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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

04 Feb

Plutôt le symbolisme que la symbolâtrie !

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Formation et Histoire maçonnique

 

Labyrinthe.jpg  

Labyrinthe de la Cathédrale de Chartres

 

Penser le symbole comme un outil...

 

Opposer les maçons qui seraient "symbolistes" à celles et ceux qui ne le seraient pas est un vieil exercice auquel on se livre encore beaucoup trop pour que ce soit très ... catholique.  Plusieurs de vos récents commentaires reviennent sur la survalorisation du symbolisme dans le travail des Francs-Maçons.

Cette thèse qui place le symbolisme comme une fin s'impose aujourd'hui dans la littérature maçonnique. Elle s'écrit à grand renfort de copier-coller d'un volume à l'autre ou est le fruit d'amateurs de pseudonymes curieux, évocateurs, pour laquelle on crée même des maisons d'éditions pour mieux fidéliser un lectorat, de toute manière, captif !

Sur le fond, et à moins de considérer que le contenu du symbolisme soit renfermé dans un "catéchisme", il en existe au moins trois conceptions. Le tout symbole, le tout sans symbole (particulièrement après 1877) et celle qui se situe au milieu de cette alternative en souhaitant accorder au symbolisme la valeur d'un outil au service d'une Franc-Maçonnerie tournée vers l'amélioration de la Société.

Dans cette optique, il devient un outil au service d'une Franc-Maçonnerie de Progrès. Cette vision du symbolisme ne bénéficie, encore aujourd'hui, que de peu de littérature. Charles Porset qui en parle comme de cette "épaisse gangue accumulée à travers le temps" ("oser Penser"), Cécile Révauger, qui fut sa collaboratrice et Jean-Charles Nehr, qui indique dans "Symbolisme et Franc-Maçonnerie" :

"Pour important qu'il soit dans la vie de la Franc-Maçonnerie, le symbolisme ne doit pas nous faire oublier l'essentiel. Certes le symbolisme est un moyen privilégié pour aider les Francs-Maçons de progrès à réaliser l'oeuvre qu'ils poursuivent : " travailler à l'amélioration de l'homme et de la société". Certes le symbolisme joue un rôle fondamental, exceptionnel dans l'histoire de la Franc-Maçonnerie et dans le travail du Franc-Maçon, mais il n'est pas une finalité, il n'est pas un but, il n'est qu'un moyen, qu'un outil." (p.179)        

Quelques éléments de critique du symbolisme conçu comme une fin en soi :

D'abord, ce symbolisme cultive à loisir la complexité sans jamais la justifier autrement que par une espèce de procrastination qui repousse toujours à plus tard l'explication et y voit même, chez certains auteurs, sa propre raison d'être. Mais à quoi peut donc bien servir un symbole qu'on ne comprend jamais vraiment ?

Ensuite, il est présenté comme destiné à faire accéder à des "vérités d'ordre supérieur" sur le postulat que "ce qui en en bas est comme ce qui est en haut", Bien curieux postulat au demeurant qui renvoie à une espèce de syllogisme où la tierce serait l'Homme : L'homme aspire à connaître ce qui est en haut, or ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, donc en connaissant ce qui est en bas, l'homme connaît ce qui est en haut ! Reste à justifier l'intérêt de connaître "ce qui est en haut" ! Et la littérature maçonnique regorge, en puisant dans les mythologies les plus diverses, d'arguments pour nourir la "réflexion".

Enfin, il isole le maçon dans une recherche individuelle, une sorte de centration destinée non pas à lui permettre de s'émanciper en s'appropriant le signifié pour mieux appréhender les différentes compréhensions que l'on peut avoir d'un même fait mais en sacralisant le signifiant, c'est-à-dire en le plaçant plus haut que ce qu'il est censé signifier.

