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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

18 Feb

La scientologie aurait produit un faux...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Dérives sectaires

Auteur : Eric Lombard  - Source : Ouvertures

 

A l’occasion de la publication le 14 février 2011 par le New Yorker d’un long article suscité par le départ de Paul Haggis de l’Eglise de scientologie, son auteur s’est confié à Fresh Air, une radio américaine du réseau public NPR. Ce qu’il dit est intéressant à plus d’un titre : par ce qu’il a découvert et par la solidité des faits rapportés.

New Yorker The Apostate
« L´apostat » Paul Haggis, dans l´article du New Yorker.

Bien que moins connu que Tom Cruise ou John Travolta, le canadien Paul Haggis est une personnalité d’Hollywood. A son actif, la réalisation du film Crash (Collision) et le scénario de Million dollar baby de Clint Eastwood. Haggis a quitté la Scientologie en 2009 après 35 ans au cours desquels il avoue ne s’être jamais  trop posé de questions.

 Les rares journaux français qui ont couvert l’enquête du New Yorker se sont focalisés sur les accusations de « l’apostat » contre la Scientologie [1], classée  comme une « secte » en France [2], mais reconnue comme religion aux Etats Unis.

Mais l’enquête du New Yorker, orchestrée par Lawrence Wright, a également permis de trouver des éléments très convaincants suggérant que le charismatique fondateur de l’Eglise, Ron Hubbard, a menti sur sa propre histoire et l’origine de la Dianétique [3].

 

Des faits soigneusement établis par une équipe de « fact checking »

Lawrence Wright a expliqué à Fresh Air que le New Yorker avait appointé cinq « fact checkers », mot à mot des vérificateurs de faits, qui ont envoyé 971 questions à l’Eglise de scientologie avant la publication de l’article. Autant par  déontologie que pour se protéger d’éventuels procès. Et en septembre 2010, l’auteur de l’enquête, une partie de l’équipe de « fact checkers » et le rédacteur en chef du New Yorker, ont rencontré le porte-parole de la Scientologie, Tommy Davis, accompagné de sa femme et chargé de 47 classeurs de documents. La réunion a duré 8 heures, en présence des avocats des deux camps. Selon Wright, la partie la plus intéressante s’est jouée autour du dossier médical de l’ancien officier de marine.

 

 Ron Hubbard auto-guéri de blessures de guerre inconnues des archives militaires

Lors de la Seconde guerre mondiale, Ron Hubbard a servi dans la marine américaine et écrit plus tard qu’il avait été sérieusement blessé dans une bataille : « Rendu aveugle par une atteinte des nerfs optiques, et handicapé par des blessures physiques à la hanche et dans le dos à la fin de 2e guerre mondiale, mon avenir était très compromis. Considéré comme un impotent  incurable, j’ai été abandonné par ma famille et mes amis » ("Ma philosophie").  Il ajoute qu’il s’est guéri lui-même, alors qu’il végétait dans un hôpital militaire, en utilisant des méthodes qui deviendront le fondement de la Scientologie.

Ces allégations d’Hubbard sont depuis longtemps contestées : il n’aurait pas été blessé pendant la guerre. Wright rapporte que Davis aurait dit au début de la discussion, avec beaucoup d’émotion dans la voix : « Naturellement, c’est un fait que si M. Hubbard n’a jamais été blessé pendant la guerre, alors il ne s’est jamais guéri lui-même avec les principes de la Dianétique, alors la Dianétique est basée sur un mensonge et alors la Scientologie est basée sur un mensonge. La vérité est que M. Hubbard était un héros de guerre ».

 

Les explications embarrassées de la Scientologie


Le document officiel des archives militaires concernant
Ron Hubbard.

Sans rentrer dans les détails, Davis reconnait que certaines pièces du dossier médical de Hubbard ne semblent pas confirmer ce qu’il disait de son vivant et que cela les avait perturbés. Ils avaient alors fait appel à un certain Fletcher Prouty qui avait conclu que Hubbard avait appartenu aux services secrets et que son dossier avait été manipulé, qu’il y avait deux jeux de documents.

Après la réunion, Davis a fait parvenir à Wright un document supposé confirmer l’héroïsme de Hubbard, une « notification de séparation » de la marine (une sorte de décharge administrative).

Ce document spécifie les médailles attribuées à Hubbard, parmi lesquelles un « Purple Heart » (médaille accordée aux blessés ou morts à la guerre) avec une palme, signifiant qu’il aurait été blessé par deux fois sur le champ de bataille.

Mais Wright s’est fait confirmer par l’Ordre du « Purple Heart » que la marine n’utilise pas de palmes, mais des étoiles pour indiquer des blessures multiples. Davis avait également joint une photo des médailles que Hubbard prétendait avoir reçues. Mais l’enquête a montré que deux de ces médailles n’ont été créées qu’après la fin de son service.

 

Une « notification de séparation » différente de celle des Archives nationales

Le New Yorker a alors demandé aux Archives nationales de Saint-Louis (Missouri) l’intégralité du dossier militaire de Hubbard : plus de 900 pages. Nulle part il n’y est fait mention de blessure de guerre, ni que Hubbard ait appartenu aux services secrets (NDLR : Si cela avait été le cas, cela aurait été porté au dossier, car aux Etats-Unis, les informations secrètes sont normalement déclassifiées au bout de 25 ans).

Wright y a trouvé une notification de séparation, mais notablement  différente de celle fournie par Davis. Entre autres différences (qui peuvent être visualisées sur une infographie en annexe de l’article du New Yorker), le document officiel  parle de 4 médailles, mais sans distinction ni bravoure particulière. Enfin, le signataire du premier document, un certain Howard Thomson, est totalement inconnu au bataillon. Tout cela fait dire à Eric Voelz, un archiviste ayant travaillé 30 ans à Saint-Louis, qu’il s’agit d’un faux.

L’Eglise de Scientologie, informée de ces trouvailles, a répondu au New Yorker que « rien dans le document fourni ne permettait de mettre en question sa validité ».  Et le communiqué publié par la Scientologie après la parution de l’article ne revient pas sur ce différend.

 

[1] Voir par exemple l’article du Figaro : La Scientologie soupçonnée de mauvais traitements 

[2] La commission parlementaire n°2468 a publié en 1995 une liste de 173 mouvements jugés sectaires sur laquelle figure la Scientologie. Cette liste très controversée, a été officiellement abandonnée par la circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires.

[3] La « Dianétique » est une méthode d´éveil spirituel ou de développement personnel. Elle vise à l´identification et la réduction systématique d´images mentales négatives inconscientes nommées engrammes (Wikipedia).

 

Source : http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=20737

 

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