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Le Blog pour Tous d'un franc-maçon. "La loi morale au fond de notre coeur et la voute étoilée au dessus de notre tête". Emmanuel Kant Retrouvez les blogs maçonniques sur : http://www.blog-maconnique.com/

09 Jan

Quand Michel Maffesoli se défend.

Publié par Sous la Voûte étoilée

Quand Michel Maffesoli se défend.

Michel Maffesoli vient de rédiger une "Lettre Ouverte" dont il m'a préalablement adressé une copie.

 

Quoiqu'il n'ait pas choisi le moyen dit du "droit de réponse", je crois néanmoins correct de publier ce texte.

 

Utile aussi parce que je considère que toute opinion mérite d'être connue et celle qu'il y exprime est donc tout á fait légitime á être publiée.

 

Logique, parce que c'est sur ce blog qu'il situe le point de départ du différend et les lecteurs de "Sous la Voûte étoilée" doivent pouvoir avoir connaissance de sa "réponse".

 

Enfin, parce que je considère que chacun doit pouvoir être juge des arguments employés et se faire sa propre idée.

 

Gérard contremoulin

 

Quand Michel Maffesoli se défend.

Quelques amis et FF :. (pour les plus authentiques d’entre eux, c’est la même chose) m’ont informé de vos attaques visant ma personne et mon œuvre. Ne vous connaissant « ni des lèvres, ni des dents », j’ai été étonné de la hargne développée à mon encontre. Il faudrait avoir des compétences médicales, qui ne sont pas les miennes, pour vous demander, tel le brave docteur Knock : pourquoi « ça vous gratouille ou ça vous chatouille » tant ? Ou encore être un bon psychanalyste pour s’interroger sur ce qui vous « travaille » en profondeur et donc vous pousse à chercher un bouc émissaire ?
Je me contente de prendre quelque hauteur de vue en faisant cette « lettre ouverte » en trois points brefs : ma vie professionnelle, personnelle, maçonnique.
Par courtoisie fraternelle je vous l’envoie avant de la rendre publique.

 

« C’EST CLAIR MAINTENANT » ( blog du F :.Loa :. relayé par le site « Sous la Voûte étoilée »)
Ayant été, très souvent, l’objet de médisances haineuses, de franches calomnies ou, tout simplement, de rumeurs sans aucun fondement, j’ai pris l’habitude d’ignorer ou de relativiser ce qui était dit de moi ou de mes livres. J’ai fait mienne la formule stoïcienne, « ce sur quoi on ne peut rien, devient indifférent ». L’âge aidant, j’ai même, souvent, souri à ce qui me paraissait être une énergie dévoyée s’épuisant en onaniques fantasmes propres à des adolescents attardés.


Mais n’est-il pas étonnant que d’honorables F :.M :., ayant si j’ai bien compris occupé des fonctions représentatives dans l’ordre, se prêtent à de tels jeux puérils ? Où sont l’élévation de vues et l’esprit de modération qui, en principe, par principe, assurent la qualité de tout débat digne de ce nom en général et de tout honnête homme en particulier


Aussi, en vous priant de m’excuser si, parfois, je ne peux ne pas faire preuve d’une sévérité dédaigneuse vis à vis de l’à-peu-près caractérisant vos diatribes, je vais essayer de répondre avec sérénité aux commentaires et remarques pleines d’acrimonie. Remarques faites, est-il avoué, sans avoir lu le livre incriminé ! Ce qui est un comble pour des esprits libres. Je ne crois pas qu’un sous-titre suffise pour se faire une idée d’une analyse faite avec rigueur sur un problème d’actualité on ne peut plus délicat.


Les gens de ma date s’en souviennent. Elle est terrible cette phrase révélant une paresse chronique : je n’ai pas lu, je n’ai pas vu, mais j’ai entendu causé. En des termes plus soutenus, Einstein rappelait « qu’il est plus facile de désintégrer un atome que de détruire un préjugé. » Le préjugé étant, souvenons-nous en, l’expression de la fadeur édifiante des idées convenues.


