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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

14 Feb

De la liberté de cesser de vivre...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Droits de l'Homme

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La mort peut-elle échapper à celle ou celui qui la demande ou veut se la donner ? 

A moins de s'en remettre à une autorité morale qui transcende l'individu, à moins de lui confier le soin de décider de son aventure humaine et d'abdiquer sa propre volonté, il est anormal que l'homme soit absent de cet épisode de la vie qu'est la mort souhaitée.

La situation réservée à Vincent LAMBERT est exemplaire de ce questionnement déchirant et à bien des égards scandaleux. Malgré sa propre volonté exprimée, malgré l'avis de sa femme, malgré l'avis de l'équipe médicale qui l'assiste, l'opposition de ses parents fondent l'actuelle et désespérante décision de le mantenir artificiellement en vie. Cet acharnement est-il compatible avec la dignité de la vie humaine ?

Les convictions religieuses fondamentalistes d'une mère, la conviction morale d'un père, par ailleurs gynécologue opposant militant à l'IVG, pour respectables qu'elles soient, peuvent-elles être légitimement considérées comme supérieures à la décision du principal intéressé, de sa femme et de l'ensemble de l'équipe médicale ?

Comment ne pas trouver "déplacé", faute du respect de la volonté de Vincent Lambert, de devoir faire trancher cette question par la justice, qui plus est par le Conseil d'Etat ? C'est qu'existe la loi Léonetti qui, voulant faire avancer la réflexion sur l'euthanasie en fin de vie, est imprécise sur la décision finale. C'est justement la question qui est posée là.  

Le président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Jean-Luc Roméro, insiste sur la nécessité d'une nouvelle loi qui modifierait la loi Léonetti en plaçant le patient lui-même au coeur de la décision.

Le Conseil d'Etat, après une nouvelle expertise dont on peut bien se demander ce qu'elle pourrait apporter de plus que l'avis de cette équipe médicale, devrait donc rendre sa décision cet après midi ers 16h00 ! Heure symbolique où se retrouveront concentrés 5 ans d'une bataille familiale, de la douleur morale que cette famille s'auto inflige autour d'un homme qu'un accident a réduit à la plus simple expression de la vie végétative... 

Pour le franc-maçon, soeur ou frère, la mort est une compagne de parcours, de cheminement. Et même si  elle reste toujours atroce lorsqu'elle survient, elle est édifiante. Elle est une nouvelle étape. Non pas qu'il y ait un "au delà", même s'il se peut que pour certains d'entre nous il y en ait un, ce n'est pas la question. Mais parce que la mort est un moment de la vie. La tâche accomplie pourra être poursuivie.

C'est pourquoi à la question de l'euthanasie active en application de la "dernière volonté", une réponse claire doit être apportée. Une réponse qui accorde ce droit dès lors que la volonté du principal intéressé est clairement établie. Les conceptions morales, même des plus proches, ne doivent pas pouvoir influer. 

Dans ce cas comme en d'autres, notre vie nous appartient et à nous seuls !

 

Gérard Contremoulin

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Christophe 14/02/2014 17:47

Le droit de disposer de son corps.

En Suisse le droit au suicide est légal, de même que le droit d'aider au suicide. Il existe un commerce bien organisé dans ce pays, où le candidat au suicide n'a plus qu'à appuyer sur un bouton ou boire le liquide. Tout est organisé avant, pendant et après lorsqu'il faut rapatrier le corps. Le système est hors médicalisation.

Au Pays-Bas, en Belgique et ailleurs, c'est un acte médical, où la personne n'a pas à appuyer sur le bouton. Elle doit cependant en avoir exprimé la volonté auparavant: c'est au fond un désir de suicide légalisé.

Peut-on disposer de son corps pour refuser tout prélèvement d'organe: bien entendu cela procède de la même logique. Il ne peut y avoir d'intérêt supérieur, car c'est une porte ouverte à beaucoup de chose:
- l'État qui reprend ses droits sur le corps de ses citoyens, on le voit avec les lois espagnoles de limitation du droit à l'IVG,
- La marchandisation du corps par autrui (on en connaît les abus chez les condamnés à mort en Chine qui passe avant d'être dépecé mort-vivant les examens de compatibilités tissulaires), on connaît chez nous les scandales de passe-droits et d'enveloppes pour obtenir plus vite l'organe à greffer.

