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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

26 Sep

Laïcité, les mots qui font le débat...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

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Laïcité ou Laïcisme, laïcité tout court ou laïcité avec un adjectif, anticléricalisme ou antireligion, liberté de conscience ou prosélytisme, intimité ou ostentation, sphère publique ou sphère privée, les termes font florès pour témoigner du débat qui règne sur la LAÏCITE.
 
Ils illustrent un siècle d'histoire issu de la loi de séparation et de l'immense opposition entre une conception osmotique de l'église catholique avec l'Etat sans les autres religions ou une conception séparée de ces églises (pour ne pas dire religions) et de l'Etat.
 
La République française est encadrée par une Constitution qui en établit le caractère Laïque. Il n'est pas déraisonnable d'en attendre que les élus, quels que soient leurs mandats, en respectent les principes et s'abstiennent de manifestations, de tous signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions.
 
Pourtant, on a vu Nicolas Sarkozy, dans l'exercice de ses fonctions, ministre et Président, se signer en public lors du baptême d'un bateau et le staff administratif (préfet en tête) faire de même et lors d'une réception au Vatican !
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 Au nom de la Laïcité, l'extrême droite et ses pseudopodes comme Riposte Laïque, les identitaires et autres fondamentalistes cathos s'attaquent aux "musulmans" au prix d'un amalgame insupportable entre les différentes tendances interne à l'Islam, les fondamentalistes islamiques (salafistes, wahhabites) et les musulmans sunnites, majoritaires.
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Et nombre de militants laïques authentiques et sincères sont sensibles, parfois, à ce type d'argumentaire lorsqu'on leur présente une vision partielle ou simplement factuelle. Ainsi, les prières de rue de la rue Myrrha dans le XVIII° arrondissement de Paris ont révulsé nombre d'entre eux.
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A juste titre.
 
On attend d'eux qu'ils aient les mêmes répulsions à l'égard des démonstrations du Dr Dor et son associations "SOS Tout petit" devant l'hopital Tenon, centre IVG,
également condamnables ?
 
On pourrait aussi évoquer les "Ostensions" limousines, les diverses processions pascales, celles des "Pénitents"...
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De sorte que celles et ceux qui se sont mobilisés contre l'occupation de l'espace public par les prières de rue des musulmans devraient également s'insurger contre les manifestations ostentatoires dans l'espace public des fidèles des autres religions. Ils gagneraient en crédibilité et en "bonne foi". 
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Car la Laïcité n'est pas une croyance, encore moins le moyen d'en défendre une contre les autres. La Laïcité est l'outil qui permet la liberté de conscience. Elle est l'outil qui permet toutes les manières de penser, d'appréhender la liberté de l'autre avec bienveillance. C'est ainsi qu'il existe au sein même de la famille laïque deux courants de pensée, assez distincts au point qu'ils s'affrontent à fleurets plus ou moins mouchetés depuis un siècle.
Celui qui revendique l'éradication des religions et celui qui prône la neutralité envers les religions dès lors qu'elles respectent le principe de séparation des sphères publique et privée, c'est-à-dire qu'elles restent dans le domaine intime des consciences personnelles.
   
Ce qu'il faut bien appeler la division du camp laïque apporte de l'eau au moulin des différents opposants à la laïcité républicaine. Elle sert l'utilisation, voire la stigmatisation des "laïcards" ou des "laïcistes". Ne faut-il pas, là aussi, réunir ce qui est épars ? Ne faut-il pas s'ingénier à chercher les voies d'une conception cohérente par exemple de l'action publique en commençant par lutter contre les coups de canif donnés dans la loi de 1905 par le Conseil d'Etat dans 5 arrêts rendus simultanément, le 19 juillet 2011. Ce blog a développé ces atteintes dans le report d'une conférence faite à Aurillac en décembre 2012.
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Aujourd'hui, le dernier livre de Claude Askolovitch relance la controverse ici et ici. On a même droit à un utile retour sémantique sur les sens du mot "laïque".
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Et vous, où en êtes vous dans ce débat ? 
   
Gérard Contremoulin
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mong 27/09/2013 15:07


Quelle drôle d'idée de lier laïcité et territoire ?

Si la laïcité fait partie de l'identité française, cela ne signifie en
rien que ce qui est laïque est français ! Il me semble au contraire que
la laïcité est une valeur émergente d'autres valeurs, entre autres
République, Droits de l'Homme, et démocratie.

Nul besoin de nation ici (avec ou sans majuscule), d'identité, de
souveraineté nationale ou de « données irréfutables » (tiens, des
sondages !).

Vous noterez également que quand vous affirmez savoir ce qu' « est
votre peuple », vous contrevenez à cette fameuse liberté absolue de
conscience que vous chérissez tant : comment pouvez vous caractériser
quelqu'un autrement que par ce qu'il choisit pour se définir ?

A partir du moment où vous attribuez des causes à l'être, causes
indépendantes de ce que l'individu décide, vous supprimez sa liberté
absolue de conscience.

