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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Les pseudonymes ne sont plus acceptés pour les commentaires. (4.11.2018)

06 Jun

Une "sublime" patente à la GLFF...

Publié par sous la Voûte étoilée  - Catégories :  #Obédiences

Poignard-Larmes.jpg

 

Une nouvelle fois, une histoire de patente fait le buzz en Franc-Maçonnerie. C'est à la Grande Loge Féminine de France, cette fois que la scène se déroule sur le mode "j'aime tellement le Rite Français que plus il y en a, plus je me réjouis".

L'objet du buzz est la remise d'un document indûment nommé "patente" du Rite Français des Grades de Sagesse, à un "Sublime Conseil Féminin du Rite Moderne pour la France", sis à Boulogne/Mer, constitué principalement de dissidentes ou d'exclues du Grand Chapitre Général Féminin de France !

Une patente en Franc-Maçonnerie est un document remis par une entité maçonnique qui en est propriétaire à une autre entité maçonnique pour lui accorder le droit d'exercer un rite. Il est donc toujours essentiel d'en "tracer" l'historique et de déterminer le "propriétaire". Il est important aussi de connaître  les raisons qui l'ont conduit à en octroyer le bénéfice à telle ou telle de ces entités.

"Donner patente" est ainsi un acte important qui engage simultanément celui qui donne et celui qui reçoit. Cette décision fait l'objet d'une étude préalable et correspond à un ensemble de critères tant sur l'histoire de celui qui reçoit que sur sa qualité et son expérience maçonnique. C'est un acte bilatéral, un engagement qui lie deux obédiences. Remise dans ces conditions, une patente n'est pas cessible. Celui qui la reçoit ne peut pas la retransmettre !

Les trois siècles d'existence de la Franc-Maçonnerie confère la propriété de patentes, notamment celle du Rite Français dans tous ses grades et ordres, au Grand Orient de France. C'est lui qui a décidé de remettre la patente du Rite Français tant pour les 3 premiers grades (à usage exclusif des ateliers bleus de la GLFF) que pour les Grades de sagesse (à l'usage exclusif du Grand Chapitre Général Féminin de France). 

Dès lors, il est difficile de comprendre comment la GLFF accepterait l'existence de deux patentes du même Rite en son sein, ce qui ne manquerait pas de provoquer une concurrence tout à fait préjudiciable non seulement au Rite Français mais aussi à toute l'obédience ! D'autant que cela pourrait donner des idées dans les autres rites pratiqués à l'obédience de la Cité du Couvent... Ce serait montrer enfin une grande incapacité à résoudre un problème interne dans le respect des accords mutuels.

Il est aussi difficile de comprendre le pourquoi d'une telle situation qui risque de compliquer un peu plus les relations entre obédiences. En effet le Grand Chapitre Général du GODF, par son haut dignitaire Jean-Pierre Catala, a fait savoir à l'ensemble des Frères concernés le caractère irrégulier de cette nouvelle "Sublimité" !

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IRPP-2012093.jpg

Remise de la patente du Rite Français à Liberté Morté (TRGM GLFF) par Fred Zeller (GM du GODF) en septembre 1972

Enfin, ce sera intéressant de voir comment le Conseil Fédéral de la GLFF va résoudre le choix qui se présente à lui entre le GODF qui lui a accordé la patente du Rite Français pour l'exercice officiel de ce Rite par les Loges et les Chapitres qui lui en font la demande d'une part et d'autre part ce "Grand Chapitre Mixte de Belgique" pour l'exercice dissident d'un Rite dit "Moderne", probablement pour éviter de dire "Français"...

La Grande Maîtresse Catherine Jeannin-Naltet qui parlait au tout début de son mandat du "clan du GODF" pour manifester sa volonté de rester indépendante (ce que personne ne lui a jamais contesté) a-t-elle perçu que dans la pratique héritée du Rite Français, l'exécutif (Conseil de l'Ordre ou Conseil Fédéral) n'a pas compétence pour traiter des rites et de leurs contenus ? A-t-elle perçue que dans cette pratique historique, ce sont les juridictions des Grades de Sagesse qui ont, par délégation, la gestion des grades et de leurs contenus ? 

