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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

25 Jul

RPMF : le GADLU, l'athéisme et les femmes

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Régularité - Mixité

Michel SINGER a bien voulu accorder à mon dernier article l'intérêt de lui faire réponse, je l'en remercie.

Je crois qu'il a raison, nous ne sommes évidemment pas dans un contexte de "Controverse de Valladolid" et notamment pas de l'une de ses questions, malheureusement trop imprécise : "les indiens ont-ils une âme ?". Mais j'avoue ma perplexité à l'évocation de cette célèbre joute théologique lorsque nous traitons, notamment, de l'initiation des femmes... Et puis, quels rôles tiendrions-nous, de Sepulveda ou de Las Casas ?... Non, restons nous-mêmes.

Cette question de la régularité prend une importance croissante au fil des évènements qui touchent la GLNF, d'abord en son sein (évènements pour lesquels j'ai regretté que la "Franc-Maçonnerie Française" ne se réveille récemment que pour "en rajouter"), puis au fil des conséquences internationales qu'ils produisent. Et là les obédiences de la Maçonnerie françaises sont concernées.

Mais pas au point d'y "voir un  danger pour sa prétendue position dominante" ! Il n'y a de "position dominante" que celle que l'on veut bien nous accorder (y compris dans les mots...) mais surtout pour une raison assez simple, c'est qu'il n'y a que deux choix possibles en Maçonnerie : celui d'une maçonnerie qui se dit régulière et c'est le système préconisé par la règle en douze points de la GLNF et celui, libéral et a-dogmatique issu du convent de 1877 du GODF. Et l'ouverture du GODF à l'initiation des femmes vient compléter le champ de ce choix. De sorte que si recomposition il doit y avoir, elle n'échappera pas aux deux questions que j'avançais : celle du besoin de Transcendance comme référence "Absolue" et celle de l'initiation des femmes.

De même, parlant du convent de Lausanne, Michel Singer semble me faire dire que le GODF y aurait participé ! Où lit-il cela ? Notre histoire nous suffit et je n'ai pas l'habitude d'y voir la source des réflexions qui a conduit le GODF à son convent de 1877. J'observe plus simplement que c'est au moment où la maçonnerie écossaise (que je ne confond pas avec l'écossisme), fixe son interprétation du GADLU que les Loges du GODF conduisent une réflexion qui conduira le convent de 1877 à adopter une conclusion sensiblement différente et laissera la liberté aux membres des Loges de croire ou de ne pas croire, de faire ou de ne pas faire référence au GADLU ! Ce qui est encore aujourd'hui la règle.  

 

Ma première question traite de la nécessité (ou pas) de se référer à une Transcendance. La Maçonnerie dite "régulière" l'appelle le GADLU (le Grand Architecte de l'Univers).

Le grand débat concernant l’adogmatisme est symptomatique et spécifique à la maçonnerie française. Ce débat correspond au fait que la France a pratiqué la séparation de l’Eglise et de l’Etat au même titre que la Turquie et plus tard l’Uruguay. Sur les environ 3 millions de maçons à travers le monde, seuls les environ cent mille maçons français sont concernés par une approche adgmatique de la pratique maçonnique. Tous les autres pays du monde ont des obédiences ou sans équivoque, le symbole du Grand Architecte de l’Univers représente Dieu, tout simplement. Dans notre pays, les trois tendances maçonniques sont présentes, particulièrement au Grand orient de France qui représente l’adogmatisme et l’athéisme au sens français du terme, alors que la Grande Loge Nationale Française représente le courant théiste de la maçonnerie.

Ceci a le mérite de la clarté !

Se pose tout de même la question de vérifier cette affirmation. La Franc-Maçonnerie dans le monde reconnaît-elle "Dieu" dans le GADLU et n'y-aurait-il qu'en France que s'affirmerait une maçonnerie "athée" ?

C'est tout l'objet du développement d'une "action extérieure", celle du GSAE (Grand Secrétaire aux Affaires Extérieures) au GODF. Et l'action conduite jusqu'en 2010, notamment par Jean-Michel Quillardet puis par Pierre Lambicchi, poursuivait cet objectif consistant à présenter une alternative à la Maçonnerie anglo-saxonne. Il n'y a peut-être que dans l'hexagone que l'on paraît ne pas vouloir prendre en considération, du moins officiellement, la portée de l'enjeu que représente le développement de la Maçonnerie adogmatique et libérale dans le monde. Car la réaction des anglosaxons à l'implantation d'une Maçonnerie qui leur serait "extérieure" ailleurs qu'en France, elle, ne se fait jamais beaucoup attendre !

