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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

17 Feb

Des origines du REAA...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Formation et Histoire maçonnique

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A entendre les protagonistes, c'est l'une des controverses historiques les plus apres en Franc-Maçonnerie : qui détient la patente du REAA ?

La GLDF, tenant d'une orthodoxie sur laquelle elle fonde aujourd'hui sa volonté de reconnaissance anglosaxonne, en revendique propriété. C'est d'ailleurs à ce titre qu'elle à remis patente à d'autres obédiences, notamment à la GLFF.

La réalité semble beaucoup plus complexe : qui détient légitimement la patente du REAA ?  Lorsque De Grasse-Tilly ramène le REAA de Caroline du Sud, en 1804, que se passe-t-il ?

Laurent Jaunaux publie sur son site un texte tout à fait important : le Concordat du 5 décembre 1804, protocole d'union des deux "rits", qui contient :

"Le Grand Vénérable (Roettiers de Montaleau) a fait former la voûte d'acier et a député neuf lumières au devant des respectables frères qui venaient s'unir solennellement au point central de la Maçonnerie et se confondre à jamais dans le Grand Orient de France. Le Respectable Frère de Grasse-Tilly, Représentant du Grand-Maître parvenu à l'orient, a manifesté, au nom de ses frères, le voeu d'une réunion absolue, franche et éternelle. Ce voeu, reçu par le Grand Vénérable et les Officiers du Grand Orient, a été accueilli avec l'enthousiasme de la joie et de la confiance.

.../...

Le Respectable Frère de Grasse-Tilly a prété serment entre les mains du Grand Vénérable qui, descendu à son tour du trône et que le Frère de Grasse-Tilly a occupé, a prêté le serment d'union et d'attachement au Grand Orient de France, comme unique centre de la Maçonnerie. Ce serment a été réciproquement prêté et reçu à l'orient et sur les colonnes, et les deux rits, confondus à jamais pour le bonheur des maçons, n'ont plus présenté qu'un faisceau indissoluble, heureux symbole de l'union la plus parfaite.

L'atelier a applaudi à ce double serment avec l'expression profonde du sentiment de la tendre fraternité qui animait tous les coeurs, et les frères se sont mutuellement promis amitié, fidélité au Grand Orient, et zèle infatigable pour la gloire de l'ordre." 

Ce document, signé notamment par Roettiers de Montaleau, de Grasse-Tilly et Challan, est d'une grande importance dans la mesure où il "trace" les conditions dans lesquelles le REAA a été "attaché" au Grand Orient de France.

.

1 Alexandre-Louis ROETTIERS de MONTALEAU  zReservePhotos.GrasseTilly.gif

Roettiers de Montaleau      de Grasse-Tilly

Ces deux frères, Roettiers de Montaleau et de Grasse-Tilly, sur la base de ce texte, ont placé sous les auspices du Grand Orient de France, l'exercice du REAA.

Il n'est nullement question ici de rechercher autre chose que les bases de ce que nous disons, affirmons les uns les autres, ici ou là. J'ai trop entendu de proclamations sur le REAA tellement différentes de ce que ce texte révèle ! Je ne suis pas un adepte de ce rite que je commence néanmoins à bien connaître.

Il m'a paru utile de relayer cette publication de Laurent Jaunaux.

Que le temps va être long d'ici la conférence de Roger DACHEZ, jeudi prochain, à Cadet...

 

Gérard Contremoulin

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Christophe 18/02/2013 13:54


Et comme j'ai fort fort simplifié aux risques de contorsions diverses et d'un manque de rigueur, je ne peux que conseiller la lecture du chapitre de Pierre Mollier nettement plus précis
"Naissance et essor du Rite Écossais Ancien Accepté en France : 1804-1826" paru dans "Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté en France, paru aux Éditions Dervy en 2004.


 


Pour celles et ceux passionnés de REAA, ce livre est un incontournable (de quelques obédiences qu'il ou elle soit).

Christophe 18/02/2013 10:10


Le texte de l'acte d'union a fait l'objet de récentes études historiques, il est difficile d'interprétation car celui qui en était dépositaire, Pyron, ne l'a pas transmis immédiatement, et aurait
quelque peu modifié le paragraphe qui déclare la volonté d'union du GOdF. Cette modification (car modification il y a effectivement eu, elle est attribué à Pyron, mais?) aura son importance dans
l'acte de séparation de 1805.


Là va se trouver le début de la réécriture de l'histoire.