Dans la gestion de cette situation, elle aura avec son Conseil Fédéral, l'occasion de montrer le respect des accords interobédientiels.

Ce serait une excellente chose, particulièrement aujourd'hui où il est hautement souhaitable que les obédiences se rapprochent pour faire front...

 

Gérard Contremoulin

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Commenter cet article

Joaben 02/07/2013 00:07


il y a lieu de lire le Grand Chapitre Général du Grand Orient de France et non le GCGdF. désolé de cette erreur. 

Joaben 02/07/2013 00:06


Le Grand Chapitre Général de France a réveillé les hauts grades du rite français dans le début des années 1990 après les avoir délaissé au profit du REAA pendant plus d'un siècle. Le Brésil les
ont pratiqué sans interruption depuis 1822. Je me demande qui est légitime ?


La maçonnerie appartient aux maçons et maçonnes qui pratiquent son idéal et il fut un temps où celui-ci se traduisait par deux mots : fraternité et initiation. Je les retrouve peu dans les
discours actuels dont cette dernière excommunication du TCF Catala. Si tu diffères de moi ... est peu être gravé au GOdF mais ... On croirait que le pae Clément est revenu !


Avant de vouloir travailler à un monde meilleur, ne serait-il pas temps que les francs maçons de tous rites et pays s'unissent enfin pour donner vie à cette fraternité universelle dont ils se
gargarisent lors de leur chaîne d'union ?

sous la Voûte étoilée 02/07/2013 09:40



Je crois utile de préciser que "Joaben", outre le patronyme d'un personnage clé du symbolisme du rite français des grades de sagesse, est le titre de la revue du Grand Chapitre Général du Grand
Orient de France.


De sorte que l'utilisation de ce nom comme pseudonyme pourrait laisser penser à une communication directement issue du Grand Chapitre. Tel ne semble pas être ici, le cas...



Anne 22/06/2013 15:14


Tout d'abord, il y a en France une loi qui défend la "liberté de réunion et d'association". Ainsi, ceux et celles qui rêvent en direct d'une "radiation" de femmes d'une obédience - comme on peut
le lire sur quelques articles et commentaires sur internet - parce qu'elles exercent ce droit -  me semble  sectaire. La Franc-maçonnerie, n'étant pas elle-même une secte - prétendre
que de telles radiations soient possibles, que d'autres encore le demandent ouvertement et s'en fait même plaisir, me laisse songeuse. J'imagine la tronche d'un juge dans un tribunal profane s'il
a une telle affaire! et les articles des journaux qui iront avec. 


Sous-entendre comme le fait Gérard qu'une obédience qui a deux chapitres d'un même rite va tendre au sectarisme - ou risque d'y tendre - est tout aussi surprenant comme conclusion. 


Sur plusieurs articles sur internet, on découvre que ces degrés et ce rite existe depuis 1842 et a été toujours pratiqué sans interruption, contrairement aux différents Rites Français que l'on
trouve en France - en particulier celui du GODF.  Par ailleurs, on peut aussi lire que la GLFF demande à deux historiens de faire une étude sur cette patente. Ce qui est un peu plus ouvert
et intelligent qu'une condamnation. Je fais confiance à mon obédience pour cela, ainsi qu'à mes soeurs - qui elles-seules auront leur mot à dire - 


En fouillant toujours sur internet, on découvre l'UMURM - qui promulgue LA patente condamnée par le GODF. 


En juin 2012, l'UMURM a organisé un 1er congrès en France, pour le Rite Moderne ou Français (les deux vocables sont utilisés par l'UMURM - tant pis pour les petites leçons d'histoires) et les
participants étaient : la GLNF, la GLUA, la GLTSO, le GODF, la Gde Loge d'Espagne, le Gpt Indépendant de Loges Mixtes, ....  Mieux encore ces derniers sont réunis sous une charte - dite de
Barcelone - depuis juin 2011. La confédération de la GLDF me semble bien fade. 


