Fil rouge

Deux choses remplissent l'âme

d'une admiration toujours plus grande :

 

le ciel étoilé

           au-dessus de ma tête

et la loi morale

           dans mon cœur.

 

Emmanuel Kant

Critique de la Raison pratique

Présentation

Bienvenue

Bonjour à toutes et à tous

et bienvenue sur ce nouveau Blog : "sous la Voute étoilée".

  

Il essaiera de vous proposer des thèmes de réflexion, des analyses et des documents sur la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique en général et sur le Grand Orient de France en particulier.

  

Il approfondira progressivement cette notion qui nous vient du Convent (assemblée générale) du Grand Orient de France de 1877 où le Frère Frédéric Desmons défendit avec succès la suppression de "l'obligation de croire en Dieu et en l'immortalité de l'âme" pour être Franc-Maçon.

Ce qui deviendra un "schisme" dans le monde maçonnique, structure toujours le panorama maçonnique aujourd'hui. Ce Convent crée et institue le principe de liberté absolue de conscience.

  

Il suivra l'actualité avec le regard du franc-maçon pour qui le temps "profane" n'est pas le temps maçonnique.

 

Il lancera un regard fraternel sur l'évolution de la Franc-Maçonnerie française avec la mise en oeuvre de la décision du Convent de Vichy qui a décidé de laisser aux loges la liberté de déposer des dossiers de candidature à l'admission dans l'obédience "sans distinction de sexe".

 

Il accueillera vos commentaires avec l'envie de construire.

 

Enfin, tous les articles seront signés !

 

A tres bientôt

 

Gérard CONTREMOULIN

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 08:22

par Caroline Fourest, in Le Monde du 28.1.2012

 

François Hollande a fait preuve d'un certain cran et levé un espoir en annonçant la"constitutionnalisation de la loi de 1905". Ce serait un progrès. L'actuelle Constitution se contente de proclamer la République comme "laïque", sans la moindre précision. Ce qui laisse libre court à toutes les interprétations. Bien des nations se disent laïques et ne renoncent pas pour autant à mêler politique et religieux. La loi de 1905 donne à la laïcité française toute sa consistance, en affirmant la séparation des Eglises et de l'Etat. Son article 2 précise : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".

Voilà pour les principes. Dans les faits, la cloison souhaitée par la loi de 1905 est percée de partout. Certains territoires de la République y échappent pour des raisons historiques mais aussi politiques. Le fait que l'Alsace et la Moselle aient réintégré le giron français après la loi de 1905 est invoqué pour conserver un statut concordataire. L'Etat y indemnise des prêtres, des pasteurs ou des professeurs croyants pour faire du prosélytisme en classe, sous couvert de cours sur la morale et sous le magistère d'un crucifix. Les enfants de musulmans, d'athées ou d'agnostiques doivent faire des pieds et des mains pour obtenir une dispense. Ce qui n'est ni laïque ni égalitaire.

Ailleurs, ce sont les élus locaux - de droite comme de gauche - qui contournent par tous les moyens la loi de 1905 pour répondre aux demandes insatiables d'associations religieuses. Que ce soit pour construire des lieux de culte, financer des centres d'abattage rituel ou subventionner des crèches loubavitch. Une dérive encouragée par le Conseil d'Etat, qui semble vouloir faire passer les "accommodements religieux" avant le principe de séparation.

L'annonce de François Hollande au Bourget, le 22 janvier, promet d'y mettre un coup d'arrêt. C'est dire si elle est importante et si les critiques allaient pleuvoir. Après avoir ironisé sur le fait que cela ne changeait rien, l'UMP s'est mise à hurler que cela changeait tout. Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à parler d'une vision"intégriste de la laïcité" qui menace le "consensus".

Alsace et Moselle

Un excès peu surprenant dans la bouche du président. Lui qui a renoncé in extremis à "toiletter la loi de 1905" parle d'encourager les citoyens "à croire" et souhaite une laïcité plus "positive", c'est-à-dire plus ouverte aux religions.

Le premier effet de cette annonce est d'avoir poussé Nicolas Sarkozy à  dévoiler sa vision profondément concordataire de la laïcité. Le deuxième est plus mitigé. Lu dans le détail, le programme de François Hollande prévoit d'inscrire dans la Constitution les principes énoncés "au titre du titre premier de la loi de 1905", soit ses articles 1er et 2. Autrement dit, renforcer le principe de séparation et stopper l'évolution vers une laïcité à l'anglo-saxonne, dite "ouverte" ou "positive". Mais il est aussitôt précisé : "sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle". Au risque de renoncer à l'égalité des départements devant la loi de 1905 et à en faire des territoires perdus de la laïcité. Cette reconquête demanderait, il est vrai, bien plus que du cran. Un sacré courage.


Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue ProChoix, Caroline Fourest est l'auteure notamment de La Dernière Utopie (Grasset, 2009) et de Libres de le dire, avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).

Tout en partageant l'analyse de Caroline Fourest, je ne m'associe pas à cette partie de son propos qui pourrait être comprise comme un manque de "courage" de François HOLLANDE sur cette question du régime concordataire de l'Alsace-Moselle.  

Sur le fond, je pense effectivement qu'il n'est pas acceptable de tolérer une inégalité de traitement entre les citoyens, selon le territoire sur lequel ils résident : le République est UNE et INDIVISIBLE.

Sur la forme, je pense qu'il faudra, lorsqu'il sera élu à la présidence de la République, organiser le mouvement qui lui permettra d'aller plus loin et de réparer cette incongruité léguée par l'histoire.

Gérard Contremoulin

_____________________________________________________

Par sous la Voûte étoilée - Publié dans : Laïcité - Communauté : Franc-Maçonnerie
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés