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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

24 Apr

DR comme Démocratie Représentative

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Dico

DR comme Démocratie Représentative

Peut-on considérer que la démocratie représentative soit un modèle qui réponde encore aux exigences de la population ?

 

Cette campagne présidentielle hors normes déroute beaucoup d'entre nous par ses aspects inattendus, non conventionnels et par le décalage entre les attentes des citoyens et les propositions des candidats. Peut être aussi par la forme quelle a prise au fil des semaines...

 

Alors, il est vraisemblable que la question d'un changement dans les modalités démocratiques se posera à court terme. Evolution ou Révolution risquent alors d'être les deux termes de l'alternative. Autant de perspectives d'affrontement sur une question aussi centrale de la vie citoyenne.

 

L'irruption du numérique, des réseaux sociaux et des manières de faire qu'ils ont créés en seulement quelques années vient percuter la politique "à la papa" qui n'arrive pas à se défaire de ses habitudes, de ses pratiques, assez discutables parfois, en tous cas sur lesquelles porte la désapprobation de nos concitoyens.

 

La crise de la démocratie représentative dans laquelle elle est entrée témoigne à tout le moins de son inadaptation à la société du numérique. Au moment où les informations circulent en temps réel sur l'ensemble de la planète, ses mécanismes pourtant éprouvés, la font ressentir comme lente, lourde, engoncée dans des formes qui ne font qu'accentuer la distance entre les réponses aux questions qui émanent de la société et les réponses de ceux qu'elle a choisi pour la représenter.


 

 

La crise de la démocratie représentative.

 

L'un des éléments du diagnostic tient dans la déconsidération, voire le rejet, considérable, que subit le personnel politique, quelle que soit sa place sur l'échiquier. Le faible taux de participation, qui va en s'affaiblissant de scrutins en scrutins (et on ne peut que souhaiter que la "hausse" de celui de ce premier tour ne soit pas qu'un épiphénomène) ; la montée, inexorable, de la revendication du vote blanc, considéré comme traduisant le rejet global des propositions de ce même personnel politique ; la déconsidération des élus, accentuée par certains slogans comme le "dégagisme" ou le "tous pourris" ; l'immoralité de certaines attitudes ; le fait enfin que les représentés aient le sentiment d'être trahis par leurs représentants, attestent de cette déconsidération.

 

La progression constante du taux d'abstention et l'incapacité collective à l'enrayer, a conduit à banaliser le rejet du citoyen et son désintérêt pour la vie publique. 

 

De même, l'installation, confirmée à chaque élection, de l'extrême droite dans la vie politique française et européenne,  a conduit à sa reconnaissance comme norme "acceptable"...

 

Et ces banalisations, voire ces renoncements, à la défense de valeurs et de principes que nous considérions comme indépassables sont devenues tellement habituelles que l'on peut se demander si elles ne pourraient pas dégrader encore davantage notre démocratie ; si elles ne nous orientent pas vers une situation du "tout accepter", jusqu'à considérer obsolètes nos principes et nos valeurs... comme le revendique déjà le mouvement des anti-Lumières ! 

 

 

Une crise de la légitimité.

 

A moins d'un sursaut d'ici juin, (et le bon score de ce premier tour est plutôt une bonne nouvelle ) on pourrait craindre que les futurs élus à l'Assemblée Nationale, n'aient plus le niveau de légitimité suffisant pour asseoir la force exécutoire de leurs prochaines décisions. Certes en droit, la loi s'applique parce qu'elle est la loi, mais si cette crise devait entrer dans une phase institutionnelle, c'est précisément la légitimité du législateur qui serait posée... S'ouvrirait alors une porte sur l'instabilité du législatif et une contestation par principe de la loi.

 

La République repose sur l'acceptation de la loi comme règle commune applicable a priori. C'est ce fondement principiel qui serait menacé.

 

L'aspiration à une nouvelle démocratie.

 

C'est la question centrale du rapport entre le citoyen et l'élu. L'histoire montre la grande inventivité humaine avec une grande diversité de réponses.

 

D'abord la question du modèle de démocratie pour l'exercice du mandat. Là aussi l'inventivité est quasi sans limite. De la démocratie populaire (parti unique et centralisme démocratique) à la démocratie permanente (l'élu détient un mandat remis en cause à chaque décision à prendre, laquelle fait l'objet d'un mandatement impératif après délibération collective), la démocratie représentative et la démocratie participative constituent deux modèles qu'il faudrait probablement mâtiner pour parvenir à des modalités plus en adéquation avec les exigences de ce début de siècle.

 

Puis la question du mode de scrutin. De la désignation par le sort (Grèce antique) à la représentation au 2° degré (élections sénatoriale française ou présidentielle américaine actuelles), en passant par le suffrage censitaire (Ancien Régime, mais aussi jusqu'en 1944 pour les femmes) ou le scrutin uninominal à un tour (Angleterre) ou à deux tours (France) ...

 

Comment faire ?

 

Un diagnostic serein doit être posé sur une telle situation de crise, faute de quoi la construction démocratique qui a permis de sortir notre peuple de l'Ancien Régime et de l'obscurantisme qui le caractérisait pourrait, comme à certaines périodes sombres de notre histoire, connaître un nouveau péril.

 

Le vote des citoyens français lors de ce premier tour donne une indication assez claire d'une volonté de rompre avec l'ancien personnel politique. Non seulement il a écarté en quelques mois un ancien président de la République, plusieurs anciens premiers ministres et disqualifié les gagnants des deux primaires, conduit l'actuel président à renoncer, mais il laisse aussi les organisations politiques traditionnelles en piteux état, à droite et à gauche. 

Manifestement, l'heure est à un très profond renouvellement.

 

Comme toute période de crise, celle-ci révèle le meilleur et le pire. En quinze ans (2002-2017) le candidat de l'Extrême droite augmente son score de près de 2.500.000 voix ! Et les euroseptiques représentent à peu près 40% de l'électorat...

 

L'ensemble de ces éléments constituent les enjeux de la construction de cette nouvelle démocratie. Saurons-nous relever le défi de cette nouvelle phase de la vie de notre République ?

 

A nous de répondre...

 

Gérard Contremoulin

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