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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

16 Nov

Les 200 ans de la "Jérusalem Ecossaise" ou la réunion de la famille écossaise ?

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Obédiences

Une Loge qui fête ses 200 ans est un évènement majuscule, un témoignage de la vitalité de la Franc-Maçonnerie à travers les siècles et les vicissitudes de l'histoire. Née sous le 1° empire, la RL "La Jérusalem Ecossaire n° 99" triomphera de ses guerres, elle traversera les deux révolutions sociales de 1830 et 1848, Sedan puis La Commune et les deux conflits mondiaux. Ses membres contribueront directement et indirectement à cette période clé d'élaboration des lois majeures de la période 1871-1905, ces lois qui structurent encore notre vie sociale aujourd'hui...

C'est cet évènement que Jean-Laurent nous dans son blog en précisant qu'il s'agira d'une TBO, le 8 décembre, à la GLDF, 8 rue de Puteaux.

Et, au passage, il en profite pour nous gratifier d'une "légère" provocation, en fait une note "historique" dans la grande orthodoxie de la rue de Puteaux dont je tire cet extrait :

La Loge « La Jérusalem Ecossaise » est également l’une des toutes premières loges à avoir créé des loges d’adoption (c’est-à-dire des loges féminines) souchées à des loges de la Grande Loge de France.

Ces loges d’adoption prendront leur autonomie en 1945 sous le nom d’«Union maçonnique féminine de France» qui devient officiellement en 1952 la Grande Loge féminine de France.

Il y a donc bien en France aujourd’hui trois obédiences sœurs, pratiquant le Rite Ecossais Ancien et Accepté, qui ont une histoire, une mémoire et un avenir commun : Le Droit Humain, La Grande Loge de France et la Grande Loge Féminine de France.

Contrairement à une idée communément répandue, la maçonnerie mixte moderne, comme la maçonnerie féminine, ne doivent rien au Grand Orient de France ni au rite français.

Alors je ferai, à mon tour, quelques "légères" remarques :

Une TBO (Tenue Blanche Ouverte) est une réunion maçonnique qui est ouverte aux profanes et dont les orateurs sont Francs-Maçons. C'est ainsi que 3 Grands-Maîtres interviendront : Jacques Samouelian (DH), Catherine Jeannin-Naltet (GLFF) et Marc Henry (GLDF). Rien de que de très classique. Mais, s'agissant d'une Tenue, c'est à dire d'une réunion rituelle de Francs-Maçons, la présence de profanes n'intervient qu'après que la cérémonie "d'ouverture des travaux" ait eu lieu. On devrait donc assiter à une grande première puisque la GLDF n'accepte habituellement pas les Soeurs à leurs travaux rituels ! A moins qu'elles ne soient accueillies dans le Temple qu'après la cérémonie d'ouverture ! Ce serait d'une remarquable élégance...

Et puis, venant quelques semaines après la déclaration de Catherine Jeannin-Naltet, la TRGM de la GLFF qui parlait du "clan du GODF", ce paragraphe de Jean-Laurent sonne comme un curieux écho : "Il y a donc bien en France aujourd’hui trois obédiences sœurs, pratiquant le Rite Ecossais Ancien et Accepté, qui ont une histoire, une mémoire et un avenir commun .../..." Je souhaitais dans l'article référencé ci dessus qu'elle puisse expliciter cette notion de "clan". Un certain nombre de contributeurs tant ici que sur Facebook avait le même souhait. Notre curiosité est relancée !

Que la GLFF et le DH "ne doivent rien au GODF ni au rite français", voilà une déclaration qui n'est pas surprenante de la part d'un membre éminent de l'obédience de la rue de Puteaux. Elle passe un peu vite cependant sur quelques éléments historiques. La GLDF et le DH sont des obédiences monorites qui pratiquent exclusivement le REAA. Elles n'ont donc rien à voir effectivement avec le rite français. Il n'est est pas de même avec la GLFF qui pratique plusieurs rites dont le rite français. La patente de ce rite (le droit de l'exercer) lui a été remise par le GODF, tant pour les ateliers symboliques (bleus) que pour les grades de perfectionnement (au delà des ateliers bleus). Certes, ce n'est pas du gout de tout le monde mais un nombre non négligeable de Soeurs pratiquent le rite français ! 

