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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

05 Jul

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Mémoire

Michel Rocard, Premier ministre et Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix

Michel Rocard, Premier ministre et Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix

Ce 11 juin voit disparaître deux figures tutélaires du mouvement progressiste dans le monde... 

 

 

Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix, aura inlassablement témoigner, expliquer le drame de la Shoah avec les jeunes générations. Le drame certes, mais surtout la réalité de la Shoah, perpétrée par des humains contre des humains, au nom d'une idéologie. Le Devoir de Mémoire aura été le sens profond de sa vie, la raison d'être de sa vie, après avoir survécu... 

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

Formidable passeur de mémoire, il aura attendu avant de prendre sa décision de transmettre son expérience. Il fut déporté à peu près au même âge que notre Frère Sam Braun, lui aussi passeur de mémoire et dont ces colonnes se sont fait l'écho de ce qu'il faisait...

 

Comme notre ami Sam Braun, il a été déporté avec sa famille à Auschwitz-Birkenaü à l'age de 15 ans. Ils virent les leurs abattus par les SS...

 

Comme leurs alter égaux, ils auront mis un long temps avant d'oser dire. 10 ans pour lui avec son premier ouvrage écrit en yiddish "La Nuit", 40 ans pour Sam avec sa série de conférences dans les collèges et lycées, puis son livre "Ils ne m'auraient pas cru, alors je me suis tu".

 

Comme tous les survivants des camps, il a passé sa vie à tenter de surmonter la culpabilité d'avoir survécu.

On pense naturellement à Primo Lévi et à son récit-témoignage "Si c'est un homme". 

 

 « N’oubliez pas que cela fut, Non, ne l’oubliez pas : Gravez ces mots dans votre cœur. Pensez-y chez vous, dans la rue, En vous couchant, en vous levant ; Répétez-les à vos enfants. Ou que votre maison s’écroule. » Primo Levi.

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
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Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

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    Je veux maintenant saluer

la mémoire de Michel Rocard

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

D'autant plus sincèrement que je l'ai toujours combattu !

 

Je l'ai combattu pour ses idées, pour ses propositions. Mais une chose forçait le respect, c'était justement l'existence de ces idées et l'attachement de sa "sensibilité", et des camarades qui se reconnaissaient en elle, au concept organisationnel de parti.  C'était probablement ce qui constituait la base de ce qui paraîssait incompréhensible, vu de l'extérieur, la réelle existence d'un parti organisé en courants de pensée ! 

 

C'était le temps où le débat des idées nourrissait les réunions de sections au parti socialiste, où les initiatives militantes restaient la priorité, c'est-à-dire où la notion de mandat se définissait d'abord par un contenu politique issu d'un débat et qui donnait lieu ensuite à une action délibérée. C'était le temps où il n'était pas encore indispensable d'avoir fait une grande école, et particulièrement l'ENA, pour exercer des responsabilités politiques.

 

C'était le temps où le Premier secrétaire du parti socialiste était de droit le premier signataire de la motion sortie majoritaire des débats du congrès ! Il était donc désigné sur une base politique... La logique, fâcheuse, de la V° République, c'est-à-dire l'élection du président au suffrage universel, n'avait pas encore infecté de pipolisation  la vie des socialistes !

 

Michel Rocard ne fut jamais un chaud partisan de la méthode des primaires. Il préférait le débat. 

 

C'est Lionel Jospin qui fera modifier le mode de désignation du Premier secrétaire, bien malheureusement ! La logique des primaires était née... Le choix du 1° Secrétaire était déconnecté de la notion de ligne politique majoritaire. On entrait dans un processus où l'engagement sur une stratégie politique allait beaucoup moins compter que la personnalité, que l'image médiatique du candidat ! C'est ainsi qu'Harlem Désir occupera le poste ! Nous fumes alors, un nombre certain à rompre avec notre appartenance au PS... 

 

 

Et le débat eut lieu. Particulièrement dans cette période de la montée de la mobilisation des forces de gauche vers la victoire de 1981. 