Je suis de celles et de ceux qui "utilisent" le symbole comme un outil en adoptant cette première définition qu'il y a symbole qu'alors qu'existent 3 facteurs : le signifiant, le signifié et le groupe auquel ils s'adressent, sachant que tout autre groupe ne comprendra pas nécessairement le signifié.   Ainsi, porter le dessin d'un poisson stylisé pourra constituer un signe de reconnaissance pour certains catholiques.

Mais les tenants du tout symbolisme en maçonnerie vont plus loin. Ils attribuent au signifiant un rôle en lui-même, une valeur intrinsèque dont l'étude peut révéler les "mystères" de la Franc-Maçonnerie ! Là encore une littérature maçonnique conseillée, appropriée va venir "aider" le Maçon dans sa récherche.

On peut entrer dès lors, dans un processus qui accentue l'isolement, qui sacralise une pensée, qui met en place des éléments troublants, proches de la démarche sectaire. C'est ce que Pierre Louis retrace dans son livre "Main basse sur une Loge Maçonnique" que j'avais évoqué  ici à l'issue de ma rencontre avec lui au Salon du Livre Maçonnique.

Et par un curieux effet du hasard, on fait souvent au Rite Français le reproche de n'être pas un rite symbolique. C'est probablement réconfortant pour ceux qui le disent, mais ce n'est pas la réalité. Le Rite Français, dans sa version la plus communément pratiquée aujourd'hui, celle d'Arthur Groussier, offre un contenu symbolique centré sur la connaissance de soi, l'aventure de l'altérité, le gout de la sortie des sentiers battus, la maîtrise de la curiosité, celle de la consolidation des acquis et de leur transmission.

Puis dans ses grades de sagesse, au delà du 3° degré, il offre sur la base du mythe d'Hiram et de la construction du Temple de Salomon un parcours initiatique sur la hiérarchie des Devoirs de l'Homme dans la société et de la Connaissance de l'Art de se perfectionner.

Il s'agit en fait d'un outil qui privilégie le rôle que pourra jouer le Maçon, à partir de sa maîtrise, dans la Loge ET dans la société, à la place qui est la sienne. C'est là un choix cohérent avec la Maçonnerie du Siècle des Lumières. C'est notre REGULARITE, définie et structurée par notre histoire, au fil des évènements internes et externes.

Et cette histoire-là est aussi celle de la République, particulièrement la 3° mais pas que..., dans ses contradictions, dans ses oppositions, dans ses drames.    Celle dont sommes les héritiers, celle à laquelle nous avons à nous mesurer, celle qui nous élèvent. Le symbolisme peut être soit cet outil forgé au fil des ans qui s'est modifié avec la société et ses évolutions ou cet ensemble fixé, figé à une époque et qui porte en lui-même sa propre signification, objet d'étude de sa propre identité.

La différence entre ces conceptions n'est pas de nul effet dans la manière de maçonner. Elles prédisposent à des Franc-Maçonneries qui, bien qu'en affirmant des objectifs universels, n'en affichent pas moins des différences substantielles. Ainsi de la "Régulière", de celle qui voudrait l'être et de celle qui n' en a cure.

Une Maçonnerie qui appelle au repli sur soi ou une Maçonnerie qui appelle à s'intéresser aux questions de la société et à extérioriser ses réflexions...

 

Gérard Contremoulin

____________________________________________________________  

 

 

Commenter cet article

windows 8 help and support chat number 10/05/2014 14:33

Well this is one of the complex topic that i have come across and you will know why that is if you just read through this "Il s'agit en fait d'un outil qui privilégie le rôle que pourra jouer le Maçon, à partir de sa maîtrise, dans la Loge ET dans la société, à la place qui est la sienne." now u know why, dont you !

calvariam 08/02/2013 11:19


Désolé, quelques bugs ont visiblement fait sauter la fin de mon commentaire:


Pour ce qui est de la survalorisation du signifiant au dépend du signifié, plus qu’une question de « traditionnel » ou de
« progressisme », il s’agit plus du fait de « demi-savants » s’étant arrêtés aux deux premiers coups (frappe on t’ouvrira, demande, tu recevras), sans poursuivre jusqu’au
troisième (cherche et tu trouveras), nous avons le pendant des symbolâtres du côté des « progressistes », avec les ardents défenseurs des « valeurs » de la républiques qui
virent parfois en Robespierres aux petits pieds, n’ayant pas pris la peine le plus souvent de réfléchir à la portée de ses valeurs et répétant inlassablement les mêmes slogans (du style « à
bas la calotte ! ») s’appuyant également sur une littérature « maçonnique conseillée ».


