Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

05 Feb

Dimension internationale de la Franc-Maçonnerie : la place du GODF est au CLIPSAS.

Publié par Sous la Voûte étoilée

Dimension internationale de la Franc-Maçonnerie : la place du GODF est au CLIPSAS.

La question internationale n'intéresse les francs-maçons que très "tangentiellement". Elle est pourtant cruciale.

 

L'universalité ne connaît de frontières ni terrestres, ni intellectuelles. Elle s'épanouit dans l'échange, la confrontation et se nourrit des différences. Avec cette perspective, la dimension internationale de la Franc-Maçonnerie apparaît alors comme consubstantielle de son projet.

 

Néanmoins, lorsqu'elle se veut universelle, elle n’est pas universellement libérale et a-dogmatique. Et les conséquences méritent d’être analysées.

Un peu d’histoire…

 

L’histoire des tentatives de rassemblement des obédiences est jonchée d’échecs, certains dus à l’impossibilité de surmonter les nationalismes guerriers des conflits de 1870, de 14-18 et de 39-45 entre les maçonneries française, allemande, italienne et espagnole principalement, d’autres à l’hostilité de la Grande Loge Unie d'Angleterre (voir ci-après la dissolution du BIRM et l’AMI). 

 

Depuis la fin du XIX° siècle, des tentatives se sont faites jour et se sont confrontées aux différents courants du pacifisme dans la maçonnerie des pays d’Europe.

 

Sur la base des conférences de la Paix de La Haye, se sont construits :

 

D'abord le BIRM (Bureau International des Relations Maçonniques : 1903-1920[1]). Il réussit à sortir du cadre bilatéral pour faire travailler les obédiences ensemble. Mais, en 1920, le BIRM, créé sans le concours de la franc-maçonnerie anglaise, demande à ses pas membres de lui allouer des moyens supplémentaires pour développer la coopération entre les pays. Les obédiences maçonniques nationales Régulières refusent. La GLUA va en profiter  pour reprendre la main. Elle somme la Grande Loge de Suisse Alpina de rompre ses relations avec le GODF. C'est la fin du BIRM et sa dissolution.

 

Puis l’AMI (Association Maçonnique Internationale : 1921-1950[2]) qui va prendre la suite. Elle sera le partenaire maçonnique de la SDN (Société des Nations) du Frère Léon Bourgeois. Elle comptait 30 obédiences en 1923 et quelques 500.000 maçons. 

Mais la GLSA, qui est l'administrateur opérationnel de l'AMI, la dissoudra en 1950 au profit de la Convention du Luxembourg (1954), plus conforme aux souhaits londoniens.

 

Cette convention reprenait, avec la GLS Alpina, les « 5 points de Winterthur » :

 

  • La Grande Loge suisse Alpina reconnaît le Grand Architecte de l'Univers et L'invoque dans ses Travaux.
  • Conformément aux anciennes traditions de l'Ordre, la Bible est placée sur l'Autel.
  • La Suisse. La Grande Loge Alpina proclame solennellement son indéfectible Fidélité et son total Dévouement à la Patrie.
  • La Grande Loge et les Loges ne s'immiscent pas dans les Affaires politiques et religieuse. A une demande d'instruction, un échange de vue mutuel est permis sur ces questions, mais il est interdit de voter ou d'en délibérer, ce qui entraverait la liberté de chacun.
  • La Suisse. La Grande Loge Alpina se réfère pour les Points non traités par les présents Principes, aux Anciens Devoirs

 

 

Pour mémoire, on notera que la Grande Loge De France se rapprochera de cette Convention du Luxembourg, soutenue par la GLUA. On ne s’étonnera pas de retrouver des similitudes avec le projet avorté de 2012-2013 de Confédération Maçonnique Française (CMF) créée par la GLDF pour donner vie à l’Appel de Bâle des 5 Grandes Loges Régulières d’Europe de juin 2012 (appel pour une Recomposition du Paysage Maçonnique Français (RPMF). 