 

Depuis 1975. Depuis les Assises du Socialisme, moment où François Mitterrand, soucieux de réaliser l'unité des différentes sensibilités socialistes pour créer les conditions de la victoire de 1981, accueillait le PSU, son secrétaire général et, sous la dénomination de "troisième composante", une frange non négligeable de la direction confédérale de la CFDT et de syndicats proches, dans les rangs du PS. 

 

Ces Assises où des syndicalistes s'allient au sein d'un parti politique, n'est finalement que la première marche vers la reconnaissance du fait socialdémocrate.  

 

Les Assises du Socialisme
Les Assises du Socialisme

Les Assises du Socialisme

À chacune des étapes essentielles du débat entre socialistes qu'étaient à cette époque les congrès du PS (dont les actuels ne sont que de bien bien pâles ersatz !),   j'observais que ses analyses et ses propositions divergeaient profondément de celles que je partageais (le CERES de Jean-Pierre Chevènement, puis celles du courant animé par Jean-Luc Mélenchon). 

 

Deux lignes, deux hommes.

Le point culminant aura probablement été le congrès de Metz en 1979. Il y eut un affrontement entre deux lignes politique soustendue par la question des alliances. Le PCF, partenaire du PS dans la stratégie d'Union de la Gauche, avait nourri une vive polémique sur le thème de l'actualisation du programme commun de gouvernement. 

 

François Mitterrand défendait une ligne dite du "Tenir bon" qui faisait fi de la volonté des communistes de s'affranchir de l'accord et qui maintenant les socialistes dans une opposition à la droite. 

 

Michel Rocard défendait une stratégie de compromis politique qui évoquait notamment "Cinq conditions pour gouverner avec la droite". Il n'en fallait pas plus pour emflammer les esprits, pour rigidifier, pour cristalliser une opposition qui se concluait pas la victoire politique de François Mitterrand et de sa majorité conduite par Laurent Fabius. Nous étions deux années avant mai 1981 !!!

 
Congrès de Metz, 1979.
Congrès de Metz, 1979.
Congrès de Metz, 1979.
Congrès de Metz, 1979.

Congrès de Metz, 1979.

Qui bene amat, bene castigat !

L'affrontement de Metz installait néanmoins Michel Rocard et son courant dans une position incontournable d'opposant institutionnel à François Mitterrand et à la majorité des socialistes.

 

L'attachement à la structure du Parti que montrèrent les "rocardiens" dans nombre de fédérations et de sections en firent des partenaires paradoxalement privilégiés. D'autant que ce n'était pas forcément le cas des "transcourants" qu'animaient les amis de Jacques Delors et deux jeunes dirigeants, Ségolène Royal et François Hollande. Dans les fédérations où aucune majorité ne pouvait se constituer d'une façon viable, lesrocardiens pouvaient devenir des alliés potentiels. Ce fut le cas d'un certain nombre d'entre elles, et notamment en Essonne ! "Qui bene amat, bene castigat"...

 

La victoire du 10 mai 1981 allait jouer le rôle de juge de paix des relatios entre les courants du parti. Tous se réunissaient derrière le Président. Avec le Premier ministre, Pierre Mauroy, qui fut toujours le "protecteur" de Michel Rocard, alliance nouée aux Jeunesses socialistes de la SFIO (ancien nom du parti socialiste), François Mitterrand constituaient un premier gouvernement de large rassemblement où se retrouvaient les partenaires de l'Union de la Gauche.

 

Michel Rocard occupera plusieurs ministères au cours du premier mandat, sans qu'il soit appelé par le Président à jouer un rôle de premier plan... Pendant ces années, il sut se rendre disponible à la fois pour occuper la fonction qui lui était confiée et, simultanément, pour livrer sa part d'analyse politique. 

 

Mitterrand et Rocard n'avaient évidemment pas établi entre eux une relation de confiance. Pour autant, chacun estimait l'autre pour la part de capacité intellectuelle qu'il lui reconnaissait. Ce que Rocard traduisait en retorquaznt à ceux des journalistes qui l'interrogeait sur la "haine" qu'ils pouvaient ressentir après tant d'années d'opposition, que l'on ne travaille pas dans la haine, c'est trop fatigant ! 