Pourtant, tant en Amérique latine que dans l'ancienne Europe de l'Est, ou encore en Afrique, les progrès de notre implantation sont à la mesure des attentes et des espoirs... pas forcément satisfait par une pratique maçonnique pourtant largement issue du modèle anglosaxon. Et on pourrait aussi évoquer, notamment en Afrique le fort développement des organismes à caractère sectaire, principalement évangéliques, que cette maçonnerie n'a pas su ou pu endiguer !

 

Ma deuxième question traite de l'initiation des femmes et de l'acceptation de leur régularité. Michel Singer donne sa vision de la pratique écossaise : 

Quand aux femmes en maçonnerie, toutes les grandes loges dans le monde reconnaissent la validité de l’initiation féminine. Prenons Londres comme exemple ou la Grande Loge Unie d’Angleterre reconnaît parfaitement les deux obédiences féminines existantes dans ce pays. Cela ne se traduit pas par l’inter-visite puisque les grandes loges traditionnelles dans le monde restent exclusivement masculines. Mais personne n’a jamais mis en doute le fait que les grandes loges féminines existantes sont parfaitement « régulières » et personne ne leurs conteste le droit et la légitimité de pratiquer une maçonnerie avec les rites qu’elle souhaite

Il est singulier de dire que toutes les grandes loges dans le monde reconnaissent la validité de l’initiation féminine" et de ne pas accepter qu'elles partagent les mêmes travaux maçonniques. Elles sont régulières mais on refuse de les recevoir rituellement ! En qelque sorte, "chacun chez soi".

Je ne conteste pas que l'on fasse ce choix, je peux même en comprendre les raisons. Je dis simplement que ce n'est pas celui que font de nombreux Frères, et pas seulement au GODF, et que cette question sera au coeur de toute recomposition parce qu'elle est au coeur de l'évolution de la société... Et je prends acte que le Frère Singer partage mon sentiment sur le caractère, qu'il qualifie lui même de "batard", des solutions adoptées pour la réception des Soeurs à la GLDF.

   

N'y aurait-il "aucun doute" à ce que le REAA soit le rite fondateur de la Maçonnerie en France ? Rien n'est moins sur, contrairement à ce qu'il indique. Mais ceci est un "contentieux" entre nos deux obédiences depuis de loooongues années ! Nous n'en viendrons pas au bout en quelques lignes. D'ailleurs, le faut-il ? C'est un domaine où le doute, précisément, pourrait être un outil précieux.

 

Enfin, je partage le devoir de respect dù à la souveraineté des obédiences et particulièrement aux Soeurs et aux Frères qui les composent : ce sont mes Soeurs et mes Frères et je les reconnais comme tels ! S'il y a de justes "querelles", ils n'en sont pas les cibles. C'est pourquoi je parle de "RPMF" parce que je crois que c'est un processus qui se met en marche ; que les  Frères de la GLDF ont, tres majoritairement, décidés d'y entrer ; et qu'à ce titre nous aurons à en reparler.

 

Pour ce qui me concerne -et tout comme Michel, je m'exprime à titre personnel- ce sera sans esprit d'ingérence. Ce principe est, évidemment, réversible. Correspond-il à l'interdiction mutuelle de tenir quelque propos que ce soit ? Je ne le crois pourtant pas. Disons que le tact et la mesure en seront les juges de paix...

Gérard Contremoulin

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Régis Bonhomme 01/08/2012 15:29


Compagnon M.°. j'ai été initié à la GLDF après quelques turbulences, notamment sur la difficulté de faire accepter simplement mon athéisme. Aujourd'hui si en façade cela semble accepté, en
réalité si l'on "gratte" un peu je sens bien que cela dérange et parfois irrite à tel point qu'un 33° m'a entre autre vilipendé sur l'impossibilité de mon affirmation d'athéisme!!!  Lorsque
j'entends la fausse pruderie avec laquelle on annonce les "conversations" avec les L.°. régulières avec in fine une éventuelle reconnaissance de celles ci pour mon obédience, rapportés aux choses
vues et entendues dans ma L.°. et quelques autres en temps que visiteur, je me pose la question de mon engagement en Maçonnerie...  Je suis entré en Maçonnerie pour la vitrine présenté:
Liberté de penser, adogmatisme, valeurs universelles de tolérance, de laïcité, d'humanisme... Et je visite l'arrière boutique...  Depuis 3 ans je n'ai plus d'illusions aucunes, même si je
continue à cheminer. mais pour combien de temps encore...? 

cdb 01/08/2012 11:45


Encore un petit commentaire sur le RPMF ?