 

C’était une opération qui visait à ce que la GLDF obtienne la reconnaissance londonienne de Régularité que la GLNF venait de perdre. Pour ce faire, la GLDF devait se mettre en conformité avec la Règle. Les 7 points de l’article 1° de la CMF étaient :

 

 

  • L'invocation du Grand Architecte de l'Univers.
  • La présence en Loge des trois grandes Lumières : le Volume de la Loi Sacrée exposé et ouvert avec l'Équerre et le Compas.
  • La souveraineté exclusive sur les grades symboliques.
  • L'indépendance vis-à-vis de toute structure maçonnique de hauts-grades.
  • La non- mixité dans les travaux rituels.
  • L'interdiction de discussions politiques ou religieuses.
  • Le caractère progressif et spirituel de la démarche maçonnique.

 

On sait depuis que la CMF n’aura vécu que quelques semaines…

 

L'influence internationale de la GLUA.

 

Mais cette séquence met en relief le rôle déterminant de la GLUA, directement ou indirectement, c'est-à-dire avec le concours de la conférence des Grands-Maîtres des Grandes Loges Régulières nord-américaines, de la Grande Loge Régulière d'Irlande et de celle d'Ecosse. 

 

Elle a établi une ligne de démarcation entre deux pratiques maçonniques : notre perspective maçonnique humaniste de maçonnerie libérale et sa propre politique internationale. Basée sur sa règle en douze points, elle ne s’embarrasse pas du respect des droits de l’Homme, de leur émancipation, de l’autodétermination des peuples et des principes issus des Lumières. Sa pratique est de ne reconnaître qu’une seule obédience par pays. Il existe donc une seule « Grande Loge Régulière nationale ».

 

Ce projet mort-né de RPMF autour de la GLDF montre qui donne le ton en matière internationale et comment elle procède.

Le CLIPSAS (Centre de Liaison et d'Information des Puissances maçonniques Signataires de l'Appel de Strasbourg).

Dimension internationale de la Franc-Maçonnerie : la place du GODF est au CLIPSAS.

Il faudra attendre 1961 et l’action résolue du couple GODF-GOB (Grand Orient de Belgique) pour que le CLIPSAS soit fondé, sans la GLUA.

 

Depuis 1945, les tentatives de rassemblement ont été nombreuses, assez disparates et à de rares exceptions près, éphémères. Dans ce contexte, le CLIPSAS apparaît comme une initiative pérenne. En effet, le CLIPSAS est la seule structure maçonnique, réellement internationale,  qui subsiste, bon an mal an, depuis plus de 58 ans.

 

Le GODF en est le principal contributeur. Il le doit à ses effectifs et à son ancienneté plus que tricentenaire. Plus qu’un trait historique, n’est-ce pas son devoir de le soutenir.

Partir ou rester ?

 

Des voix se lèvent à nouveau au sein de l'obédience pour soutenir qu'il faudrait quitter le CLIPSAS.

 

Ce genre de décision doit se prendre sur la base d'un bilan contradictoirement présenté. Pour l'instant, on assiste plutôt à l'instruction "à charge" d'un procès qu'à l'établissement d'un bilan.  Sur fond de non respect des principes de base, il serait proposé au prochain convent (Rouen 2) de partir de cette organisation et d'en créer une autre.

 

Cela ressemble à une désertion. N'aurions nous aucune autre solution que la tactique de la chaise-vide ?

 

 

Reprenons un peu l'histoire.

 

 

Le GODF l'a quitté une première fois en 1998.

 

Il a contribué à créer le Secrétariat International Maçonnique des Puissances Dogmatiques (SIMPA), le 7 décembre 1998. Lequel n'a pas vraiment donné les résultats escomptés.

 

 

 

En tout état de cause, le bilan devra apporter des éclaircissements, notamment sur l'évaluation du rôle que nous avons joué au cours des dernières années, depuis notamment que nous avons réintégré le CLIPSAS  en 2010. 

 

Quelle a été la politique du GODF durant cette période ?

2010-2018.

La constance dans l’action n’a pas vraiment été la marque de l’exécutif en la matière, le convent du GODF ne s’étant jamais vraiment doté d’une politique internationale. Les actions conduites l’ont été du seul choix des Grands-Maîtres, de leurs GSAE et des majorités qu’ils ont su réunir sur leurs choix au sein du Conseil de l'Ordre.

