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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

22 Apr

GODF. Le Temple Arthur Groussier renaît à la vie maçonnique !

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Obédiences

Arthur Groussier © Grand Orient de France
Arthur Groussier © Grand Orient de France
 
Figure de proue du Grand Orient de France et père du Code du travail: voici comment leGrand Orient de France résume cet Arthur Groussier dont le nom a été donné auTemple n°1 de l'Hôtel du GODF. Une exposition lui sera consacrée au Musée de la Franc Maçonnerie : http://www.museefm.org à Paris du 28 avril au 13 juillet 2011. 

Arthur Groussier en chiffres : 
  • 28 ans au Parlement
  • 50 ans à la direction du Grand Orient de France dont il est Grand Maître à 5 reprises
  • 72 ans de vie maçonnique, essentiellement dans sa Loge Bienfaisance et Progrès 

    Arthur Groussier naît à Orléans en août 1863 dans une famille très à gauche. Son père est employé des chemins de fer puis épicier. Le jeune homme fait de brillantes études, intègre l’école des Arts et Métiers d’Angers, dont il sort en 1881 titulaire d’un diplôme d’ingénieur mécanicien. Par sa profession, il devrait être du côté des "patrons"… mais il se tourne vers les travailleurs, adhère à l’Union des mécaniciens de la Seine, participe à la constitution de la Fédération nationale des métallurgistes, dont il est le premer secrétaire en 1890. 

    Du syndicalisme, il glisse vers le socialisme, et se fait connaître par de nombreuses conférences et des actions en faveur du 1er mai. En 1893, le voici candidat au nom du POSR (Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire, du typographe Jean Allemane aux élections législatives à Paris, dans le 10e arrondissement… il est élu, à la surprise générale, et appartient au premier groupe parlementaire socialiste qui se constitue cette année-là.
 

Un député réformiste au quotidien

Dès son arrivée à la Chambre des députés, en 1893, il s'implique beaucoup dans le travail technique des commissions parlementaires mais intervient peu à la tribune. Son domaine de prédilection est bien sûr celui des questions sociales qui commencent à devenir un enjeu politique. Il y fait preuve d’un réformisme sans faille, artisan d’une évolution patiente, raisonnée... et par conséquent durable. Il s’investit ainsi dans l’élaboration de la loi de 1901 sur les associations. 

Mais il a surtout laissé sa marque dans l’élaboration de lois de progrès social : sur les accidents du travail, l’hygiène et la sécurité des travailleurs, les conventions collectives. C'est à son initiative que les femmes peuvent siéger dans les Conseils de Prud’hommes. 

Son "Grand Œuvre" est bien sûr la mise en place du Code du Travail, qu’il a préparé pendant de longues années, en liaison avec le Grand Orient, et dans lequel sont rassemblés tous les textes qui assurent la protection légale des travailleurs. 

Ses multiples travaux, mais aussi sa personnalité, ont fait de lui un parlementaire respecté par le plus grand nombre. On le mesure à partir de 1917, quand il est désigné par ses pairs vice-président de la Chambre des députés, le 1er socialiste appelé à cette fonction après Jaurès. Il occupe ce poste jusqu’en 1921. 

Il joue un rôle considérable pendant la Première Guerre mondiale, mais refuse à 2 reprises d’être ministre (on lui propose l’Armement, puis le Travail). Par contre, il a été un vice-président actif du Comité de défense de Paris aux côtés de Gallieni. Provoquant ainsi indirectement la bataille victorieuse de la Marne, il est de ceux qui s’opposent avec force à l’évacuation de la capitale, réclamée par les défaitistes.
 

Un Grand Maître emblématique du Grand Orient de France de l'entre-deux-guerres

C’est le 29 mai 1885 qu’il est initié par la Loge L’Émancipation (Compagnon en février 1886, Maître en novembre 1886). En novembre 1892 il s’affilie à la Loge Bienfaisance et Progrès, dont il est longtemps le Vénérable. 

En 1907, il entre pour la première fois au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il ne quitte pratiquement pas cette instance, sauf pendant les années où les statuts lui imposent un retrait. Elu Grand Maître en 1925-1926, il le sera à nouveau pour les périodes 1927-1930, 1931-1934, 1936-1940 et apparaît ainsi comme "le" dirigeant du Grand  Orient dans l'entre-deux-guerres. 

Le charisme de Groussier dans le monde maçonnique en fera un Grand Maître beaucoup plus influent que ne le permettent d'ordinaire les pouvoirs essentiellement administratifs du Président du Conseil de l'Ordre. 

Maçon de la période héroïque de la fin du 19e siècle, il aura à cœur de maintenir le Grand Orient dans le rôle de "conscience morale" de la République et de force de proposition. Il travaillera aussi sans relâche à assurer le rang du Grand Orient de France dans le concert maçonnique européen et mondial, notamment vis-à-vis des Maçonneries anglo-saxonnes avec lequel les Français ont rompu depuis 1877. 

Il se montrera aussi un pionnier de la préservation du patrimoine culturel de la Franc-maçonnerie en enrichissant le musée et en effectuant un travail en profondeur sur les archives et la bibliothèque. On lui doit d'ailleurs, assisté de l'archiviste Romulus Feuillette, les premières études d'histoire de la Franc-maçonnerie utilisant les méthodes classiques de l'histoire universitaire. 

Mais Groussier aura aussi à faire face à la montée des périls contre la Franc-maçonnerie: l'essor des ligues et de l'extrême droite qui voient dans les Loges, le principal soutien de la République démocratique qu'elles essayent de renverser (en décembre 1935, Xavier Vallat présente un projet de loi visant à interdire la Franc-maçonnerie). 

Sous l'Occupation, le régime de Vichy promulgue les mesures contre la Franc-maçonnerie avant même les lois antisémites. On reprochera à Groussier une lettre écrite à Pétain dans le chaos de la débâcle, probablement sous la pression de l'ancien président du Conseil, Camille Chautemps, pour annoncer que les Loges du Grand Orient cessent leur activité. Groussier n'avait aucune sympathie pour Pétain et ses amis - bien au contraire et la suite des événements le montrera - mais la forme respectueuse de la lettre fut considérée a posteriori comme maladroite si ce n'est compromettante. A la Libération la "Lettre à Pétain" signée par Groussier est l'objet d'un vif débat au sein du Grand Orient mais les Frères renouvellent finalement leur confiance à Arthur Groussier.

Dans les dernières années de sa longue vie, toujours actif, il se consacre à la reconstruction d'un Grand Orient qui a beaucoup souffert de l'Occupation et de Vichy. Il meurt en 1957.
 

Source

Cet article a été rédigé à partir du dossier de presse diffusé à l'occasion de l'inauguration du Temple Groussier restauré. Il mentionne dans sa bibliographie l'article L'Homme qui n'a jamais menti de Denis Lefevre publié dans La Chaïne d'Union n°38 de 2006 (pp. 23-33). 

Lire aussi : 
 

Exposition

Musée de la Franc-Maçonnerie 
Exposition Arthur Groussier. Figure de proue du Grand Orient de 
France et père du Code du travail
 16, rue Cadet - 75009 Päris 

Du 28 avril au 13 juillet 2011. Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h.
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PRYOR Patricia 26/04/2011 18:46


il a vraiment élaboré le code du travail en liaison avec le GO? Je n'avais pas compris celà à la tenue qui lui a été consacré.


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