Sur le rite français, pour ma part je lui reconnais autant de portée philosophique que le REAA, ses référence sont simplement plus occultées
en fait.


Dire que la franc-maçonnerie est une héritière des lumières est une demi-vérité, elle en est contemporaine, et héritière (comme les lumières
d’ailleurs) de l’humanisme de la renaissance d’où l’influence au sein de la franc-maçonnerie de certains courants de cette époque comme le néoplatonisme médicéen.


Pour ta conclusion, elle n’engage que toi, de ce que je peux en voir, les obédiences « traditionnelles » sont tout autant en phase
et s’interrogent tout autant que les obédiences « libérales » sur la société, elles le font simplement d’une manière plus philosophique et moins politique, tout est affaire de
distance.


Fraternellement

calvariam 08/02/2013 09:54


M.T.C.F. Gérard,


Je me permets d’intervenir dans ce procès fait aux symbolistes, je pourrais intervenir autant sur les commentaires, qui comprennent bon nombre
d’amalgames, contre-vérités et interprétations fantaisistes, mais je pense plus sage de ne commenter que ton propos…


Tout d’abord, une question : Qui oppose ? Tu vois, moi qui suis ce que tu qualifies par « symboliste », j’ai l’impression
que cette opposition est surtout le fait des « sociétaux », c’est une affaire de point de vue donc.


« Survalorisation du symbolisme » ? Gérard, qu’entends-tu par là ? Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de
« symbolâtres », il faudrait m’en présenter.


Idem sur la thèse qui placerait le symbolisme comme fin en soi, mais je te rejoins sur la mauvaise littérature écrite à ce sujet, qui n’est
souvent qu’un plagiat et un copié/collé des auteurs du XIX° et début du XX°, pour ma part, je préfère les originaux aux copies et évite ces « essais de gare ».


Il y a plus que trois options :Il me semble qu’en la matière tu oublies un courant encore plus pernicieux, que J.C Nehr décrit fort bien,
c’est celui qui s’appuie sur la psychologie et cherche à assimiler la réflexion symbolique à une méthode de développement personnel (le plus beau représentant de cette mode, au moins le plus
prolixe, est J.Fontaine) et à de l’association libre, nous condamnant à écouter, en silence sur les colonnes, les auto-analyses et délires plus ou moins poétiques des frères adeptes de cet
exercice.


Je crois saisir que ce que tu désignes comme du « symbolisme comme fin en soi » c’est l’approche traditionnelle (ta cible actuelle,
visiblement la réaffirmation par certaines obédiences de leur caractère traditionnel ne passe pas !) et je pense que tu lui fais un procès d’intention basé sur des amalgames, des
demi-vérités et des contre-vérités, d’ailleurs toi aussi tu reprends une position (celle de J.C Nehr) sans prise de distance critique, agissant ainsi de manière identique aux
« symbolâtres ».


Contre-vérité que de dire que le symbole y est une fin en soi, il y est un outil comme pour ce que tu désignes par « maçonnerie de
progrès » (mais j’y reviens juste après), un outil pour la recherche de la Vérité (la majuscule est intentionnelle) et pour : " travailler à l'amélioration de l'homme et de la société", la
différence étant que la maçonnerie de tradition le fait en se concentrant sur l’amélioration de chaque frère en faisant sien le « gnothi seauton » socratique. En cela, elle est autant
une maçonnerie de « progrès » que la maçonnerie libérale à qui tu attribues ce qualificatif.


