté lui même ...

Dans toutes autres circonstances, on dirait immédiatement, "documentation douteuse", mais en maçonnerie, on la tient pour authentique, pour etre le reflet de ce qui s'est réellement passé ce jour là.

C'est assez fort comme manipulation et comme insistance.

Non, ce texte est douteux ne peut pas être sérieusement exploité comme une preuve pour dire qu'untel ou tel autre était surveillant, et que les faits avaient tel objet.
Ce n'est pas sérieux, avec tout mon respect

Sous la Voûte étoilée 18/07/2016 15:11

Et la réponse de Michel König :

Michel König
Mon cher Philippe.
Dont acte pour la théorie de la transition. Mais c'est généralement sur les blogs de la Maçonnerie Ancienne qu'on lit des affirmations de non-évènement de 1717.
Je pense que la création de la GL de 1717 s'est faite dans une relative discrétion, parce qu'elle est l'oeuvre de Desaguliers, sur la demande de son patron Isaac Newton, pour diffuser les idées de celui-ci hors de la RS et dans une relative confidentialité.
Le 1er GM Antony Sayer n'était pas savetier, mais libraire. Il venait de la loge "Au pommier" où il portait le titre d'esquire, c'est-à-dire de gentilhomme ou "accepté". Mais c'est vrai que c'est un personnage effacé qui n'aura plus d'autres fonctions importantes.
Il y avait aussi les 2 surveillants, chacun venant d'une des 2 autres loges fondatrices, l'oie et le grill (Jacob lamball charpentier) et à la couronne (Joseph Eliott capitaine).
Cela renforce l'idée que les 3 loges autres que la coupe et les raisins étaient là pour assurer l'habillage maçonnique et que le 1er collège d'officiers a été désigné pour les représenter, alors que par la suite, c'est Georges Payne, haut fonctionnaire du trésor royal, qui a sans doute connu Isaac Newton à la Monnaie, et Desaguliers de la coupe et des raisins qui prendront la GM avant Montagu.
Quant à la dimension de la salle de réception de la taverne "l'oie et le grill" au 1er étage, on peut supposer que seuls des représésentants des LL fédérés porteurs de pouvoir y ont assisté, ce qui tend à montrer le caractère organisé et prémédité de la fusion. JT Desagulers je le rappelle passera son doctorat en droit en 1718.

Philippe MARTIN 18/07/2016 13:41

Si le propos de Michel s'adressais à moi, Je te remercie de publier ma réponse !

Théorie de la transition ? N'évoquent cette théorie que ceux qui pensent qu'elle puisse être encore défendue de nos jours !
Comment peut-on encore ne serait-ce l'évoquer ?

J'aimerais toutefois savoir comment on fait rentrer autant de monde tel, que Michel l'évoques, dans une pièce qui faisait très exactement 4,30 m par 6,5 m, pour assister à l’événement du siècle, dont on ne sait rien du tout, qui n'a rien apporté à la maçonnerie en général sauf un mythe, durant lequel aucun officier n'a été nommé, aucune administration ni finance et pour lequel, il n'y a aucun compte rendu.
Il n'a même pas été nommé un secrétaire ...

Ah si... parmi tout ce beau monde, on va choisir un Grand Maître savetier ... Pourquoi pas un scientifique de la RS si ils sont si présent ? non... un savetier c'est mieux ! C'est assez peu crédible.
Une "obédience" sans officiers, sans administration, sans finance ... on ne va pas bien loin ! encore peu crédible.

En 1721, mais on le sait tous, à lieu la réception de Stukeley, justement un Fellow of the RS, qui témoignera dès le lendemain de deux choses, 1) qu'il avaient eu du mal a trouver du monde pour faire la cérémonie et que 2) cela ne s'était pas passé à Londres depuis très longtemps.
On a du mal à faire une cérémonie, et cela fait très longtemps que cela ne s'était passé !!!
On est quand même assez éloigné de la dynamique que Michel souhaites faire percevoir avec une forte implication des FRS dès le début.
je maintiens, 1717... non événement !

En 1721 va aussi se passer quelque chose d'important qui est le fond de charité car c'est ce qui motive tout ça.
Mais les prémices de quelques chose de plus grand qui arrivera quelques années plus tard où là... je le rejoins fermement.

a noter que tout ceci nous éloigne du sujet ....