Si l'on examine la situation belge, l'histoire montre que la scission du GOB avec la création de la GLB en 1958, a été suivie début des années 1980 d'une scission de la GLB avec la création de la
GLRB, cette dernière étant finalement la seule reconnue par les anglo-saxons. La très grande majorité du GOB, à cette époque, était néanmoins resté très cohérente, solide et solidaire à ses
principes. Et il en a été grandi avec une belle progression ensuite. (Mais si le GOdF avait montré des signes d'hésitation, d'ambiguïté, à cette époque, que serait devenu le GOB  ... ?)


Bref, les mouvements centrifuges, lorsqu'ils démarrent, montrent qu'ils ne s'arrêtent pas immédiatement, ont leur propre dynamique, et font des petits par inertie.


L'histoire maçonnique française est pleine de cela. Et la GLRB, signataire de l' "appel de Bâle", que représente-t-elle ? Une petite obédience d'environ 1500 excellents FF:., dont certains
(beaucoup?) ont une double appartenance avec la GLB (ou parfois avec le GOB et/ou le DH!), et qui a plutôt tendance au tassement. Cela fait réfléchir, non ?


Alors une RPMF ? Je suis persuadé qu'au bout du compte, nous allons vers de nouvelles fragmentations, vers de nouvelles exclusions réciproques. C'est cela la leçon de l'histoire.


Le GOdF a, selon moi, la nécessité fr:. de rester très solide sur ses bases, avec du sang froid, comme il l'a été fin des années 1950.  Il n'y avait pas perdu une plume, au contraire. Sur de
telle base, il en sortira grandi (comme dans les années 50-60, où l'on parlait également de RPMF avec cet objectif bien peu maçonnique d'une minorisation du GOdF), tout comme ce que j'appellerais
la maçonnerie de l'inclusion et de l'égalité (et pas seulement la maçonnerie adogmatique). De cela je suis convaincu. C'est pour cela que ce qui se passe m' (nous) intéresse.


Christophe (GOB)

cdb 29/07/2012 08:10


Bonjour,


Je lis avec plaisir les différents commentaires de ce blog. Ils sont de qualités.


Dire qu'il y a deux blocs: celui de la maçonnerie qui se dit "régulière" et celui qui se dit "adogmatique" est extrêmement réducteur, et, je pense, sophiste à la base. La "régularité" à
l'anglo-saxone est une tradition inventée au debut du XXème (dans le sens fort que lui donne Hobsbawm : The invention of tradition). Elle va trouver son application dans la 2nd moitié du XXème.


Pour moi, il y a les maçonneries ouvertes, pratiquant le respect, la reconnaissance mutuelle, ... et les intervisites (éventuellement restrictives, selon des règles établies). Elles représentent
à peu près 25% de la maçonnerie mondiale actuelle. Elles comportent des maçonneries adogmatiques (DH, GOB, GOdF, etc.), des maçonneries plus philosophiques (avec une interprétation du GADLU,
symbole néanmoins imposé, très libre), telles que la GLB, la GLI, ou la GLF. Et des maçonneries nettement plus proches de l'assimilation du GADLU à un dieu révélé (par exemple GLSTO).


Puis il y a le gros contingeant en chute libre de ceux qui se disent "réguliers" (environ 75% de la maçonnerie mondiale), mené par les trois GL des Iles britaniques (pour faire court) et celles
des EU. Si l'on met de côté ces deux grandes concentrations, la maçonnerie qui se dit "régulière" n'est pas plus nombreuse que celle que j'appellerais du "respect mutuel".


Et donc, à titre personnel, je m'oppose fortement à l'idée d'une dualité : la maçonnerie "adogmatique" (même si c'est la mienne) et les autres.  Et je me bats pour une maçonnerie diverse,
mais ayant les valeurs de fraternité et d'égalité comme moteur essentiel. Le reste ...


Car s'agissant de vraie régularité, le GOdF représente une "régularité" historique étonnante, linéaire, à ce point forte, que clairement au sortir du XVIIIème, ce sera celle qui va donner le "la"
de la maçonnerie mondiale, durant certainement toute la première moitié du XIXème. La maçonnerie anglo-saxone va reprendre petit à petit le dessus, il est vrai, déjà, à coup d'exclusive sinon
d'exclusion, mais seulement dans la 2ème moitié du XIXème, puis inventer sa tradition de "régularité" dans la première moitié du XXème.