Enfin, il est risqué pour un auteur de la GLDF de nier toute participation du GODF à la naissance de la GLFF lors de la transformation de l'union Maçonnique Féminine. D'autant que le GODF a apporté son aide parce que la GLDF ne le pouvait pas... Et, même s'il ne s'agissait comme l'indiquait "Paula",une Soeur  de la GLFF, dans un commentaire (n° 12) : "Le Godf a prété des locaux chauffés à l'Union Mac Féminine. Lors du développement de la Glff, ceci est devenue une "tradition", puisque la majeure partie des loges sont logées dans des temples du Godf (pour la province)."

Quoiqu'il en soit, le 200° anniversaire d'une Loge, constituée en 1807 au GODF, est un évènement essentiel. Dans le cas de la "Jérusalem Ecossaise n° 99", il est historique tant pour elle-même que pour la Franc-Maçonnerie qui se développe sous l'empire. Et donc pour le rite, tout nouvellement importé par De Grasse Tilly, en 1804, le REAA. 

Souhaitons que les intervenants ne manquent pas de s'interroger sur les raisons qui ont conduit Napoléon 1° à faire pression, avec l'efficacité que l'on sait, pour imposer la pratique du REAA dans la maçonnerie d'Empire...

 

Gérard Contremoulin

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Sylvain 14/10/2016 21:27

Qui plus est, c'est Décembre Allonier qui confère les hauts grades au DH et en ce sens permet la création d'un SC au sein du DH... dire que le GODF n'a rien à voir avec le DH c'est aller un peu vite en besogne.

Christophe 18/11/2012 19:00


C'est vrai que cela peut sentir la pédenterie ?!


Pourtant, au nord du nord, au-delà des Chti's c'est dire !!!, entre les terrils, les bois et l'humidité froide ... je ne suis pas sûr ... ?!


Mais je ne suis pas mon juge, donc peut-être !


Ces 200 ans de la Jérusalem Écossaise m'ont donné envie de faire la page wikipedia sur la Grande Loge Symbolique Écossaise, elle n'existait pas. Ce fut donc mon "devoir" du WE :-)


http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Loge_symbolique_%C3%A9cossaise


 

sous la Voûte étoilée 18/11/2012 22:35



Excellente idée Christophe.


C'est un excellent article, documenté, clair qui prend tout son éclat dans la perspective du 200° anniversaire de "La Jérusalem Ecossaise".


Un grand merci Christophe... 


 



réboussié 18/11/2012 13:13


je vais comme d'habitude enfoncer des portes ouvertes , le diable se cache bien ou il veut, le pôvre, car les chiens aboient ...et la caravanne passe .


C'est un simple constat , mais on a l'impression qu'ils aboient beaucoup plus fort à Paris qu'en province ? C'est la polution ? Les OGM? ou la tremblante du mouton ? Car pour parler d'élite
aujourd'hui, qui ne peut qu'être parisienne voire germanopratine ( pour mes potes cévenols , ça veux dire "qui habitent un quartier spécifique de Paris") ...(peut être comme à Delphes , il y a
des fuites ??)nous autres les gueux de la montagne .. et de la plaine, on se visite avec chaleur, on partage les agapes et les mêmes emmerdes, et si on ne maçonne pas en costard, c'est parce que
c'est 2 ou 3 fois le salaire mensuel, quand on en a un, le pire , c'est quand tu peux pas te payer un costard prisunic, et plus non plus la cotisation, alors , bien sur , les élucubrations du
grand machin de l'orient truc, ça t'échappe , et c'est gravissisme , n'est ce pas , très chère ??


Merci à tous quand même pour la petite leçon d'histoire , on a un passé, et une mémoire  ? très bien ...j'en déduit qu'on a un avenir ...

