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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

09 Sep

A propos de "morale laïque"... la FNLP communique

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

Vincent PEILLON, ministre de l'Education Nationale, veut réintroduire ce qu'il appelle la "morale laïque" à l'école dès la rentrée 2013.

Cette intention, que l'on pourrait retenir comme "louable", va bien au delà de la simple intention. Elle (ré)ouvre le débat sur la nature même de la LAICITE.

Pour éviter de se complaire dans des arguments comme ceux de Luc Chatel, il serait utile de faire le point sur les enjeux qui se cachent derrière cette question.

C'est pourquoi seront publiées ici toutes les positions des associations du champ laïque qui le souhaiteront.

Je vous propose aujourd'hui, le communiqué de presse de la " Fédération Nationale de la Libre Pensée" du 9 septembre dernier. Non pas que je me range derrière tous les arguments qu'elle y développe, notamment lorsqu'elle paraît faire fi d'un grand débat de nature pédagogique "l'école n'est pas un lieu de vie" ou encore lorsqu'elle évoque l'Europe, par contre je trouve particulièrement pertinent de dire que " la Laïcité ce sont des institutions, pas une philosophie et encore moins une morale"...

Il est frappant d'observer, pour un Franc-Maçon, que ce débat va se dérouler parallèlement à celui de la "Régularité". Et il n'est pas anodin de noter que la pierre angulaire dans les deux consiste à discuter l'émancipation de l'Homme comme nécessitant ou pas l'intervention d'une "transcendance".

Malraux aurait-il vu juste ?

Gérard Contremoulin

 

- COMMUNIQUE DE PRESSE

 

libre-pensee

 

La morale laïque, cela n’existe pas :

Comment pourrait-on l’enseigner ?

 

Le ministre Vincent Peillon vient d’annoncer qu’il avait l’intention de faire dispenser des cours de morale laïque dans les établissements scolaires. Ceci pour apprendre aux élèves à bien se comporter en société.

 

Il existe une autre solution, bien plus efficace, pour empêcher les actes d’incivilités intolérables dans les établissements publics et dans la société : que les élèves soient suffisamment encadrés par des surveillants et instruits par un nombre suffisant d’enseignants.

 

Mais pour cela, il faudrait en revenir à une notion républicaine fondamentale : l’École n’est pas un lieu de vie, elle doit transmettre l’instruction. C’est comme cela que l’on peut former de futurs citoyens.

Il faut tourner le dos à la rigueur économique

de l’Union européenne

 

Pour arriver à cette situation satisfaisante pour tous, il y a un impératif incontournable : en finir avec les diktats économiques imposés par les Institutions de l’Union européenne et sa « nouvelle » règle d’or des 0,50%  de déficit non dépassables (TSCG) par rapport au PIB.

 

Au lieu de créer les milliers de postes nécessaires pour cela, le ministre Peillon tente une diversion : la solution serait l’enseignement d’une morale laïque. Comme le dit une certaine publicité : « cela ne coûte pas cher et cela pourrait rapporter gros ».

Il n’y a qu’une morale humaine

 

Les Églises ont coutume d’expliquer qu’il y aurait une morale transcendante de nature divine, qui fut dictée aux hommes. C’est le Décalogue, les fameux 10 Commandements reçus par Moïse.  En l’étudiant, on s’aperçoit que les 3 premiers commandements ne sont pas de l’ordre de la morale, mais sont des dogmes d’obéissance absolue à un dieu. Dieu que l’on doit respecter et ne pas invoquer en vain.  Il n’y a rien qui ait à voir avec la morale.

 

Les 7 autres commandements sont des règles de vie en usage bien avant le Décalogue et qui perdureront bien après. Il ne peut y avoir de société organisée sans respect des siens, du repos, sans bannir le vol, le faux témoignage et le meurtre entre autres. Il n’y a rien dans ces préceptes qui ait une dimension religieuse. Il s’agit du temps de l’Homme.

 

Comme il n’y a pas de morale « religieuse », il ne peut y avoir, en contrepoint, de morale « laïque ». Il existe  dans toutes les civilisations une morale humaine qui varie avec le temps, mais qui repose toujours sur des exigences de vie en commun.