Ce n'est pas par hasard que le GOdF est systématiquement la cible de ceux qui se disent "réguliers". A elle de ne pas s'enfermer dans un discours réducteur de type les adogmatiques et les autres,
car à cette aune, elle trahirait sa mission historique : celle d'un centre d'union maçonnique de toute première importance.


Bon dimanche,


Christophe (GOB)


 

cecile revauger 26/07/2012 15:41


Cher Gérard, j'ai écrit hier sur le site de L.  Lurbet un commentaire au sujet de l'article de M Singer: une affirmation est erronée: la Grande Loge Unie d'Angleterre n'a jamais reconnu les
obédiences féminines anglaises. Je cite John Hamill, chargé de communication à la GLUA à propos des femmes maçonnes anglaises: "We acknowlege them, we do not recognize them": "Nous savons
qu'elles existent mais nous le les reconnaissons pas"...une déclaration que j'ai entendue dans une émission radio. On ne peux pas être plus clair... Bien fraternellement, Cécile

BOCQUET 26/07/2012 12:01


Gérard, ces fréres, pensent qu'elles ont un tel petit front, ou plous trivalement qu'elles sont trops connes. Leur argument à ces frères c'est qu'il existe déjà une petite obédience féminine, et,
que comme elles parlent du dernier article de Nous Deux en loge, ça ne regarde pas les TRES GRANDS FRERES tout cela voyons...


Laurent Bocquet qui persiste et signe. Mais membre du droit Humain donc peu digne de figurer ,et, je m'en glorifie par mis LES FRERES

Pierre Dutron 26/07/2012 11:21


Notre obédience est mixte cela répond donc à la 2ème partie de ta logique interrogative, pour ce qui est du GADLU voici notre raisonnement:



QUI est le Grand Architecte de l’Univers ?

Poser la question comme cela, c’est présumer l’existence d’un Ëtre. Et c’est risquer dés le départ des interprétations restrictives de la part de Frères qui ne sont pas rompus aux arcanes de la
métaphysique.

A la G.'.L.'.E.'.C.'. , nous disons que Le Grand Architecte de l’Univers est qui sait un possible Principe Créateur où chacun est libre d'y placer les croyances (ou non croyances) qui sont
présentement les siennes, dans le plus pur respect du libre examen et de l'absolue liberté de conscience et de penser.

Derrière ce principe, les croyants poseront les noms de Dieu, Jéhovah, Allah et bien d'autres. Les adeptes de religions ou de philosophies dites « orientales » y verront plutôt une référence à
l’Esprit universel… Ces différentes approches ne sont pas contradictoires.

Le Livre des Morts égyptiens engage notre « âme aveugle » à « s’armer du flambeau des Mystères » et à « découvrir, dans la nuit terrestre, notre double lumineux». «Suis ce guide divin, dit encore
le Livre des Morts... et qu’il soit ton génie. Car il tient la clef de tes existences passées … et futures».

Pour les aborigènes, le Rêve est la réalité fondamentale. Nous ne serions que les « rêves » de nos ancêtres mythiques (hommes, animaux, plantes ,... voire ... minéraux...), pré-existant dans une
autre dimension. Un Ailleurs, dont notre espace–temps ne serait que le reflet, une image occultée.

Parler de « Principe créateur » impliquerait l’existence d’un plan préludant à cette création. Disons pour faire vite que ce plan consisterait à substituer l’Ordre au Chaos... et que ce lent et
difficile travail nous incombe pour ce qui concerne notre « sphère d’influence », c'est-à-dire chacun de nous en son for intérieur...

Là est le chantier.

Pourquoi l’Homme existe–t-il ? Parce qu’il y a un but humain, répond le sage aztèque. Un plan, qui doit s’accomplir… La perfection viendra quand l’Homme sera capable de créer ce qu’il est capable
de penser.

Voici, en guise de conclusion, ces quelques mots, d’un certain Attar, un mystique persan du 13éme siècle : "Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore
aussi sèches que les plages, et toujours nous cherchons la mer, pour les y tremper".

Sans voir que nos lèvres sont la plage, et que NOUS… sommes la mer…

Le Grand Architecte de l’Univers ? Mystère !

Contemplons les étoiles et regardons-nous les uns les autres comme si nous étions des étoiles. Elles sont lointaines et pourtant si proches par la lumière qu’elles nous renvoient, elle–même
issues de la grande Lumière des origines. Voilà qui nous impose l'humilité et doit nous rendre modeste, mais qui oblige cependant chaque franc-maçon(ne) à être un(e) veilleur(se), un(e) porte
flambeau dans la nuit qui nous englobe.

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