Mais n’est-ce pas contre les idées courtes, qu’il faut, toujours, faire preuve d’une intelligence libre ? « Intelligere », c’est comprendre en unissant. En rassemblant ce qui est épars. C’est bien le cœur battant de la haute culture dont doit faire preuve l’hétérodoxie maçonnique : lutter contre la « doxa », la frileuse opinion, fût-elle savante.


Ainsi pour le F :. Loa :. (et pour le F :. Contre :. qui en assure le relai) le « triste personnage » que je suis s’est dévoilé. Il est même affirmé, « maintenant c’est clair. » Voilà bien ce qu’en rhétorique on appelle une antiphrase. J’ai souvent indiqué que cette expression était fréquemment employée par les jeunes gens lorsque, justement, leurs têtes étaient on ne peut plus embrumées et toutes confuses. Suit une « démonstration » (permettez moi les guillemets) xyloglossique. Plus simplement de la pure langue de bois. C’est-à-dire le patois propre aux bien-pensants, fait de ressassements et d’incantations propres à la routine de l’Establishment. Mais il est vrai que penser étant difficile , on se contente souvent de juger.



1 – Oui, « c’est clair », que sensible à ce que Max Weber nommait la « neutralité axiologique » je me suis employé , dans ma carrière universitaire, à ne faire état ni de mes convictions, ni de mes préjugés. Ce qui m’a conduit à développer une pensée ni normative, ni judicative. Démarche « compréhensive » qui, à l’encontre de toute attitude dogmatique ne propose que des analyses « discutables ». Il s’agit tout simplement, de donner à penser ; et pour ceux qui le désirent, en fonction de cette pensée, agir. Le tout fondé sur ce mixte fécond qu’est le bon sens et la droite raison réunis.


C’est ce qui m’a fait accepter la direction de travaux que la doxa universitaire considérait comme peu nobles, frivoles ou par trop sulfureux : recherches, en son temps, sur le Minitel rose, sur la musique techno, les rassemblements gothiques, les tribus technologiques, les boites échangistes etc.


C’est ainsi que, ce qui revient dans les critiques compulsives qui me sont faites, j’ai dirigé la thèse d’Élisabeth Teissier. Sait-on sur quoi ? Non pas sur l’astrologie. Mais sur l’ambivalence des médias vis à vis de celle-ci : attraction – répulsion. Je suis, en ce domaine comme en beaucoup d’autres, un mécréant, mais il me paraissait important que l’on puisse analyser l’attitude ambiguë que suscite l’ancestrale attirance pour l’influence des astres. Si c’était à refaire, je le referais.


Dans les années 80, ayant suscité des recherches sur un sujet qui n’était pas, alors, de mode : l’homosexualité, j’entends encore certains de mes collègues m’accusant de « faire rentrer l’homosexualité à la Sorbonne ». Pas moins ! Quelques années plus tard, les mêmes m’accusèrent de « faire rentrer l’astrologie… ». En fait, pour moi, un fait social peut devenir un fait sociologique. C’est tout. A ceux que l’effort de lire n’effraye pas trop, je renvoie à mon livre La Connaissance ordinaire (1985) où je me suis expliqué sur tout cela.


Dernière ( ?) attaque en date, celle suscitée par le canular de deux de mes anciens étudiants, visant la revue dont j’était le directeur. Canular «assez bien vu », note le F :.Contr :.


Voilà un « assez » bien savoureux . Il est, en effet, instructif de noter que ces jeunes gens, dans la promotion de leur parodie, parlent à mon propos de « complot maçonnique ». Ils sont d’ailleurs relayés par un site d’extrême droite antisémite et racialiste bien connu, qui ne manque jamais de critiquer, méchamment, le « Franc-maçon Maffesoli » que je suis . Tout se tient, et il est intéressant de noter que dans l’attitude inquisitrice les extrêmes se touchent. C’est chose connue.