 

La laïcité, ce sont des institutions,

pas une philosophie et encore moins une morale

 

Certains de droite comme de gauche, entendent, pour des raisons fort éloignées de la laïcité,  la mettre à toutes les sauces. Il y aurait ainsi, une spiritualité « laïque », un esprit « laïque », une morale « laïque ». Souvent, les mêmes, entendent supprimer la frontière entre la sphère publique et la sphère privée pour mieux appliquer la « laïcité »  partout et régenter, en tout temps et en tous lieux, la conscience et les comportements des citoyens.

 

Ils appliquent, en fait, à la laïcité, la définition théologique du Saint-Esprit : « le noyau est partout, la circonférence nulle part et l’Esprit souffle là où il veut ». Pour la Fédération nationale de la Libre Pensée, la laïcité ne s’applique qu’aux institutions politiques. C’est un mode d’organisation des institutions, de l’administration, des services publics.

 

En exigeant que l’État s’arrête où commence la conscience (Francis de Pressensé), la neutralité dans le domaine philosophique de la sphère publique garantit la liberté de conscience pour tous les citoyens. L’État n’a pas à avoir de point de vue en matière métaphysique, le citoyen peut en avoir un, quel qu’il soit. État théocratique ou État athée, ce sont les deux faces de la même médaille d’intolérance.

 

L’État n’a pas à diriger les consciences, sinon il s'agit purement et simplement d'embrigadement, à l'heure où en particulier, les jeunes subissent la violence des effets de la crise du système capitaliste. Ne serait-ce pas un des buts recherchés : leur faire accepter envers et contre tout les conditions qui leur sont faites ?

 

Victor Hugo, dans son célèbre discours contre la loi Falloux en 1850, avait dit : « Vous voulez mettre un curé, partout où il n’y a pas un gendarme ». Vincent Peillon voudrait-il mettre un « moralisateur de service », partout où il n’y a pas un policier ou un gendarme, car la baisse tendancielle du taux de curés et la RGPP se font  cruellement ressentir ?

 

Il apparaît clairement que derrière cette proposition d’enseigner la morale dite « laïque », il y a bien d’autres intérêts en jeu et des pensées bien inavouables. La Fédération nationale de la Libre Pensée ne lâchera pas la proie pour l’ombre.

 

La solution contre les incivilités dans les établissements scolaires publics existe : rendre les moyens nécessaires à l’Enseignement public  et « obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse » - Serment de Vincennes du 19 juin 1960.

Pour cela :

Il faut abroger la loi Debré qui prive l’Enseignement public

de 180 000 postes au profit de l’enseignement catholique !

Cela coûte 9 milliards d’euros détournés sur les fonds publics !

 

Avec la Libre Pensée :

Agissez pour l’abrogation de la loi Debré,

Mère de toutes les lois antilaïques !

C’est la seule défense de la laïcité qui vaille !

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yves sarzier 26/09/2012 16:00


SVP, ne tapez pas sur le décalogue ....c'est un machin qui date un peu, et si vous voulez l'attaquer, sur le fond SVP ! vous serez gentils .


Les libres penseurs ? Pour ceux que je connais , des hommes libres , effectivement , bien sur avec la dialectique actuelle , des vieux cons , assurément ! Que risque un élu finançant une religion
, une crèche confessionnelle ? quelle que soit la raison , ou le motif ?La réélection ? moralité ne pas financer une religion mais toutes , et pour élire cet élu, faire voter le monde entier ? OU
seuls ceux qui votent pour ? comme pour le traité ....


Vous avez dit morale ? Surtout baissez les yeux ! Un président normal ? Pourquoi?? on aurait failli en avoir un qui ne le soit pas ?


Morale ? Universelle ? Quelle billevesée !  Ou simplement codification de pratiques permettant une vie sociale harmonieuse ? Si on appliquait aux intolérants leurs principes ?