Toujours est-il que le groupe initial "écossais" se divise, avec des va et vient (ce qui va permettre des comptages acrobatiques dans un sens ou l'autre selon le point de vue), cetains resteront
finalement au sein du GOdF et c'est la filiation GOdF actuelle. Elle fortement teinté du rite de perfection, grâce à l'influence de Haquet. C'est une très belle filiation, sans réel à coup, rien
à redire (?!)


D'autres recréeront, puis se disputeront entre eux, sommeilleront, s'exclueront, ... bref au sortir de l'époque napoléonnienne, (je simplifie!!!) deux groupes se disputeront les restes de ceux
qui avaient quitté le GOdF lors de la division de 1805: grosso modo, nous aurons le groupe Prado (avec Thory et Pyron) et le groupe Pompei. C'est ce dernier groupe que rejoint Grasse-Thilly
(éloigné parce que militaire d'active et prisonnier.)


Ce qu'on oublie au niveau des histoirens, et je trouve cela assez étonnant, c'est qu'un Suprême Conseil se base sur des Grandes Consitutions, acceptées par tous à l'époque (peu importe qu'elles
soient apocryphe), qui placent au sommet un Grand Maître à vie qui a des pouvoirs étendus. Ce grand maître, c'est Cambaceres qui n'a jamais pris position pour personne, mais dont tous ont accepté
l'autorité. Cambacérès n'a, à ma connaissance, jamais démissionné (certains ont prétendu qu'il était démissionnaire de facto avec Waterloo ? Ah bon? Il aurait dit qu'il ne s'occupait plus de
rien, mais cela ne fait pas un démissionnaire du SC), il est mort en 1824.


Et c'est là le cocasse. la faction Pompei avec Grasse-Thilly (qui n'est pas grand-maître en France, il a remis ses pouvoirs à Cambaceres, seulement grand-maître du SC des îles, remet ses pouvoirs
aux mains de Decaze (ministre et favori de Louis XVIII) qui re-crée le SC écossais (c'est ainsi qu'on l'appelait) en 1821. De façon surprenante, sur base des Grandes Constitutions, strictu sensu,
le SCdF actuel est en fait le successeur du GM Grasse-Tilly qui remet en 1821 ses pouvoirs personnellement entre les mains de Decaze, c'est à dire du SC des îles. Alors oui, c'est plus vieux que
le français, mais c'est pas vraiment français!? Son siège devrait être placé à Port-au-Prince!


 


Bref, on va encore pouvoir bien s'amuser :-)

duplay 17/02/2013 12:49


Petit ajout en forme de clin d'oeil pour les initiés. Etre un imposteur historique n'empêche pas d'être honoré. Il en va ainsi de Claude-Antoine Thory, inventeur en autre calembredaine de la
"Grande Loge Anglaise de France"....

duplay 17/02/2013 11:42


Tu as bien raison, mon cher Gérard, de rappeler les origines documentés des rites. L'histoire de la maçonnerie est aujourd'hui l'objet de recherches universitaires ou d'études sérieuses qui
permettent d'échapper aux élucubrations ou aux approximations péremptoires de "trissotins' d'autant plus suffisants que leur érudition est insuffisante.


On ne peut pas mettre fin à la danse du ventre, ridicule et indigne, d'un certain nombre d'obédiences qui veulent aguicher Brother Edward en faisant valoir leurs atours défraîchis. Libres à elles
d'entrer à reculons dans l'Histoire en reniant la liberté de conscience et en rejetant les femmes. Si tel est le prix à payer pour devenir "régulier" ou plutôt pour entrer dans les petits papiers
da la Grande Loge Unie d'Angleterre, ce qui n'a rien à voir, grand bien leur fasse. On pourra juste regretter que certains en voulant se glisser dans les soutanes des adorateurs d'un GADLU
explicitement assimilé au Dieu des chrétiens, qu'ils jettent aux orties la fraternité qui les unissait aux frères des maçonneries libérales. Mais c'est leur problème.


Face à ce bloc d'intolérance, que peut-on proposer. Le débat que tu avais lancé sur les objectifs de la maçonnerie doit être mené et approfondi. Le GODF, pour ce qui concerne la France, est un
camaïeu de Loges qui tirent l'attelage dans tous les sens politiques ou symboliques. Certaines ne se prêtent même pas à la seule obligation du règlement général de lire l'article 1° du règlement
général dans l'indifférence générale. La tâche la plus urgente des maçons libéraux est à mon sens de redéfinir le sens qu'ils accordent à la construction du temple intérieur et extérieur et
quelles sont les limites que l'on peut fixer à une souveraineté bien comprise des Loges qui ne conduisent pas à la cacophonie et à la confusion.


 

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