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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

11 Feb

"Ni de politique ni de religion ne parleras !" ...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Réflexions - Conférences - TBO

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Peut-on (et pourquoi) refuser l'interdiction d'évoquer la politique ou la religion en Loge ?

Oui, on le peut. Et c'est même sur la base de ce désaccord-là que la franc-maçonnerie mondiale s'est divisée !  

Tout d'abord, et c'est un objectif poursuivi par tous les francs-maçons au monde, il ou elle travaille à sa propre amélioration, aux conditions de son émancipation, à la maîtrise de ses passions, à l'édification de son "temple intérieur", c'est-à-dire de sa personnalité dans les différentes dimensions qui la compose.

Et la plupart, du moins en France, s'intéresse aussi à l'amélioration de la Société (le temple extérieur). C'est même pour la franc-maçonnerie libérale adogmatique un principe essentiel selon lequel on ne peut s'améliorer soi-même qu'en s'impliquant dans l'amélioration de la société. Si je ne craignais d'employer un "gros mot", je dirais que c'est une relation "dialectique"...

Comment fait-on ?

Dans le cas où l'on accepte d'évoquer ces sujets dans le cadre des travaux maçonniques, les francs-maçons, soeurs et frères, mêlent dans une réflexion commune leurs conceptions. Le fait d'oser l'altérité, d'accepter de frotter son point de vue à d'autres, pas nécessairement sur la même longueur d'onde, conduit à évoluer !

Et pourtant, en loge, on ne se fait pas face, on ne s'affronte pas, on ne dialogue pas ! La méthode utilisée ne le permet pas (litote !).

Bien au contraire, elle place chacune et chacun dans un face-à-face avec lui-même, une situation où les arguments ne sont pas des invectives, des polémiques, mais l'énoncé d'un point de vue tout autant estimable et justifié que le sien.

Cela conduit-il à faire "bouger les lignes" individuelles ? Je n'ai pas encore assez de 32 ans d'expérience (oui, 32 ans dimanche prochain !) pour l'affirmer. Néanmoins, cette méthode, typique de la franc-maçonnerie libérale adogmatique, et particulièrement du Rite Français, si elle appliquée dans toute sa dimension, permet de construire des consensus... Il faut comprendre que cette conception d'un consensus n'est pas une notion a priori qui aboutirait à nier tout échange, toute évolution mais bien au contraire cette exercice représente une construction humaine ! C'est également le cas au Rite Ecossais Ancien et Accepté, tel qu'il est pratiqué au Droit Humain.

Et lorsqu'ils estiment être parvenus à un résultat, ils organisent des réunions publiques, c'est souvent pour "extérioriser" les résultats de ces travaux ou les enrichir par l'intervention d'une personnalité profane connue pour ses travaux sur le sujet. 

Dans le cas où l'on respecte l'interdiction d'évoquer ces sujets (pour faire court : nos frères "réguliers" et ceux qui aspirent à l'être), c'est néanmoins un tel tropisme qu'ils multiplient les occasions d'en traiter à l'extérieur des loges, mais entre francs maçons ! Néanmoins ces réunions se tenant en dehors de toute forme maçonniques, échappent à la rigueur de la méthode maçonnique. Dommage.

C'est ainsi que sont nées plusieurs initiatives.

Ainsi en est-il du Club "Dialogue et Démocratie Française", fondé en 2002 et présidé par Pierre Chastanier et depuis 2011 par Patrice Hernu. C'est un cercle qui se réunit sur une base inter-obédientielle où soeurs et frères de toutes obédiences, donc, participent à une réflexion prospective sur les grands sujets de société.

Ainsi en est-il du Cercle "Franc-Maçonnerie et Société", créé en 2013 et présidé par un ancien GMA de la GLDF, Jean-Michel Dardour. Et lorsque ce cercle se qualifie de "1° Think Tank" de la franc-maçonnerie, cela laisse "un peu" rêveur.  Comme si le travail maçonnique sociétal commençait lorsque la GLDF découvre que l'on peut y réfléchir en maçons. Et qu'a fait en son temps Gustave Mesureur (1847-1925) ? Lui qui fut le 1° président(en 1901) du tout nouveau parti républicain, radical et radical socialiste (RRRS), créé avec l'appui de 130 loges du GODF, de la LDH et de la Ligue de l'enseignement... Certes, c'était au tout début de la GLDF, mais tout de même... 

Ainsi en est-il des fraternelles, ces organisations para-maçonniques qui, dans le meilleur des cas, regroupent des frères et des soeurs qui partagent un thème d'études particulier (Educ 3000), une spécialité (la Fraternelle du Rail) ou une sensibilité (le Cercle Ramadier), ce qui est acceptable et au pire, ce qui est détestable, un métier ou une corporations et des préoccupations professionnelles qui peuvent conduire au business, ce qui est assez éloigné de la quête spirituelle !

