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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

07 Oct

L’importance du 300 ème anniversaire, par Michel Konig

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Formation et Histoire maçonnique

L’importance du 300 ème anniversaire, par Michel Konig

Le 230° anniversaire de l'agrégation du Grand Chapitre Général au Grand Orient de France a fait l'objet de 4 articles publiés ici. 

Michel Konig a souhaité apporter son éclairage sur cette partie essentielle de notre histoire que représente 1717 (et donc son 300° anniversaire) et la différence qu'elle marque entre deux thèses. 

 Rappeler l’importance de la fondation de 1717, c’est souligner que la Franc-maçonnerie a été dès l’origine un projet politique, inspiré par les « Lumières » et visant à diffuser les idées libérales et démocratiques, dans une opposition frontale à la monarchie catholique et absolutiste, qui imposait à l’Europe, le principe « tel roi, tel religion » qui avait mis fin aux guerres de religions.

C'est bien volontiers que Sous la Voûte étoilée répond à  son souhait.

 

Selon les sources communément admises par les historiens de la Franc-Maçonnerie symbolique ou spéculative, la première Grande Loge, appelée de « Londres et de Westminster », fut fondée le 24 juin 1717 par la réunion à la taverne de l’Oie et le Gril de 4 loges dont les noms reprennent celui des tavernes où elles se réunissaient : « L’oie et le grill », « A la Couronne », « Au pommier », « A la coupe et aux raisins » qui acceptèrent de se mettre sous l’autorité de cette nouvelle institution, ainsi créée. Le 24 juin 1717, jour de la St-Jean d’été était en fait le 5 juillet dans le calendrier grégorien, l’Angleterre, qui ne reconnaissait pas l’autorité du pape, étant restée sous le calendrier julien.

 

Le premier Grand Maître élu fut Antony Sayer, « esquire », suivi en 1718 par Georges Payne, fonctionnaire du trésor royal, en 1719, par le Révérend John Théophilus Desaguliers, docteur en droit et 1er assistant et ami d’Isaac Newton, puis de nouveau Georges Payne en 1720/1721 et, en 1721/1722, par John, 2ème duc de Montaigu, premier Grand Maître nobiliaire qui commanda les Constitutions de 1723, dites d’Anderson.

 

La commémoration de ce 300ème anniversaire de la fondation de la première Grande Loge, a pour but de rappeler l’importance de cet acte fondateur de la Franc-Maçonnerie symbolique en tant qu’ordre.

 

Elle a pour but de mettre en lumière la thèse exposée dans l’ouvrage d’Alain Bauer sur les origines « newtoniennes » de la Franc-Maçonnerie, thèse reprise et développée dans mon propre ouvrage, sur le « GADLU », paru en avril dernier aux Editions Conform dans la collection « Pollen maçonnique » (N° 8 & 9).

 

Conformément à la théorie de l’emprunt, cette thèse se fonde sur l’idée que la Franc-Maçonnerie, symbolique ou spéculative, a « emprunté » aux rituels des guildes de la maçonnerie opérative pour voiler son véritable propos qui était de diffuser les valeurs de la « philosophie expérimentale » (nom donné à l’époque à la démarche scientifique) et les idéaux de fraternité universelle de la « religion naturelle ».


Cette philosophie, initiée à la Renaissance, est fondée sur la raison et la tolérance religieuse, dont l’émergence accompagne la révolution scientifique, initiée par Newton et la Royal Society. Elle sera défendue en France comme en Angleterre par les philosophes des « Lumières » dans un environnement où les forces réactionnaires de l’Ancien Régime et de la papauté étaient encore très puissantes.

 

Son apparition dans l’Angleterre du début du 18ème siècle s’explique par l’avancée de ce pays, soulignée tout au long de ce siècle par les philosophes français et notamment Voltaire, dans sa marche vers la monarchie parlementaire et l’état de droit. Cette avancée s’est concrétisée d’abord par la « Grande Révolution » de 1688 qui a chassé le roi Jacques II Stuart, cousin de Louis XIV, catholique et partisan de la monarchie absolutiste de droit divin, au profit du protestant Guillaume d’Orange, ainsi que par « l’édit de tolérance » de 1689, puis de l’avènement en 1714 de la dynastie hanovrienne, protestante et constitutionnaliste, avec George 1er.

 

Les premiers pas de la Grande Loge de Londres, puis d’Angleterre vont donc s’inscrire dans une période de conflit politique majeur où les Stuart, Jacques II d’abord, puis ses descendants, Jacques François et Charles, avec leurs partisans les jacobites, tentent à plusieurs reprises entre 1690 et 1746, avec l’appui de la papauté, de la France et de l’Espagne, de reprendre par la force leur trône pour y restaurer une monarchie à la Louis XIV, absolutiste et catholique.