Christophe 18/11/2012 08:51


Le choix tardif de Grasse-Tilly pour la faction Pompeï n'a pas beaucoup d'importance en soi, puisqu'il avait résilié, avant de partir aux armées, au profit de Cambacérès, sa fonction de Grand
Commandeur du Suprême Conseil de France. (Il restait néanmoins Grand Commandeur du Suprême Conseil des Îles -titre un peu creu- et qu'il résiliera en faveur de Decaze qui l'accepte: ce qui pose
un problème non résolu de la vraie filiation du SCdF. Heureusement pour eux, Cambacérès démissionera de sa charge de GM-SC sans désigner de successeur ... chacun peut donc s'en prévaloir ?!?
Vrai, faux ?!? )

Christophe 18/11/2012 08:34


Et pour être complet, une loge de Perfection à l'époque, veut dire rite de perfection d' "Etienne Morin", c'est à dire un rite qui se termine au "Royal-Secret", grade qui deviendra le 32ème du
REAA. Il faut noter que le livre d'or de Grasse-Tilly (reproduit dans un superbe livre du SCPF), utilise, dans la structuration des grades conférés ... le découpage du rite de perfection !!!
C'est assez étonnant!


Donc il est tout à fait normal que Hacquet et Grasse-Tilly se soient joint pour créer le Suprême Conseil français en 1804, à leur arrivée des Îles. L'un est resté attaché au GOdF dès le
concordat, ne varietur, l'autre fut rapidement absent des péripéties (il était à la guerre, puis prisonnier en Espagne) et à son retour, a fait un choix. (je pense que c'est relativement correct
de le voir ainsi?)


La filiation, tant de Hacquet que de Grasse-Tilly sur Etienne Morin, est certaine, mais par des voies différentes, celle de Hacquet est d'ailleurs plus courte ! (cf les travaux d'Alain Bernheim).

Christophe 18/11/2012 07:10


Je ne sais pas d'où vient cette idée? La maçonnerie post-révolutionnaire et napoléonienne a d'abord combatu les "écossismes", c'est à dire tout ce qui n'est pas "rite français" qui comprend
également des hauts grades se terminant aux Rose-Croix.


Il y eut des résistances, notamment du rite écossais philosophique (et sa loge-mère, la Saint Alexandre du Contrat Social.)


Débarquent des îles en 1804, 1/ Germain Haquet, qui implante la première loge du rite de perfection (le Phenix), 2/ puis Grasse Thilly qui va un peu plus loin et implante un suprême conseil du
33ème grade, en prenant Haquet avec lui. Pour ce faire, il utilise majoritairement les ressources humaines du rite écossais philosophique. Des généraux/maréchaux d'empire (Kellerman) y
participent. Il y a fronde maçonnique. Napoléon impose à ce groupuscule de se fondre dans le GOdF, et au GOdF de s'ouvrir à d'autres rites. C'est le concordat de 1805, où Cambacérès devient le GM
également du Suprême Conseil. Quelques mois plus tard, le GOdF modifie ses statuts concernant la gouvernance administrative des hauts grades. Certains membres du Suprême Conseil (mais pas tous)
s'en offusquent et s'éloignent du GOdF et re-forme un (nouveau) Suprême Conseil (il y en a donc deux dès ce moment là), qui va végéter et donner la faction Prado. Attention, toujours sous la
Grande Maîtrise nominale de Cambacérès, inamovible. Compte tenu de ce fait, Napoléon ne bouge pas. Finalement un peu de division ne le gène pas, tant qu'il contrôle tout. Faction Prado: au retour
de captivité (c'est un militaire d'active) de Grasse Thilly, nouvelle dispute, et création de la faction "Pompeï". (il y a donc à ce moment-là, trois Suprême Conseil). La Faction Prado exclut
Grasse Thilly, qui prend la tête de la Faction Pompeï. A la restauration, Grasse Thilly remet tous ses titres  (de Grand Maître du Suprême Conseil des Îles qu'il est resté) à Decaze, favori
de Louis XVIII, qui crée le Suprême Conseil de France en 1821. (Donc Prado et Pompeï disparaissent à ce moment.)


Le Grand Orient continue son bonhomme de chemin, et lors de la démission de Grand Maître du Suprême Conseil (Cambacérès), le remplace par Haquet qui devient ainsi le 2ème Grand Maître Suprême
Conseil - GOdF.


La situation, à ce moment, est une très petite partie de la maçonnerie française qui pratique le REAA. La toute grande majorité pratique le rite français. Il faudra du temps pour que le REAA
prenne ses marques en France et une des raisons de sa réussite, mais elle importante, est que la maçonnerie napoléonienne va mettre une préscéance, qui se maintiendra au GOdF, et forcément au
Suprême Conseil de France: c'est la déclaration que le Kadosh est supérieur au Rose-croix. Alors naturellement, le REAA va se répendre et devenir le rite le plus important en France. Mais cela
prendra beaucoup du temps.