Peut-on faire ce qu'on veut de son corps de son vivant? La réalité dépasse la fiction dans ce domaine!

Je pense dès lors que ce n'est pas l'euthanasie qui pose problème, mais l'être humain dans ses outrances. C'est cela qu'il faudrait encadrer.

mong 15/02/2014 11:10

Le refus de se faire prélever ses organes est pour moi un crime envers ceux qui auraient pu survivre grâce à eux. Cependant, c'est une position personnelle, je le reconnais.

Mais je persiste, et comme vous le mentionnez si bien vous même, la liberté de disposer de son corps n'est pas un absolu, ne serait ce que dans le cadre de sa marchandisation ! Cette liberté, comme toute liberté, doit s'accompagner d'un domaine de validité. Dans le cas de la marchandisation, on arguera de la dignité humaine, dont la préservation constitue un intérêt supérieur à la simple liberté individuelle.

De même, je reprends l'exemple de l'armée : l'intégrité de la Nation peut justifier dans notre société un contrôle des corps. Plus simplement, l'emprisonnement est un contrôle du corps (limité à l'intégrité physique, mais c'est une question de curseur comme la Chine le montre bien) rendu nécessaire par un intérêt "supérieur" (ici la punition, là la préservation de la société, etc...)

Toute liberté ne peux exister dans l'absolu, sauf la liberté de conscience, SI on admet qu'une contrainte physique ne peut l'influencer.

Ceci dit, je suis entièrement d'accord avec votre conclusion : tout est dans l'équilibre des libertés et des nécessités.

val-jean 14/02/2014 14:37


Le point d'exclamation après : "... notre vie nous appartient et à nous seuls !" est bien opportun aujourd'hui tant la volonté de quelques-uns de s'approrier les autres est trop souvent très
puissante. Certains parents (c'est quasiment la majorité de ceux que je connais) considèrent leurs enfants comme leurs propriétés, certains chefs d'entreprises pensent leurs employés de la même
manière et il en est encore de même des hobereaux de tous poils qu'ils soient de province ou parisiens... La volonté d'emprise est une nuisance.


Par ailleurs, cher Gérard, tu déclares que les convictions religieuses et morales seraient respectables pour et en elle-mêmes. Soit, mais que dire des convictions religieuses et morales qui ne
seraient pas morales... Les porteurs de ces convictions peuvent être respectables en tant qu'individus (femmes ou hommes) théoriquement responsables ou plutôt irresponsables mais humblement
humains, mais je vois mal le respect que devrait nous inspirer des convictions immorales voire amorales. TAF J.V.

mong 14/02/2014 11:02


«Dans ce cas comme en d'autres, notre vie nous appartient et à nous seuls !»

Ce n'est pas tout à fait vrai, il me semble. Nous ne sommes pas seuls,
nous faisons partie d'un réseau humain. Dire qu'on est humain seul n'a
pas de sens. Donc notre présence ou notre absence a une influence sur
notre environnement,  sur les autres, et doit de ce fait être pris en compte.

La mobilisation (militaire) est par exemple un droit de la République sur nos vies.

On pourrait envisager des cas où il existe un intérêt supérieur au choix de vivre ou de mourir. Par exemple, toutes les formes de suicide ne sont pour moi pas acceptable : avaler un poison qui
rendrait les organces non greffables est inenvisageable et devrait (à mon sens !) être interdit.

Si je devais résumer, je dirais qu'on ne peut pas choisir quand ou comment on meurt, juste le pourquoi. En l'absence de raison supérieure, je suis d'accord pour dire que la société n'a aucune
raison de refuser cette liberté. Mais attention à l'absolu !

Laurent 14/02/2014 10:23


Gérard,


Tu résumes parfaitement mon point de vue...


Continuons à faire avancer cette question essentielle pour vivre dignement, jusqu'au bout !

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