2 – Oui, « c’est clair », non seulement maintenant, mais de longue date, j’ai appris concreto modo ce qu’était le polythéisme des valeurs qui est le fil directeur de tout mon travail.
​Fils et petit-fils de mineurs de fond, de sangs mêlés (grand-père italien, grand-mère algérienne d’un côté, cévenols enracinés de l’autre), je suis le produit de la République. Après la réussite à l’examen d’entrée en sixième ( c’était en 1955), c’est grâce à diverses bourses que j’ai pu ,via le lycée Henri IV et l’université, faire les études qui me conduisirent à devenir en 1981, professeur à la Sorbonne. Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, de montrer en quoi la Res Publica, peut se nourrir, s’enrichir des différences. C’est cela que je nomme « idéal communautaire.» Idéal en gestation qu’il faut apprécier à sa juste valeur et qui est, à mon avis, la seule manière d’éviter le « communautarisme » aux conséquences souvent perverses et parfois sanglantes.


Dans un essai précédent : « Le Trésor caché, lettre ouverte aux francs-maçons et à quelques autres » ( Ed Leo Scheer. 2014), j’avais montré en quoi le symbole de la mosaïque d’antique tradition pouvait nous aider à penser la forme nouvelle que prenait une république plurielle, ne se résumant pas aux incantations sur « valeurs républicaines » ou à une phraséologie bigote sur le laïcisme, mais bien enracinée dans l’acceptation, réelle, des différences.


Là encore, je persiste et signe. La France est étroite quand elle oublie, au nom d’un intégrisme laïc, que l’esprit de la laïcité, en son origine est pétri d’une substantielle tolérance. Puis-je rappeler qu’en érigeant une statue à Giordano Bruno, sur le Campo de Fiori, à Rome, face aux bureaux du Saint Office de triste mémoire ( et comme pour le narguer), les F :.M :. Italiens du XIX em siècle rappelaient que la « pluralité des mondes » avait toujours effrayée le dogmatisme intolérant.


Une telle peur reste d’actualité pour les « républicanistes » rigides ayant du mal à admettre que la « chose publique » peut être le fruit de la différence. Mais n’est-ce pas celle-ci que célébre , justement, la belle sentence de Saint Exupéry, inscrite dans les couloirs de la rue Cadet : « loin de m’appauvrir, mon frère, ta différence m’enrichit ».
J’ajoute que dans mon village cévenol, où Italiens, Espagnols, Polonais, Tchèques, Français se mêlaient avec bonheur, j’ai appris, quotidiennement, le vrai sens de la belle et prospective idée de la tolérance, cause et effet de l’uni-diversalisme postmoderne.



3 – « C’est clair », enfin, que ce non dogmatisme universitaire, enté sur l’esprit de tolérance de mon origine populaire, fut conforté par mon engagement maçonnique.
J’ai été initié au G :.O :., à Lyon, dans une loge composée pour partie de policiers, l’autre étant des anarchistes (je vous laisse deviner de quel côté j’étais !) C’était en 1972. C’est dire , dans la foulée des évènements de 1968, les discussions tout à la fois enflammées et respectueuses de l’autre, de l’altérité, qui animaient les tenues.
Là encore la tolérance faisait sens. J’y ai appris, en silence, la nécessité d’être un esprit libre. La nécessité non moins impérieuse, d’éviter l’absolutisme des opinions erronées ou douteuses. Toutes choses indignes d’un authentique franc-maçon. Car, c’est chose aisée à comprendre, l’orthodoxie fait fond sur la routine philosophique. L’hétérodoxie, quant à elle, est pétrie d’intranquillités. C’est ce qui fait sa noblesse.

 


En , provisoire, conclusion.

- Ce qui est « clair », c’est qu’à l’encontre de l’arrogance propre à un rationalisme ayant fait son temps, il faut mettre l’accent sur une raison sensible qui est mieux à même de rendre compte de l’entièreté de l’être individuel et collectif. C’est ainsi, que pour reprendre un terme de mon ami et F :., Marcel Bolle De Bal, on pourra saisir la « reliance » sociétale propre à la postmodernité en cours.

- Ce qui est « clair », c’est que contre la suffisance des sectateurs d’une République hors sol, penser la « res publica » plurielle est autrement plus réaliste. Ce qui n’est , en rien, faire l’apologie des sectes ou du « communautarisme », mais, bien au contraire, donner des élèments pour penser, justement, ce que je propose de nommer idéal communautaire.