Sous la Voûte étoilée 18/07/2016 12:59

Je reprends ici le commentaire de Michel König dans un fil Facebook :

Michel König :
Ca ne m'étonne pas que les tenants de la théorie de la transition qualifie 1717 de non évènement. Ils ont tout fait, dans le sillage de Dermott, jacobite notoire, pour ne faire de 1717 qu'une simplé étape dans le processus qui va du Régius à la GLUA en camouflant tout ce qui ne va pas dans le sens de leur thèse.

Des 4 loges fondatrices, seule l'oie et le grill qui avait 26 ans d'âge était une loge dans le statut de Christopher Wren et elle comptait pas plus d'une dizaine de membre. La véritable loge fondatrice qui a servi d'épine dorsale à la fondation de 1717 c'est "à la coupe et au raisin" situé dans Channel row à Westminster, près du domicile de Desaguliers qui en était membre, et qui comptait plus de 70 membres dont la moitié étaient FRS (Fellow of Royal Society).

C'est la première fois que le titre de Grande Loge apparaît avec la Grande Loge de Londres ET de Westminster. La Grande Loge d'York prit ce titre en 1725 pour se déclarer plus ancienne, ouvrant avant 1751 la querelle des "anciens et de modernes".
C'est la première fois qu'une telle structure se dote de Constitutions, écrites par Georges Payne et JT Desaguliers, à la demande du duc de Montagu.

Ce dernier est un symbole à lui tout seul. 4ème GM de la GL de Londres, mais 1er de la longue série des GM nobles, c'est un pair du royaume, connétable de Georges 1er de Hanovre, titulaire de l'ordre de la jarretière et un des hommes les plus riches d'Angleterre. Il sera l'artisan de la victoire de Culloden qui verra les espoirs de restauration des stuartistes définitivement brisés.

Il est membre de la Royal Society et proche de Newton et Desaguliers.

Joaben 18/07/2016 11:58

Il y a des éléments intéressants. En effet 1717 aboutit à la naissance d'une Grande Loge, qui n'est qu'une fédération de loges qui mutualisent de la com, des moyens.
Justement le mal intervient avec ce concept d' "obedience" qui detourne de la FM pour imposer ... des règles. Puis ensuite, base de la FM pour diviser les FM. en créant des fossés entre eux et dans la perversité des "ponts" au dessus de fossés ainsi créés.
En effet la GLUA n'a pas de regle en 12 p.
Il ne faut pas confondre la GLUA avec la GLNF qui s'y réfère. Jamais la GLUA n'accepterait ou pire n'instituerait des "ultimes liens avec Dieu" ou ne réclamerait "allégeance" ou ne monterait une "AG" composée à 55 % de courtisans nommés ni ou le GM est désigné par les mêmes courtisans !

Philippe MARTIN 18/07/2016 11:48

et oui Gérard... 1717 un non événement ! un mythe qui réuni 4 loges d'un quartier de Londres qui sont en train de disparaître... elles étaient encore 6 juste six mois avant, en janvier 1716... et plus que 4 quelques juste six mois plus tard.
D'où viennent-elles ? des loges de Wren qui s'en désintéresse totalement,
Qu'ont-ils crée ? rien
Qui ont-ils nommé ? un Grand maître pour la circonstance de la réunion dans une pièce qui fait 5 mètres sur 5, soit une pièce ou on ne tiens pas à beaucoup,
y a t-il un compte rendu, un texte, un bout de papier là dessus ? Non !
On en ressort une administration ? Non
en 1721 on n'avait du mal à faire une initiation à Londres et cela faisait longtemps que cela ne s'était pas produit.

Aucune obédience n'a été crée ce jour là !

C'est le concept de Grande Loge qui fait que l'on réuni 4 loges au même endroit, et bien on fait ... une plus grande loge.

C'est ce qui vient par là suite qui est réellement important et structurant par la suite.

maintenant ...conservons cette volonté de le fêter car c'est bien de le faire.

