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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

15 Mar

Etre laïque aujourd'hui...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

MarianneGODF.jpg

Marianne maçonnique de Jacques France

Plus on approfondira la réflexion sur l'action en matière de Laïcité, plus on prendra conscience des deux conceptions, parfois difficiles à synthétiser, qu'elle peut prendre. 

Ce sont deux courants qui se sont affrontés dans l'histoire et que l'on retrouve aujourd'hui.

L'un se situe dans la droite ligne de la loi de 1905 qui prône l'indifférence de l'Etat vis à vis des églises, qui sépare les affaires publiques des affaires privées et qui garantit le libre exercice des cultes dans le respect de l'ordre public.

L'autre, fruit d'un athéïsme "militant", qui fait de l'éradication des religions, sa ligne d'action.

Je me situe nettement dans le premier. C'est la raison pour laquelle, si je suis anticlérical, je ne suis pas antireligieux. S'il est un militantisme absolument nécessaire, c'est celui qui se concentre sur le respect intransigeant des principes de la loi de 1905 !

Il est parfaitement légitime, voire philosophiquement indispensable, d'expliquer en quoi l'adhésion à une vérité révélée peut être un renoncement à l'expression de la toute puissance de l'homme et à sa capacité de raisonner ; comment cela s'oppose à la pratique du Libre Examen, à la liberté de penser. C'est du domaine de la conviction, c'est du domaine interpersonnel. C'est aussi une mise en danger personnelle, une prise de risque, celui de l'altérité.

En abandonnant sa charge de pasteur protestant, Frédéric Desmons n'abandonne pas sa foi. Il considère, quelques années avant 1905, qu'étant candidat à un mandat politique, le mélange des genres lui est impossible.

Voilà pourquoi il est utile d'essayer de percevoir les conséquences de l'élection d'un nouveau pape. Il serait difficile et surtout hasardeux de considérer que celui qui va influencer 1,2 milliard de personnes dans le monde soit une quantité négligeable !

De surcroît, il est jésuite, c'est-à-dire, particulièrement "affuté" sur les stratégies de négociation et sur les voies et moyens d'influencer les consciences... Et particulièrement celles de "son" clergé !

L'image que les médias s'ingénient à créer de lui tranche sévèrement avec toute un partie de son action passée, notamment sous la dictature de Vidéla dans les années 70. Sa conception des question sociétales (droit des femmes, IVG, contraception, mariage pour tous, homsexualité, etc.) ne correspont absolument pas à ce que les humanistes attendent des évolutions sociales. C'est justement pourquoi ils devront prendrent en compte les réponses que François le premier (puisqu'il paraît qu'il ne faut pas le nommer "François 1°) apportera et la manière dont son clergé retraduira...

Le laïque que je suis ambitionne de bien connaître ce à quoi il est confronté...

 

Gérard Contremoulin

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Commenter cet article

Klaus Fuchs 02/10/2013 11:17


Ce pape vient de prendre ses fonctions. Il a fait des avancées sur certains points, pas (encore?) sur d'autres. Je prends ce qu'il a fait (ou dit) de positif, je lui donne un temps pour
progresser sur le reste bien que je sois (très) sceptique. Et de toute façon, je me refuse toute condamnation précoce et je ne lui fais pas des procès d'intention.

DANY Roland 16/03/2013 12:14


Tout à fait d'accord avec ce commentaire. Justement, il ne faut pas confondre "anticlérical" et "religion" : le cléricalisme a été (est toujurs) un asservissement pour ses brebis; la religion
remplace le raisonnement et je préfère m'arrêter là! Quant à la Franc-Maçonnerie, elle peut amener certains de ses membres à être éclairés sur le sujet!

Christophe 16/03/2013 09:29


Le libre examen dont la définition centrale serait posée sur la liberté de pensée me semble en partie erroné.


 


Il m’apparaît que ceci renvoie à une définition ancienne, qui avait cours en Belgique durant le XIXème : celle de la primauté de la raison (de l'esprit) sur l'autorité, en ce compris la
démarche scientifique prônée par un Claude Bernard assimilé à un acte d'autorité.


 


L'évolution du concept « libre examen » me semble, du moins en Belgique, être différente. Le Libre Examen postule aujourd'hui le rejet de tout argument d'autorité dans les sciences et
la philosophie. (c'est très différent du concept de primauté de la raison.)


Quelque part, il s'agit d'une définition « anarchiste » dans sa dimension anti-autoritaire. Elle est donc anti-religieuse dans sa dimension collective, mais certainement pas
anti-déiste, ni anti-théiste dans sa dimension individuelle privée.


 


C'est donc beaucoup plus contraignant.


Et un Hector Denis dira dans sa leçon rectorale à l'Université libre de Bruxelles, qu'il rejette tous les arguments d'autorité (métaphysique et religieux), et qu'il accueillera les données du
savoir expérimental, seule manière de faire l'union des esprits, pour autant que ces données soient constamment combattues. (En d'autres termes, le savoir expérimental ne peut être à son tour
objet d'autorité.) On est en 1893 : voilà une ébauche passionnante de la méthode scientifique et de l'erreur scientifique tel que le développera Karl Popper, quasi 100 ans plus tard !