  19 avril 1988, au pied de la Roche de Solutré. AFP or licensors / PATRICK HERTZOG

19 avril 1988, au pied de la Roche de Solutré. AFP or licensors / PATRICK HERTZOG

Et puis, vint le 2° mandat. Réélu, François Mitterrand appelle Michel Rocard à Matignon.

 

Michel Rocard, Premier ministre (10 mai 1988 - 15 mai 1991).

Des 3 ans et quelques jours à Matignon, on retiendra la création du RMI (à l'unanimité moins 3 voix !), la négociation magistralement aboutie qui conduira à la libération des otages de la grotte d'Ouvéa à Nouméa (avec la participation de Roger Leray, ancien Grand-Maître du GODF), la première loi sur le financement de la vie politique,  une grande mesure de justice sociale avec la CSG, assise sur tous les revenus, la première réflexion aboutie sur la situation préoccupante du financement des retraites avec le premier "Livre blanc des retraites". Mais aussi, n'ayant pas de majorité parlementaire, 28 utilisations de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution !

 

On retiendra aussi ses grandes convictions de réformateur. 

Il a engagé la réforme de l'Etat avec les PTT et le ministre mitterrandiste Paul Quilès.

Chaud partisan de la réduction du temps de travail, il passera ses derniers temps avec Pierre Larrouturou, le théoricien de la semaine de quatre jours...

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
  Margaret Tatcher et Michel Rocard avant un meeting à l'Hôtel Matignon, le 10 juin 1988. CHARLES PLATIAU

Margaret Tatcher et Michel Rocard avant un meeting à l'Hôtel Matignon, le 10 juin 1988. CHARLES PLATIAU

Il fut un bref Premier Secrétaire (7 mois et 26 jours !).

Pendant cette période, il aura tenté de rassembler, lui aussi, les socialistes. Non seulement avec les Etats Généraux du Parti Socialiste à Lyon mais aussi par la composition du Secrétariat National qu'il choisit de réunir et dont une partie est représentée sur cette photo :

Le Secrétariat National du ps.

Le Secrétariat National du ps.

On y retrouve notamment Geneviève Domenach-Chich, Pervenche Bérès, Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Huchon, Henri Wéber, Jean Glavany, Jean-Luc Mélenchon (juste derrière Michel Rocard), Daniel Vaillant.

 

Il estimera nécessaire un "big bang" pour faire bouger les lignes, argument retenu par Jean-Luc Mélenchon qui acceptera de participer à l'équipe et la soutenir pour éviter que ce ne soit qu'un "big flop"...

 

Il s'agissait de refonder fondamentalement le parti socialiste pour lui faire prendre la mesure de ce qu'il estimait être les nécessités de l'heure, c'est-à-dire son élargissement vers les nouvelles forces écologistes, la société civile et quelques centristes (certains étaient entrés dans son gouvernement). 

 

 

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

Michel Rocard, après Pierre Mendès-France, s'est affronté à l'opposition de deux cultures dans notre pays.

 

La culture de compromis et la culture d'affrontement.

Et ce fut là le grand rendez-vous de Michel Rocard avec la vie politique en France, où l'histoire des rapports de force sociaux a toujours été tragique. Ces deux cultures s'affrontent dans l'histoire du mouvement ouvrier, depuis la révolution industrielle, depuis que les forces sociales se sont structurées en syndicats et en partis politiques. Soit l'action vise à rechercher l'accord entre les parties, soit l'action vise à obtenir la défaite d'un camp sur l'autre. Dans ce contexte, les organisations légitiment leur propre existence, leur identité par le fait de ne jamais passer de compromis. 

Réformiste et révolutionnaire sont les deux composantes des débats conflictuels depuis cette époque. Et les mots, qui ont un sens, sont tout à fait explicites dans ce contexte. Par exemple, un "compromis" deviendra vite une "compromission", il y aura les syndicats révolutionnaires et les syndicats "jaunes". C'est ce que traduit le doux qualificatif de "social-traitre" qu'employaient les militants communistes à propos des socialistes, des "rad-socs" (radicaux-socialistes) ou des "jaunes" (syndicalistes non cégétistes). 