 

Neuf années, sept Grands-Maîtres ! Lesquels n’ont ni nécessairement ni systématiquement choisi de poursuivre l’œuvre de leurs prédécesseurs (on frôle la litote !). L’absence d’une feuille de route explicite délivrée par le convent aura été préjudiciable à notre lisibilité internationale là où certaines obédiences maçonniques sont constantes depuis une dizaine d’années.

 

Ce préjudice se constate vis-à-vis des obédiences membres. Il touche le rôle à assumer à leur égard et les choix stratégiques qu’il aurait été indispensable de faire et de mettre en place. Une telle action n’est efficace que sur la durée, la détermination, l’audace et, surtout, la constance. C’est peu dire que la grande rotation à la Grande-Maîtrise et l’absence de feuille de route obédientielle n’a conduit qu’à l’illisibilité du GODF.

 

Le résultat s’est traduit par l’élection en 2018 à sa présidence de François Padovani, ancien GM de la GLMF, lequel a su réunir sur son nom une majorité des 107 obédiences membres.

 

Comme dans toutes structures internationales, les alliances tactiques sont déterminantes. Chacun le sait et en tient compte, enfin, devrait… 

 

Pourtant…

 

Le projet de développer une Franc-Maçonnerie qui promeuve les principes et les valeurs de la Maçonnerie Libérale, a-dogmatique suppose d’aborder sereinement et sans complexe les conditions d’existence de notre maçonnerie. La prise en compte des spécificités des régions du monde constitue une atout majeur que l'histoire triséculaire du GODF rend éminemment incitative.  

En conclusion

 

Aujourd’hui, la place d'une obédience comme le GODF est dans le CLIPSAS.

 

Une politique internationale ne se vit et ne se développe que dans la durée, sur des objectifs clairs assortis de moyens adéquats.

 

C’est ce à quoi le travail de réflexion sur ce dossier devra s’attaquer en s’attachant à définir les axes de cette politique.

 

Et, au nombre de ces axes devra figurer notre maintien au sein du CLIPSAS, 

  • assortie d’une définition claire des orientations à poursuivre, 
  • de l’attributions de moyens de réalisation précis 
  • et d’une grille d’évaluation.

 

Gérard Contremoulin

__________________________________________________

Commenter cet article

Délas 26/06/2019 18:45

Tout à fait d'accord.

C C 12/02/2019 09:43

Dans ce rappel historique trés intéressant, il ne faut pas oublier la L U F (ou U F L) qui a bien fonctionné en France de sa création à Boulogne sur Mer en 1904 jusqu'au début des années 1990.
Elle doit encore exister ailleurs.
Frat:..
C C

BOYER 11/02/2019 18:56

Mon T/C/F

Tout à fait d'accord avec ton analyse le GODF doit rester dans le CLIPSAS

TAF

sophia 11/02/2019 18:54

Mon T/C/F

Tout à fait d'accord avec ton analyse. Le GODF doit rester dans le CLIPSAS

TAF

JPB 11/02/2019 17:30

Il me semble étonnant que cette tentative d'historique fasse l'impasse sur la tentative de l'« Espace Maçonnique Européen » (EME) créé en 2002 avec fanfares et trompettes, et rapidement coulé suite aux tentatives hégémoniques du GOdF.

Pourquoi ne pas dire un mot non plus de l'"Alliance Maçonnique Européenne" créée en 2011 ? Parce que (pour des raisons de proximité avec la Commission) elle a son siège à Bruxelles plutôt qu'à Paris ?

Une réelle coopération européenne n'est-elle pas plus nécessaire qu'une illusion d'entente, sans débouchés pratiques, avec des micro-obédiences africaines et latino-américaines ?

Sous la Voûte étoilée 13/02/2019 17:38

Je reviendrai prochainement sur cette "brulante" actualité...
Je ne doute pas que certains souhaitent, notamment Outre-Quiévrain, trouver à redire à mon souhait que le GODF reste au CLIPSAS...

Archives

À propos

Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)