A propos des la critique que tu lui adresses, je la reprends point par point :


Sur le principe de catéchisme : il n’y en a pas, ce qui ne veut pas dire que c’est à la libre interprétation de chacun !, il y a un
corpus symbolique, qui puise ses références principalement dans le symbolisme de métier et, n’en déplaise à beaucoup, dans l’hermétisme. Il s’agit dés lors de saisir ces références, je conseille
de le faire par le biais des études universitaires sur ses sujets, cela évite bien des théories farfelues, notamment celles de nos « occultistes » du XIX° et autres illuminés.


Complexe à loisir : je reconnais que certains auteurs se complaisent à décortiquer ce qu’est un symbole, cette complexité étant
inversement proportionnelle à leur réelle saisie du symbolisme à mon avis, mais ceci n’est pas le propre des tenants du symbolisme traditionnel. Toi-même en te référant aux théories du langage
(signifiant, signifié, groupe récepteur), complexifie déjà inutilement, il y a lieu de travailler les symboles (ou plutôt de les laisser travailler en nous), pas de théoriser dessus. Je ne
parlerai pas des tenants du symbole comme outil psychologique !


Pour ce qui est des « réalités supérieurs » et de « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », tu simplifies et
caricatures, la seconde phrase extraite de la table d’émeraude, n’est jamais qu’un résumé de la pensée de la pensée hermétique et se réfère en fait à la cosmogonie exposée par Platon dans la
Timée ou il considère le monde des choses sensible comme un reflet du monde intelligible (monde des idées), considéré seul comme réel car immuable descriptible uniquement par les nombres et la
géométrie (pour ma part, je l’interprète comme étant constitué par les lois et mécanismes physiques de l’univers effectivement seules « réelles » et descriptibles uniquement par les
mathématiques). Réexaminé à la lumière des sciences physiques (en évitant les analogismes faciles et les anachronismes), ce n’est pas si absurde ou insensé, tu reste libre vis-à-vis de l’agent
créateur évidemment, « Deus sive Natura » (du reste l’idée du « démiurge » platonicien a été remise en cause dés l’antiquité, par Aristote en premier chef).


Sur la question de l’isolement, je suis la preuve vivante que ce que tu affirmes est faux, tout cela est affaire de travail, il est possible
de travailler autant le spirituel que le temporel, nous pouvons une fois encore prendre exemple sur Platon qui a toujours placé le politique dans la continuité de la métaphysique (je pense que
les fondateurs de la maçonnerie spéculative étaient des lecteurs assidus des philosophes grecs en général et de Platon en particulier, leur idée étant de fonder une confrérie à l’imitation des
écoles philosophiques grecques, l’école de Pythagore ayant servi de modèle).


Pour ce qui est de la survalorisation du signifiant au dépend du signifié, plus qu’une question de « traditionnel » ou de

calvariam 08/02/2013 08:42


Je me permets d’intervenir dans ce procès fait aux symbolistes, je pourrais intervenir autant sur les commentaires, qui comprennent bon nombre
d’amalgames, contre-vérités et interprétations fantaisistes, mais je pense plus sage de ne commenter que la planche de Gérard…


Qui oppose ? Tu vois, moi qui suis ce que tu qualifies par « symboliste », j’ai l’impression que cette opposition est surtout
le fait des « sociétaux », c’est une affaire de point de vue donc.


« Survalorisation du symbolisme » ? Gérard, qu’entends-tu par là ? Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de
« symbolâtres », il faudrait m’en présenter.


Idem sur la thèse qui placerait le symbolisme comme fin en soi, mais je te rejoins sur la mauvaise littérature écrite à ce sujet, qui n’est
souvent qu’un plagiat et un copié/collé des auteurs du XIX° et début du XX°, pour ma part, je préfère les originaux aux copies et évite ces « essais de gare ».