On pouvait penser que ces pratiques étaient révolues. Et bien non ! Les dégradations commis sur les locaux du siège national de la CFDT à l'issue de la manifestation du 23 juin ou l'incendie de son local de Bordeaux montrent une résurgence qui en dit long sur la grande déliquescence du civisme français ... 

 

Michel Rocard faisait l'analyse que la culture d'opposition appartenait au passé et qu'il revenait à une "nouvelle gauche" d'opérer la mutation. Il n'a pas eu le temps (3 années à Matignon, à peine plus que Pierre Mendès-France, 7 mois). Les seuls à gauche à avoir pu bénéficier de ce temps nécessaire furent François Mitterrand (14 ans), Lionel Jospin (5 ans) et ... François Hollande (5 ans).

Mais le combat idéologique ne va pas sans le respect, si possible mutuel, des protagonistes.

 

Durant ces 41 années, j'ai appris et notamment avec la franc-maçonnerie, que le débat, même terriblement oppositionnel est toujours préférable à l'affrontement. Michel Rocard aura probablement voulu être l'instituteur de la socialdémocratie en France. Il n'aura pas réussi. Mais on aurait tort de considérer que le débat est clos ! 

Alors, aujourd'hui...

La socialdémocratie mérite d'être reconsidérée comme une perspective politique à construire, pas comme un ersatz de gauche. Il y a entre les deux conceptions de la gauche dans notre pays un jugement de valeur, une appréciation morale  voire quasiment "esthétique" ! Ce ne serait "pas bien" d'être socialdémocrate alors qu'être "révolutionnaire" serait le nec plus ultra de l'engagement politique... 

 

Même si ma génération a été biberonnée à cette alternative, elle serait bien inspirée de faire le deuil de cette opposition, finalement bien confortable. Les "révolutionnaires" ont la conscience d'autant plus pure qu'ils ne se plongent jamais les mains dans le cambouis ! Et c'est paradoxalement que notre bataille contre Rocard et l'échec de cette ligne à influencer le cours de la vie politique m'amène aujourd'hui à reconsidérer les enjeux.

 

 

La socialdémocratie se définit par l'état des rapports qu'entretiennent le politique et le syndical dans la vie sociale d'un pays. 

 

Cette opposition n'est pas une règle générale dans tous les pays qui ont vécu la révolution indiustrielle. Là où existe une relation forte entre le syndicalisme et les partis politiques porteurs des aspirations des salariés, comme en Allemagne ou en Angleterre, la culture de négociation règne sur les relations sociales et politiques. Il y a peu de mouvements de grève en Allemagne. Mais lorsque la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund), la Confédération allemande des syndicats, forte de ses 6 millions de membres, décide d'un mouvement de grève, il a un tel retenissement qu'il s'agit toujours d'un ultime recours auquel il n'est fait appel qu'alors que toutes les autres voies du dialogue social ont été épuisées.

 

En France, il en va tout autrement depuis la "Charte d'Amiens", adoptée au 9° congrès de la CGT en octobre 1906. Ce texte recommande la plus stricte indépendance du syndicat vis-à-vis des partis et du gouvernement. Et même si cette règle a beaucoup servi de paillasson aux dirigeants de la CGT jusqu'à Bernard Thibaud (qui n'a pas occupé le siège qui lui était réservé au Bureau Politique du PCF), force est de constater qu'elle a fortement imprimé sa marque dans le paysage syndical français, perclus par ailleurs de divisions à répétition...

 

Dans ce dialogue entre le politique et le syndical ou l'associatif, c'est la notion de contrat qui prime. La recherche d'un accord, la construction d'un consensus repose sur la crédibilité des partenaires dans la capacité d'exécution de l'accord, chacun faisant la part qu'il a conclu. L'édifice ainsi construit repose donc sur la notion de "confiance" mutuelle. 