- Ce qui est « clair » c’est qu’évitant la jactance de ceux qui parlent pour ne rien dire et qui restent figés sur le mythe désuet d’un progressisme dévastateur, la hauteur de vue de la « philosophie progressive » nous incite à plus d’humilité.

Voilà ce qu’est le bel et vrai humanisme : se purger de l’arrogance, de la suffisance et de la jactance !


C’est ainsi que, dans une authentique démarche initiatique le perpétuel apprenti qu’est tout un chacun pourra partager, avec ses FF la plénitude de la maîtrise et ce en reconnaissant la fécondité propre à la parole du silence .


C’est ainsi que l’initié devient un initiateur, c’est-à-dire quelqu’un capable d’accompagner ce qui est là. De faire ressortir ce qui est en attente d’être révélé à lui-même. N’est ce pas cela qui permet, en leurs diversités et dans l’absolu liberté de conscience, aux F.M de participer à la construction, toujours en devenir, du Temple de l’Humanité ?

​​​​​​​Michel Maffesoli
​​​​​​​7.1.2016

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Commenter cet article

Flamand 03/06/2016 10:00

Les critiques ont été fortes à l'égard des propos et écrits de MM sur la République et le communautarisme. Nombreux ont été les FF et SS à s'exprimer sur le sujet.
Puis, au final, quand le GODF organise une conférence publique sur la République, qui est l'intervenant ? MM... Pas un F ou S représentant une L. ayant travaillé sur le sujet. Pas un dignitaire ou représentant officiel de l'obédience. NON. C'est MM. Alors peut-être qu'en introduction, il sera précisé que les propos de MM ne sont pas la position officielle du GODF. Mais bref, une grande conférence publique (!) est organisée est l'intervenant est MM. Alors oui, il faut débattre, oui. Mais quoi ? Les LL qui se réunissent 2 fois par mois toute l'année n'ont pas un travail, une vision à exprimer ?? Non ? Après 2 articles sur ce blog au sujet de MM... au final, le GODF organise une conférence publique avec comme animateur MM. Voila. C'est le GODF aujourd'hui et sa puissance dans le débat public. 50 000 Frères et Soeurs, des travaux, des déléguées, des votes, des présidents, des comités, du beau blabla... et au final, on laisse le micro à MM qui va venir défendre sa vision.

benjamin Rouge 02/02/2016 00:54

Bonjour j ai laissé un message qui n est pas paru. 2 autres également il y a qq semaînes. Les recevez vous ? Ou sont ils inintéressants ? Merci à vous. Bien cordialement. Il est vrai que je trouve la pensée de maffesoli assez intéressante par rapport au ron ron ambiant ou aux multiples paroles creuses actuelles.

benjamin Rouge 07/02/2016 22:56

Un petit dernier tout de même sur votre blog...ne trouvez vous pas que vos commentaires et ceux qui les corroborent rappellent à s'y méprendre ces frères 3 points et leur QI au ras des pâquerettes que décrit si bien C.Bourseiller dans son maçon franc. Continuez à réciter votre catéchisme, après tout si cela vous fait tenir bon dans ce monde qui change, ça peut se comprendre.

benjamin Rouge 02/02/2016 18:43

;) merci bon j aurais préféré le commentaire avec la citation de g.durand. ce message etait une interrogation plutôt qu un commentaire à poster. Jeu de malin. ..jeu de vilain. Ça m apprendra à perdre du temps . Bonne continuation sous la voûte.

maffesoli 02/02/2016 12:53

Certes ! Mais si on entend "intéressant" en son sens plénier : " inter esse ".
J'essaie, en effet, d'être "dedans" ce monde que je décris . Sans être ni normatif, ni judicatif. mais il est vrai que penser est difficile. En général on préfère juger, ce qui est plus aisé.
Ce qui, pour moi, est "intéressant" : penser juste, juste penser !