Normal ? ce qui est la norme ! Ce qui se pratique conformément à la morale supra (ou l'inverse ?) . 1% de déviants ? pas normal ...le 1% . Faut il légiférer ? 10% de déviants ? Ici , il faut ,
...arréter peut être de les traiter de déviants sauf s'ils mettent en danger l'harmonie de la société , la société , c'est la vie sociale, et non la vie privée . La burka ? porquoi pas .. si j'ai
aussi le droit d'aller faire mes courses masqué .....Tout le monde masqué ? Quel sort réservé aux déviants refusant le masque ?  Je peux frapper ma femme, lui interdire  de .... si moi
(et ceux qui pensent comme moi, vote majoritaire )peuvent frapper ceux qui frappent .....on peut tuer les apostats ? oui si on peut aussi tuer ceux qui tuent les apostats, faut il que je précise
encore la notion d'harmonie, d'équilibre ?Charly  Hebdo ? La tolérance dans une dictature , c'est "oui chef, vous avez raison monsieur l'agent !" Ceux qui trouvent que la démocratie , c'est
pas bien ? Un peu d'autorité à leur encontre ? Ce qui est grave , aujourd'hui , c'est passer à 56 Km /h à 3 heures du matin en rase campagne devant un radar, alors messieurs les élites pensantes
, (Définition de l'élite ? ben voyons , c'est ceux qui passent à la TV aux heures de grandes écoute , vous souvenez vous de cet économiste, DCD il y a peu, un comique surement  , Alphonse
Allais , ou Emile peut être  ???


Au fait , pendant les cours de morale , vous allez demander d'éteindre les portables ? Car ce serait une atteinte très grave à la liberté de parole , de communication ...


Et s! la morale à l'école , c'était d'abord une pratique , une exigence ...les cours en plus , l'actualité permettrait d'aborder le problème , ben non, car si on fait entrer la vie à l'école,
surtout celle de la violence , c'est pas de pédagogie dont ont besoin les rares candidats à la vocation, c'est Karaté et tir instinctif au 357, plus initiation sérieuse à la AK 47 , voire M 60 ?


Concurence libre et non faussée, messires les libres penseurs , vous causez d'Europe ? Balivernes , marner pour quelques euros sans protection sociale, pas d'impots sur les société ? En quoi la
liberté est elle en cause et quoi qui est faussé ? Le's réacs , c'est nous . Quand on aura le smic chinois et plus ( 0% )d'impots ou taxe pour les riches , juste un impot sur les pauvres , car ça
bouffe un CRS, ou plutot un garde mobile ....mobile c'est moderne , ça peut servir à Paris le lundi et à Tunis le mardi ...alors l'égalité règnera chez les esclaves , renaitra la fraternité dans
la décroissance  et la liberté absolue de fermer sa G....Après tout ,si vous n'avez pas de pain, mangez donc des biscottes , ....sans sel, , sans OGM et sans huile de palme de préférence ,
française pour le patiotisme, sachant que made in France , faudrait quand même pas oublier de corriger par "emballé en France" , excusez , mais le diable est dans les détails , pas
obligatoirement dans le décalogue ...


Pour ce qui est du casse du siècle , les états qui empruntent aux banques privées , et les "recapitalisent" après avoir perdu à la roulette, (pas russe hélas) , quand nos enfants vont comprendre
le mécanisme de l'immense dette qu'on leur laisserait, ...  finalement vaudrait mieux privatiser l'école , éviter la morale , les tiques , on prendrait moins de risques ..

Michel THYS 10/09/2012 19:01


@ cdb : La stagnation de la GLRB me paraît logique à notre époque parce que, du fait de son héritage judéo-chrétien, cette Obédience impose la croyance en Dieu (=GADLU) et en
l'immortalité de l'âme, et surtout parce qu'elle persiste à ne pas reconnaître les Obédiences adogmatiques, faisant ainsi preuve de la même intolérance que les religions à leur égard.


Je le regrette parce que la franc-maçonnerie devrait, du moins à mes yeux, être universelle en prônant des valeurs humanistes "universalisables" et donc acceptables par tous et partout. Mais la
"régulière" est largement majoritaire au niveau mondial à cause des pays anglosaxons croyants où les alternatives non confessionnelles sont occultées aux Profanes comme aux Maçons ...


Sous nos latitudes, théoriquement  (car cela dépend aussi des Parrains), chacun est libre, en fonction de ses convictions, idéalement remises en question par le libre examen, de
choisir son Obédience, théiste ou adogmatique (déiste ou à prédominance athée). Et même pratiquement, puisqu'il peut ensuite en changer, mais c'est plus rare. Cela explique sans doute la
stagnation de la GLRB.