Il y a plus que trois options :Il me semble qu’en la matière tu oublies un courant encore plus pernicieux, que J.C Nehr décrit fort bien,
c’est celui qui s’appuie sur la psychologie et cherche à assimiler la réflexion symbolique à une méthode de développement personnel (le plus beau représentant de cette mode, au moins le plus
prolixe, est J.Fontaine) et à de l’association libre, nous condamnant à écouter, en silence sur les colonnes, les auto-analyses et délires plus ou moins poétiques des frères adeptes de cet
exercice.


Je crois saisir que ce que tu désignes comme du « symbolisme comme fin en soi » c’est l’approche traditionnelle (ta cible actuelle,
visiblement la réaffirmation par certaines obédiences de leur caractère traditionnel ne passe pas !) et je pense que tu lui fais un procès d’intention basé sur des amalgames, des
demi-vérités et des contre-vérités, d’ailleurs toi aussi tu reprends une position (celle de J.C Nehr) sans prise de distance critique, agissant ainsi de manière identique aux
« symbolâtres ».


Contre-vérité que de dire que le symbole y est une fin en soi, il y est un outil comme pour ce que tu désignes par « maçonnerie de
progrès » (mais j’y reviens juste après), un outil pour la recherche de la Vérité (la majuscule est intentionnelle) et pour : " travailler à l'amélioration de l'homme et de la société", la
différence étant que la maçonnerie de tradition le fait en se concentrant sur l’amélioration de chaque frère en faisant sien le « gnothi seauton » socratique. En cela, elle est autant
une maçonnerie de « progrès » que la maçonnerie libérale à qui tu attribues ce qualificatif.


A propos des la critique que tu lui adresses, je la reprends point par point :


Sur le principe de catéchisme : il n’y en a pas, ce qui ne veut pas dire que c’est à la libre interprétation de chacun !, il y a un
corpus symbolique, qui puise ses références principalement dans le symbolisme de métier et, n’en déplaise à beaucoup, dans l’hermétisme. Il s’agit dés lors de saisir ces références, je conseille
de le faire par le biais des études universitaires sur ses sujets, cela évite bien des théories farfelues, notamment celles de nos « occultistes » du XIX° et autres illuminés.


Complexe à loisir : je reconnais que certains auteurs se complaisent à décortiquer ce qu’est un symbole, cette complexité étant
inversement proportionnelle à leur réelle saisie du symbolisme à mon avis, mais ceci n’est pas le propre des tenants du symbolisme traditionnel. Toi-même en te référant aux théories du langage
(signifiant, signifié, groupe récepteur), complexifie déjà inutilement, il y a lieu de travailler les symboles (ou plutôt de les laisser travailler en nous), pas de théoriser dessus. Je ne
parlerai pas des tenants du symbole comme outil psychologique !


Pour ce qui est des « réalités supérieurs » et de « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », tu simplifies et
caricatures, la seconde phrase extraite de la table d’émeraude, n’est jamais qu’un résumé de la pensée de la pensée hermétique et se réfère en fait à la cosmogonie exposée par Platon dans la
Timée ou il considère le monde des choses sensible comme un reflet du monde intelligible (monde des idées), considéré seul comme réel car immuable descriptible uniquement par les nombres et la
géométrie (pour ma part, je l’interprète comme étant constitué par les lois et mécanismes physiques de l’univers effectivement seules « réelles » et descriptibles uniquement par les
mathématiques). Réexaminé à la lumière des sciences physiques (en évitant les analogismes faciles et les anachronismes), ce n’est pas si absurde ou insensé, tu reste libre vis-à-vis de l’agent
créateur évidemment, « Deus sive Natura » (du reste l’idée du « démiurge » platonicien a été remise en cause dés l’antiquité, par Aristote en premier chef).


Sur la question de l’isolement, je suis la preuve vivante que ce que tu affirmes est faux, tout cela est affaire de travail, il est possible
de travailler autant le spirituel que le temporel, nous pouvons une fois encore prendre exemple sur Platon qui a toujours placé le politique dans la continuité de la métaphysique (je pense que
les fondateurs de la maçonnerie spéculative étaient des lecteurs assidus des philosophes grecs en général et de Platon en particulier, leur idée étant de fonder une confrérie à l’imitation des
écoles philosophiques grecques, l’école de Pythagore ayant servi de modèle).


