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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

15 Mar

Covid 19 : la prise de conscience

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Santé

Covid 19 : la prise de conscience

Niveau 3 : changer nos habitudes de vie. Cette crise sanitaire inédite nous contraint d'adapter notre manière d'être au respect de préconisations de sécurité, nécessairement restrictives. Cela ne peut se réaliser qu'au prix d'une prise de conscience douloureuse.

 

Les pouvoirs publics ont la responsabilité de sauvegarder la santé publique. Le Chef de l'Etat et le Premier ministre ont pris leurs responsabilités en décidant, progressivement, les mesures drastiques qui s'imposent. Le gouvernement décline les mesures dans chacun des secteurs de la vie du pays, santé, éducation,  emploi, production, services, transports, économie, culture, tourisme, etc.

 

Si la réaction des différents acteurs semble plutôt compréhensive devant l'épreuve, même si elle en laisse beaucoup dans l'expectative et l'incompréhension devant son ampleur, certaines sont surprenantes. Certes notre peuple aime discuter de tout, par principe, mais n'est-il pas des situations où nous avons surtout besoin de cohésion et de compréhension collective des "sacrifices" à concéder ? 

Car la crise est devant nous.

 

Elle se développe exponentiellement dans le temps et dans l'espace. Elle a dépassé le stade de l'épidémie et est désormais qualifiée de "pandémie" par l'OMS. Les effets de la crise sont devant nous, c'est ce qu'exprime le passage au niveau 3.

Au rythme actuel, on constate un doublement des cas avérés tous les 4 jours.
Au rythme actuel, on constate un doublement des cas avérés tous les 4 jours.

Au rythme actuel, on constate un doublement des cas avérés tous les 4 jours.

En prendre conscience permettra de mieux se prémunir, de comprendre et de respecter les dispositifs de santé publique et de sécurité. L'objectif est désormais de freiner la progression de la dissémination qui est passée du stade des "clusters" à celui d'une dissémination tous azimuts.  Dès lors, il en est de la responsabilité de tous les citoyens d'appliquer le plus strictement possible les consignes officielles et notamment les fameux gestes barrière. 

Le ministère de la santé a mis en ligne un site, mis à jour régulièrement, qui recense l'état de propagation du COVID 19 en France. Un autre site fait ce recensement au niveau mondial. Ce qui conduit l'OMS à considérer que le foyer central se situe désormais en Europe. 

 

La lutte pour la vaincre va mobiliser des moyens colossaux.

 

"Quoiqu'il en coûte".

 

Réaliser les mesures annoncées dans les différents domaines de la vie du pays va entraîner une profonde réorientation de l'action du pouvoir exécutif. Avec le mot d'ordre, répété trois fois, "quoiqu'il en coûte", le Président de la République semble avoir fait sonner le glas d'une politique qui ne pouvait pas répondre aux nécessités de la crise.

Dès lors, les 3% de la convergence monétaire de Maastricht ont du gros plomb dans l'aile. Plusieurs dizaines de milliards d'euros, selon Bruno Lemaire, seront nécessaires pour faire fonctionner la société pendant cette période et probablement davantage lorsqu'il faudra la faire repartir (plan de relance). Les anciens réflexes monétaires vont voler en éclat. Cela correspond à une redéfinition des enjeux du quinquennat, à un changement de paradigme politique.

Le retour à "l'Etat-Providence".

 

C'est bien de cela dont il s'agit et ce retour est indispensable. Il va nous permettre, dans quelques semaines, voire quelques mois, de réussir à surmonter la crise sanitaire car notre système de santé va le permettre. Nous voyons les différences avec les autres pays, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, mais aussi les USA qui voient là, les graves manques issus d'un système de santé tout à fait insuffisant, défaillant et surtout inégalitaire...

 

Les faits sont là, notre pays a construit un système de solidarité nationale issu du programme du Conseil National de la Résistance. Cette crise en souligne le bien fondé. Il est du devoir de tous les citoyens, de tous les élus, de le préserver. 

 

Que le Président décide de s'y référer aujourd'hui montre sa pertinence et surtout, vérifie les objectifs pour lesquels il a été fondé : protéger tous nos concitoyens. Que la quasi unanimité des responsables politiques ait réagi favorablement à son intervention télévisée devant plus de 30 millions de français, hormis le RN, devrait alimenter sa détermination. "Le moment n'est pas celui de la polémique mais de la solidarité" a même ajouté Jean-Luc Mélenchon en appelant au respect des décisions du Chef de l'Etat, avec "sang-froid" et "discipline".

 

La tenue du 1° tour des élections municipales.

 

Un mot enfin sur la polémique relative à la tenue des élections municipales. Il faut, là encore, bien conceptualiser, presqu'au jour le jour, l'évolution des positions des uns et des autres.

 

Lorsque l'Elysée étudie, jeudi, donc avant l'intervention du Président, l'hypothèse d'un report des municipales, l'ensemble de la classe politique, Président du Sénat en tête, monte au créneau pour signifier au Président qu'un report serait un "casus belli" avec lui. On sait ce qu'il en est advenu.

Laurent Fabius (Président du Conseil Constitutionnel), Christian Jacob (Président du parti LR), François Baroin (Président de l'Association des Maires de France), Gérard Larcher (Président du Sénat)

Laurent Fabius (Président du Conseil Constitutionnel), Christian Jacob (Président du parti LR), François Baroin (Président de l'Association des Maires de France), Gérard Larcher (Président du Sénat)

Ce type de comportement, un chantage pour parler clair, n'est pas l'épisode le plus honorable de leurs parcours respectifs. Et ils ont pris, alors, une lourde responsabilité dont il faut souhaiter que les conséquences soient le plus limité possible.