Inutile je crois de continuer à relever les erreurs et autres
contre-sens de ce texte : j'imagine que vous l'avez posté pour nous
montrer comment on peut détourner une valeur noble pour en faire un
instrument de propagande anti-humaniste ?

Albarèdes Robert 27/09/2013 11:43


Texte écrit dans "Riposte Laïque" le 9 décembre 2011 et explicitant ce qu'est Riposte en matière de laïcité


 


 


LA 
LAICITE,  UNE  VALEUR  SURE  A  PROTEGER …


Véritablement institutionnalisée par la loi de « Séparation des Eglises et de l’Etat » du 9 décembre 1905, la laïcité élaborée par un lent
processus historique propre à notre peuple, à son territoire, à ses modes de pensée, à son expérience, trouve sa consécration quand elle apparaît nommément dans le préambule de notre Constitution
de 1958 …


…Et surtout, elle fonde le socle sur lequel notre démocratie s’installe, et participe
de notre identité française autant que les valeurs essentielles de liberté et d’égalité (de fraternité aussi) reprises par la devise de la Nation.


Aussi n’est ce pas une surprise de voir, dans un récent sondage publié par
« Paris Match », être plébiscitées toutes ces valeurs, auxquelles notre peuple, consulté par ce biais, a ajouté celle de la responsabilité,
du travail, … et de la Nation ! (1)


Portée par 81 % d’opinions favorables, la laïcité apparaît comme un essentiel dans
lequel se reconnaît le peuple de France, qui, de plus, y associe pleinement la reconnaissance de son organisation en Nation Française ( 81 % pour !).


Ces données, irréfutables, montrent à l’évidence qu’ici, à « Riposte Laïque », nous parlons au peuple de France dans ce qu’il a de plus fédérateur, de plus conforme à son histoire, de plus fécond, de plus
ouvert à ce qui est son véritable avenir : le renforcement de l’espace laïque qui le rassemble et le fait vivre, le confortement de la pratique démocratique qui l’organise, la consolidation
de la souveraineté nationale qui lui permet de garder sa liberté et son identité.


Est-il besoin d’ajouter que nous sommes à l’opposé de la voie que tracent à notre
peuple les « zélites autoproclamées », de « droite comme de gauche », qui lui préparent un avenir dilué dans un espace européen technocratique, soumis aux oligarchies
financières, communautarisé autour de religions obsolètes, « atlantisé » derrière l’empire US ?


Est-il besoin de répéter que notre discours, parce qu’il s’appuie sur ce qu’est notre
peuple, sur les valeurs qu’il agrée, ne s’adresse ni aux intellectuels des salons parisiens, ni aux commensaux des tables médiatiques, ni aux prébendiers des partis, syndicats, associations
humanitaristes autoproclamées « anti racistes », dont toute l’énergie est consacrée à nous préparer un pays soumis aux diktats financiers et mondialistes, un espace sociétal soumis aux
lois communautaristes, une pratique individuelle abandonnant le libre arbitre pour se soumettre à l’aliénation d’idéologies rétrogrades ?


Est-il besoin d’insister sur les dangers pressants que fait courir à notre
démocratie, à notre mode d’organisation et de fonctionnement laïque, à nos valeurs historiques, le processus d’islamisation galopante enclenché aussi bien par les tenants de cette religion-
projet politique importée que par la caste politicienne et la caisse de résonance médiatique et bien pensante qui lui ouvrent le chemin ?


Car personne, en toute bonne foi ( !), ne peut nier que l’islam, plus projet
politique de domination d’une idéologie étroite que religion, est à l’opposé de ce que sont nos valeurs primordiales…et en particulier de la laïcité dont nous célébrons, en ce 9 décembre 2011,
« la naissance » il y a 106 ans…


En
effet, le premier principe fondateur de la laïcité est la liberté de conscience reconnue à chacun, c’est-à-dire le droit de croire ou de ne pas croire, le droit de ne plus croire ou de changer de
croyance, le droit à l’apostasie… Corollaire de cette liberté de conscience : la liberté de penser et de dire, d’analyser et de critiquer, de se moquer et de blasphémer… Autre
corollaire : il appartient à l’Etat laïque de permettre à la liberté de conscience de s’établir et de se fortifier en procurant à tous, par le biais de l’instruction publique, l’autonomie de
jugement et la culture universelle qui lui fournit ses repères, bref en permettant à chacun d’être une conscience libre.


A-t-on
besoin de prouver ici que l&rsq

réboussié 27/09/2013 09:33


si on prends la laïcité par le bout philo, dans 20ans , on en sera encore à papoter , ..et moi aussi bien sur ...mais entre gens de bonnes moeurs , quoi de plus plaisant que de chercher son
chemin dans le plat de spaguettis .