En revanche, les obédiences qui ne se font aucune interdiction quant aux sujets à aborder, peuvent dans le cadre habituel de leurs travaux mener des réflexions et mettre en place des commissions internes qui produisent régulièrement des travaux régulièrement publiés.

Ainsi de la "Commission Nationale de Santé Publique et de Bioéthique" du GODF ou encore celle du DH ou la "Commission Laïcité" de la GLFF...

Que faire aujourd'hui ?

La résurgence de l'anti maçonnisme et d'une manière générale de la contestation des valeurs des Lumières posent aux francs-maçons de toutes obédiences, acceptant ou refusant d'èvoquer les sujets politiques et religieux, pose la question de leur riposte car les valeurs républicaine et les libertés fondamentales sont en cause.

Et j'attire l'attention de celles et ceux qui trouveraient ces propos exagérés, mélos, voire grandiloquents, que c'est précisément au moment où un tel mouvement est encore naissant qu'il faut en profiter pour engager la riposte. Après, il risque d'être tard !

 

Gérard Contremoulin

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valentini 28/03/2014 12:21

ni qui ni quoi, en route !

Ni chèvre ni chou
y es-tu ?
Ni figue ni raisin
plouf !
Ni ouaf ni miaou
ronron !
Ni chaud ni froid
oui-da ! Marre !
Niche nichon
couché !
Ni oui ni non
allô !
Nid de poule ni d'aigle
alouette !
Nid d'Ève ni d'Adam
d'acier !
Ni vu ni connu
hue !
Ni bar ni blues
peep-show ?
Ni long ni bas
jambe de bois !
Ni trop ni trou
boum !
Ni go ni stop
a cop !
ni veau ni vache
bouse !
Nixe nixe
los ! Os maous !
Ni jacques ni Jacques
le bazar !
Nyx nox nyctalope
nique ta mère !
Ni trou-de-balle ni balai de crin
bio-plouf ?
Ni pomme ni poire
pépin ?
Ni queue ni tête
coupé !

Car ni le lilas croît
ni la rose ne pousse
comme Rose et Lila
et rousse et brune
mais non sur la lande
en grosses plates bandes
Oui ! sans notaire !
en bas de chez moi


Alors que jeff

Non, Jef, t´es pas tout seul
Mais arrête de pleurer
Comme ça devant tout l’monde
Parce qu´une demi-vieille
Parce qu´une fausse blonde
T´a relaissé tomber
Non, Jef, t´es pas tout seul
Mais tu sais qu’tu m’fais honte
A sangloter comme ça
Bêtement devant tout l’monde
Parce qu´une trois quarts putain
T´a claqué dans les mains
Non, Jef, t´es pas tout seul
Mais tu fais honte à voir
Les gens se paient not’ tête
Foutons l’camp de c’trottoir
Viens, Jef, viens, viens, viens!
viens jeff ! Allez jeff !

Allons au bar-tabac
faire un constat
de dégâts des eaux
La rose et le lilas
c'est pas pour toi
Toi t'es doux comme
un agneau sur le Marché
et fort comme un pilier
des colonies-nids
sans moule ni crevette
ni viet ni soviet
Toi t'as grosse langue
et large assiette
T'es le gars de la Marine

déodorante !

Animus 15/02/2014 13:27

Le G.O. ne peut-il pas s'occuper... du G.O., sans donner de leçons aux FF. de la GLDF ?? Et G. Contremoulin peut-il vivre sa maçonnerie sans critiquer celle des autres ? Mon frère (de sang) est au G.O. et sa maçonnerie n'est pas la mienne... mais elles nous plaisent respectivement.

Animus Maçonicus 19/02/2014 05:28

Ce sera le choix et le vote de notre convent. Et non celui du G.O. Donc, une nouvelle fois, laissez-nous vivre notre maçonnerie et de grâce, évitez toute leçon. Les Loges de la G.L. sont suffisamment grandes et indépendantes pour dire ce qu'elles pensent des demandes des 5 Grandes Loges de Bâle.

Notre TRGM Marc HENRY a d'ailleurs toujours été très clair sur la question : seul le Convent peut décider de rompre les relations avec le G.O. Aujourd'hui, ce n'est pas fait. Et je ne crois pas que les FF. de la G.L. acceptent cette rupture

sous la Voûte étoilée 16/02/2014 04:08

Gérard Contremoulin ne parle qu'en son nom.
Ensuite, il s'interroge sur le processus de Recomposition du Paysage Maçonnique en cours parce qu'il contient l'obligation pour la GLDF de "rompre sans ambiguité avec les obédiences irrégulières" (Déclaration de Bâle).
Enfin il s'intéresse effectivement à ce processus car il touche à l'ensemble de la Maçonnerie Française.
Et c'est bien là la question que beaucoup de francs-maçons se posent aujourd'hui : qu'elle sera la réponse du convent de la GLDF à la question que les 5 de Bâle viennent de reposer pour la 2° fois !

mong 13/02/2014 19:23


Juste un petit mot sur une expression qui m'agace un peu : il n'y pas, par définition, de consensus mou.


Il y a des compromis mou, mais le consensus parle de ce qui se rapproche le plus d'une vérité, et en ce sens est dénué de toute affect. Ainsi, le travail de maçon, qui est la
recherche de la vérité, va chercher le consensus non pas pour satisfaire tout le monde mais comme outil, pour se faire une idée de sa distance à une réalité, une vérité, qui serait indépendante
de celui qui l'exprime.


Le processus maçonnique, consensus compris, est donc d'une violence potentiellement extrême, car il peut mener à la découverte de choses sans tenir compte des sentiments et des sensibilités de
chacun.


En corollaire, on pourra donc également affirmer qu'un des pires ennemis du FM est le compromis mou, qui pour ne pas heurter est prêt à sacrifier la recherche de la vérité.

Dantes 13/02/2014 10:36


C'est une belle analyse. Le fait est est que les loges du GODF, et d'autres obédiences, peuvent faire un travail d'une grande qualité sur le plan du rite et du symbolisme d'une part, et discuter
du sujets de société d'autre part.
Sur le plan du symbolisme ou du respect des rituels, les maçons du GODF n'ont rien à envier aux autres obédiences qui se déclarent régulières. A ce titre, il est amusant de constater que certains
frères "réguliers" peuvent considérer que les loges du GODF ne respectent ni le rituel ni le symbolisme... C'est une généralité mensongère.
Le fait que des questions politiques, religieuses, sociétales soient discutés en loge, je considère que c'est une véritable richesse car la méthode maçonnique permet de les aborder de manière
très constructive. En cela, les loges du GODF me semble à la fosi respecter la "tradition maçonnique" tout en étant dans leur époque...
Que peut-on regretter ? Sur le plan des discussions sur des sujets sociétaux : le fait que les travaux ne soient pas assez exploités et restent au niveau des loges, parfois la pauvreté des
discussions sur certains sujets ou le sentiment qu'il vaut mieux se rendre dans des conférences ailleurs pour réellement apprendre sur tel ou tel sujet... le fait que le sociétal puisse prendre
une part trop importance dans la vie d'une loge, car à mon sens, l'équilibre est nécessaire.
Rien n'est jamais parfait, nous ne sommes que des hommes.

 

Fabrice 12/02/2014 17:51



Bacot 12/02/2014 15:43


39 bientôt,  pour ma pomme, p'tit jeune, bona nniversaire aussi et tout à fait d'accord avec cette analyse. Il en est qui ne veulent en loge des discussions qu'ils organisent au dehors,
voire qui ne veulent pas de la moitié de l'humanité, mais l'invitent hors loge. En rire, ou en pleurer?

val-jean 12/02/2014 13:47


La recherche du consensus mou ne peut pas être une finalité maçonnique me semble-t-il, surtout lorsqu'il s'agit de le construire autour du discours politique politicien dominant. De mon point de
vue, le Centre de l'Union ne peut pas être le pieu à moules des indécis ou des idéologues hypocrites et cyniques. La politique, au sens philosophique du terme, est incontournable. Sa pratique est
nécessairement vertueuse dès lors qu'il s'agit d'organiser la vie en commun pour le bien de tous. Me trompe-je ?

Fabrice 12/02/2014 12:02


La Franc-Maçonnerie n'a jamais interdit à ses membres de contester l'ordre établi. Je vous renvoie à l'article II, 2e alinéa, des Constitutions
d'Anderson (1723) qui énonce :


"Aussi, si un Frère devenait rebelle envers l'État, il ne devrait pas être soutenu dans sa rébellion, quelle que soit la pitié que
puisse inspirer son infortune; et s'il n'est convaincu d'aucun autre crime, bien que la loyale confrérie ait le devoir et l'obligation de désavouer sa rébellion, pour ne provoquer aucune
inquiétude ni suspicion politique de la part du gouvernement au pouvoir, il ne peut pas être chassé de la Loge et ses relations avec elle demeurent indissoluble."