Pour ce qui est de la survalorisation du signifiant au dépend du signifié, plus qu’une question de « traditionnel » ou de
« progressisme », il s’agit plus du fait de « demi-savants » s’étant arrêtés aux deux premiers coups (frappe on t’ouvrira, demande, tu recevras), sans poursu

Chrysippe 04/02/2013 18:47


"Ce qui peut être montré ne peut être dit" (Wittgenstein, Tractatuss, prop. 4.1212). Le symbole permet de montrer ce qui ne peut se dire, ce n'est pas un signe. Ceux qui y voient le support
d'un enseignement bavard (les "traditionnalistes") se trompent autant que ceux qui y voient des outils de la raison (les "progressistes"). Le mythe et la raison ne s'excluent pas, pas davantage
que la musique et les mathématiques ! Simplement in ne fait pas la même chose avec. Plus personne ne défend le positivisme qui a sévi autrefois dans le GODF (et le GOB).
Nous avons aujourd'hui assez de données issues de l'anthropologie et des sciences cognitives pour sortir des dilemnes du XIXe siècle.  

GLIF, GLAMF, GLTF, GLTSO, GLDF, LNF, ...Christophe 04/02/2013 18:14


L'erreur des "traditionalistes" est de vouloir retourner à une tradition du XVIIIè immuable, réactionnaire!!!


Mais précisement, le symbolisme et le rituélisme du XVIIIème sont révolutionnaires pour leur époque, sur le plan social, éthique, sociétal, ...


Au XIXème, où se trouvaient les mouvements anarchistes? En franc-maçonnerie! La GLSE était révolutionnaire, et même si elle est restée petite, quel boulversement, même le GOdF a du quelque part
s'aligner.


Pour moi, l'approche rituélique est "révolutionnaire" ou elle n'est pas. Elle ne peut en tout cas pas être réactionnaire ou religieuse car elle perd sa fonction libératrice pour devenir carcan,
emprisonnement, obscurantisme (et ce n'est pas cela qui manque autour de nous, même en FM, où une sorte de lavage de cerveau me semble si fréquent ?!?!). C'est pour cela qu'il faut être prudent,
ne pas faire n'importe quoi, utiliser les bonnes recettes, anciennes éventuellement si la perspective est bonne, et toujours avoir à l'esprit son but: une technique qui soutend la libération de
l'individu dans un groupe cohérent: comment être libre dans les liens d'un groupe, ce n'est pas simple. Fondamentalement pour moi la méthode maçonnique c'est cela, une technique pour la liberté
de l'humain parmi les humains.


 


Je récuse fermement et totalement la metaphysique symbolique et/ou rituélique. Cela, pour moi, n'existe pas, et j'avoue que le post 5, même si son début est bien, je ne l'aime pas car rapidement
il ne répond plus à ce besoin de rigueur. J'aime étudier les rituels, essayer d'en comprendre les mécanismes qui ont conduit à leur fabrication, évidemment il faut tenter de se mettre dans la
peau du fabricant à son époque (?!?) et deviner ses amusements, ses intérêts, ses clins d'oeil, son fil conducteur, ses blasphèmes et ses coquetteries, ses défits, ses impertinences mais aussi
ses prudences, ses soumissions, ses lacheté,  ...


Donc Gerard, là ou je ne te suis pas, c'est lorsque tu fais la césure entre symbole et rituel, d'une part et lutte sociale d'autre part. Non, pour moi ce n'est pas différent, nous devons pour
chaque époque, comprendre et adapter comment mêler l'un et l'autre intimement pour être véritablement "révolutionnaire", anarchiste, dans la droite ligne de celles et ceux qui, depuis que la
maçonnerie existe (même l'opérative), ont pu exploiter la méthode pour libérer l'homme.


