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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

24 Feb

Le Président de la République, les cultes et l'Etat.

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Laïcité - Religions

Le Président de la République, les cultes et l'Etat.
Le Président de la République, les cultes et l'Etat.

La loi du 9 décembre 1905 institue un principe clé de la République : la Liberté de Conscience.

Article 1. - "La République assure la Liberté de Conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."

Depuis, ce principe guide l'attitude et les actions des pouvoirs publics vis-à-vis des cultes à chaque niveau de responsabilité, de la commune au sommet de l'Etat. Il stipule l'indifférence totale de l'Etat vis à vis des églises et de leurs cultes.

Article 2 - "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1° janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées au libre exrecice du culte."

Cet article 2 donne la liste exhaustive des dépenses autorisées par dérogation. 

 

La France est une République Laïque.

Constitutionnellement, la République Française est "laïque, démocratique et sociale". Elle ne réprouve ni ne glorifie aucun culte, elle se doit d'être indifférente à tous. Force est de constater que ce n'est pas le cas, y compris pour celui qui en est pourtant le garant !

 

François Hollande entretient avec les cultes une relation qui ne respecte pas le principe ce séparation.

Le chef de l'Etat est le garant de la liberté de Conscience. Il ne peut sous quelque raison que ce soit, diplomatique ou oecuménique, s'en abstraire. Il se doit, en toutes circonstances, de faire valoir l'identité de la République Française, de toute la Nation et non d'apparaître à la remorque de l'une ou l'autre des religions que partagent des français. Que d'autres présidents avant lui s'en soient exemptés ne l'exempte en rien du respect qu'il doit à la loi fondamentale qu'est la Constitution et aux lois qui définissent les grands principes de la République.

 

Lorsqu'il inaugure un mémorial dans le lieu symbole du culte musulman, est-il dans son rôle ?

Non. François Hollande s'est rendu le 18 février à la Grande Mosquée de Paris pour une cérémonie particulière, l'inauguration d'un mémorial en l'honneur des soldats musulmans morts pour la France. Cette cérémonie est présentée dans l'agenda du chef de l'Etat comme prenant place dans le cadre des commémorations de la Première Guerre mondiale.
Conçoit-il de répéter ce geste dans tous les lieux symboles de cultes ? 

 

Lorsqu'il se rend à une manifestation comme le repas du CRIF, est-il dans son rôle ?

Encore non. Certes, il ne s'agit pas de l'exercice d'un culte , certes il ne se tient pas dans un lieu de culte mais il n'est pas souhaitable que les rencontres du chef de l'Etat avec les représentants des communautés religieuses, si elles doivent avoir lieu, se déroulent ailleurs que dans les locaux officiels (Elysée, Matignon ou préfectures). C'est une garantie que tous et toutes seront traitées sur un pied d'égalité, dans le respect de la loi.

 

Lorsqu'il demande à être reçu par le chef de l'église catholique, est-il dans son rôle ?

Pas davantage. Le Président de la République n'a à se soumettre à aucune "autorité morale" ! 

 

Lorsqu'il endosse le surplis blanc du "chanoine du Latran".

Titre et charge hérités de l'Ancien Régime, le Président de la République est Premier Chanoine de l'Archibasilique de Saint-Jean du Latran (depuis une fondation de Louis XI en 1482). C'est l'une des 4 basiliques de Rome et son diocèse est celui dont le pape est l'évêque. De sorte que dans l'exercice de ce titre, le Chanoine du Latran est l'obligé du Pape !

Pour porter ce titre, il faut accepter d'être installé dans la "stalle" ad hoc. Ce que Georges Pompidou et François Mitterrand s'étaient abstenus de faire à la différence de Nicolas Sarkozy qui est ainsi aujourd'hui le "premier chanoine bigame de l'église catholique" selon Wikipedia...

Qu'en est-il de François Hollande ?

 

Et les autres cultes ?

Dans cette logique de segmentation de la Nation sur la base des cultes, il faut s'attendre à ce que montent des "demandes reconventionnelles" en provenance des autres.

En effet, que ce soit lors de la 1° ou la 2nde guerre mondiales ou bien lors des conflits ultérieurs engageant la France (Indochine, Algérie et OPEX), celles et ceux des français qui ont respecté le principe de la loi de 1905 de séparation et qui ont donc gardé pour eux leurs convictions religieuses ou qui n'en avaient aucune n'en sont pas moins méritant de la Nation. 

 

Et les Athées ?

Comment les honorer et surtout où ? 

 

La République sait honorer ses enfants, morts pour elle.