 

 Vendredi en milieu de journée, le Premier ministre, décline les mesures générales annoncées et les principaux ministres le font pour leurs secteurs. Les réunions de plus de cent personnes sont interdites, certains hôpitaux sont choisis pour accueillir les malades atteints par le virus et reportent les opérations non urgentes pour libérer des lits de réanimation, etc. 

 

Samedi soir, le Premier ministre puis le directeur général de la santé, le professeur Salomon annoncent le passage au niveau 3, c'est-à-dire la reconnaissance que la dissémination du virus est généralisée sur l'ensemble du territoire. Il s'agit, désormais, de ralentir drastiquement pour stopper tout échange, toute circulation dans le délai le plus court possible. La crainte devient forte d'une thrombose des services d'urgence et de réanimation. Le maintien du 1° tour, dans ce contexte, est un facteur aggravant.

 

La classe politique commence alors à réviser son jugement. Certains vont même jusqu'à se demander si le Président ne devrait pas faire usage de l'article 16 (rien que ça) dans la nuit pour reporter le 1° tour... Décidément, la mauvaise conscience conduit parfois à une drôle de gymnastique intellectuelle, non exempte d'hypocrisie...

 

Paul Boulvrais, fin connaisseur de la chose publique, commentait ainsi sur Facebook l'article du Monde du 13 mars "« Aplatir la courbe » des contaminations de Covid-19 sera l’enjeu des semaines à venir" :


À montrer à tous les politicards et autres "mange merdes" qui se repaissent des difficultés du pays et qui après avoir clamé que le scrutin ne devait pas être reporté, parce que serait un déni de démocratie voire un coup d'Etat (ces gens n'ont pas peur des mots, ils en ignorent le sens), se mettent maintenant à glapir pour qu'on annule les élections. Et pourquoi ? Du fait du "changement de stratégie" du gouvernement dans la lutte contre l'épidémie. Trop occupés à se regarder le nombril, ils n'ont pas pris la peine de suivre en temps réel et ils n'ont donc rien compris à la stratégie de réponse graduelle pour ne pas saturer le système hospitalier. Ils n'ont pas compris que les mesures de fermetures des lieux de regroupements non indispensables, restaurants, bistrots, etc. sont un nouveau palier dans une démarche continue. Et ces histrions aspirent à gouverner ou à re-gouverner le pays !

 

Qu'en sera-t-il du 2° tour, particulièrement si la situation s'aggrave encore dans les prochains jours, ce qui est plus que probable ? Qu'en sera-t-il alors des mots employés ? Parleront-ils toujours de "Coup d'Etat" ? S'ils ne le font pas, il leur faudra dire pourquoi. Bref, de la petite politique.

Courage détermination et surtout envie de jouer collectif.

 

Paradoxe des paradoxes, il faut rester convaincu de jouer collectif alors qu'on s'achemine vers le confinement. Prendre la mesure de la situation est désormais l'affaire de chacun de nous. C'est le respect par chacun des consignes et surtout s'il s'agit du confinement, c'est-à-dire l'interdiction de sortir, sauf extraordinaire, que nous travaillerons à la protection collective.

Et la Franc-Maçonnerie ?

 

Les francs-maçons sont d'abord des citoyens. Respecter les consignes des pouvoirs publics est un devoir particulièrement impérieux dans la circonstance. Chaque fois qu'il leur est possible de se montrer solidaires de leurs concitoyens, ils le font, fidèles qu'ils sont à leur serment.

 

Quant aux travaux maçonniques en tant que tels, les principales obédiences ont désormais décidé de fermer leurs locaux. Mais la fraternité ne s'arrête pas aux portes des temples, ni pour entrer ni lors de la sortie. Les moyens de rester en contacts les uns avec les autres existent. On peut penser aux réseaux sociaux, aux différentes possibilités de former des groupes de discussion. Bien entendu, il ne s'agit pas d'imaginer que l'on puisse faire naître une Franc-Maçonnerie virtuelle, cela n'aurait aucun sens. En revanche, réduire les distances, échanger des réflexions, des travaux, sont des tâches possibles par internet.

Et puis, simplement, dans une discussion simultanée, pour s'entendre, débattre, se dire que l'on pense aux autres, bref qu'on les aime, n'est pas anodin dans la période. C'est ce que nous avons créé dans ma loge.

Si ce n'est pas la "FM 2.0", pourquoi pas inventer la "Fraternité 2.0" ...

 

Gérard Contremoulin

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Pascal Combot 15/03/2020 18:56

Bonjour à toutes et tous.

Cette épreuve doit en effet nous apprendre a évoluer dans notre manière de vivre entre nous, un rappel de la nature pour nous signifier notre vulnérabilité face a l'infiniment petit, nous qui nous croyons si grands et invulnérables.
Une nouvelle pierre qu'il nous faut tailler en atelier , ensemble, mais d'abord chacun de notre côté pour commencer.
Nos tenues sont suspendus, mais nos travaux continueront, par le serment que nous avons prêtés
A nous de réfléchir a ce qui nous arrive et comment l'éviter à l'avenir.
Bonne chance à toutes et tous
Un de vos Frères, Pascal

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