(pas peu fier d'en jeter ainsi :-D


 

sous la Voûte étoilée 04/02/2013 18:27



Je ne crois pas que nous soyons éloignés, Christophe, sauf aux imprécisions de rédaction toujours possibles... J'aime bien cette idée que le couple symbole/rituel doive être révolutionnaire,
c'est-à-dire un langage porteur pour se projeter en avant vers le changement social. Tu l'exprimes bien mieux que moi. C'est une idée très forte. Et l'exemple de la GLSE et du GODF est fort
parce qu'il est exact !



Anne Fournier 04/02/2013 14:53


Pour moi, au REAA du Droit humain, le symbolisme est un outil, parce que c'est d'abord un langage commun. Il permet l'égalité d'expression en Loge, entre ceux et celles qui ont un savoir par
héritage, des diplômes, et ceux et celles qui n'ont pas eu cette chance. La boîte à outils symboliques ramène tout le monde au même niveau : "je ne sais ni lire, ni écrire"... Ce langage ne
permet pas d'écraser par des bibliographies longues comme des thèses.


Encore faut-il, comme le dit Gérard, ne pas perdre l'objectif de "progrès de l'humanité" et ne faire du symbole et de la langue symbolique qu'un outil vers plus d'humain, en soi et dans le monde

Hiram Abi 04/02/2013 14:10


— N'aurais-tu pas cinq minutes à m'accorder ? Je ne cesse de m'interroger. Quelle est donc cette franc-maçonnerie que nous prétendons
nécessaire ?


— La réponse est déjà que nous avons décidé de lui appartenir pour savoir ce qu'elle prétend être.


— Mais encore ?


— La franc-maçonnerie c'est la recherche de la vérité !


— Soit, mais j'ai cru comprendre que même ceux qui savent ne peuvent pas le dire. Et qu'ainsi la maçonnerie ne se laisserait pas
définir. Alors que faire ?


— Parlons avec l'intelligence du cœur et tentons de faire comprendre par le symbole ce que nous ne saurions expliquer
clairement.


— Le symbole ?


— Oui, le symbole, l'apparence des choses, l'image de ta pensée, la métaphore, l'allusion, la représentation, le moyen d'exprimer
l'inexprimable, le moyen d'initiation, l'initiation symbolique qui n'enseigne pas mais qui prépare à l'accès du Grand Secret


— Il y a donc un Grand Secret ?


— N'est-ce pas ce que chacun cherche ?


— Et comme pourrais-je le découvrir ?


— C'est aussi par le symbolisme que le maçon accomplit sa propre réalisation individuelle, qu'il développe ses facultés "endormies",
ignorées, non révélées, qu'il découvre sa multitude, sa complexité,  qu'il comprend ses oppositions, ses contraires, qu'il les dissocie, les localise,
les accepte, les harmonise.


Voici venu le temps de l'homme Universel !


— Et tout ça par le symbole ?


— Tu en doutes ?


— Je doute de tout ! De plus j'ai lu que le symbole est plus qu'un simple signe, qu'il est comparé à des "schèmes affectifs, qualifiés d'eidolo-moteur, nommés archétypes, structures fantasmatiques typiques, prototypes d'ensembles symboliques, modèles taxinomiques et
téléonomiques, ensembles émotifs structurés, représentés par les mythes, transpositions dramaturgiques, cosmogoniques, théogoniques, gigantomachiques..." Et bien à vrai dire, je n'ai rien
compris!


— Parle plus avec ton cœur ! C'est vrai le symbole se distingue du simple signe. A l'origine, c'est un objet qu'on coupe en deux,
fragments de céramique, de bois ou de métal. Chacun en garde une partie. Deux personnes, deux hôtes, le créancier et le débiteur, deux êtres qui vont se séparer longtemps... Puis en rapprochant
les deux parties, ils reconnaîtront plus tard leurs liens d'hospitalité, leurs dettes, leurs amitiés.


— Je comprends mieux. Le symbole sépare et met ensemble.


