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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

16 Aug

Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

Publié par Sous la Voûte étoilée

Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

Les nouveaux antiracistes sont d'authentiques racistes révisionnistes.

 

En trente ans, les divisions internes du mouvement antiraciste des années 80 ont généré de nouvelles revendications. Elles sont rien moins que racistes.

 

Une revendication autoproclamée antiraciste s'est enracinée dans la dénonciation d'un racisme blanc "par essence". Elle s'appuie sur des causes "historiques" : le colonialisme et l'esclavage. Les colonialistes étaient blancs, les blancs seront donc colonialistes. Les esclavagistes, les pilleurs des richesses des pays africains, étaient blancs, donc tous les blancs le seront, etc.

 

Et il faudrait donc leur faire payer !

 

Deux causes écartées au prix d'une amnésie suspecte .

 

La responsabilité des négriers européens et américains "blancs" n'est évidemment pas à écarter. Mais cette reconnaissance ne peut pas se réaliser au prix de l'effacement du rôle d'intermédiaire joué par certains hommes noirs dans le recrutement et l'enchainement des esclaves lors de la "traite transatlantique" et durant les 14 siècles de la "traite arabomusulmane" avec la pratique systématique de la castration.

 

L'anthropologue sénégalais Tidaine N'Diaye décrit dans un article de mai 2015 les comportements de chefs africains dans lequel il précise :

 

"le président Matthieu Kérékou du Bénin, avait été le premier  à se mettre à genoux devant une congrégation noire de Baltimore, pour demander pardon aux Africains-Américains et à toute la diaspora pour "le rôle honteux que les Africains ont joué durant la traite". " 

 


 

 

Salah Trabelsi

Dans la vidéo suivante, avec Salah Trabelsi et Mohammed Ennaji, ils décrivent les 14 siècles de la traite arabo-musulmane.

Mohammed Ennaji

 

 

 

 

Ibrahima Thioub

 

A partir de la minute 10, l'historien sénégalais de l'université de Dakar, Ibrahima Thioub, évoque le rôle d'africains dans la traite comme condition sine-qua-non de son existence.

 

Aujourd'hui, arabo-musulmans et africains s'entendent sur le dos des européens "blancs".

 

C'est ce que confie le professeur Thioub à partir de la minute 13'40" lorsqu'il relate la visite de deux groupes de personnes ayant assisté à l'une de ses conférences.

Des congressistes africains lui confient "vous avez raison, il faut explorer cet aspect des choses mais il ne faut pas le faire devant les blancs".

Des européens ensuite lui confirment leur accord avec son analyse et ajoutent qu'ils n'osent pas le dire de peur d'être accusé de racisme.

 

Ibrahima Thioub conclut alors que s'il comprend parfaitement ces deux attitudes, c'est au prix d'une cruelle interrogation : "où sont les historiens ?"...

 

 

L'essentialisme est un syllogisme absurde. 

 

La couleur blanche de la peau serait la marque indélébile du racisme, un racisme sui generisEt d'ailleurs, les partisans de ce mouvement "antiraciste" s'assument en s'affichant volontiers "racialistes", essentialistes, "intersectionalistes".

 

Voir cet article d'avril 2016 du site "Mépris.fr" sur les dérives de l'antiracisme en France, comme conséquences de la crise dans laquelle il est entré à la fin des années 80.

 

Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

Dans ce contexte, il est indispensable de rappeler quelques principes premiers dans la hiérarchie des normes républicaines.

La République est une et indivisible. Elle ne connait qu'une seule communauté, la communauté nationale.

 

Son histoire lui a donné une couleur de peau arc-en-ciel au fil des étapes, au fil des guerres mondiales, coloniales ou d'indépendance, des batailles économiques. Elle a connu et surmonté des conflits ethniques, des attentats racistes. Elle a appris à se prémunir contre leurs relents toujours présents dans les bas-fonds de la société, là où la misère intellectuelle sévit comme une peste toujours menaçante.

 

Pour autant, à la manière de la prophétie en 1941 de Bertolt Brecht, cette peste rode : "Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde". La société républicaine est de nouveau en proie a ses vieux démons de la division qui prend, cette fois-ci, des couleurs trompeuses qui pervertissent le sens des mots. 

Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

J'ai cité ici les éditoriaux de Bernard Guetta à propos du communautarisme, de Caroline Fourest sur l'américanisation de l'antiracisme autour, notamment, du softpower qui tend à favoriser la structuration de "groupes" contre le modèle laïque républicain français ou encore, sa prise de position à propos du soi-disant "racisme d'Etat" dans cette émission d'octobre 2016 (à partir de 4'55).
 

 

La question du "Racisme d'Etat" est analysée dans cet article très documenté : "Peut-on parler de racisme d'Etat ?".

 

Ces colonnes ont dénoncé ces perversions de la pensée humaniste (notamment ici, iciiciiciici, iciici). De même, dans mes conférences (particulièrement dans Les Fractures de la République), j'ai dénoncé les initiatives du syndicat SUD-93 et ses stages d'été décoloniaux en 2017 réunissant des militants "non racialisés", c'est-à-dire "non blancs", l'attitude du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), du PIR (Parti des Indigènes de la République), le rôle d'Houria Bouteldja, récemment mise en examen pour "Racisme anti français" au sujet de son livre au titre significatif de "Nique la France". 

Il est également utile de donner la parole à des auteures qui ont fait l'expérience de cette "racialisation".

 

Tania de Montaigne.

Tania de Montaigne-Giovanni Cittadini

"il faut pouvoir dire noir, juif, jaune". 

 

Elle fait une analyse pertinente du concept d'assignation dans cet article dont voici un extrait ci-dessous.

 

Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme
Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

 

L'Humanisme intégral de Fatou Diome.

Fatou Diome en 2010 - Astrid di Crollalanza

L'auteure franco-sénégalaise Fatou Diome développe ce concept d'Humanisme intégral comme une riposte à la pensée "décoloniale" et le "relativisme culturel".

 

Dans "Le ventre de l'Atantique" paru en 2003, elle écrit :

 

Les jeunes de l'île de Niodor rêvent de la France, l'Eldorado où ils pourront devenir footballeurs professionnels, devenir multimillionnaires et aider la famille restée au pays.

Ecouteront-ils "l'homme de Barbès" qui se pavane sur les plages de l'île avec sa Rolex de contrebande et ses vêtements made in Taïwan ?

Salie, installée à Strasbourg, convaincra-t-elle son frère Madocké de ne pas tenter cette aventure dangereuse ? L'instiuteur N'detare tient le même discours qu'elle.

Les marabouts sont consultés...

 

Dans un article du Monde Afrique, elle indique notamment :

 

Je me bats pour un humanisme intégral dont fait partie le féminisme. Mon féminisme défend les femmes où qu’elles soient. Ce qui me révolte, c’est le relativisme culturel. Il est dangereux d’accepter l’intolérable quand cela se passe ailleurs. Le cas d’une Japonaise victime de violences conjugales n’est pas différent de celui d’une habitante de Niodior ou des beaux quartiers parisiens brutalisée. Lutter pour les droits humains est plus sensé que d’essayer de trouver la nuance qui dissocie. Mais gare à la tentation d’imposer sa propre vision à toutes les femmes. L’essentiel, c’est de défendre la liberté de chacune.

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Le nouveau racisme aux couleurs de l'antiracisme

Concevoir et construire une relation d'égalité entre les êtres humains restent, au milieu des révisionnismes de tous poils,  l'une des clés du progrès humain. 

 

 

A suivre...

 

 

Gérard Contremoulin

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Commenter cet article

Jean-Louis ABOU 16/08/2020 13:48

S'il n'y avait que ça!
A l'heure où ces partis publient des listes de "soignants racialisés" au prétexte du libre choix de son médecin, où une sénatrice se voit contrainte d'interpeller le ministre des cultes au sujet d'un service civique accomplie par une femme qui porte le voile, où des français laïques, mais issus de l'immigration se voient menacés de mort car ce sont des "traîtres", où le maire de Bordeaux annule la création du musée du dessin de presse car on risquerait d'y voir des productions qui pourraient choquer une frange de la population", il serait temps que les cercles de pensée se réveillent et fassent davantage de bruit en cessant de se réfugier derrière la tolérance en oubliant que celle-ci ne peut s'entendre que si elle est "mutuelle".

Sous la Voûte étoilée 17/08/2020 18:48

Oui Cher Jean-Louis, comme tu le dis : "il serait temps que les cercles de pensée se réveillent"... Mais encore faudra-t-il que ce soit à l'étincelante lueur de la philosophie des Lumières... Et, ça, ce n'est pas vraiment certain.

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