 

On voit apparaître une différence de registre que Michel Rocard a exploité, le contrat ou la loi. Le contrat est plutôt du domaine du particulier et la loi toujours du domaine du général. Si, sur le plan des grands principes le général l'emporte sur le particulier, ils ne sont pas pour autant condamnés à s'opposer.  C'est tout l'espace ouvert par la socialdémocratie. Encore faut-il que le politique dans sa dimension législative sache faire les lois susceptible de poser les bornes du progrès social à l'intérieur desquelles des négociations sociales s'épanouiront.

 

Et s'il est utile de construire une ligne politique pour limiter les dérives droitières de la socialdémocratie, cela suppose d'agir en son sein. La conduire à prendre plus en compte la volonté de changement et la faire prévaloir sur les arbitrages de "gestion" suppose d'être présent dans les organisations socialdémocrates. C'est la principale critique que j'oppose à Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il a choisi de sortir... Car ce faisant, il s'est condamné à une posture de témoignage sur ce qu'il faudrait faire perdant ainsi toute capacité à influencer les directions socialdémocrates.  

 

Non, le débat ouvert par Michel Rocart n'est pas achevé, mais il se poursuivra sans véritables héritiers...

 

Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.
Michel Rocard, Elie Wiesel tirent leur révérence.

Gérard Contremoulin

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Joaben 08/07/2016 15:26

Celà rappelle de grands souvenirs, n'est-ce pas, Gerard.
Si en effet cette 2e gauche a échoué en France, elle a réussi avec Tony Blair ou Schroeder.
Mais revenons à aujourd'hui.
La gauche se cherche et s'etiole.
Le comble est qu'un des symboles essentiel de la gauche, le progressisme se trouve récupéré par la droite.
Ainsi les vélleités de reduction de prestations sociales, de repli identitaire et commercial sont présentés comme "modernes". Le comble !
Pourtant le discours marche ! Parce que la droite est habile dans le discours, mais pas seulement.
Il s'avere en effet que "la gauche"(ou une certaine g.) est devenue ce qu'il y a de plus conservateur, jusqu'à l'archaisme.
Typique : Le discours principal est de se cramponner aux "avantages acquis" quitte à ce qu'ils apparaissent partisans, egoïstes.
Mais la gauche n'a-t-elle pas pour ideal d'en conquérir d'autres ?
De plus, la gauche est normalement detentrice d'une capacité à elargir le débat, les notions, leur donner de l'essence. Ce qui devrait être le cas sur les défis que nous avons en face de nous : la mondialisation, l'economie numerique, les chocs des cultures, le développement, l'emploi, les moeurs.
Or a quoi assistons-nous ? Des "partis de gauche" cramponnés à des idées dépassées, craintifs, timorés, se rapprochant de l'extreme droite xenophobe !

Josse 05/07/2016 16:53

Pour Michel Rocard, il fut sans doute un grand personnage politique. Etant né en 1988, je ne le connais pas assez bien, ma conscience politique s'étant développé sous le second mandat de Jacques Chirac. Mais de ce que j'entends, Rocard serait quand même le père de la gauche actuelle, incarné par Hollande, Valls et Macron. Une seconde gauche disait-il, que beaucoup d'hommes et de femmes de gauche considère comme une gauche droitisante qui renie ses valeurs historiques. D'ailleurs c'était déjà l'un des reproches que François Mitterrand adressait souvent à Rocard : d'être trop droitisant.

Sous la Voûte étoilée 07/07/2016 01:26

Jaurès disait à propos de la tradition :
"ce n'est pas veiller des cendres mais entretenir un brasier"...
Ainsi à propos de la gauche...
J'ai combattu la ligne "2° gauche" de Michel Rocard.
C'était sous les années Mitterrand, tant celles de la montée au pouvoir (74-81) que celles de l'exercice du pouvoir (81-95).
21 autres années se sont écoulées où les rapports sociaux se sont considérablement transformés.
Aujourd'hui, la gauche peut-elle toujours se définir comme il y a 40 ans ?
Peut-on toujours évoquer la social-démocratie comme un "ramassis" (le nom de l'auteur de cet adjectif surprendrait si je le révélais...) ou comme la réunion des sociaux-traitres ?
Et d'ailleurs sait-on, vraiment, ce que c'est que la social-démocratie ?

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