— Oui, il comporte les deux idées de séparation et de réunion, à la fois brisure et lien. Le symbole ne supprime pas la réalité, il
reste dans l'histoire. Il n'abolit pas le signe, il rajoute simplement une dimension, du relief, de la verticalité. Le symbole comme catégorie transcendante de la hauteur, du
supra-terrestre...


—Holà, holà, je décroche... ne disais-tu pas de parler avec le cœur ?


— Oui, tu as raison, disons que le symbole permet à l'homme de découvrir sa position dans l'univers.


Ainsi la perception du symbole exclut l'attitude du simple spectateur, elle exige une participation d'acteur.


— Ah, oui, acteur je veux bien, je ne manque pas de souffle !


— Oui... mais cela peut être un acteur de l'invisible, qui te conduit vers les insondables profondeurs de ce souffle, pas celui dont
tu parles, mais l'autre, le souffle primordial. Le symbole dépasse les mesures de la raison pure. Il n'est pas le résultat d'une conclusion logique au terme d'une argumentation sans
faille.


L'analyse est impuissante à saisir la richesse du symbole.


— Mais alors, tes explications ne valent rien ?


— Je me garderai bien de chercher à t'expliquer, à déclarer ou à montrer. Je tente simplement d'accompagner ta découverte. A tenter de
te présenter les fonctions nombreuses et dynamiques des symboles.


— Explique-moi tout quand même, vénérable architecte de la voûte royale


— Soit ! Je te citerai donc les 7 fonctions des symboles


— Il n'y en a que 7 ?


— Non, mais 7 c'est déjà le début de la richesse. Nous pourrions pousser jusqu'à 9. Mais chaque chose en son temps, nous monterons
progressivement en puissance. La sagesse est longue à acquérir. Ceci dit, commençons si tu le veux ?


 


— Commençons !


— Bien. Disons d'abord que le symbole est comme une tête chercheuse, il explore, il scrute et tend à exprimer le sens de l'aventure
spirituelle des hommes. Il y a tellement de choses qui se situent au-delà de l'entendement humain que nous utilisons constamment des symboles pour représenter les idées que nous ne savons
définir. On dit alors que le symbole est d'ordre "exploratoire". Le symbole a également une fonction dite de "substitut"


— C'est à dire ?


— C'est à dire qu'il se substitue, en guise de réponse, à une question, à un conflit, à un désir qui demeurent en suspens dans
l'inconscient. Il tend à suggérer le sens d'une recherche et la réponse d'une intuition incontrôlable. Vois-tu... le symbole jette des ponts, il rassemble, il réunit les éléments séparés,


brisure et lien, différence et unité, il relie le ciel et la terre, la matière et l'esprit, la nature et la culture, le réel et le
rêve, l'inconscient et la conscience

Pascal 04/02/2013 13:56


Merci mon F Gérard pour ce brillant article. Le dernier numéro de la revue "Joaben" éditée par le Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, à présent accessible à toutes et à tous,
profanes y compris (voir site internet des éditions Conform), aborde des sujets similaires. Titre du dernier numéro : "La FM entre Lumières et occultisme". Le symbole est un outil, non une fin en
soi. Bien à toi.

Christophe 04/02/2013 13:10


C'est évidemment un sujet infini.


La seule chose dont je sois à peu près sûr, c'est le plaisir de vivre un rituel bien ficelé, dont le déroulement se réalise sans à-coup et qui ne heurte pas mon entendement, c'est à dire qu'il ne
m'impose rien.


Le symbole joue son rôle, encore faut-il qu'il puisse s'adresser à notre imagination, notre rêve et notre intelligence à la fois, et en aucun cas être une tradition magique. Pour moi, le symbole
doit être poétique, et le rite une poésie. En ce sens il n'y a pas un rite mieux que les autres, il s'adpate à l'endroi et aux personnes, il n'a pas d'âge.


La poésie est un véhicule extraordinnaire de la vie et des avancées/désespérences sociales. Les plus grands poètes, Aragon, Eluart, etc. étaient des personnes engagées.

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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)