Sous la Voûte étoilée 02/02/2016 03:21

Voilà, voilà...
Maffésoli intéressant, voilà un commentaire qui ne va pas le laisser insensible...

aristot57 31/01/2016 10:41

Un peu dommage que l'essentiel de cette reponse soit de reprocher d'être critiqué.
alors qu'être critiqué (j'en sais quelque chose) signifie qu'on ne laisse pas indifférent.
On pourrait d'ailleurs noter qu'un des moyens qui se veut des plus violent sur les forums est de "chosifier" son interlocuteur dérangeant, de lui manifester son mépris en clamant qu'on ne le lit plus qu'on ne lui repondra plus, volonté exterminatoire qui manifeste en fait une peur d'être ébranlé dans de confortables convictions.
Si je ne connais pas très bien le fond des idées que vous défendez, TCF Maffesoli, manifestement vous soulevez critiques et réactions, ce qui est très bien et sain et merci à Gerard d'y laisser libre cours (quand ca ne touche pas ses dadas tabous à lui, comme les "rencontres Lafayette" ... c'etait mon gentil coup de griffe).
Sur le fond nous avons le sujet dans le pavé mosaïque, faut-il en faire un gris uniforme, ne marcher que sur une couleur, entre les carreaux ?
Nous avons la reponse claire et directe dans les marches des FM sur le Pav M.
Je vous approuve de choisir des positions non conformistes, même si je ne les approuve pas ! Le conformisme qui vire parfois à la soumission, allant jusqu'à un auto-lavage de cerveau est une des plaies de la FM.
Nous dsposons d'otils maconniques pour que des positions très differentiées, voire antagonistes deviennet, exposées, comparées et s'enrichissant mutullement.
Tel est notre privilege de FM de disposer depuis les premiers instants de l'initiation de ce principe non pas de tolerance mais d'enrichissement mutuel par l' "ennemi" considéré alors comme frère.
Beaucoup voudraient réintroduire les modes de conflit profanes. Resistons !

maffesoli 02/02/2016 12:46

J'ai dû me faire mal comprendre, mon TCF ! Je ne reproche pas les critiques, mais les attaques ad hominem : "triste sire", "défenseurs des sectes", "chouchou de tant de loges", etc...
À cela je préfère le débat d'idées. Que je n'esquive jamais lorsqu'on m'invite dans le monde profane ( ou dans les média) ou en LL:. Ainsi rien qu'en ce mois de février j'ai accepté 3 invitations dans diverses LL:. en province et à Paris!
Je sais ce que peut avoir de dérangeant le fait de rappeler que la "res publica" peut être plurielle ( et non "Une et Indivisible"), que la philosophie "progressive" n'est, en rien , réductible au "progressisme", ou que l'authentique laïcité ne se confond pas avec un laïcisme clérical et incantatoire. Mais ne peut-on pas en débattre? Ce que je dis est "discutable": discutons en.
Pour ceux qui aiment une réflexion exigeante et non fondée sur des préjugés paresseux, je rappelle que mon livre "La France Étroite" est la suite, plus "exotérique", d'un livre de fond : "Le trésor caché, lettre ouverte aux F:.M:. et à quelques autres" ( 2015).
Il n'est pas , certes, nécessaire de lire mes livres ( d'autant qu'ils sont fort ennuyeux) , mais en faire la "critique" sans l'avoir lu, ou en se contenant de lire le titre ou le sous-titre voilà qui paraît un peu court. Et, du coup, peu maçonnique.

Philippe DEBAY 12/01/2016 14:41

Je t'en remercie.
Cela devient hélas de plus en plus rare.

Sous la Voûte étoilée 02/02/2016 03:19

Ne trouvez vous pas qu'il y a dans ce commentaire toute la délicieuse logorrhée de salon que beaucoup emploie, estimant probablement qu'elle peut donner le change ? Il ne faut pas confondre les salons de réflexions avec les réflexions de salons...

benjamin Rouge 30/01/2016 15:45

Comprendre M.Maffesoli implique quelques malaises et nécessite quelques efforts désagréables. Avec la fin d'un monde, puisque Onfray l a dit ici et que c'est vrai de fait, il faut concéder à un nouvel imaginaire. Cf à ce sujet page 30 de la foi du cordonnier de G.Durand : ..."magie de l'imagination"...unifiante et unicifiante à la fois...elle a le pouvoir...de transformer le monde...en le poussant vers le cosmos de l'Unité perdue.". La République du "nouveau monde" doit reconnaître la multiplicité, unité et multiplicité. Unicité... et ce que M.Maffesoli semble appeler : unidiversalite, harmonie conflictuelle, au niveau social, commme individuel. Sans ombre, point de lumière...