Le 11 Novembre 1920, la "Tombe du Soldat Inconnu" est installée sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile et le 11 novembre 1923, une "flamme éternelle" est allumée !

Cet acte hautement symbolique est destiné à un hommage permanent et universel à TOUS les français, femmes et hommes, qui ont fait le don de leurs vies pour défendre les valeurs cardinales de Liberté, d'Egalité et de Fraternité. 

Plusieurs fois par an, le Président de la République "ravive" la flamme éternelle (8 mai, 14 juillet, 11 novembre) dans une cérémonie officielle à l'Arc de Triomphe.

Il est étonnant que François Hollande soit passé à coté de l'importance de ce symbole qu'il relativise et lui fait donc perdre sa portée universelle. Etonnant car il fut invité par son prédécesseur, alors qu'il n'avait pas encore pris ses fonctions, à faire avec lui -ensemble- cet acte traditionnel. Par leur deux présences, ils transformaient cette cérémonie habituelle en une transmission solennelle d'un président à l'autre de la permanence de cette célébration solennelle du souvenir.

 

Un rapport sur la "liberté religieuse en France", établi par l'AED (Aide à l'Eglise en Détresse), oeuvre internationale catholique de droit pontifical (!), décrit le poids relatif des grandes croyances. On y apprend que  les catholiques représentent 65,8%, les agnostiques et les athées 20,5%, les musulmans 8,5%, les protestants 2,1%, etc. On notera l'absence de mention spécifique relative au culte juif !

 

On ne peut pas croire que dans ses nécessaires efforts pour la reconquête de l'opinion, le chef de l'Etat s'inspire de ce rapport pour construire son agenda... Si tel était le cas, certains pourraient bien attendre ... encore un peu !

 

Quoi qu'il en soit, n'est-il pas de notre devoir de dire notre refus de voir ainsi sectionner (c'est-à-dire diviser en sections) la Nation sur la base des communautés religieuses ? Ceci ne pourrait conduire qu'à une exacerbation des différences avec tous les débordements qui l'accompagneraient. La Nation est composée de l'ensemble des citoyens quelles que soient leurs origines, leurs opinions politiques, religieuses ou philosophiques et la République est garante de son unité.

 

Au moment où les groupuscules de la nébuleuse de l'extrême droite, les cathos-tradis, les revanchards de tous poils organisent leur convergence pour dénoncer tout à la fois la destruction de la Famille ("la familiophobie"), la Laïcité, la République, pour créer une rumeur sur une prétendue "théorie" du genre, etc. la riposte n'est certainement pas de rompre avec l'universalité de la République et de donner des gages à tel ou tel segment de la Nation ! 

 

Nous sommes en droit d'attendre des signes forts dans cette direction.

 

 

Gérard Contremoulin

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Statistiques au 17 octobre 2012, source AED.

Statistiques au 17 octobre 2012, source AED.

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mong 24/02/2014 11:24

Notre République n'est pas parfaite, mais l'était encore moins hier : elle progresse.

Hier, nous discriminions sur des choses qui nous paraissent absurdes aujourd'hui, comme la religion, la couleur de peau, le sexe,... Progresser c'est dépasser les éléments arbitraires de notre être pour ne plus prendre en compte que l'humain.

Mais doit on pour autant oublier ces discriminations du passé ? Doit on oublier que certains furent envoyés à l'abattoir (en première ligne par exemple) *parce qu'ils étaient différents* (noirs, musulmans, etc...) ?

Commémorer la fin d'une discrimination ou son absurdité n'est pas forcément soutenir un communautarisme ; c'est peut être aussi se souvenir de ce dont nous devrons nous méfier à l'avenir.

Ce ne sont pas les morts musulmans qui sont honorés, mais les morts de par leur religion.

Ceci dit, je ne cautionne pas les tentatives (tentations ?) de communautarisme de certaines personnes qui voudraient abuser de cette mémoire : la République ne considère pas de règle différente selon l'orientation de sa liberté de conscience. C'est ce qu'il faudrait rappeler à chaque fois que nous nous souvenons de nos erreurs passées.

réboussié 24/02/2014 08:57

protégez moi de mes amis , mes ennemis ....... enfin , bravo .... la laïcité offerte au FN , ça commençait à bien faire . Je ne dis pas les veilleurs se réveillent car je sais notre combat commun pour le vivre ensemble en paix, mais je sentais CK bien isolée ...Reste le dogme économique , pire encore , mais une bonne guerre de religion , quelle chance ...Ben , désolé , camarades , dits "socialistes ", ça eut pu marché , comme la culpabilisation , ... décidément ce matin , je suis content , j'ai enfin touché mon salaire , sur ce sujet particulier , bien sur , mais combien important

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