Le GODF condamne ce en quoi il participe. On comprendra qu'en dehors de se prendre les pieds dans le tapis, le GODF a d'autres "problèmes" avec ce chapitre  ... un peu trop féminin? un peu
trop indépendant?  S'il fallait  suivre l'analyse qui est faite ici, la GLUA aura plus de chance de reconnaitre ce chapitre ... tout féminin que le GODF!  


Le GODF n'a pas la primauté d'un rite, n'est nullement souverain sur sa pratique, ne peut pas décider en lieu et place d'une autre obédience indépendante. 


Quant à moi, cette patente sort d'un chemin eurocentré un peu plat, sans détour et sans un virage à l'horizon,  avec ses petites luttes ridicules de "reconnaissance" - de recomposition de
paysage maçonnique - que les obédiences françaises nous servent à toutes les sauces depuis quelques temps. Elle arrive à réunir des contraires et des opposés - et démontre finalement quelque
chose que beaucoup oublie- et pour cause - ce n'est pas la "reconnaissance" qui fait l'obédience, la loge, le chapitre, le rituel mais la femme libre. C'est d'ailleurs toute l'histoire de la
GLFF. Mais cela ... est un autre débat .


 

Jean Marc 10/06/2013 08:38


J’avoue, personnellement, n’avoir jamais vraiment bien compris ce système de patente


Pourquoi et comment une Obédience peut-elle se permettre de s’approprier une ou des patentes ? Qu’est ce qui lui confère
cette propriété ?


De plus, qu’est ce qui empêche un groupe de Franc-Maçons et/ou de Franc-Maçonnes de copier un rituel existant, et de se
l’approprier, voire de le modifier à sa guise puis lui donner le nom de son groupe et ainsi de se l’approprié ?


Certes, ce groupe ne serait reconnu par aucune des Obédiences ayant pignon sur rue. Mais nous savons, notamment au GODF, que
cette reconnaissance, parfois très subjective, n’est pas une fin en soi

sous la Voûte étoilée 10/06/2013 08:56



La question de la patente est celle de la cohérence entre une histoire dont on se prévaut et une pratique que l'on souhaiterait "symbolique" et parfois "traditionnelle"...


Rien n'empêche effectivement du faire du neuf ou même de faire de l'interprétation de rituel et d'être néanmoins dans une démarche initiatique, bien entendu... Reste alors la
question, traditionnelle pour le coup, "es-tu Franc-Maçon" et la réponse qui s'ensuit...  


Il faut cependant observer que la reconnaissance mutuelle est un élément essentiel du processus initiatique en Franc-Maçonnerie. Et on peut se demander si, dans certain cas d'interprétation ou de
réécriture, la démarche poursuivie est bien celle de l'émancipation humaine, tant certaines se rapprochent dangereusement d'une démarche sectaire...


 



Christophe 09/06/2013 12:38


Ceci dit et sans retirer une ligne des précédentes, l'erreur sur l'appellation vient de France ... !  Dès les années 1820, on distribuait à Paris des livrets de rituels de hauts-grades (rite
français) sous le terme de rite moderne.


Comme quoi, faut jurer de rien et ne pas toujours regarder dans la soupe du voisin :-)

Christophe 06/06/2013 22:35


Et donc utiliser le terme de "Grand Chapitre du Rite Moderne", est absurde. Malheureusement cela démontre (une fois de plus?) une profonde méconnaissance de l'histoire et de la chose maçonnique.

Christophe 06/06/2013 22:26


Curieux...


De façon historique, le terme de rite moderne s'applique au 3 grades symboliques. Que nos amis français l'ait débatisé pour le nommer rite français, pourquoi pas, mais ... cela se discute. En
Belgique, la pratique du "rite moderne" (et c'est ainsi que nous l'appelons effectivement) remonte également au XVIIIè et s'est maintenue depuis, en ce compris la vieille acclamation.


Par contre il n'existe aucun rite "moderne" de hauts grades. Forcement! Le rite moderne est le rite de Desagulier, celui de la Grande Loge de Londres (dit des moderns), qui ne pratiquait que les
grades symboliques.


Pour les Hauts-Grades, c'est évidement le terme de "rite français" qui est le seul et le bon. C'est là qu'il fut mis en place. En outre, parler de rite moderne pour des hauts grades est ... idiot
!!!

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