 


Il me semble que ce « libre examen » est central dans la construction de la laïcité belge. Je sais que beaucoup de nos amis français rejettent la dimension morale et philosophique de la
laïcité belge, pour ne garder que la dimension politique. Chacun ses choix ? Dans un autre post, j'avais souligné le fait que la laïcité française est née sous la troisième république qui
lui était favorable, tandis que la laïcité belge a du trouver son chemin, à la même époque, sous un gouvernement catholique unitaire, et probablement que cela a aussi modifié les chemins de la
laïcité suivi pas les deux pays.




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sous la Voûte étoilée 16/03/2013 09:42



Encore une fois, merci Christophe de cet apport utile pour se comprendre...



Jonathan JOSSE 15/03/2013 17:18


MTCF, je suis d'accord avec toi dans l'ensemble, mais je me dois deux réactions :


1er) à propos de Frédéric Desmons : il n'apas abandonné sa charge de pasteur parce qu'il pensait que le mélange des genres est impossible. Au contraire, la déclaration qu'il a faite en annonçant
qu'il abandonnait sa charge de pasteur, et que je met en copier/coller ci-dessous, démontre qu'il aurait aimé conserver sa charge pastorale et qu'il ne l'abandonne que parce qu'elle était un
prétexte pour ses adversaires politiques de l'attaquer :


« Bien que je sois convaincu que cette question de robe qu'on a si souvent agitée n'est pour beaucoup qu'un vain et futile prétexte, périodiquement agité par des habiles.


Bien que je prévoie que bon nombre de ceux qui hier attaquaient ma candidature à cause de mes fonctions l'attaqueront demain peut-être parce que j'aurai cessé de les exercer.


Bien que ma robe de pasteur, et c'est pour moi un devoir de le proclamer ici, ne m'ait jamais empêché de remplir mes devoirs de citoyen et ne m'ait dans aucune circonstance obligé à une
capitulation de conscience.


Bien que, au contraire, grâce à cette robe, pendant que sous l'Empire, toutes les bouches étaient muettes et les cœurs découragés, il m'ait été permis de répandre autour de moi, non pas
comme une plume amie et beaucoup trop bienveillante d'ailleurs l'a dit tout récemment, des sentiments d'athéisme et de matérialisme, mais bien des sentiments d'espérance, de justice et de
liberté.


Bien que j'eusse désiré, puisque cette robe avait été à la peine, de la voir également à l'honneur.


Du moment que par un scrupule de conscience que je respecte entièrement sans le partager toutefois, certains électeurs sincères et convaincus croiraient transgresser les principes
républicains en donnant leur voix au ministre d'un culte.


...à partir de ce jour, je cesse d'être pasteur... »  Extrait de la Profession de foir de Frédéric Desmons, candidat à la
députation.


 


2°) a propos de la notion d'anti-clérical : je n'aime pas cette expression elle est trop extréme. Les cléricaux sont les hommes d'Eglise. Donc être anti-clérical veux dire être anti-tout les
hommes d'Eglise. Est-ce que tous les hommes d'Eglise sont mauvais ? Faut-ils tous les confondre avec leurs églises eux-même ? Des hommes bien sensée et acquis à la Raison, il y en a partout y
compris chez les hommes d'Eglise. Etre anti c'est avoir de la haine, car celui qui est anti ne nuance pas ses propos, ni ses opinions. L'anti n'est pas un homme ou une femme de Raison, car la
Raison est par essence modéré. La Raison juge les humains individuellement, selon leurs actes et non selon leurs appartenances à tel églises, organisations ou autre.


 

réboussié 15/03/2013 12:59


les enragés de la catégorie 2  ? C'est quand ils voient ceux de la première se dire laïques en s'asseyant sur l'article 1 de la constitution et sur la loi de 1905 . On rajoute à ça les
"confusions " sur le mot socialiste ?? et on traite l'italien de comique ??? et la concurence de libre ??? les mots    les maux ...


 bien sur , réflexe mis à part , je partage , ....un certain site , mezetulle, je crois , pour parfaire nos connaissances sur le sujet ( inépuisable ? ), 12 ans pour être jésuite ? FM ? une
vie n'y suffit pas , la Franc maçonnerie universelle mêne par 1 à 0, ça se verra mieux dans ...une éternité ??? non , bien avant ...

sous la Voûte étoilée 15/03/2013 13:17



Remarquable site que celui de Catherine Kinztler, Mezetulle...


Ceux qui se disent "Laïques" et qui ne respecteraient pas la loi de 1905 ne pourraient pas être considérés dans la 1° catégorie, du moins, pas par moi... Ce seraient tout au plus des Laïcs,
c'est-à-dire des "religieux" non ordonnés, comme les diacres chez les catholiques !



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