Mais ce que j'en dis ...

PRAS Yves 09/09/2012 23:38


Oui Gérard.


Moi, j'aime bien ce texte de Jaurès


extraits du discours fondateur « Pour la laïque » écrit en 1892 par Jean Jaurès :



« Il s’agit de savoir si cette morale laïque, humaine, qui est l’âme de nos institutions, pourra régler et ennoblir aussi toutes les consciences individuelles. Il s’agit de savoir si
tous les citoyens du pays, paysans, ouvriers, commerçants, producteurs de tout ordre, pourront sentir et comprendre ce que vaut d’être homme et à quoi cela engage. Là est l’office principal de
l’école.


(…) L’enseignement civique ne peut avoir de sens et de valeur que par l’enseignement moral, car les constitutions qui assurent à tous les citoyens la liberté politique et qui réalisent ou
préparent l’égalité sociale, ont pour âme le respect de la personne humaine, de la dignité humaine. La Révolution française n’a été une grande révolution politique que parce qu’elle a été une
grande révolution morale. 


(…) Combien grande serait une humanité où tous les hommes respecteraient la personne humaine en eux-mêmes et dans les autres, où tous les hommes diraient la vérité, où tous fuiraient
l’injustice et l’orgueil, et ne recourraient ni à la violence, ni à la ruse, ni à la fraude !


(…) Voilà le but suprême que doit proposer l’école primaire. (…) »

cdb 09/09/2012 19:28


Ceci n'a rien à voir et tout à voir avec la laïcité.


Je me suis souvent demandé pourquoi en Belgique, la maçonnerie qui se prétend "la seule régulière" reste à un niveau si bas, ne décollant absolument pas, plutôt le contraire. Pas beaucoup plus
que 1500 frères, soit autour de 7% de l'ensemble, dont un certain nombre ont des doubles affiliations avec des Loges "d'en face".


(Petite caricature: souvent, ceux-ci vont conduire leur épouse au DH ou à la GLFB, avant de filer dans leur temple, puis dare dare reviennent au DH et/ou à la GLFB, boire un demi avec leur
soeur-épouse, en toute convivalité :-)))


Et donc un débat de type RPMF est pour nous quasi de l'ordre du surréaliste ! (C'est vrai que le surréalisme, nous aimons !!!)


Je n'imaginais nullement cela, mais dernièrement un ami m'a fait remarquer qu'en Belgique, bien plus qu'en France, s'afficher "athée", de façon publique, ne pose strictement aucun problème. Ce
serait dans ce pays que la proportion d'athées "officiels" serait la plus grande ?! (C'est un peu à l'américaine de présenter les choses ainsi, bof ?!). En tout état de cause, cela fait partie de
la norme sociale acceptée, tout comme avoir une croyance.


Peut-être que ces singularités, et d'autres (par exemple la proportion de femmes maçonnes en Belgique est la plus forte au monde, 1/3 des effectifs), que nous connaissons, s'expliquent (?) en
partie par cette laïcité, certainement à caractère philosophique (les professeurs de "morale laïque" sont formés à la Faculté de Philo et Lettres de l'Université de Bruxelles) et opérationnelle
(les assistants en "morale laïque" sont formés à l'École de Santé publique de l'Université de Bruxelles: ils assistent les malades notamment dans les hôpitaux, les prisonniers, et autres
personnes en difficulté, c'est à dire à celles et ceux qui ne souhaitent pas dans l'aide qu'on leur apporte, subir en outre un discours à caractère religieux). Ces professeurs et assistants font
partie aujourd'hui du paysage socio-philosophique du pays, et représentent une norme à caractère "éthique" très largement acceptée (par les croyants et les non-croyants).


Bien entendu, comme en France, la franc-maçonnerie belge, toute composante, a été et est toujours partie prenante de la laïcité, et plus encore de cette laïcité. Même si beaucoup reste à faire,
même si parfois des dérives peuvent être constatées, cela reste leur combat (bien sûr, elles et ils ne sont pas seuls dans ce combat), ... en ce compris ceux qui se prétendent souvent "les seuls
réguliers", et que je cotoie toujours avec grand plaisir, et fréquemment.