Le problème , c'est la confusion ...on parle polis , gestion de la cité , l'autre répond philo ...les pompiers sur l'accident de la route papotant allègrement sur les mesures de préventions
susceptibles de limiter les distances d'arrêt des bus sous la pluie ......


on a une loi qui dit parait il que la république ne finance .....si mes souvenirs sont exacts, le politique décide ......et le percepteur signe le chèque ????? voir les règles de la comptabilité
publique .....


l'état de droit , c'est quand les règles sont ignorées ??? seulement , un jour , demain peut êrtre , le raz le bol aidant , la surdité ou l'autisme en renfort , on dira stop .....quand j'écoute
Le ministre de l'intérieur sur les Roms , ... je me dis qu'il doit avoir un sondage (confidentiel défense pas triste ...) sur les prochaines élections , mais le dernier référendum sur l'Europe ,
et la suite politique ....... la condamnation du FN , c'est comme les panneaux "défense d'entrée pour les sangliers devant les champs de patates en cevennes ....mais on dit aussi chez nous qu'on
ne fait pas boire un ane qui n'a pas soif , surtout avec en plus un régime de retraite très particulier ......on est la pour tout voir , alors , autant en rire ....

Lebeau 26/09/2013 22:43


Il faut que l'on s'entienne à la définition la plus neutre possible, en assurant tout à la fois la neutralité de l'état envers les églises et la neutralité de celles-ci envers l'état. Il faut
éviter à tout prix de donner l'impression de s'en prendre aux convictions profondes des gens: hélas, pour cela, il nous manque un mot, le mot religion désignat tout à la fois la relation
individuelle à une transcendance et l'ensemble de ceux qui pratiquent la même transcendance. Peut-être faut-il tout simplement parler de religion personnelle et de religion partagée. Personne
n'aurait une idée, par hasard? Car si nous devons réunir ce qui est épars, nous avons les religions à réunir puisqu'elles sont éparses...Et après tout, nous avons des luttes communes à mener,
indépendemment de nos croyances ou non croyances: pauvreté, massacres, tyrannies ne manquent pas. Et luttant ensemble, on serait plus fort.

mong 26/09/2013 09:28


BRP (Bruno Roger-Petit) a su montrer par son article l'étendue de son ignorance, tant philosophique qu'historique.
 

Il y avait longtemps que je n'avais lu une prose aussi persuadée de sa légitimité à énoncé des grandes vérités en faisant semblant d'ignorer qu'elle sait si peu.
 

Le billet de L'abeille et l'architecte remet heureusement les choses en perspective !
 

J'aurais aimé cependant que ce dernier billet approfondisse les différences suivantes :
- la morale,
- la loi (l'éthique d'Etat, au sens hégelien),


le tout mélangé à :
- l'espace public,
- l'espace privé.


Il me semble (mais d'autres me contrediront peut être) que la laïcité, sans entrer dans une polémique sur le concret, c'est avant tout un mode de gestion de l'espace public.


Elle ne repose en rien sur des qualités individuelles (type tolérance, ou liberté de conscience), ni sur des qualités individuelles copiées au niveau de l'Etat (type tolérance dans l'espace
public). Elle place un curseur entre les libertés individuelles (pratiques personnelles) et le respect des autres via l'espace public. Le positionnement de ce curseur, forcément arbitraire, est
fixé par voie démocratique.


L'autre source de confusion repose sur le concept d'espace public. Si BRP ne le comprend pas, ce n'est pas une raison pour nous mettre à son niveau, et nous pouvons essayer de le définir en
prenant en compte l'Autre : un espace public c'est un espace où on peut croiser quelqu'un.


 
Comment définir ce qui est acceptable ? Certains revendiquent une liberté absolue de comportement et de parole (donc d'habit) dans l'espace public. Les tenants réels de la laïcité savent que
cette demande entre en contradiction potentielle avec le respect d'autrui, et soumettent ces libertés au respect de l'ordre public (cf. texte de loi 1905). Ainsi, les éléments de morale
arbitraires peuvent intégrer la loi sous la forme de débat démocratique. Par exemple, si demain ma religion m'impose de me promener dans la rue les parties génitales à l'air, ou avec une arme
automatique, doit on m'en empêcher (oui !), et si oui au nom de quels principes ?


 
Les seuls principes acceptables (rationnellement) sont ceux qui prennent en compte la sensibilité d'autrui. Mais si on accepte de prendre en compte qu'il faille faire attention aux sensibilités
des autres, que dire de ceux qui sont choqués par les signes religieux, que ce soit parce que ce n'est pas leur religion, ou parce qu'ils estiment que c'est un avilissement de la raison humaine
?

 
En résumé, parce que je ne vais pas faire une planche complète, le principe de laïcité est une innovation législative qui n'est pas encore tout à fait mûre. Je m'explique : la Loi a depuis
toujours été construite sur le mode des 10 commandements, en commançant par "Tu". Il s'agit donc de restrictions posées à un comportement individuel.
La laïcité n'est pas un règle sur un comportement individuel, mais un principe basé sur les Autres ! Ce sont les Autres qui déterminent ce qui est accceptable ou non. Ce paradigme est nouveau,
difficile, et n'a à mon sens toujours pas trouvé de formulation correcte dans notre cadre législatif. Cependant, comme je n'ai rien de mieux à proposer... :-)

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