 

C’est à partir de l’Irlande puis de l’Ecosse, restée majoritairement catholiques que plusieurs débarquements vont avoir lieu, suivi de tentatives de levée d’armée parmi les populations de ces pays. La dernière eut lieu en 1746 et les espoirs de la dynastie Stuart, portés par le « jeune prétendant » Charles, furent brisés à la bataille de Culloden. Charles Stuart mourut à Rome sans descendant direct en 1788 et fut enterré à dans la basilique St Pierre.

 

Dans ce contexte, par sa philosophie antidogmatique et la personnalité de ses premiers dignitaires, la Grande Loge d’Angleterre se situait sans ambiguïté du côté des Hanovriens. La papauté ne s’y est d’ailleurs pas trompée qui a excommunié la Franc-Maçonnerie dès 1738, excommunication qui a été renouvelée tout au long du 18ème et du 19ème siècles.



La Grande Loge des Anciens, fondée par des catholiques stuartistes, irlandais et écossais, a dès le départ cherché à minimiser la fondation de 1717 prétendant que la Franc-maçonnerie était issue d’un lent processus qui avaient amené les loges de maçons opératifs à leur forme spéculative, dans lequel la création de la Grande Loge d’Angleterre, qu’ils appelaient avec une nuance péjorative « Moderne », ne constituait qu’un épiphénomène. Après la disparition de la philosophie des « modernes » dans la fusion imposée de 1813[1] (même si formellement la Grande loge Unie d’Angleterre déclare se situer dans la continuité de la Grande Loge de Londres de 1717), cette thèse de la transition a été repris par les tenants de la maçonnerie « ancienne » en dépit de nombreuses inexactitudes historiques.

 

Rappeler l’importance de la fondation de 1717, c’est souligner que la Franc-maçonnerie a été dès l’origine un projet politique, inspiré par les « Lumières » et visant à diffuser les idées libérales et démocratiques, dans une opposition frontale à la monarchie catholique et absolutiste, qui imposait à l’Europe, le principe « tel roi, tel religion » qui avait mis fin aux guerres de religions.

 

Ce projet, éminemment « moderne » pour l’époque, s’était fait sous le couvert d’une métaphore symbolique destinée à rendre cet objectif plus discret. Cette discrétion avait pour motif, outre de camoufler les thèses antitrinitaires de Newton, d’éviter de s’attirer les foudres des autorités politiques, toujours très « chatouilleuses » sur ce qui limite leurs prérogatives, ainsi que sur la libéralisation du droit d’association dont la Franc-Maçonnerie était le premier exemple.


Cette philosophie des « 3 M », Métaphore, Maïeutique et Militance était présente dès la naissance de la Franc-Maçonnerie.

  • Métaphore de la construction d’un édifice pour y glisser les thèses hérétiques du théisme expérimental (Le Grand Architecte) et celles de la tolérante et latitudinaire religion naturelle, le centre de l’union.

  • Maïeutique de l’initiation où le bandeau des dogmes et des fausses vérités qui couvrent les yeux du profane lui ouvre le chemin initiatique de sa vérité propre.

  • Militance dans l’action sociétale pour s’engager dans le combat politique (au sens élevé du terme) afin "d’améliorer l’homme et la société".

 

C’est cette philosophie que le GODF, né de la victoire en 1773 des partisans de la démocratie dans les loges sur les traditionnalistes de la Grande Loge de Clermont, s’est rattaché, en intitulant son rituel de référence « Français Moderne ». A défaut d’être l’héritier formel de la Grande Loge de 1717, Le GODF en est, de ce point de vue, le fils spirituel. Il lui appartient donc de marquer ce tricentenaire de manière significative.

 

C’est d’ailleurs ce qu’en 2009, le Grand Maître Pierre LAMBICCHI avait écrit dans l’avant-propos à l’édition de 2009 de la Constitution et du Règlement Général du GODF et qui est reproduit, avec son autorisation, ci-dessous en exergue à ce texte.

 

L’importance du 300 ème anniversaire, par Michel Konig
L’importance du 300 ème anniversaire, par Michel Konig

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[1] Il suffit de comparer l’Art 1er de 1723 avec celui de 1813 pour voir le sens de cette fusion.

 

 

Michel KONIG

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Commenter cet article

NOËL 08/10/2016 08:19

On comprend bien l'urgence absolue de la publication d'un tel article mais quand même merci de relire les textes avant publication (la ponctuation erratique, les paragraphes en double, etc... , rendent la lecture difficile).
On a l'impression d'essayer de lire un article d'Humanisme !

Sous la Voûte étoilée 08/10/2016 12:09

Que de sévérité ! On ne peut que souhaiter que l'attention portée sur la forme n'en aura pas pour autant altéré celle portée sur le fond... celle sur laquelle nous attendons, surtout, des commentaires.

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