Christophe


(j'avais oublié de mettre mon prénom sur le post précédent)


 

Michel THYS 09/09/2012 17:47


Vous aurez rectifié d'office le nom du ministre



"J'en viens à présent au projet du ministre Vincent
Peillon.


Henri PENA-RUYS rappelle opportunément que ..."


Sorry ! 

Michel THYS 09/09/2012 17:37


Je note que la Fédération Nationale de la Libre Pensée s'oppose au projet de réinstaurer un cours de morale.


Je comprends ce point de vue parce que la France ne connaît que la laïcité « politique », séparant l'Etat et les religions et pas la laïcité philosophique (à la belge), qui, à mon sens,
devrait lui être complémentaire.


Mais je le regrette et je m'en étonne aussi parce que la conception souvent laxiste et électoraliste de la tolérance et de la neutralité favorise en fait le prosélytisme de toutes les religions,
et donc, à des degrés divers, la soumission religieuse plutôt que l'autonomie de la conscience qui nous est chère !


Les religions exploitent de plus en plus les principes constitutionnels de liberté sans limite d'éducation,  d'enseignement, d' « absolue liberté de conscience », ainsi que
les libertés de religions et de pensée qui ne sont en fait, selon moi, que symboliques, leur émergence n'ayant pas été favorisée par l'école.


Qui prétendrait en effet (exemple extrême) que les musulmans de chez nous ont librement choisi de se soumettre à tous points de vue à l'islam, au coran, à la sunna, et autres obligations
inspirées par la charia ? L'apostasie leur est interdite par le coran, malgré l'art. 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 (« Toute personne a droit à la
liberté de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ».


Il est pourtant évident, du moins à mes yeux, que tout choix, pour être plus effectif que symbolique, n'existe qu'en présence d'alternatives. Par honnêteté intellectuelle et morale, il me semble
donc que le système éducatif de demain devrait favoriser la découverte minimale, objective et non prosélyte aussi bien du fait religieux que du fait laïque.Ou alors, il reste à se cramponner à ce
qui nous reste de libertés, à accepter l'idée que l'islamisation est inéluctable et que, dans quelques générations, l'islam aura conquis la planète ...


J'en viens à présent au projet du ministre Henri PENA-RUYS rappelle opportunément que "la morale n'appartient pas aux seules religions et qu'il existe des valeurs communes et un respect de
l'humanité sur lesquels croyants, agnostiques et athées peuvent se retrouver". J'observe en outre qu'historiquement, les morales religieuses, fondées sur la soumission à un dieu et à un livre
« sacré », sur la « carotte et le bâton », semblent avoir fait la preuve de leur piètre efficacité à développer une conscience morale autonome et responsable. C'est logique
dans la mesure où aucun dieu ne s'étant jamais manifesté concrètement, son existence apparaît de plus en plus comme subjective, imaginaire et donc illusoire, du moins dans la plupart de nos pays
européens. 


Mais l'actuel déclin de la religiosité n'y a pas été compensé par une éducation laïque "humanisante". À mes yeux, la suppression du cours de morale laïque en 1968 (« Il est interdit
d'interdire ! ») fut une erreur, et le Ministre Vincent PEILLON a donc raison : la laïcité n'est pas que politique, séparant (théoriquement !) l'Etat et les religions, elle n'est
pas « que la simple tolérance, l'indifférence, la neutralité ». Elle est aussi « philosophique » (notion belge ...), elle comporte « des valeurs qui
doivent être enseignées », en plus de celles de la démocratie et de la citoyenneté républicaines. (...). Le but est «permettre à chaque élève de s’émanciper ». (…). Pour
donner la liberté du choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix», a dit Vincent Peillon.
 


C'est à tort que certains redoutent un dogmatisme laïque et un «relativisme» des valeurs puisque toutes ne se valent pas. Certaines valeurs morales sont en effet universelles, ou du moins
« universalisables », non négociables, parce que bénéfiques et donc acceptables par tous et partout, telles que le respect de l'autre et de sa différence enrichissante, celui de la
dignité de l'homme, de la femme et de l'enfant, de leur liberté (effective, pas seulement symbolique !) de conscience, de religion, de pensée et d'expression.