Condorcet 12/01/2016 13:53

Si la république c'est le partage de valeurs, alors c'est sur un socle commun au dessus des particularismes, et non par l'intermédiaire un enfermement communautaire, qu'il peut se faire, et dont la République devrait par devoir, et au besoin, s'astreindre à en limiter les effets outranciers. Je prends l'exemple de la différence de considération entre les hommes et les femmes pour certaines communautés. Il me semble que la République, dans ce domaine comme dans d'autres, a encore son mot à dire, et doit rappeler la règle commune de liberté, d'égalité, et de fraternité.
Vous trouvez que le rationalisme a fait son temps, je ne le pense pas, si le rationalisme s'interroge sur lui même il a un boulevard devant lui, par contre c'est le rationalisme qui ne s'interroge plus sur lui même par une sorte d'irrationalité, et qui est l’œuvre des adeptes du court terme, comme celui des financiers, ou des politiciens en recherche de voix communautaires pour leur prochaine réélection qui a fait le sien, qui est la cause des maux du rationalisme. Vous trouvez que le progressisme est dévastateur au moment même ou socialement on nous ramène aux conditions de travail du XIXème siècle, ou l'on condamne à de la prison ferme des personnels qui luttent contre leurs licencieurs avec des moyens, je le concède, inadaptés aux conditions d'un état de droit, je trouve Mon Cher Ami que c'est vous qui êtes un peu hors sol.

Philippe DEBAY 12/01/2016 18:28

déclinisme ou décadence c'est en effet la fin d'un monde et pas du Monde
sujet traité ici par M Onfray
https://www.youtube.com/watch?v=IQQYGVBKd4s

maffesoli 12/01/2016 15:35

- "Hors sol" : sans que cela soit la seule attitude possible, j'ai toujours indiqué et écris qu'il valait mieux analyser " ce qui est " et non " ce qui devrait être" ; ce que l'on aimerait qui soit, ce qui pourrait être. C'est un tel "réalisme" qui me conduit à dire qu'il y a( pour le meilleur et pour le pire) retour des communautés . Il faut le penser afin d'éviter les formes perverses ( "communautaristes" ) que cela peut prendre.
- Le "Rationalisme" a fait son temps , mais pas la rationalité. Comment unir la droite raison et le bon sens. Je parle à cet égard de "raison sensible". C'est à dire une raison sachant composer avec les affects ( émotions, passions etc..)
-" Progressisme dévastateur" : i.e l'idée d'un l'homme "comme maitre et possesseur de la nature" ayant abouti à la dévastation du monde. les saccage écologiques en font foi. La belle idée de "progressivité", propre à la philosophie maçonnique, quant à elle renvoie à une sorte d'enracinement dynamique autrement plus prospectif.
- Mon enseignement , durant près de 35 ans à la Sorbonne, me fait dire que les jeunes générations sont sensible à cela La F:. M:. saura-t-elle s'ajuster à un tel état de fait ? On verra
Ce qui est certain c'est que contre le déclinisme ,que j'ai combattu dans tous mes livres, il faut, avec lucidité reconnaître que la FIN D'UN MONDE N'EST PAS LA FIN DU MONDE.

Philippe DEBAY 12/01/2016 14:53

" doit rappeler la règle commune de liberté, d'égalité, et de fraternité. "
j'ajouterais règles assorties de sanctions réellement appliquées éventuellement dans des prisons respectant la dignité humaine (pas comme les françaises)
Une règle non assortie de sanction est une blague car il n'y a pas 100% des humains qui soient de bonne volonté et la minorité violente finit par domainer l'ensemble. si les sanctions sont de "papier".

