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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

24 Oct

Covid-19 et Franc-Maçonnerie - 3 : comprendre pour imaginer demain.

Publié par Sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Obédiences, #Réflexions

Covid-19 et Franc-Maçonnerie - 3 : comprendre pour imaginer demain.

 

Bien nommer les choses.

 

Avec la reconnaissance par le Premier ministre que la deuxième vague Covid est bien là, la société s'installe durablement dans la crise sanitaire. Parfois dans le déni, souvent dans l'incompréhension, toujours dans l'incertitude du lendemain. 

 

Une crise est par essence la gestion de l'imprévisible et de l'incertain. Et ce n'est pas la génération spontanée de dizaines de milliers de spécialistes en tout genre sur les réseaux sociaux qui aura permis de comprendre à quoi nous étions confrontés. Cela n'a fait que rajouter de la polémique à une situation marquée par l'absence de connaissances scientifiques susceptibles de la résoudre.

 

Avant le 17 mars, alors que sa propagation se généralisait, la science médicale n'avait que peu d'éléments pour comprendre, Covid-19 étant due à un virus inconnu, sans thérapeutique réelle. Pourquoi ne pas le reconnaitre ?

 

Depuis, les équipes médicales ont fait évoluer considérablement leurs connaissances et au vu des bons résultats, les pouvoirs publics ont décidé de déconfiner. C'était le 11 mai.

 

Mais, au lieu d'un processus progressif de désescalade mesurée, la plupart de nos concitoyens a considéré que déconfinement rimait avec retour à la situation antérieure et que l'on pouvait reprendre nos habitudes "comme avant".

 

Là aura été probablement l'erreur. La propagation du virus a repris au retour des vacances d'été. Elle a progressé à la fois en vitesse et en intensité en septembre pour atteindre plus de 22.000 contaminations dans la seule journée du 14 octobre et plus de 30.000 le 15. Depuis, le rythme ne faiblit pas puisque 41.000 cas étaient détectés le 22, 45.422 le 23. 

 

Pourtant,  aucune mesure ne semble recevoir l'acquiescement citoyen, seule condition pour contenir la pandémie. La transformation de l'application "StopCovid" en "TousAntiCovid", plus large, sera-t-elle téléchargée par un nombre suffisant de citoyens ? Je le dis très directement : le cynisme ou le sarcasme ne saurait être une réponse citoyenne !

 

 

"Il est interdit d'interdire."

 

Ce slogan de mai 68 exprime avec puissance la revendication du respect de la liberté individuelle. Il a fait florès en son temps. Mais force est de constater qu'il débouche sur une impasse, et qu'il produit une contradiction majeure. En renforçant le réflexe individualiste, il privilégie la liberté individuelle et l'affirme comme un absolu. Or, dans la vie sociale, il existe deux déclinaisons de la liberté, l'individuelle et les collectives. LA liberté individuelle doit se confronter AUX libertés collectives et ne peut donc se concevoir que relative. Ce qu'exprime le dicton populaire : ma liberté s'arrête là où commencent celles des autres. "Josse" précise dans son commentaire (ci-dessous) qu'il s'agit de l'article 4 de la Déclaration des Droits. (Mise à jour du 25.10)

 

Un question désormais essentielle.

 

Elle est simple à formuler : liberté individuelle contre libertés collectives. S'agissant du virus, le dicton populaire se décline ainsi : suis-je réellement libre de contracter le virus ou bien, en le contractant, suis-je impliqué dans le risque de sa diffusion ? S'agissant d'une maladie contagieuse, la réponse est évidente. La nécessité d'organiser la riposte est au coeur de l'action publique. Le nier ne sert qu'à alimenter les populismes. 

 

La règle des six.

 

Préconiser que les réunions aux domiciles se limitent à six personnes présuppose donc une certaine conception de l'éthique citoyenne. L'Etat ne pouvant intervenir dans le déroulement de la vie privée, une telle limitation ne peut être qu'une recommandation. Son respect repose sur une prise de conscience où chacun sait qu'il peut compter sur l'acceptation du plus grand nombre.