Loin d'apparaître spontanément, ou par obéissance à des « commandements », ces valeurs ne s'acquièrent que par une éducation familiale (hélas souvent déficiente) ET donc scolaire,
fondée sur l'autonomie, la responsabilité individuelle, l'esprit critique, l'apprentissage des limites et du respect des autres et de soi-même, sur l'exemple des parents et puis des éducateurs,
non pas intellectuellement, mais par des expériences affectives, vécues au fil de l'actualité ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc. 


Notre F. Vincent PEILLON a compris que la laïcité politique et la laïcité philosophique sont complémentaires.


Puisse-t-il réussir à promouvoir ses vues humanistes !


 


A.F.


Michel THYS


 


,


 


 


 


 

Roland 09/09/2012 14:04


Mon Très Cher Gérard,


En règle générale, j'aime beaucoup ce que tu publies mais, là, j'en suis tout retourné.


Certes, tu préviens que tu laisses la parole à tout ceux qui veulent s'exprimer. Pourquoi commencer par ce communiqué de la Féd. Nle des Libres Penseurs qui nous sert "sa" morale indigeste. Que
vient faire l'Europe dans ce projet gouvernemental ? C'est du n'importe quoi et comme nous le rappelle cette blague -un peu lourdingue -: 'Si ma tante en avait... elle s'appelerait mon oncle".
Cela ne réhausse pas le débat sur un sujet fort discutable...


 

cdb 09/09/2012 12:18


Bonjour,


Dans un monde "idéal", j'applaudirais à la définition de laïcité ici. A mon sens, le problème est "devons-nous laisser l'appanage de la morale au catholique ?", tout comme le "devons-nous laisser
la régularité maçonnique l'appanage des dogmatiques ?".


Amalgame, quand tu nous tiens ...!


Tant pis, je fais le grand écart, comme sugéré dans le billet de notre ami Gerard.


La réponse est évidemment non. Mais que faire? Nous avons accepté, en Belgique du moins, je ne sais pas en France, de subventionner l'école catholique au même titre que l'école de l'état (dit
"enseignement officiel").


Dans l'enseignement catholique, des cours de morale chrétienne y sont dispensés. Dans l'enseignement officiel également ... mais de façon à laisser le choix aux parents, nous y avons placé ...
horresco referens ... des cours de "morale laïque", aux choix des parents.


Bien, pas bien, je constate que le champs n'est plus libre aux écoles catholiques qui ont dû adapter leurs cours de morale chrétienne a des choses socialement plus acceptables. Qu'en amont et en
aval de cette "morale laïque" s'est créé une toile solide, autour du terme de "laïcité". Et par exemple, de la recherche scientifique, de la formation universitaire, soit philosophique (étude des
religions), soit d'action (assistance laïque dans les hôpitaux, les prisons, etc.), toujours dans l'optique de donner le choix. Et donc cela permet à l'Université libre de Bruxelles, création
maçonnique du début du XIXème, de jouer pleinement son rôle dans ces thématiques.


Soyons pragmatique. Nous avons accepté l'enseignement catholique, très prosélyte, entrant dans les foyers individuels, imposons un petit contrepoids. Alors peu importe que ce soit sous les termes
de morale laïque, école laïque, philosophie des lumières ou je ne sais nin què, donnons une vraie alternative à nos enfants, car la famille, elle, est souvent bien démunie pour assurer cette
partie.


Je ne connais pas la proposition du ministre Peillon, mais il nous faut sortir de la théorie et aller sur le terrain.

mong 09/09/2012 11:48


il me semble que l'on doit pouvoir vite écarter le problème de vocabulaire en remplaçant par exemple morale par éthique et tout serait plus simple : on pourrait alors se concentrer sur la
véritable problématique de l'enseignement laïque : la libéralisation des consciences.


En affirmant qu'il existe une pensée laïque, effectivement on créé la confusion et on place le raisonnement laïque au même niveau que le raisonnement issu de dogmes, ce qui est très dangereux.


Il faut revenir à l'ambition républicaine de l'instruction qui est l'émancipation de l'individu de ses origines, afin de lui donner la chance  de choisir sa vie. En toute égalité, liberté,
et avec notre fraternelle soutien :-)

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