Donc, non Napoléon n'a pas favorisé le REAA, du tout. Il s'en serait probablement bien passé, mais il s'est trouvé face à une fronde maçonnique, portée par certains de ses hauts officiers. Il l'a
résolu par Cambacérès. L'unitée voulue n'ayant pas pu se maintenir, il a toléré cette division interne, tant que Cambacérès dirigeait tout. Unité de façade, dispute interne, quelque part, pour un
despote, une situation idéale!


Par exemple au Pays-Bas, qui ont rapidement balayé les apports maçonniques de Napoléon, le Rose-Croix du rite français est resté majoritaire tout au long du XIXème, les disputes n'arrivant qu'au
XXème siècle, lorsque le Suprême Conseil de Pays-Bas fut enfin installé (en 1913 me semble-t-il?), le REAA est toujours minoritaire à ce moment. Mais dans l'entre-deux guerre, dispute, refus par
le REAA de considérer une équivalence entre Rose-Croix rite français et Rose-Croix REAA; le REAA va prendre petit à petit le pas sur le rite français, et essayer de faire main basse sur les biens
considérables accumulés depuis le XVIIIème par ce rite.


Aujourd'hui, le rite français, quoique devenu minoritaire est toujours vivace aux Pays-Bas, qui a d'ailleurs transmis en France les patentes de ce rite (à la GLNF si je ne me trompe pas.)


Bon dimanche.

Jonathan Josse 18/11/2012 00:40


M B C F,


Pourrais-tu développer sur les raisons qui ont conduis Napoléon 1er à faire pression sur la maçonnerie d'empire pour que celle-ci adopte majoritairement le REAA ?


Ce sujet m'intéresse car vois-tu j'ignorais que Napoléon avais à ce pont soutenu le REAA et alors je m'interroge sur le fait que peut-être que l'Empereur est à l'origine de la pratique
universelle du REAA par les francs-maçons du monde.

Christophe 17/11/2012 07:52


J'ai mes réponses grâce au livre de F Jupeau-Réquillard.


La Jérusalem Écossaise est membre fondateur de la GLSE.


Le 10 décembre 1897, elle vote son adhésion à la GLdF.


Le 6 octobre 1899, elle quitte la GLdF pour réintégrer la GLSE.


Le 6 février 1901, elle éclate en 3 tronçons:


- une partie retourne à la GLdF (sous le titre Jerusalem Écossaise GLdF)


- une partie va au GOdF (sous le titre Jerusalem Écossaise GOdF)


- une partie crée la "Nouvelle Jerusalem" au sein de la GLSE.


 


Ce que je me demande, c'est si la "Jerusalem Écossaise" GOdF napoléonienne serait en fait disparue, et c'est une création de loge qui eut lieu en 1845 relevant l'ancien titre "Jerusalem
Écossaise", ou si c'est la loge napoléonienne, qui se serait maintenue, et qui adhère à la GLdF (c'est ce qui semble être dit, mais j'ai un doute.)


Pour le reste je maintiens!


(le diable se niche dans les détails, et donc, même si ce sont de détails, relevons nos erreurs :-)))

Christophe 16/11/2012 22:35


Et pour être tout à fait complet, il me semble que la Jerusalem Écossaise rejoint d'abord le GOdF en 1901, avant de rejoindre la GLdF (ou c'est une scission de la Jérusalem Écossaise qui rejoint
le GLdF vers 1907? : cela vaudrait la peine de vérifier).


Ajoutons que la GLSE a été créé en 1880 pour justement lutter contre l'emprise du Suprême Conseil sur ses loges symboliques (d'où le nom de l'obédience), obédience qui voulut rapidement réaliser
un fusion sur la GOdF, sous la réserve d'une séparation complète avec le Grand Collège, ce qui ne se fera pas. On comprend que la Jérusalem Écossaise, loge "anarchiste" du début du XXème, ait, à
ma connaissance, d'abord rejoint le GOdF.

Christophe 16/11/2012 22:06


Et pour la Jerusalem écossaise, sa filiation REAA est évidemment celle du GOdF ... ce qui complique encore un peu plus les choses !!!

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