 

Certaines villes la pratique déjà, notamment en Angleterre et en Allemagne


Aujourd'hui, tout s'accélère.

 

Cette forte propagation du virus déclenchent des mesures sévères de couvre-feu. Elles s'étendent sur toujours plus de territoires. Cumulées au rétablissement de l'état d'urgence sanitaire, elles tentent d'éviter un reconfinement général du pays. Prend-on vraiment la mesure de l'enjeu ?

 

La seule certitude sur laquelle la plupart finit par s'entendre, c'est que personne ne peut en prédire la fin, sauf pour certains par électoralisme, populisme et parfois les deux.

 

Pour envisager l'avenir face au virus, plusieurs hypothèses se présentent, de la béate incrédulité à la panique absolue en passant par le déni. Nous retrouvons là, la gestion de l'imprévisible. 

 

Transformer l'incertain en voie maçonnique.

 

Comment les gestes barrières, la distanciation physique, les  restrictions partielles de la liberté de circuler peuvent être compatibles avec la Franc-Maçonnerie ? Et si oui, comment les surmonter ?

 

Ces questions sont au coeur de l'actualité de la vie des francs-maçons, quelles que soient leurs obédiences. 

 

Convoquer l'imagination pour réinventer.

 

Les hésitations, les interrogations, les réticences que les francs-maçons rencontrent devant la reprise de leurs travaux le montrent : nous avons besoin d'une méthode pour envisager l'avenir.

 

Les obédiences prennent, légitimement, des mesures de sauvegarde devant les préconisations et les dispositions des pouvoirs publics. Aux loges et aux francs-maçons qui les composent d'imaginer comment MAINTENIR le lien fraternel et le gout du travail qui font la caractéristique des loges maçonniques. Nos rituels, nos cérémonies exigent une réflexion pour trouver les adaptations nécessaires. Un rituel n'est pas, ne doit pas être, coulé dans le marbre.

 

Une question de méthode.

 

D'abord, faire un état des impossibilités rituelles. En commençant par examiner l'impact des règles sanitaires et des gestes barrière sur tous nos rituels. Quelles sont les séquences à adapter ; quelles gestuelles à remplacer ; quelles situations à redéfinir ?

 

Ce bilan établi, une réflexion sera nécessaire qui consistera à envisager le signifié de chacune de ces séquences, c'est-à-dire bien définir ce que nous voulons exprimer pour ensuite examiner les diverses manières qui sont à notre disposition pour l'exprimer. Ce qui nous conduira à choisir parmi diverses propositions, à déterminer quel signifiant nous choisirons. 

 

J'ai eu le privilège de vivre à deux reprises ce travail de réflexions fondamentales lors de la création de deux ateliers, en 2001 et en 2014. C'est un travail fondamental, exigeant et indispensable pour définir le cadre d'un nouvel espace de travail maçonnique.

N'est-ce pas le moment où nous place l'actuelle pandémie ? 

 

Cette réflexion vise à permettre que des profanes, dont le processus de candidature a donné une suite favorable, puissent être reçus sur nos colonnes ; que les travaux d'augmentation de salaire jugés satisfaisant puissent être suivis d'une cérémonie ad-equat ; que nos manifestations fraternelles habituelles puissent être reprises (Chaîne d'Union, accolade fraternelle, etc.). Actuellement, ces séquences sont impossibles. Nous ne pouvons nous satisfaire de ces impossibilités. Mais il n'est pas question de les reprendre telles quelles, il nous faut inventer de nouvelles pratiques, de nouveaux usages. 

 

C'est à ce travail de réflexion et d'imagination créatrice que la période nous invite. Soyons confiant en notre "étoile", elle nous montre le chemin.

 

Gérard Contremoulin

_________________________________

 

 

 

 

 

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Josse 24/10/2020 03:15

Excellent article, MBCF Gerard, avec juste une précision : le dicton populaire que vous invoquez ("Ma liberté s'arrête là où commence celles des autres ") est avant tout un principe constitutionnel : :

Art. 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen: La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

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