Philippe DEBAY 12/01/2016 11:45

Le débat concernant le communautarisme que la novlangue appelle « république plurielle » n'est pas désincarné donc je serais un peu long ! Pour raccourcir aller à 2 de suite

1-Comme beaucoup de français je ne suis que partiellement « desouche » car j'ai un aïeul immigré économique.
A l'époque cette immigration était chrétienne ce qui n'a pas empêché les problèmes les heurts inter-communautaires..
Ils étaient 3 frères venus ensemble de Belgique en France dans les charbonnages de Liévin.
Compte tenu de leur grand nombre les belges, beaucoup de célibtaires quelques familles, formaient des communautés dans les corons et ils apparaissaient aux français « desouche » d'alors comme des concurrents dangereux.
Ils étaient accusés de permettre aux patrons de pratiquer le dumping salarial … ce qui n'était pas forcément complètement erroné.
Bref le ressentiment anti-belge s'est installé dans les mines de l'Artois (xénophobie est un mot creux s'il n'est pas défini sans dogmatisme, je préfère « ressentiment »)
Des émeutes anti-belges se sont produites à Lens et à Liévin en août et septembre 1892.
Deux de mes grands oncles avec familles et biens sur une charrette se sont enfuis à pied en Belgique, mon grand-père est resté. Le gouvernement belge de l'époque avait émis des protestations officielles auprès du gouvernement français.
Passionné de généalogie je n'est pas de réponse quand j'essaie de contacter les passionnés de la branche belge … une certaine rancœur semble subsister vis à vis du traître (et de sa descendance) resté en France ! Alors que j'ai des contacts faciles avec les branches immigrées aux USA malgré l'obstacle linguistique !

Bref

2-Tout cela pour tenter de montrer in vivo historiquement chez les simples que des communautés ont sans doute toujours existé en France, que les heurts inter-communautaires ont sans doute toujours existé, que leur résolution en voit de suite émerger d'autres avec d'autres communautés nouvelles.
Le passé des gens simples n'est pas enseigné dans les écoles, il permettrait de « relativiser » les phénomènes sociaux et de cesser de les observer avec les lunettes méprisantes des classes dominantes.
Les esprits cherchants qu'ils soient universitaires ou non universitaires voire simples individus isolés posent ou se posent des problématiques qui émergent de la société qui les entoure et de plus en plus les dominants politico-médiatiques de notre époque cherchent à faire taire ceux qui exposent des problématiques qui ne leur conviennent pas.
Ils ont leurs chiens de garde pour le faire. (titre d'un documentaire de 2011 sur le sujet « les nouveaux chiens de garde »)
Le Grand Orient de France n'échappe pas de ci de là à cette dérive générale orwellienne qui tend à réserver les débats aux « mêmes » c'est à dire à ceux qui portent la parole de ces dominants. La parole dérangeante qui a pourtant l'avantage de faire inter-réagir donc penser serait interdite d'expression et mériterait semble-t-il, aller un peu de franchise les frangins, l'exclusion du GODF.
Les tristes personnages ne sont peut être pas ceux que l'on croit !

Sous la Voûte étoilée 12/01/2016 14:14

Et dans cette dérive générale, il y a des espaces comme celui-ci, qui permettent l'expression critique...

Aixcalibur 11/01/2016 18:25

Il est bon que ce frère ait pu développer ses arguments.
Je regrette, comme je constate, que ce discours universitaire se borne à critiquer la critique sans donner des éléments clairs de sa pensée : parce qu'enfin qu'est qu'une "république plurielle" qui ne serait pas communautarisme ? Quelques exemples simples auraient été suffisants pour dissiper le malentendu.

maffesoli 12/01/2016 09:41

République plurielle: une "chose publique" ( res publica) où la diversité soit non seulement tolérée mais respectée. De fait il y a des "tribus" sexuelles, musicales, culturelles, cultuelles etc.. Qu'est-ce a dire qu'il faut reconnaître qu'il y a des orientations sexuelles multiples, du polyculturalisme ambiant, un syncrétisme religieux toutes choses échappant au fantasme de l'UN générateur de tous les fanatismes. C'est le noir et le blanc de la mosaïque. C'est l'harmonie conflictuelle de la voûte de la cathédrale gothique reposant sur la tension des pierres les unes sur les autres. En bref c'est la vie de tous les jours....

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