La Franc-Maçonnerie ne conseille pas la rébellion. C'est entendu. La loge ne doit pas encourager davantage le frère qui contesterait l'ordre établi
pour la protection et la tranquillité des autres frères. Ce faisant, le frère rebelle conserve un lien indéfectible avec sa loge.


Depuis les débuts de la Franc-Maçonnerie spéculative, l'Ordre reconnaît à chacun le droit de désobéir au magistrat civil.


Pour le reste, discuter politique et religion en loge est une affaire de choix. Je comprends les raisons de cette interdiction qui sont dictées par
la méfiance des pères fondateurs de la Franc-Maçonnerie à l'égard de tout ce qui peut diviser les frères. Généralement, les débats politiques et religieux sont de piètre qualité en loge. Rares
sont les frères capables de mener une discussion sereine sur des sujets de société, surtout lorsqu'on pense différemment d'eux. Tant que cela reste dans le consensus communément admis, cela ne
pose guère de problèmes. Mais dès qu'on sort des sentiers battus ou du discours dominant (par exemple sur la Laïcité), cela dégénère vite. On est vite soupçonné de cléricalisme.


En 22 ans de maçonnerie, j'ai appris à me méfier des proclamations tonitruantes des Obédiences qui s'expriment souvent inconsidéremment au nom de
leurs membres qui ne leur ont rien demandé. Quand on proclame la liberté absolue de conscience, il faut effectivement la garantir sinon cela devient un slogan. Il faut donc effectivement limiter
autant que possible les prises de position et les communiqués de presse qui, à force de se banaliser, finissement par perdre de leur valeur.


Pour causer politique et religion, il y a les partis et les églises, voire quantité d'associations profanes. Que les frères les investissent
!

Christophe 12/02/2014 08:04


Bon anniversaire, petit jeunet :-)


Politique, religion en Loge: mais on a toujours fait cela, depuis que la maçonnerie existe.


En fait, l'interdiction, non pas d'en parler, mais en réalité de contester l'ordre établi, empêche l'évolution de la FM.


On voit ce que cela donne: une chute vertigineuse des maçonneries dogmatiques, incapables de prendre en compte les aspirations actuelles de nos sociétés. Le spectacle lamentable de la maçonnerie
française dogmatique et/ou de ceux qui veulent le devenir.


Pour cela le GOdF, malgré des couacs certains, reste exemplaire.


Cependant, c'est une obédience? Mais, c'est une obédience, faite de Loges. L'obédience n'est tout compte fait que ce qui fédère, et donc ce que ses loges en font (du moins faut-il l'espérer).


Politique, religion? un bel exemple. Lorsque la Loge (GOdF) de Marius Lepage reçoit le jésuite Riquet en 1961, c'est un acte politico-religieux de première importance (parfaitement voulu et
assumé) ... 2 ans plus tard, Marius Lepage rejoint la GLNF. Entre les deux, des réactions en sens divers au sein du GOdF, et l'applaudissement unanimes des "traditionnels".


Donc tous font de la politique et de la religion ... qu'est-ce qui distingue le GOdF, le DH et d'autres à ceniveau: c'est la discussion ouverte: c'est l' a-dogmatisme comme point de rencontre
(a-privatif qui respecte chacun dans ses idées et croyances).


A partir de là, avec une triangulation bien respectée, et l'absence de conclusion uniforme, le loge peut devenir un laboratoire où les idées de chacun se confrontent et se construisent, dans le
respect de la diversité,  toujours avec l'a-dogmatisme comme centre d'union.


Ensuite, selon affinité, cetaines loges discuteront plus de religion et de spiritualité, d'autres plus de sociétal, d'autres de politique, d'autres de culture, d'histoire, d'autres un mixte de
tout, etc.


 


L'obédience, fédération de loges, peut alors évoluer dans la société où elle s'inscrit.


 


C'est aussi simple que cela ... une mécanique délicate cependant!

val-jean 12/02/2014 00:30


Bon anniversaire mon très cher Gérard. Merci pour la lucidité que tu nous proposes. Il est temps, en effet, de réfléchir à la progression des idées anti-républicaines qui germent depuis trop
longtemps déjà. Les débats autour des éléctions municipales prochaines sont une belle occasion d'évoquer ces questions effrayantes qui nous concernent tous. La Maçonnerie ne doit jamais être le
refuge de l'hypocrisie et du refus de la lucidité. L'histoire ne doit pas rester stérile. Les Francs-Maçons ne peuvent pas ne pas voir.

sous la Voûte étoilée 12/02/2014 02:24



Merci mon très cher Jean, compagnon de bien longues années... Bon courage à toi



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