Sous la Voûte étoilée 18/07/2016 11:24

Avec ce commentaire, on mesure l'enjeu que représente ce tricentenaire... Et le choix des mots n'est bien évidemment pas neutre... Ici, les mots traduisent à la fois une prise de position qui se veut factuelle, documentée et en même temps, ils traduisent une volonté de jugement, voire de disqualification comme le sont tous les "arguments d'autorité".
Qualifier 1717 de "non évènement" résume bien cette volonté.
Ces quelques mois qui nous séparent de ce 24 juin vont nous apporter, sans nul doute, leur lot de tels jugements...
Soyons d'autant plus résolus à le célébrer...

Joaben 18/07/2016 10:18

Encore une fois, parler de "branches" de la FM est contre-maçonnique. D'ailleurs chaque "branche" se subdiviserait en sous-branches, etc. C'est sans fin.
En fait,il s'agit là d'une approche de parts de marché sans rapport avec la FM où il est important de fabriquer des critères de differentiation de son produit.
La FM est claire, dans TOUS LES RITUELS depuis 300 ans : La FM, c'est un seul peuple, des critères de reconnaissance de FM ! Plus clair encore la mention dans plusieurs rituels de ces "catégories" de FM pour en démonter la cnte-maçonnerie :
"Combien de categories de maçons? 2, les franc-maçons et les ouvriers du batiment" On ne peut être plus clair.
Mais hélas, cotoyer les groupes de division que sont les obédiences fait que beaucoup de FM privilegient le baratin commercial obedentiel aux fondements de la FM.
ET lorsqu'on accepte de donner crédit à des dirigeants d'obédience qui instituent l'allégeance, le rejet, la courtisanerie on perpétue cette contre-maçonnerie.
En effet, la vision "Dieu" de la GLUA n'a rien à voir avec l'abétissement qu'en ont fait des religio-FM en France.

Christophe 18/07/2016 09:07

Il y a encore beaucoup de chose à dire sur la FM spéculative des premiers âges en Angleterre.
Deux éléments qui relèvent du mythe, empêchent une vision claire:
- d'une part le mythe anglais, que leur maçonnerie est l'héritière de cette maçonnerie d'origine: et pour complaire à ce mythe, l'histoire est tordue dans beaucoup de leur publication. Heureusement petit à petit les réalités semblent se dégager grâce à des auteurs de qualité, anglophones comme francophones.
- d'autre part le mythe français d'une maçonnerie jacobite spécifique française. Là aussi des auteurs de qualité se dégagent de cette fantaisie. Mais ce mythe frappe encore, comme par exemple le dernier article de Braitberg qui fait passer Richmond comme"chef des jacobites exilés" (FM-Magazine, n°49). Et tout est à l'avenant. C'est d'une grande bêtise, qui trouve sa source chez certains auteurs contemporains ...

Si on veut avancer dans notre connaissance, il faut dépasser ces mythes.

Je ne vais pas jouer au jeu des successeurs.

Disons que les maçonneries belge, française, et je pense hollandaise, utilisent majoritairement le rite de cette maçonnerie spéculative des premiers temps, que les uns appellent "français" et que les autres appellent "moderne". Ceci démontre une imprégnation importante de cette maçonnerie spéculative des premiers temps sur ces pays en bordure de l'Angleterre et qu'ils en ont gardé en grande partie la tradition.

Pour le reste, à la fin du XVIIIe, la maçonnerie était déjà devenue très diverse et cette diversité explique en partie les filiations dans les manières de "maçonner" que l'on peut observer aujourd'hui.

Hiram 17/07/2016 11:39

La GLU d'Angleterre exige effectivement que le profane postulant declare "his belief in God" (God etant d'une acception legerement differente en anglais que Dieu en francais, cela dit en passant...)

Cette exigence qui peut apparaitre deroutante le devient un petit peu moins lorsque l'on pense a la reponse qui fut faite a un profane avant son initiation:
Q: "Monsieur, croyez-vous en Dieu?"
R: "Tout depend... qu'entendez-vous par Dieu?"
Q: "Ce qui importe, Monsieur, c'est ce que VOUS entendez par 'Dieu'..."
R; " Dans ce cas, oui, je crois en Dieu"

Le profane fut accepte... et celui-ci indiqua par la suite que pour lui, Dieu etait la Loi de gravitation universelle...

Il convient donc de chercher le sens sous le mot... sans quoi la Liberte de penser est illusoire.

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